L'Histoire du Rugby à Carcassonne : Un Héritage Riche et Complexe

Carcassonne, ville emblématique de l'Aude, vibre au rythme du rugby depuis plus d'un siècle. Son histoire est marquée par la passion, la rivalité et les succès, tant au niveau local que national. Des premières sociétés sportives à l'ascension de l'AS Carcassonne et de l'US Carcassonne, en passant par le schisme du rugby à XIII, plongeons au cœur de cette épopée sportive.

L'histoire du rugby à Carcassonne est intimement liée à deux clubs principaux : l'Association Sportive Carcassonnaise (ASC) et l'Union Sportive Carcassonnaise (USC). Ces clubs, à travers leurs succès et leurs défis, ont contribué à forger l'identité sportive de la ville.

Les Débuts du Rugby à Carcassonne (1898-1903)

C'est vers 1898-1900 que le rugby fit son apparition à Carcassonne grâce à deux sociétés : L’étoile sportive et l’Union sportive. L’étoile sportive recruta parmi les employés et les ouvriers ; elle avait son siège au café L’ambigu, actuellement Hôtel Central sur le boulevard J. Jaurès, et jouait à Luna-Park (Païchérou). L’Union sportive, de son côté, rassemblait surtout des étudiants ; elle se réunit d’abord au café Maymou (actuellement, Brasserie à 4 temps), puis au Helder (café des platanes).

Ses animateurs étaient MM. Génie, Limousis, Benoît et Séguier. La trésorerie ne roulait pas sur l’or, mais l’esprit de camaraderie suppléait au manque de moyens. Ces jeunes pratiquaient le rugby mais également l’équitation, le tennis, l’escrime et la course à pied. Chaque joueur devait se payer tout son équipement et les déplacements afin de disputer les matchs qui se tenaient à l’Enclos Saint-Joseph, propriété du lycée.

C’est là que l’équipe reçut les Vétos toulousain, le Stade Toulousain, Mazamet, Narbonne, Lézignan et Perpignan. Vers 1902-1903, les deux sociétés fusionnèrent pour constituer l’Association Sportive Carcassonnaise qui s’installa au Helder et fut d’abord présidée par M. Retmeyer, puis l’avocat Me Soum. L’équipe comprenait des éléments locaux, mais le régiment des Dragons en garnison à Carcassonne, fournit de bons joueurs : De Talencé (International), Cogna, Charra, Godail, de Pracomtal, Deproge, etc.

La ligne des 3/4, la plus fameuse, se composait de Bonnaure, Bilhou, Bringuier, Bruniquel et Rousset. Pendant la Grande guerre, les jeunes, sevrés de ballon, créèrent le Club Olympique Carcassonnais. Après l’armistice de 1918, l’A.S.C fut reconstituée par Vitalis-Brun avec pour président M. Bruguier. Elle installa son siège au Café des deux gares (Café Bristol).

L'ASC et l'Âge d'Or du Rugby Carcassonnais (1921-1939)

En 1921, grâce à une avance de fonds des dirigeants, complétée par un emprunt, l’A.S.C créa un nouveau terrain de sport à la Pépinière (Stade A. Domec) et l’Enclos Saint-Joseph fut abandonné aux potaches et aux petits clubs qui n’avaient à leur disposition que Saint-Jean, ou le champ de manœuvres (Romieu). L’Ecole Normale venait de remporter le Championnat de France Scolaire en 1920 et 1923 et de nombreux futurs instituteurs brillèrent en équipe première du Club civil. Le Lycée, de son côté, eut aussi des éléments de valeur et grâce à l’esprit sportif des Directeurs de ces Etablissements, les étudiants purent être recrutés par l’A.S.C.

A cette époque, le Comité du Languedoc groupait des équipes de premier plan : US Perpignan, Quins, Narbonne, Béziers, Lézignan, Carcassonne. Par la suite, Pézenas et Quillan furent admis à disputer ce championnat. La présidence du club était assurée par le Dr Buscail. Les pyrénéens Domec, Castérot, Senquirgue et Balansa, venus s’installer à Carcassonne vinrent renforcer les rangs Ascéistes et à la fin de la saison 1924-1925, l’A.S.C battait en demi-finale, au Stade Sainte-Germaine de Bordeaux, le Stade Toulousain par 3 à 0 grâce à la botte de Bambou.

