Le Canada, et plus particulièrement la ville de Montréal, est souvent associé au hockey sur glace. Plus qu’un sport, c’est là-bas toute une culture. Dans son antre du Centre Bell, les Canadiens de Montréal attirent chaque année plus d’un million de spectateurs.

Intérieur du Centre Bell lors d'un match de hockey
Le Centre Bell, situé au cœur de Montréal au Québec, est l’une des infrastructures les plus emblématiques du Canada. Situé en plein cœur de Montréal, le Centre Bell est la plus grande salle couverte du Canada, réputée pour accueillir les matchs des Canadiens de Montréal, des concerts de stars internationales et des événements sportifs et culturels de premier plan. Inauguré le 16 mars 1996 sous le nom de Centre Molson, il a été renommé Centre Bell en 2002 après l'acquisition par Bell Canada. Principalement connu pour être le domicile des Canadiens de Montréal, franchise historique de la Ligue nationale de hockey (NHL), le Centre Bell est un lieu emblématique pour les amateurs de sport.
Le Centre Bell: Plus qu'une patinoire
Le Centre Bell peut contenir jusqu’à 21 000 places. Outre le hockey, le Centre Bell se distingue par sa polyvalence. Il accueille régulièrement des concerts d’artistes internationaux, des spectacles, des galas de boxe, des tournois de sports électroniques, ainsi que des événements culturels de grande ampleur. Sa situation centrale à Montréal et sa proximité avec les réseaux de transport en font un lieu stratégique et accessible. Le bâtiment dispose également de nombreux espaces commerciaux, restaurants et loges VIP, qui contribuent à offrir une expérience complète aux visiteurs. Au fil des années, cette enceinte est devenue bien plus qu’un simple stade : c’est un véritable symbole de la culture montréalaise et un moteur économique pour la région.
S’il n’est pas simple de se procurer des places, les touristes peuvent se consoler en visitant le Centre Bell. Situé sur la bien nommée Avenue des Canadiens-de-Montréal, cette immense salle de 21 000 places raconte à travers trophées, photos et programmes interactifs l’histoire et la tradition de cette grande équipe depuis plus d’un siècle. Les visiteurs peuvent également profiter d’expositions temporaires. Non loin de là, la place du Centenaire, qui célèbre le centième anniversaire de la création de la franchise en 1909, rend hommage aux légendes du club : Howie Morenz, Maurice «Rocket» Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur.
Ce mercredi, nous avons testé la visite guidée de la patinoire des Canadiens de Montréal. La plus ancienne équipe de la Ligue Nationale de Hockey évolue au Centre Bell, la patinoire la plus importante en terme de capacité du championnat. Pendant plus d'une heure, nous parcourons les coulisses de l'enceinte qui attend impatiemment la 25ème Coupe Stanley du club. La visite commence au niveau de la boutique des Tricolores, dans la Gare Lucien-L'Allier. Les places sont disponibles sur place ou en ligne ; sur le site internet, il est impossible d'acheter des tickets pour le jour même, il dit que c'est plein, mais c'est en fait un bug. Le club est riche d'histoire, avec ses 109 ans d'existence. Le tour du Centre Bell revient sur ses plus belles années, mais aussi sur son futur. Notre guide a été riche d'anecdotes, rendant cette visite passionnante.
Nous commençons par le test des sièges capitonnés avec accoudoir d'une des suites du club ; une vue imprenable sur les tribunes et la glace. Nous continuons ensuite par la salle de presse, la salle des anciens, réservée à tous les retraités des Habs. Nous avons été au huitième étage, au niveau de l'anneau de la presse.
Les Canadiens de Montréal: Une légende
Surtout avec les Canadiens de Montréal, club emblématique de la ville, qui détient le record de 24 coupes Stanley, le trophée décerné chaque année depuis 1927 par la Ligue nationale de hockey (NHL) à l’équipe championne. On surnomme affectueusement l’équipe la Sainte-Flanelle, le Bleu-Blanc-Rouge, le Tricolore ou les Habs.

