Le Stade Olympique de Montréal, affectueusement surnommé le "Big O", est sans conteste l'une des enceintes les plus spectaculaires sur le plan architectural. Construit pour les Jeux Olympiques d'été de 1976, il a marqué l'histoire de la ville et du pays. Son architecture audacieuse et ses défis techniques en ont fait un symbole à la fois admiré et controversé.
Vu d'avion, le stade "évoque un coquillage géant, haut de 100m, atteignant 490m dans sa plus grande dimension et 280m dans la plus étroite", comme le décrivait Pierre Branche dans Le Figaro en 1976. Conçu par l'architecte français Roger Taillibert, il se distingue par sa structure soutenue par 34 consoles en béton, son toit rétractable suspendu à un mât incliné et sa tour habitable de 165 mètres de haut.
Le stade est situé dans le parc olympique de Montréal, à l'intérieur du quadrilatère formé par la rue Sherbrooke, le boulevard Viau, l'avenue Pierre-de-Coubertin et le boulevard Pie-IX, dans l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, il borde le parc Maisonneuve et le jardin botanique.

Vue aérienne du Stade Olympique de Montréal.
Visite exclusive du chantier du Stade olympique de Montréal
Une construction ambitieuse et controversée
L'idée de construire un stade couvert à Montréal remonte à 1963, lorsque le maire Jean Drapeau souhaitait attirer une équipe de baseball majeur. En août 1971, l'architecte français Roger Taillibert, concepteur du Parc des Princes, est invité à Montréal pour exposer son œuvre Parisienne réalisée pour un faible coût grâce à l'emploi de pièces en béton préfabriqués.
Le 6 avril 1972, la ville dévoile la première maquette du futur Stade olympique devant la presse internationale. Il s’agit d’un bâtiment ellipsoïdal ressemblant à un immense coquillage, ouvert au centre et surmonté d’une tour habitable de 165 mètres de hauteur soutenant un toit souple amovible, inspiré par le pavillon australien à l'Expo 70 d'Osaka et par le projet de la Tour Paris-Montréal cher à Jean Drapeau mais non réalisée.
Cependant, la construction du stade a été marquée par des retards, des dépassements de coûts et des controverses. La tour n'était pas terminée à temps pour les Jeux, la pelouse n'a été posée que la veille de la cérémonie d'ouverture, et le coût des travaux a explosé, atteignant un milliard de dollars, soit trois fois plus que la somme prévue initialement.
Malgré ces difficultés, le stade a accueilli des moments sportifs mémorables lors des Jeux de 1976, tels que la victoire du Français Guy Drut au 110m haies et la performance exceptionnelle de la gymnaste roumaine Nadia Comaneci, qui a obtenu la note maximale de 10 aux barres asymétriques.
Du baseball au football : une vocation multisports
Après les Jeux Olympiques, le stade s'est converti au baseball, accueillant l'équipe des Expos de Montréal de 1977 à 2004. Il a également été le domicile des Alouettes de Montréal, une équipe de football canadien, de 1976 à 1997.
En 2009, le "Big O" est devenu le premier stade en dehors de France à accueillir le Trophée des Champions, un match de football opposant les champions de Ligue 1 et de Coupe de France. L'enceinte a également accueilli des matchs de l'Impact de Montréal, un club de soccer professionnel, notamment en Major League Soccer (MLS) et en Ligue des champions de la CONCACAF.
Le Stade olympique, lui, se convertira ensuite un temps au baseball avant de se consacrer particulièrement au football. Le «Big O», comme le surnomment les Montréalais, devient notamment en 2009 le premier stade en dehors de France à accueillir le Trophée des Champions.
Un toit problématique et des rénovations nécessaires
Le toit rétractable du stade a été une source de problèmes constants. La bâche d'origine, en Kevlar, s'est usée prématurément et a subi de nombreuses déchirures. En 1998, elle a été remplacée par un toit fixe en acier, qui s'est également déchiré sous le poids de la neige en 1999.
Face à ces difficultés, le gouvernement du Québec a approuvé la construction d'un nouveau toit rétractable en 2017, mais ce projet a été abandonné en 2019. Finalement, en février 2024, les autorités ont annoncé la construction d'un troisième toit, fixe, pour 870 millions de dollars canadiens. La réouverture du stade est prévue pour 2028.

Projet du troisième toit du Stade Olympique de Montréal.
Le CF Montréal et le Stade Olympique
Dans ce contexte, l’accession de l’Impact de Montréal à la Major League Soccer nord-américaine en 2012 est une bouffée d’oxygène. Le club qui verra plus tard passer Rémi Garde et Thierry Henry sur son banc joue d’ordinaire au stade Saputo, dont il ne remplit pas toujours les 20 000 places, mais délocalise ses gros matchs au Stade Olympique tout proche. Enfin, la cathédrale de béton prend des airs de Parc des Princes : 58 912 spectateurs pour le match inaugural contre le Chicago Fire, 60 860 deux mois plus tard pour la venue du L.A. Galaxy où jouent encore David Beckham et Landon Donovan.
L’Impact n’ira presque jamais loin en play-offs de la MLS mais va connaître son heure de gloire en Ligue des champions de la CONCACAF 2014-15. Après une phase de poules jouée à Saputo et remportée face aux New York Red Bulls et aux Salvadoriens du FAS, on passe au Stade Olympique pour les éliminations directes. En quart de finale retour, ils sont 38 000 à voir l’Impact se qualifier face aux Mexicains de Pachuca au bénéfice des buts à l’extérieur (2-2, 1-1).
La finale se joue en aller et retour, comme en Coupe de l’UEFA avant 1998. Le 23 avril 2015, le mythique stade Aztèque n’est rempli qu’aux deux tiers (55 000 spectateurs) pour voir l’América de Mexico arracher à la dernière minute un peu glorieux match nul (1-1) face à un Impact étonnamment solide.
Tableau des événements marquants au Stade Olympique de Montréal
| Événement | Date | Description |
|---|---|---|
| Jeux Olympiques d'été | 1976 | Accueil des épreuves d'athlétisme, de saut d'obstacles et de la finale de football. |
| Premier match des Alouettes de Montréal | 26 septembre 1976 | Première équipe locale à jouer dans le stade. |
| Premier match des Expos de Montréal | 15 avril 1977 | Premier match à domicile des Expos devant 57 592 spectateurs. |
| Trophée des Champions | 2009 | Premier stade en dehors de France à accueillir cet événement. |
| Match de l'Impact de Montréal contre le Galaxy de Los Angeles | 12 mai 2012 | Record d'assistance pour un match de soccer au Québec (60 860 spectateurs). |
Un symbole à préserver
Malgré ses difficultés et ses coûts élevés, le Stade Olympique de Montréal reste un symbole important de la ville et du pays. Son architecture unique et son histoire riche en font un lieu incontournable pour les Montréalais et les touristes.
Avec la construction d'un nouveau toit et la rénovation de ses infrastructures, le stade devrait retrouver une nouvelle jeunesse et continuer à accueillir des événements sportifs, culturels et de divertissement pour les générations futures.