Une première fois cette finale se tint à Toulouse par un temps épouvantable et les deux équipes se quittèrent sur un score nul et vierge. La réédition de cette finale eut lieu en 1925 à Narbonne, où 183000 francs furent récoltés aux guichets. Le rugby était à son apogée à Carcassonne et, outre l’A.S.C, d’autres clubs s’étaient créés : White Devils, Rugby Club, Club Sportif Stadoceste, Etoile Sportive, Trivalle Sportive, le Stade, Sport Saint-Michel, les Espoirs, les Red Devils.

La plupart des bons joueurs de ces clubs venaient après ce premier stage, grossir les rangs de l’A.S.C, attirés par la gloire du club fanion, dans lequel ils étaient en mesure de mieux démontrer leurs talents. Par la suite, les petits clubs qui avaient eu jusque’à deux et trois équipes, perdirent de leur importance et finirent par disparaître, faute de moyens financiers. A l’A.S.C, M. Ramond, succédant à M. Balmes, prit le faute de président, qu’il conserva plus de 28 ans.

En 1929-1930, le club Jaune et Noir se trouva opposé en demi-finale du Championnat de France à Paris, à l’équipe de Quillan. Le nul obtenu au stade de Colombes, après une rencontre homérique, renvoya les équipes dos à dos. En 1932, les dirigeants abandonnèrent leurs avances de fonds, et le nouveau stade fut pris en charge par la municipalité qui l’aménagea dans son état actuel.

Sur le plan national, après de nombreuses vexations, le mécontentement grondait dans les grands clubs et une dissidence se fit sous l’égide de l’UFRA, réunissant avec l’A.S.C, plus de quinze des meilleurs formations françaises. En 1934-1935, l’A.S.C enleva le titre de Champion du Languedoc. Ce comité était à ce moment-là, le plus fort de France et ses équipes étaient redoutées sur tous les terrains. Avoir atteint ce titre était déjà un exploit. Cette même saison, le Quart de finale du Championnat de France qui opposait à l’A.S.C les troupes de l’A.S Montferrandaise de Franquenelle, fut une rencontre magnifique.

L'Affaire Legay et le Passage au Rugby à XIII

L’affaire Legay ? Carcassonne, mécontente d’avoir été lésé lors d’une rencontre avec Biarritz et après avoir déposé une réclamation en bonne et due forme, décida de pratiquer le rugby à XIII et de quitter la FFR. Cette décision fit l’effet d’une bombe dans le Landerneau quinziste. Sous l’impulsion de Gallia, le rugby à XIII fit l’apparition dans le Sud de la France.

Cette cruelle vexation s’ajoutait aux nombreuses brimades dont la Fédération avait accablé depuis quelques temps les clubs ayant participé au schisme de l’UFRA. Une réunion mouvementée se tint au café Not (place Carnot). A l’unanimité moins une voix - celle de M. Vitalis-Brun - l’A.S.C passa à la dissidence ; la Fédération Française de Rugby à XIII l’accueillit à bras ouverts.

M. Ramond restait à la barre. Dirigeants et joueurs l’assurèrent de leur fidélité : Jean Duhau, Emile Fabre, Anglade, Vallès. Mais c’était alors le règne de Roanne, Villeneuve, Albi, Bordeaux et Perpignan.

Le Titre de Champion de France Junior en 1944-1945

En 1944-1945, une équipe de jeunes formés dans les minimes de l’A.S.C remportait le titre de Champion de France Junior. Certains de ce jeunes joueurs devaient par la suite illustrer le rugby carcassonnais et français : Labazuy, Guilhem, Py, Bertrand, Consigny, Malrieu, Vinges, Ponsinet, Combettes, Albert, Carrère, Riccio, etc.

Le Rugby à XV Continue

Cependant, le rugby à XV continuait d’être défendu dans la ville par une poignée de sportifs : Vitalis, Andrieu, Martignole qui, sous le nom de Stade, ensuite sous celui du 1er Club de 1900, l’Union Sportive, rassemblèrent les bonnes volontés pour continuer l’ancienne tradition. Les efforts furent récompensés en 1950 par le titre de Champion de France Honneur Promotion.

