Depuis des décennies, Saint-Laurent-du-Var vibre au rythme du football. L'épopée sportive laurentine s'écrit sous le label « Stade Laurentin » depuis neuf décennies. Un blason, une identité, un sentiment d’appartenance qui transcende les disciplines, fédère et traverse les générations. Une marque de fabrique respectée, admirée et crainte par les clubs adverses, un rang glané au sein du monde sportif départemental, régional et national, qui s’est construit au fil d’une longue et belle histoire.
Une histoire de loisirs, d’exploits, d’épanouissement, une histoire de femmes, d’hommes et d’enfants, d’engagement bénévole pour le bonheur de tous. Cette histoire trouve son coup d'envoi au printemps 1932.

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La genèse du Stade Laurentin
Ce jour-là, le 25 mars précisément, l’association Stade Laurentin est officiellement enregistrée en préfecture de Grasse. Un homme porte cette création : Alfred Michelis, directeur d’école honoraire. Deux disciplines composent alors cette structure, comme le souligne un discours prononcé en 1933 lors de l’assemblée générale de l’association : « Je salue (…) toute cette jeunesse sportive, les demoiselles du basket-ball et les fervents du ballon rond qui ne rêvent que rencontres et prouesses ».
À cette date, l’association ne possède aucun terrain mais reçoit une première subvention. « Dans sa séance du 3 juillet 1932, la municipalité (sous le mandat de Louis Bènes, maire de 1921 à 1941) nous accorde une subvention de 500 francs ». Lors de la même séance, la commune concède le terrain du jardin public au sud-est de la place François Layet pour y aménager à ses frais un terrain de sport en septembre-octobre de la même année.
Les premiers pas du football laurentin
Premier à entrer dans l’arène des compétitions, le football laurentin obtient sa première victoire le 4 décembre 1932 aux dépens du FB Amateur club de Nice sur le score sans appel de 4-0. L’association se dote même d’un directeur sportif et d’un entraîneur-moniteur en mars 1933.
L’histoire sportive laurentine est en marche. Les disciplines se regroupent au sein d’une structure omnisports qui se transformera en Fédération en 1996. Jusqu’à cette date, c’est une association avec des sections et un bureau responsable de toutes les sections.
« L’omnisports percevait toutes les subventions et les redistribuait à chaque club, ce qui ne manquait pas de susciter des débats », retrace Jean-Marie Henry, l’actuel président de la Fédération du Stade Laurentin. « Chacun voulait son indépendance, gérer individuellement son budget. D’où le passage en fédération (voter par 19 voix pour, 11 contre et 2 abstentions). Un vote qui exprime la volonté des clubs de rester ensemble sous la bannière Stade Laurentin ».
Le premier bureau de la Fédération est présidé par Raoul Bertet et compte déjà 32 associations. Il faut dire qu’entre-temps nombre de clubs sont nés faisant de Saint-Laurent-du-Var une des villes les plus sportives du département.
Diversification et expansion du Stade Laurentin
Le judo est créé en 1962 sous l’impulsion des frères Allari, le volley en 1964. Un premier club bouliste, le Club bouliste de la gare apparaît en décembre 1935 avant de fusionner plus tard avec le CBL. Quant à la Mini-Boule, elle est constituée en novembre 1967 (Benjamin Bonnaud en est le premier président) avec pour but de « distraire les jeunes, les moins jeunes et les anciens ».
Pendant 29 ans, c’est René Ramella qui dirigera cette dynamique association. Dont la dénomination trouve son origine dans un drôle de clin d’oeil à la mode vestimentaire ! « Le bureau cherchait un nom à cette nouvelle section et comme c’était l’époque de la mini-jupe, un membre a proposé Mini-Boule ».
