L'Histoire du Rugby à La Roche-sur-Yon: De 1904 à la Fédérale 2

La Roche-sur-Yon n’est pas réputée pour être une terre de rugby. Pourtant, le FCY Rugby existe depuis 1905, ayant disputé ses premiers matchs en 1904 aux Terres-Noires. Le club emblématique de La Roche-sur-Yon a été officiellement créé en 1905 (premiers matchs en 1904). Sous la direction de la Fédération française de rugby (FFR), le club amateur yonnais, aux couleurs rouge et blanc, participe activement à l’organisation de l’événement dans la ville.

Le club a obtenu son ticket pour la fédérale 2 en remportant sa double confrontation contre le Rugby Club Romanais Péageois en 16ème de finale. Ce 16ème de finale avait un parfum d’autant plus enivrant qu’il offrait au gagnant le droit de monter en division supérieure.

Dans son développement, le club s’est appuyé sur son école de rugby, créée en qui forme des gamins entre 5 et 15 ans. L’international français Julien Pierre y a notamment fait ses premières armes. Cette politique a été réaffirmée en 1987 avec la création du challenge Jean Roy, une compétition qui réunit des minimes (-15 ans) et benjamins (-13 ans) de toute la France et de quelques pays étrangers. Cette stratégie a porté ses fruits.

« Au début, quand nos équipes allaient au sud-ouest pour des matchs, on se prenait des roustes », se souvient Bernard Levacher, arrivé au club en 1987 en tant qu’entraîneur. « Aujourd’hui, on réussit à rivaliser avec les meilleures équipes ».

Actuellement, l’équipe senior est en fédéral 3. Son objectif est de la « stabiliser en fédéral 2 ». Et pas n’importe comment. Le Japon accueille la Coupe du monde à compter du 20 septembre. Aux Terres-Noires, à La Roche-sur-Yon, le FCY suivra l’événement.

L’ancien capitaine a commencé le rugby au FC yonnais par hasard, en tombant sur un match à la télé : « J’ai vu des joueurs se jeter dans la boue et j’ai voulu faire comme eux. » Le club emblématique de La Roche-sur-Yon, créé en 1904, lui ouvre les bras en 1997. Il a 8 ans. « Ici, j’ai trouvé mon meilleur pote qui est devenu le parrain de mon fils. J’ai aussi découvert une famille.

Les seniors, composés des équipes Fédérale 3 et Excellence B, passent une partie de l’entraînement ensemble par soucis de cohésion.

Un Match Décisif

Défaits à l’aller dans la Drôme par la plus petite des marges (21-20), le FCY a parfaitement maîtrisé ce match retour dans un stade Henri Desgrange en fusion, aux couleurs vendéennes rouges et blanches. L’enjeu est d’ailleurs perceptible dès les premières phases de ruck avec quelques franches empoignades, réchauffant encore un peu plus des tribunes qui n’en avaient pas besoin.

Ce sont les hommes de la cité du jacquemart qui vont frapper les premiers. Sur un ballon qui gicle d’une mêlée spontanée, le capitaine seconde ligne Romain Malleval est le plus vif pour s’en emparer et surprendre toute la défense en filant entre les perches. Le bruit incessant jusqu’alors se mue en silence : les visiteurs mènent 0-7 grâce à la transformation de Téo Garavel (7ème minute).

Sans paniquer, les Yonnais repartent à l’assaut de l’en-but adverse en trouvant des brèches. En bout de ligne, l’arrière Thomas Renault décale son ailier Consty Bossalot qui aplatit en coin. L’essai est non transformé, mais le FCY recolle à 5-7 et ne laisse pas de place au doute (12ème).

Les impacts sont rudes, les échauffourées se répètent, le trio arbitral a du pain sur la planche en ce début de partie et instaure un dialogue avec les capitaines afin de remettre de l’ordre. Grâce à une pénalité proche de la ligne des 40 mètres de l’ouvreur Thomas Geneau, la Roche prend les commandes du match 8-7. Puis 11-7 dans la foulée, après une valise du vivace demi de mêlée Arthur Jeudy qui perce sur 30 mètres : une faute au sol qui permet à ce même Thomas Geneau d’ajouter 3 points supplémentaires (20ème).

Très pragmatiques, les Yonnais marquent des points sur chaque incursion dans le camp adverse et se contentent de sortir de leur camp par du jeu au pied, sans s’exposer. Les Drômois réagissent en trouvant la solution au bord des rucks, une belle séquence est amorcée et les temps de jeu s’enchaînent. Le demi d’ouverture Téo Garavel récompense le travail de son équipe en passant une pénalité (11-10, 25ème).