Devenue en 1952 l’Union Sportive Cheminots, ses dévoués dirigeants, faute de moyens financiers suffisants, ont réservé toute leur sollicitude à la formation des jeunes qui défendent avec courage les couleurs de la Cité dans le Championnat junior. Ce club a formé de grands joueurs : Lucien Mias, Henri Rancoule, Antoine Labazuy, Espanol, Médus, etc.

Pendant cette période, les couleurs de Carcassonne ont défendues dans le Championnat Scolaire par le lycée et l’Ecole Normale.

La Domination de l'ASC XIII Après la Libération

L’A.S.C XIII, après la Libération, allait pendant connaître pendant huit ans d’innombrables jours de gloire. Sur tous les stades d’ovale, les canaris affirmèrent leur suprématie. Ils furent Champions de France en 1945, 1946, 1950, 1952, 1953 ; finalistes en 1947, 1948, 1949. Vainqueurs de la coupe en 1946, 1947, 1951, 1952 et tombèrent en finale en 1945, 1948 et 1949.

La réputation de la famille Taillefer passa les monts et les mers. L’A.S.C se produisit en Grande-Bretagne et reçut au stade de la Pépinière (A. Domec), devenue La Mecque du XIII, les meilleurs clubs anglais (Wigan, Warrington, Hull, Hallifax…). Au cours de leurs tournées en Europe, les Kangourous et les Kiwis ne manquait jamais de se mesurer avec les canaris.

Dans le même temps, les sélectionneurs puisaient à pleines mains dans le grand club audois. Et le Treize de France d’alors, à ossature carcassonnaise, remportait d’indiscutables et retentissants succès. La liste de nos internationaux est impressionnante. Contenons-nous de citer ceux qui, en 1951, aux Antipodes, furent sacrés champions du monde : Puig-Aubert, Ponsinet, Mazon, Martin.

Quand ces jours d’exception eurent émigrés sous d’autres cieux, l’A.S.C fit confiance aux éléments issus de l’école des Juniors : Guilhem, Benausse, Tesseire, Delpoux et Jamme notamment, qui participèrent en mai-août 1955 à la deuxième tournée victorieuse en Australie.

Entre-temps, MM. Ramond, Nouvel, Seigné et Cougnenc avaient demandé et obtenu l’honorariat, après avoir passé le flambeau à MM. Reynès, Debat, Luguel, toujours avec l’éternel M. Lafosse.

L'Union Sportive Carcassonnaise a également connu ses heures de gloire, notamment en devenant Champion de France de Deuxième Division en 1975. Cette victoire mémorable a marqué les esprits et a contribué à renforcer la passion du rugby dans la ville.

ON AFFRONTE L'US CARCASSONNE / LE CHOC #2

L'US Carcassonne Champion de France de Deuxième Division en 1975

Cinquante ans déjà d’une épopée formidable ! Samedi prochain, l’US Carcassonne recevra Albi à Domec en barrage de Nationale. Le 11 mai 1975 en finale à Condom dans le Gers, l’US Carcassonne domine Cognac (15-6) et s’adjuge le titre de champion de France de deuxième division. Il faut dire que la route qui amena au titre fut parsemée d’embûches.

De ce match de phase de qualification face à Rodez à St-Jacques (aujourd’hui stade Jean-Claude Mazet) arrêté prématurément en raison de bagarres à répétition à cette fameuse finale à Condom à laquelle assistait le président de la FFR lui-même Albert Ferrasse. Car les sanctions prises suite aux débordements de cet USC-Rodez (match perdu et trois points retirés au classement) allaient finalement reléguer les Canaris à la dernière place qualificative.

Les héros de la finale furent : Jeannot Vidal, Daniel Grauby, Jean-Michel Ducloux, Claude Mur, François Vidal, Jacki Blanc, Jean-Claude Guttierez, Marc Gademer, Jean-Louis Pujol, Henry Raynaud, Daniel Bustaffa, Serge Negre, Bernard Poujade, Réné Cutillas (Bernard Branchereau) et Robert Malves.

Le 9 mars, en 1/32es de finale au stade des Pont-Jumeaux de Toulouse, c’est d’abord le Condom d’un certain Paul Barella qui se dresse. "J’avais commis la première faute sur lui sur les cinquante mètres en coin, sans penser qu’il allait non seulement la tenter mais aussi et surtout l’enquiller", se rappelle Marc Gademer, le 3e ligne centre carcassonnais de l’époque. L’USC s’impose (10-6).

