Créé en 1909, le club de rugby de Mâcon, l'AS Mâcon (ASM), est une structure sportive incontournable de la ville. Le club a célébré son centenaire le samedi 9 mai, marquant un siècle de passion pour le rugby.

Pour marquer cet anniversaire, le club, associé aux services de la Ville et à de très nombreux partenaires locaux, a organisé une immense fête au Parc des expositions.
Malgré son importance dans le paysage sportif local, l’AS Mâcon ne dispose pas d’un soutien populaire comparable à d’autres clubs voisins. Pour y parvenir, le club mise sur les résultats sportifs.
Les Débuts et les Défis
Lanterne rouge de la poule 4 de Fédérale 1 au soir du 16 septembre 2018, le club de l’AS Mâcon, finaliste du Jean-Prat en 2017 et demi-finaliste l’année suivante, s’interrogeait. Le début de saison est raté avec trois matchs et trois défaites.
Mais le groupe est solidaire et il redresse la barre. Le déclic intervient le 23 septembre 2018 et ce succès face à Bourgoin (19-12).
"Ce jour-là, on a senti qu’on pouvait être fort", insiste Guillaume Aguilar, troisième ligne et futur manager général du club. L’ASM manque cependant de constance et de régularité.
Le Triomphe au Challenge Yves-du-Manoir
Jusqu’au 23 juin 2019, l'ASM remporte le Challenge Yves-du-Manoir face à Cognac. Alain Piguet, le néo-président de l’AS Mâcon, est revenu aux affaires début juin avec un objectif précis : le Pro D2 en quatre ans.
"Il ne faut pas se voiler la face, on n’y arrivera pas avant", précise le numéro 1 mâconnais fier de ses hommes et de ce parcours parsemé d’embûches jusqu’à ce désormais célèbre 23 juin 2019.
Ému aux larmes, Alain Piguet, le président mâconnais, lâchait : "Aujourd’hui, c’est le plus beau titre de l’histoire du club. Il récompense tous les gens qui se sont investis cette année et toutes ces dernières années. Il récompense aussi tous nos supporters, nos dirigeants, le groupe. Je suis fier d’eux."
Les Valeurs du Rugby à Mâcon
Olivier Chebrou de Lespinats pose le rugby comme école de l’accord et la franc-maçonnerie comme école du sens. Dans l’une comme dans l’autre, la même question demeure.
Rien ne s’obtient sans la juste place et sans l’angle maîtrisé. Le rectangle d’herbe travaille les corps à la mesure. Il contraint la fougue pour en faire un élan. L’adversaire n’est pas un ennemi. Il devient révélateur. Un plaquage net peut ressembler à une accolade rude. Nous y reconnaissons la présence réelle de l’autre, non sa négation.
La ligne du terrain devient axe moral. Le match se fait catharsis. Le vestiaire bat comme un cœur. Avant le jeu, il écoute. Après, il recueille. Là se tiennent les larmes sans honte, le rire de fatigue, la main qui s’attarde sur l’épaule.
Ce cercle qui se forme avant de sortir rappelle la chaîne d’union. Il ne consacre ni vainqueurs ni vaincus. La mêlée concentre la leçon. Architecture vivante, liturgie musculaire, elle demande science de l’appui et générosité du don.
La passe est l’âme de ce monde. Elle refuse la capture solitaire pour laisser courir un dessein plus vaste que nos jambes. Le ballon devient parole. Il voyage de main en main comme une pensée que le groupe comprend avant de l’entendre.
L’essai ne se gagne pas seul. Il se reçoit. Celui qui plonge n’est pas celui qui se relève.
L'Équipe Féminine et la Fraternité
Le rugby des femmes y brille d’une lumière nette. Dans la discrétion des stades, loin des projecteurs voraces, s’accomplit une initiation sans faste. Des noms, des trajectoires, des fidélités : Jessy Trémoulière, Gaëlle Hermet, Sarah Hunter, Portia Woodman, Kendra Cocksedge, Marjorie Mayans.
Chacune affirme que l’esprit de corps ne connaît pas le genre. Chaque plaquage réaffirme un droit d’exister. Chaque passe devient acte de reconnaissance. La capitainerie sonne comme un soin, non comme une bannière.
La fraternité se dit aussi sororité. Le Temple se construit pareillement. Essai après essai.
La Troisième Mi-Temps: Un Moment de Partage
La sortie a sa dignité. Deux rangs s’ouvrent et forment le couloir d’hommage. L’adversaire salue l’effort accompli. Le geste prolonge la noblesse du jeu. Puis vient l’hospitalité. Pain. Vin. Chanson peut-être. Moquerie qui guérit. Nouvelles qui circulent. La troisième mi-temps n’a rien d’un folklore creux. Elle répare et elle unit. Elle ressemble à une agape profane où le sacré trouve sa table. Nous y déposons la fatigue à côté de la gratitude. Nous y mettons en réserve ce que nous avons reçu.
Objectif Pro D2
Alain Piguet, le président du club, a clairement affiché son ambition : hisser l'ASM en Pro D2 dans les années à venir. Pour atteindre cet objectif, le club mise sur une formation de qualité, un recrutement ciblé et un soutien populaire croissant.
Les phases finales représentent une vitrine importante pour les joueurs, qui aspirent à rejoindre l'équipe première. Une quinzaine de joueurs s'entraînent déjà avec l'équipe une, aux côtés de joueurs expérimentés comme Pierre Birenbaum et Yoan Debrach.
Le club peut également compter sur des joueurs talentueux comme Nicolas Jaeck, capitaine de l'équipe, qui apporte son expérience et sa détermination.