Romans reprend confiance et tente alors de relancer depuis ses 22 mètres mais va se faire contrer par une défense agressive qui récupère la possession dans le camp adverse. Un ballon poussé en “dribbling” jusque dans l’en but et le premier à jaillir est Romaric Faure (qui se rattrape de son carton jaune). L’essai est transformé en coin par Téo Garavel d’une belle frappe enroulée (14-17, 32ème).

Après cet essai des visiteurs, va s’en suivre une longue séquence ponctuée de prises d’intervalles et de passes après contact de la part des Vendéens qui pénètrent à leur tour dans la zone de marque. Un nouveau carton jaune est attribué à Romans qui concède une pénaltouche à 5 mètres de sa ligne. Le public pousse derrière son équipe et un maul prend forme. Le travail collectif va payer, la cocotte finit son avancée dans l’en-but, l’essai est attribué au flanker Julien De Meulemester.

Malgré les infériorités, Romans-Péage a su faire le dos rond et piquer au bon moment pour rester dans le coup. Au retour des vestiaires, Romans est pénalisé d’entrée pour un plaquage haut et concède 3 points (22-17, 41ème).

La Roche prend alors doucement l’ascendant de la rencontre en imposant son jeu : les longues séquences font mal à l’adversaire qui s’arque boute pourtant en défense. L’épreuve de force proposée par les Yonnais proche de la ligne sera finalement conclue sur le large avec une passe au cordeau qui envoie le centre Eddy Vincent entre les perches. Premier écart au score 29-17.

Les bancs se vident peu à peu, les finisseurs entrent en piste. Le jeu est désormais haché et le rythme est légèrement retombé, ce qui arrange les locaux qui voient le temps s’écouler et un dénouement heureux se rapprocher.

Le Retour du Jeudy

Romans pousse pour recoller et c’est Maxime Christoffel repositionné au centre, qui sonne la charge et avance dans la défense, il trouve Maxence Vialo à son soutien qui pense filer entre les poteaux. Il n’en est rien, Arthur Jeudy le 9 Yonnais s’arrache et arrive à boxer le ballon qui jaillit des mains de son adversaire à quelques mètres de la ligne. Une action de grande classe qui permet à son équipe de conserver un petit matelas d’avance.

Ce premier coup de massue va faire mal au RC Romanais-Péageois qui n’arrive plus à mettre son jeu en place, gâchant trop de munitions, notamment en touche, pour inquiéter des Yonnais tout en maîtrise tactiquement.

Des vagues rouges déferlent et les locaux vont coup sur coup inscrire deux essais. Le premier par Eddy Vincent qui inscrit son doublé en position d’ailier. Le suivant par l’arrière aux appuis électriques Thomas Renault, dans tous les bons coups : le détonateur de nombreuses offensives est cette fois à la conclusion d’un contre assassin, 43-17 (63ème).

Le match a définitivement basculé, les Yonnais ont pris le dessus collectivement, dégageant une impressionnante sérénité et vont gérer la fin de match devant leur public qui jubile. Les dernières charges du solide Mathias Ruiz ainsi que du capitaine au casque rouge Romain Malleval ne changeront rien.

Comme un symbole, le soleil transperce pour la première fois les nuages du ciel vendéen mais les quelque 2200 spectateurs semblent déjà réchauffés par la prestation de leur équipe. Les jeunes de l’école de rugby présents en masse n’ont cessé d’encourager leurs aînés.

Le coup de sifflet final retentit et malgré les injonctions du speaker, la pelouse est envahie et les Yonnais peuvent exulter. Le RC Romans-Péage n’a pas à rougir après cette éviction aux portes d’une montée historique. Malgré la déception, ils ont le mérite d’être restés invaincus dans leur antre du Guillermoz et ont emmagasiné l’expérience des phases finales, qui servira probablement l’an prochain.

Quant à La Roche-sur-Yon, en plus d’être promue, son parcours en championnat de France se poursuit. Les Yonnais vont défier leur voisin du RC Trignac tombeur de Blois, pour un 8ème de finale qui sent déjà la poudre. Une opposition ligérienne qui met en valeur les progrès de la région Pays de La Loire dans la hiérarchie de l’ovalie.