"Limoges était premier, quasiment invaincu, voire invincible", explique Jean Vidal, le pilier droit uscéiste. Et Marc Gademer de camper le décor : "Il y avait dans leur rang, l’international Marcel Puget, le pilier Cardebat, deux 2e ligne, l’un qui s’appelait Canard, pour la pluie ça allait bien, et l’autre Pouchan, deux gaillards de plus de 2 mètres.

Alors qu’il n’avait pas plu dans le secteur depuis un certain moment, les dirigeants locaux avaient décidé d’arroser pour faire du bien à la pelouse. Sous une pluie battante et sur un terrain transformé en piscine, l’USC réalise un match plein devant le leader du championnat ! Victoire (12-6) et en bonus l’accession au groupe B pour les troupes de l’entraîneur Loulou Rouan.

Le 6 avril en 1/8es, l’USC écarte de sa route Mauvezin à St-Girons (9-6). Le 20 avril Castelsarrasin accueille le quart de finale face à Objat. "C’est le match qui m’a le plus marqué. Objat avait un gros paquet. On les a battus dans les mêlées ouvertes, mais eux en mêlées fermées, ils nous ont posé beaucoup de problèmes", avoue sans détour Jean Vidal.

Même son de cloche du côté de Marc Gademer : "Ce fut pur moi le match le plus difficile. Le 27 avril à Graulhet, l’USC décroche son billet pour la finale (11-6) avant la consécration en finale à Condom face à Cognac le 11 mai 1975 (succès 15-6).

Pour la petite histoire, les points furent marqués par Jean-Louis Pujol (1 essai), Bernard Poujade (1 transformation) et Henry Raynaud (1 transformation, 2 drops). "C’est un moment qui reste gravé à vie dans une carrière", assure Jeannot Vidal.

"Puis de jouer avec mon frère, avec une bande de copains… Il y avait aussi quand même des types comme Bustaffa capables à tout moment d’exploits, des Bernard Poujade, Robert Malves… des types qui pouvaient faire la différence. Jean-Louis Pujol aussi, il fut impérial en phases finales.

Ce qui m’avait aussi surpris, ce sont les gens qui étaient venus voir le match. Tout Carcassonne était à la finale. Et l’accueil au retour… Il y avait du monde partout. Il avait plu. La fête était prévue place d’Armes sous chapiteau, mais en raison du mauvais temps, ça avait été reporté au gymnase du viguier.

Le lendemain, on avait poursuivi à Fontiers-Cabardès chez la famille Bonnafoux. On avait fait un méchoui. C’était M. Jean-François Albiach retenait pour sa part "un gros paquet d’avants. Un groupe soudé. L’entraîneur Loulou Rouan était fédérateur, et notre capitaine Jean-Louis Pujol un super joueur, décisif sur les matches. Et derrière, ça galopait. Il y avait Daniel Bustaffa. L’équipe était complète.

Avant la finale, si je me rappelle bien, je crois que nous avions dormi à Valence-d’Agen. Puis, ce dont je me souviens, c’est le soir quand nous sommes arrivés à Carcassonne.

Quand Marc Gademer conclut : "Du haut du boulevard Barbès au café des Négociants, on a découvert le principe de la lévitation. Il y avait une telle foule… on était emporté. C’était la folie.

Les Blasons de l'US Carcassonne : Une Identité en Mouvement

Canari, remparts, jaune et noir… Le blason de l’US Carcassonne est l’un de ceux ayant subi le plus d’évolutions entre le schisme avec les cousins du XIII et la volonté de s’affirmer comme l'un des défenseurs de la belle cité médiévale. Comme le bon vin, l’USC c’est tout de même 126 ans d’histoire. Créé en 1899, le club est l’un des doyens du rugby en France. Ainsi, les deux fondateurs ayant fait fortune exportant le fameux élixir décident d’investir leurs volontés et leur argent dans la création d’une équipe. L’US Carcassonne voit le jour et croît très rapidement dans un terroir propice et naturellement séduit par ce sport à tel point que, très rapidement, une rivalité apparait avec l’Etoile Sportive Carcassonnaise. Les deux entités s’unissent créant ainsi l’AS Carcassonne. Le jaune et le noir sont choisis en référence aux couleurs de la ville et le surnom de « Canaris » (oiseau au plumage jaune) devient l’appellation affectueuse de la cette nouvelle équipe. Le premier blason est donc facilement esquissé, il réunit ces éléments et va durer un long moment.