Les Canadiens de Montréal célébrant une victoire en Coupe Stanley
Pour les spécialistes, on compte cette année des as de la rondelle comme Thomas Tatar et Max Domi (ex-dur à cuire des Maple Leafs de Toronto), le jeune phénomène finlandais Joel Armia, les Québécois chouchous des fans Phillip Danault et Jonathan Drouin, le tireur en série Brendan Gallagher, la superstar de la ligue qui garde le filet, Carey Price, et l’illustre défenseur et capitaine Shea Weber. Ces athlètes d’élite sont épaulés par de jeunes et prometteuses recrues : Nick Suzuki, qui fait preuve d’une grande intelligence de jeu; et le défenseur au tir canon Ben Chiarot. « Cette équipe à la composition équilibrée joue du bon hockey sur la glace pour le plus grand bonheur de ses admirateurs » ajoute encore le journaliste. Ne reste plus qu’à faire le voyage pour admirer toute cela.
| Surnoms des Canadiens de Montréal | Nombre de Coupes Stanley |
|---|---|
| La Sainte-Flanelle | 24 |
| Le Bleu-Blanc-Rouge | |
| Le Tricolore | |
| Les Habs |
Les origines du hockey à Montréal
Le hockey a récemment reçu ses lettres de noblesse de la part du gouvernement canadien, à savoir le "sport national d'hiver", tandis que la crosse en est le pendant estival. Sous le leadership du néo-démocrate Nelson Riess, ce projet de loi privé vient confirmer ce que tous et chacun savaient depuis longtemps. La loi C-212 a été déposée le 27 avril 1994, et a reçu la sanction royale le 12 mai suivant.
Cependant, peu de gens connaissent réellement son histoire, principalement en ce qui concerne ses origines et ses débuts d'organisation. Plusieurs, en contrepartie, connaissent l'histoire de la principale ligue professionnelle, la Ligue Nationale de Hockey. Dans ce présent texte, nous tenterons de décrire les grandes lignes de son développement depuis ses origines jusqu'à la création de la l.n.h., tout en s'attardant particulièrement aux aspects montréalais de ce sport, car la ville de Montréal a été son berceau et son principal point central. De plus, nous étudierons les relations entre les deux groupes linguistiques importants que sont les anglophones et les francophones à l'intérieur des structures du hockey.
La première partie publique de hockey
Le 3 mars 1875, le journal The Gazette publiait un article annonçant la présentation publique d'un nouveau jeu appelé "hockey". C'était alors la première démonstration publique de cette activité pratiquée jusqu'alors seulement par un petit groupe de jeunes gens, pour la plupart étudiants de l'Université McGill. Selon l'article, on a affaire à un groupe qui pratique ce jeu depuis quelque temps déjà.
Mais ces jeunes durent apporter quelques modifications à leur nouveau jeu. Cette partie devant se produire sur une patinoire intérieure pour la première fois, on décida d'utiliser un bloc de bois en remplacement de la balle de crosse. Puisqu'il y avait des fenêtres le long de l'édifice, et qu'il n'y avait pas de bande le long de la surface glacée, il fallait trouver un objet avec lequel on ne risquait pas de blesser un spectateur, ni de briser les vitres. La balle, utilisée sur les patinoires extérieures, avait tendance à bondir souvent. De plus, on avait introduit les buts de la crosse, à savoir deux bâtons fixés dans la glace d'une hauteur de six pieds et séparés l'un de l'autre de six pieds. Il n'y avait donc pas de filet, ni de barre transversale, et l'arbitre ainsi que les juges de but devaient décider si le but compté était valide ou non. Une autre nouveauté était le jeu de passe arrière puisque l'on utilisait les règlements du rugby, où la passe avant est interdite. Finalement, on avait introduit une nouveauté par rapport aux autres jeux de balle et bâton britanniques connus jusque là, soit le bandy anglais, le hurling irlandais et le shinny écossais : aucun de ces jeux ne possédait un gardien de but. Utilisant les buts de la crosse, il devenait naturel d'utiliser aussi le gardien de but de crosse. Chaque équipe possédait neuf joueurs. Ce fut à partir de ces débuts modestes que le hockey commença son entrée dans le monde canadien.
De la liste des noms cités par The Gazette (document 2), il faut retenir celui de James George Aylwin Creighton. Originaire de Halifax, il s'établit à Montréal en 1872 comme ingénieur. Cinq ans plus tard, il entreprend son diplôme de droit à l'Université McGill. Par la suite, on le retrouve à Ottawa en 1882. Selon un autre joueur de cette partie historique, Henry Joseph, c'est Creighton qui est à l'origine du hockey montréalais, car ce jeu est fort populaire à Halifax. Il semble que l’on y jouait une forme de shinny. Cependant, à Montréal, il transforme ce jeu pour lui donner une nouvelle forme. À Ottawa, il forme une équipe composée de fonctionnaires fédéraux, appelée Rideau Rebels, dont les deux fils de Lord Stanley sont des joueurs.