Impossible de mentionner tous ces Laurentins qui ont oeuvré dans la lumière et dans l’ombre pour faire tourner leur club. Mais citons encore la naissance du club de lutte, en 1980, à l’initiative de Maurice Sauvageot, professeur d’EPS et de français au collège Pagnol qui, voyant l’engouement des enfants pour la section créée au sein de son établissement, l’a transformée en association, le Stade Laurentin Lutte. Association que Philippe et Jean-Noël Bahadérian feront grandir.
Tous mériteraient un éclairage tant les histoires, les anecdotes sont légion. Une fois constituée, la Fédération du Stade Laurentin s’est attachée à faciliter la gestion des clubs (soutien administratif, mutualisation des fournisseurs...). Tout en organisant la Soirée des champions.
Celle de 2011, qui coïncidait avec l’inauguration du dojo, a eu droit à la visite prestigieuse du ministre des Sports et champion de judo, David Douillet. Le président de la Fédération, Jean-Marie Henry, garde quelques souvenirs impérissables du protocole ministériel imposé pour l’occasion.
Fin d’année 2023 du stade laurentin master park St laurent du var / et Grasse
Le Stade Laurentin aujourd'hui
En effet, le SLF a regagné des couleurs et depuis a retrouvé de son attractivité avec des équipes évoluant des U6 jusqu’aux Super Vétérans, ses équipes féminines et une équipe Fanion qui fera son retour la saison prochaine en D1. Les amateurs et amatrices de ballon rond, de dribbles, de passes et de belles frappes peuvent de nouveau trouver leur bonheur à Saint-Laurent-du-Var ! L’accueil des plus jeunes est ainsi devenu une priorité pour un club tourné vers l’avenir qui offre à ses licenciés un cadre familial et convivial.

Tribune SLF
Le Saviez-vous ?
Des sports aujourd’hui disparus du paysage laurentin ont figuré parmi les membres de la Fédération. On trouve trace, dans ses archives, d’une section Stock-car, d’une autre de Karting et d’une association de Twirling bâton. Et même d’un furtif club de Golf !
Où jouaient-ils ? « Je crois qu’ils n’ont jamais pratiqué, souffle Jean-Marie Henry. L'histoire est en marche.
Vers de nouveaux horizons
Éclatant tout au long de la saison, le Stade laurentin est en passe d'atteindre son apogée. Étriqué au sein de ses frontières départementales, Saint-Laurent-du-Var a besoin de se libérer, enfin. De prendre la mesure de son talent, en se frottant à des adversaires de taille. Se jauger, avant peut-être d'exulter. Pour atteindre les sommets et graviter vers les cieux, le plus dur reste à venir.
Le Stade laurentin s'apprête à faire un grand saut dans l'inconnu, à sillonner la France à la recherche de la gloire. « Un match à élimination direct, c'est toujours génial. L'aventure peut s'arrêter du jour au lendemain. Demain, en 32es de finale, c'est un match sec, sur terrain neutre, qui attend les Laurentins. Au menu de ce premier tour : l'Olympique Tauch Corbières (Aude).
« On a eu quelques échos sur cette équipe, mais au fond, on ne sait pas grand-chose sur Tauch Corbières. Les motifs d'espoirs sont nombreux. À commencer par le ratio victoires/défaites. Cette saison, le Stade laurentin ne s'est incliné qu'à quatre reprises.
« On a une équipe pour gagner tous les matchs, lance Grégory Baldacchino. Si on s'applique, comme contre Sanary en finale Côte d'Azur, je suis convaincu qu'on peut passer beaucoup de tours et aller loin dans la compétition. Au-delà des qualités intrinsèques du groupe, les Laurentins s'avancent, forts d'une confiance débordante. Attention, tout de même, à ne pas tomber dans l'excès de confiance : « C'est le message que l'on a fait passer aux joueurs. L'aventure peut continuer pendant un mois et demi, mais peut aussi s'arrêter dès demain.
90 ans de passions sportives, 90 ans de titres, de médailles… Mais surtout de sourires et de souvenirs à n’en plus finir !