Carcassonne atteint la finale du championnat de France face à Perpignan en 1925 1938, l’année du Schisme Schisme : Séparation des fidèles d'une religion, qui reconnaissent des autorités différentes. D’un côté les croyants du rugby à XV et de l’autre les fanatiques du jeu à XIII. C’est ainsi que l’on peut résumer la cause de la séparation. Dans une terre, encore aujourd’hui, dévouée au XIII, les tensions entre les deux factions apparaissent à la fin des années 30. Une scission dont les prémices se perçoivent dans l’identité visuelle avec le retour des initiales dans le logo, le canari toujours présent mais l’apparition d’un emblème local : la fameuse cité de Carcassonne.

Bijou du patrimoine français, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et œuvre de la restauration menée par le célèbre architecte Viollet-Le-Duc. Une fois intégrée, la forteresse ne quittera plus l'iconographie du club Audois même lors des nombreuses évolutions du logo. De 1977 à 1986, les Audois connaissent une époque dorée. Ils évoluent dans l’élite parvenant même à participer de nombreuses fois aux phases finales. Cependant, les années 90 et le virage du professionnalisme n’est pas facilement négocié par l’USC. Retour dans les divisions inférieures avant de bâtir une solide réputation dans le giron des divisions Fédérales puis de devenir un des bastions de la PRO D2. Un premier lifting de l’écusson est effectué durant cette période, le canari est abandonné au détriment de la cité de ses remparts désormais grandement mis en avant. Choix confirmé dès 2010 au moment de la montée en deuxième division lors de la modernisation d’un blason qui va tenir pendant les 12 saisons des Audois à ce niveau. Joel Koffi, le recordman du nombre de match en PRO D2, fait lui aussi partie des emblèmes de la ville.

Comme à chaque transition ou étape marquante de la vie du club, un blason vient symboliser la période. Le renouveau entamé en 2023, après la descente en Nationale, n’échappe pas à la règle. Un logo floqué sur le cœur de ceux qui ont été sacrés champions de 3e division et retrouvent cette saison la PRO D2. Un écusson riche de références subtilement choisies : 🟡⚫️ Le jaune et le noir étant obligatoire en référence aux couleurs originelles du club 🛡️ Un écusson calqué sur le bouclier d’un chevalier, signe que les Audois défendent leur cité.

US Carcassonne et Carcassonne XIII : Deux Clubs, Deux Visions

Carcassonne, sa Cité, son stade Albert-Domec, mais aussi et surtout ses deux équipes de rugby. D’un côté Carcassonne XIII, ex-ASC, club aussi historique que glorieux, leader du championnat élite de rugby à XIII. Et de l’autre, l’USC, qui vient de boucler sa neuvième saison en Pro D2.

Alors, comment se passe l’entente entre les deux clubs forts de la ville ? Des passerelles sont-elles mise en place et quelle est la vision des uns et des autres sur l’autre code ?

  • Christian Labit (XV) : Elle se passe. Il n’y a pas de partage, ni de relation. On s’entraîne deux fois par jour tous les jours et eux, ils viennent le soir. On ne se croise jamais.
  • Patrick Albérola (XIII) : Il n’y a aucune relation. C’est compliqué à Carcassonne et c’est sectaire des deux côtés, c’est dommage. En 2009, j’ai fait une intervention auprès de l’école de rugby sur la technique de plaquage et la défense, mais ça s’est arrêté là. Pourtant, j’ai joué deux saisons à l’USC (1989-1991) avec leur président Frédéric Calamel. Quand je peux, je vais voir joueur l’USC, mais aujourd’hui, il y a zéro relation entre les deux clubs.

Les Défis du Professionnalisme

  • Patrick Albérola (XIII) : Oui, parce que nous sommes amateurs à XIII. On veut tendre vers le professionnalisme, on en parle et on n’y arrive pas. à l’heure actuelle, il y a la place pour les deux rugbys à Carcassonne, mais je ne sais pas si ce serait possible avec deux équipes professionnelles.
  • Christian Labit (XV) : Je ne pense pas. Il n’y a déjà pas la place dans la région pour quatre clubs de Pro D2. D’ailleurs, l’un d’entre eux a disparu (Narbonne, ndlr). Alors deux clubs dans une même ville, c’est difficile et compliqué. Enfin, c’est plus compliqué économiquement où tout est partagé et divisé. Si nous étions à Lyon ou à Toulouse on pourrait se permettre d’avoir deux clubs de rugbys. Carcassonne est une petite ville et c’est compliqué de voir deux clubs se partager les partenaires.