Pour quelques historiens, Creighton a importé le hockey tel que joué à Halifax dans la métropole ; mais selon plusieurs autres, les deux formes étaient très différentes l'une de l'autre. Comme nous le verrons plus loin, c'est de la forme montréalaise que dérive le hockey d'aujourd'hui. Cependant, tous s'accordent pour dire que Creighton est vraiment le père du hockey, et qu'il devrait être élu au Temple de la Renommée du Hockey comme bâtisseur.
Le hockey ne sera le fait que d'un petit groupe de jeunes gens, mené par Creighton, jusqu'au début des années 1880. C'est alors que le hockey va prendre de l'expansion, principalement grâce au Carnaval de Montréal.
Le Carnaval de Montréal
Ce carnaval fut lancé à l'initiative des clubs de raquettes anglophones de Montréal pour la promotion de la ville à travers l'Amérique du Nord. Il fut établi entre 1883 et 1889, mais le hockey n'y fut une activité que lors des trois premiers seulement. On y organisa le premier tournoi d'une durée d'une semaine, soit à la fin de janvier ou au début de février. Les équipes de Montréal étaient plus nombreuses que celles de l'extérieur. Lors du premier tournoi, trois équipes furent présentes : l'Université McGill, les Victorias de Montréal et Québec. Au deuxième tournoi, on comptait les Victorias de Montréal, les Wanderers de Montréal, les Crystals de Montréal, l'Université McGill et Ottawa. Finalement, en 1885, le tournoi comprenait les équipes : les Victorias de Montréal, le Montreal Hockey Club, (m.a.a.a.) le Montreal Football Club, l'Université McGill, les Crystals de Montréal et Ottawa. L'Université McGill sortit vainqueur du premier tournoi, et remporta alors le premier trophée jamais offert pour le hockey, dont le Musée McCord est aujourd'hui dépositaire. Ottawa remporta le second tournoi, alors que le Montreal Hockey Club, équipe affiliée à la Montreal Amateur Athletic Association, gagna difficilement le dernier tournoi.
En 1886, on relance un tournoi mais sur de nouvelles bases. Quatre équipes de Montréal (m.a.a.a., Victorias, McGill et Crystals) s'affrontent dans des rencontres tout au long de la saison, au lieu d'une semaine à l'intérieur du carnaval. Le gagnant affrontera en mars le gagnant entre Ottawa et Québec. Les Crystals gagneront contre Québec dans ce qui sera le prélude à l'organisation d'une ligue.
Le tournoi du Carnaval de Montréal inaugure donc l'organisation structurée du hockey, et popularisera le hockey tel que joué à Montréal, car il existe alors plusieurs formes de jeu. Mais le hockey a subi quelques changements, dont le plus grand sera le nombre de joueurs. En 1883, Québec se présente à Montréal avec seulement sept joueurs, forçant ainsi les autres équipes à enlever deux joueurs de leur formation. Le comité organisateur de 1884 décide d'établir un règlement pour le hockey, la reconnaissance du jeu à sept joueurs, ce qui ne fait pas le bonheur de tous, dont l'équipe de McGill qui ne comprend pas pourquoi puisque l'on joue sur sa patinoire extérieure, d'une dimension de 250 pieds par 130 pieds, soit plus grande que la patinoire Victoria (200 x 85 pieds).
Avec la tenue d'un nouveau genre de tournoi en 1886, on annonce la venue d'une organisation plus structurée, et la tenue de parties tout le long de la saison, non plus seulement des défis entre équipes en dehors du tournoi du Carnaval.
Les premières ligues organisées
En décembre 1886, les équipes qui s'affrontaient la saison précédente décident de créer la première ligue qui confirmera un calendrier de parties, l'Amateur Hockey Association of Canada. Cinq équipes entreront dans cette ligue : Crystals, m.a.a.a., McGill, Victorias et Ottawa. Québec ne joindra la ligue qu'en 1890. Quelques autres quitteront et reviendront, d'autres se joindront pour quelques saisons. Mais régulièrement, il y a quatre équipes de Montréal, en plus des équipes d'Ottawa et de Québec.