Chauvinisme et Échanges Possibles

  • Christian Labit (XV) : Je pense, en toute honnêteté, que ce sont deux sports que tout le monde aime voir, mais qu’on n’aime pas se partager. Il y a beaucoup de chauvinisme des deux côtés. La force du XV, c’est de s’inspirer des treizistes. Certains n’osent pas le dire, mais la progression du XV vient du XIII. En Australie et en Nouvelle-Zélande, ils privilégient les deux rugbys. Sauf qu’en France, ils ne l’ont vraiment jamais avoué à la différence des Anglais où Andy Farrell leur a fait du bien. En France et dans les deux rugbys, il y a encore trop de chauvinisme pour échanger et dans la région, chacun reste sur sa pensée treiziste. C’est très compliqué ici. Malheureusement, on n’avance pas sur une même philosophie. Je crois que le rugby à XIII - et ça me fait mal de le dire parce que j’ai vécu de fabuleuses histoires à XIII - est dans le dur avec des stades vides et ce sont de petits stades. Je ne dis pas qu’à l’USC, nous avons un public exceptionnel avec 10 000 personnes, mais notre moyenne est plus élevée. Lorsque l’on parle de XIII, on parle des Dragons Catalans. C’est difficile pour les clubs des alentours d’exister.
  • Patrick Albérola (XIII) : On pourrait échanger et faire des passerelles chez les jeunes, mais chez les grands aussi. À XV, ils ont de nombreux joueurs au chômage et sans club chaque été. Mais nous avons du mal financièrement à les attirer. Ce sont des joueurs qui pourraient avoir du temps de jeu à XIII et ça nous ferait un réservoir plus important de joueurs. Je regrette sincèrement qu’il n’y ait pas de relation, ni de passerelles entre les deux clubs à Carcassonne. Dans tous les autres pays, les gens ne se posent pas autant de questions, ils partagent et échangent. Mais nous, en France, on ne fait rien comme les autres. J’ai vu que le TO et le Stade Toulousain viennent de faire un rapprochement et un entraînement commun.

Louis Domairon : Un Nom Oublié, un Héros à Redécouvrir

Tombé dans l'oubli, le nom de Louis Domairon ne figure même plus sur le panneau d'entrée de ce stade, situé près de l'avenue F. Roosevelt. On ne l'appelle plus que "Stade de Domairon". Tout le monde pensait jusqu'ici, moi le premier, qu'il s'agissait d'un lieu-dit ou bien de ne je ne sais quel ancien domaine viticole. Il n'en est rien !

Louis Marie Eugène François Domairon naît le 3 décembre 1908 à Lézignan-Corbières. Au lycée de Carcassonne, il se révèle être un brillant élève. Il pratique le rugby et devient international scolaire durant la saison 1925-1926. Au poste de demi de mêlée, Domairon fait des prouesses chaque dimanche au sein de l'épique première de l'ASC. Ses exploits sont relatés dans la presse spécialisée entre 1927 et 1931. A cette époque, l'AS Carcassonne joue à XV.

A Toulouse, Louis Domairon entreprend des études de médecine. Il exerce ensuite son office dans les troupes coloniales avec le grade de capitaine. Politiquement opposé au régime de Vichy, il est frappé par celui-ci d'une mesure disciplinaire et réformé en 1941. Louis Domairon entre alors dans la Résistance. Le 27 mars 1947, il reçoit la médaille de la Résistance française (Ordre de la Libération), alors qu'il se trouve engagé en Indochine. C'est au sein de l'unité des Forces côtières qu'il porte assistance et secours à ses camarades de combat.

En souvenir du Lieutenant-colonel Louis Domairon, la France donne son nom au nouvel hôpital de Dô Son. Après l'indépendance, gagnée sur le terrain par les troupes communistes du Viet Minh, le nom de Domairon disparaît du bâtiment en 1954. Cet hôpital fonctionne encore de nos jours.

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