En 1893, le Gouverneur-Général du Canada, Lord Stanley, veut récompenser le champion canadien par un trophée appelé : "Dominion Hockey Challenge Trophy". La ligue possède son propre trophée, le "Canadian Senior Amateur cup", mais ce nouveau trophée sera débattu entre les champions de ligue à travers le Canada. Comme l'équipe favorite du Gouverneur-Général, les Senators d'Ottawa, ont une bonne chance de remporter le championnat de l'a.h.a.c., la coupe Stanley sera décernée aux champions de cette ligue. Malheureusement, le m.a.a.a. remporte le championnat et la coupe. La première partie disputée pour la conquête du fameux trophée ne se fera qu'à la saison suivante quand le champion de l'a.h.a.c., le m.a.a.a., affrontera le champion de l'Ontario Hockey Association, les Capitals d'Ottawa, le 22 mars 1894. L'équipe montréalaise l'emportera pour conserver à nouveau le trophée. Cependant, le trophée change de main la saison suivante, passant aux Victorias de Montréal, nouveaux champions de l'a.h.a.c. Un règlement de Lord Stanley pour diriger les destinées du trophée stipule que l'équipe détentrice doit remettre le trophée au champion de sa ligue si cette équipe ne termine pas au premier rang. Ceci se produira en 1895, et se répétera en 1899. Même si le m.a.a.a. a défendu un défi durant la saison 1895 contre l'Université Queen's, il doit remettre le trophée aux Victorias. La coupe Stanley est alors un trophée qui se dispute par des défis tout au long de la saison, ce qui explique pourquoi il y a deux gagnants dans une saison en quelques occasions.
Seules les équipes championnes ont droit de défier l'équipe détentrice, mais en passant par deux délégués nommés par Lord Stanley pour la direction des défis. Il s'agit alors de deux personnes d'Ottawa, le journaliste Philipp Danksen Ross, et le shériff John Sweetland. Ces deux personnes doivent par la suite nommer leur successeur, ce qui se fait toujours, bien que la l.n.h. en soit le seul contestataire depuis 1926. À compter de 1914, deux ligues seulement se disputaient la coupe Stanley, l'Association Nationale de Hockey, ancêtre de la l.n.h., et la Pacific Coast Hockey League des frères Lester et Frank Patrick. À la mort de la p.c.h.l. en 1926, la l.n.h. a hérité des joueurs de cette ligue et la possession incontestée de la coupe Stanley.
Les défis pour obtenir des billets
Les billets pour assister à un match de hockey à Montréal peuvent être difficiles à trouver. Mais ce n’est pas une mission impossible, précise le site de l’Office de Tourisme. Outre les billets individuels, il est possible d’acheter des billets de groupe à tarif préférentiel. Les mordus de hockey peuvent en outre profiter de forfaits avec place en loge, repas d’après-match, visite guidée… Bien que la majorité des billets de la saison régulière s’écoulent avant même la première rencontre, les Canadiens de Montréal mettent en vente quelques billets les jours de match (des billets réservés par la LNH ou l’équipe adverse non utilisés, par exemple). Il faut pour cela régulièrement consulter le site officiel de l’équipe. Pour assister à un match des Canadiens, le minimum est de 100 dollars. Spectacle assuré dans la salle électrisante du Centre Bell.
LES 24 COUPES STANLEY DES CANADIENS DE 1916 À 1993
Quand un grand champion ne connaît plus le succès, il est triste. Quand une ville ne connaît plus la victoire, cette tristesse se répand chez chaque membre de chaque foyer. A chaque fois que le hockey s'approche de leur vie, le puck et la crosse ont l'effet d'une madeleine de Proust. Et ils n'ont plus qu'un rêve : retrouver ce qui a fait leur réputation. Revivre les plus beaux jours de leur vie de supporters. Dominer, encore et encore. Problème : aujourd'hui, la situation des Canadiens de Montréal, c'est celle d'un grand frère rattrapé par ses cadets. Il arrive un jour où il a du mal à réaffirmer sa domination. Où la jeunesse tape à la porte, pleine d'envie, d'idée et d'énergie. Depuis 1967 et le passage de la NHL de six à douze équipes, puis le développement de la Ligue Nationale jusqu'à son format actuel, la concurrence a grandi. Elle a pris confiance. Et elle a gagné. Ce qui devait arriver arriva. Du coup, il devient plus dur de gagner. Et encore plus de dominer. La vingt-cinquième Stanley Cup arrivera un jour. Il ne peut en être autrement. Le potentiel est là. L'histoire a choisi son côté. Toute une ville en est convaincue. Toute une ville l'attend, impatiemment.