Réactions d'Après-Match

  • Thomas Renault (arrière du FCY) : “La montée en fédérale 2 fait tellement plaisir. On perd là-bas d’un point à deux minutes de la fin donc on était confiants, mais il ne fallait pas les prendre de haut, merci au public d’être venu si nombreux et de nous avoir encouragé tout le long du match. Mon match ? Tout à l’instinct ! (sourire)
  • Jérémy Luçon (entraîneur du FCY) : “Beaucoup de fierté, car on n’était pas programmés pour ça, on a eu des problèmes en début de saison, mais au final les mecs ont super bien réagi, le groupe a été exceptionnel. Sur cette confrontation directe, on a bien géré le match aller là-bas, on ne savait pas à quoi s’attendre même si on avait vu quelques vidéos. On savait qu’ici avec le monde et l’ambiance, ça pourrait le faire. On s’est préparés tactiquement mais franchement le rugby aujourd’hui à notre niveau c’est 70% dans la tête. Maintenant, l’objectif est de prendre du plaisir, on avait planifié plusieurs étapes durant la saison, la première était la phase aller, la deuxième la phase retour, la 3ème étape c’était la montée et la 4ème débute maintenant : on ne sait pas encore où elle va nous mener, mais le prochain match va être une belle fête.“
  • Frédéric Bret (entraîneur des avants de Romans) : “On a manqué de ballons et on a été pris en touche, en première mi-temps, on a mal géré nos possessions en se séparant un peu trop facilement du ballon au pied, le score aurait peut être été différent. En deuxième mi-temps on a été un peu plus en difficulté, on a beaucoup joué en infériorité numérique ce qui a rendu la tâche plus compliquée. Au match aller on gagne d’un point, je pense qu’on aurait pu faire plus la différence mais bon c’est comme ça. Maintenant on va un peu se reposer, on va faire le point sur ce qui a marché et sur ce qui n’a pas marché et on va essayer de repartir l’année prochaine avec le même objectif.”

Compositions des Équipes

Compo RC Romans-Péage :

1 Théo Farre 2 Melvin Escoffier 3 Thibault Rosier 4 Hugo Raspail 5 (cap) Romain Malleval 6 Mathias Ruiz 7 William Mandier 8 Lucas Combe 9 Joris Roux 10 Téo Garavel 11 Maxime Christoffel 12 Thibaut Tacussel 13 Thomas Chapelle 14 Kevin Suchier 15 Romaric Faure

Les finisseurs : 16 S.Cavalli 17 R.Derbier 18 G.Reynaud 19 M.Vialo 20 B.Perrot Berton 21 A. Roussy 22 C.Idda Entraîneurs : Julien Devise (coach des arrières) et Frédéric Bret (coach des avants)

Compo du FCY La Roche-Sur-Yon :

1 Alexandre Batiot 2 Hugo Berment 3 Anthony Sauvagère 4 Manuel Ronga 5 Arnaud Lebon Rouault 6 Emilien Grisneaux 7 Julien de Meulemester 8 Arthur Thomas 9 Arthur Jeudy 10 Thomas Geneau 11 Ludovic Bertin 12 Paul Risbec 13 Eddy Vincent 14 Consty Bossalot 15 Thomas Renault

Les finisseurs : 16 C. Simoni 17 P. Thibaud 18 A. Stejskal 19 T. Segay 20 I. Lebeau 21 L. Thomas 22 H. Comte Ducourt Entraîneurs : J .Luçon , B. Fernandes et A. Thomas Le corps arbitral : Pierre Camus ( arbitre de champ) , Antoine de Pontac et Corentin Martinez ( Arbitres assistants)

Ces derniers jours, le président du FCY Rugby, Bernard Levacher, n’arrête pas d’enchaîner les réunions et les rendez-vous. Et pour cause : les championnats du monde de rugby des moins de 20 ans approchent à grands pas. Du 5 au 23 juin, une partie de la compétition internationale aura lieu à La Roche-sur-Yon. La commune accueillera notamment les matchs de poule de l’équipe de France. Un honneur pour le président de 68 ans.

Pour le club, qui compte environ 400 licenciés, le défi s’annonce de taille. Lors deux premiers matchs, mercredi prochain, le président prévoit la présence de plus de 7 000 spectateurs. D’habitude, pour les matchs de l’équipe senior, le chiffre tourne plutôt autour de 600 personnes. Mais le choix de la commune est aussi une récompense pour le club qui a su se hisser comme « le premier club départemental », selon son président.

Mais le président veut toujours faire « grandir » le club. Et pas n’importe comment.

L'engagement des Bénévoles

Sans eux, pas de clubs ni de champions. Coup de projecteur sur ces bénévoles qui s'investissent sans compter, guidés par la passion. « Le rugby, c'est une histoire de famille. Tout le monde y a touché un jour ou l'autre. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça. » Pas d'accent chantant du sud-ouest, d'ancêtres basques ou néo-zélandais dans l'arbre généalogique de Christian Naulin. L'homme est un Yonnais pur souche, descendant d'une longue lignée de Vendéens.

Au début des années 70, Françoise Pogut, la gymnaste, accompagne sa soeur dans les gradins des matches de rugby. Sur le terrain, dans l'équipe de son beau-frère, un 3e ligne attire son attention, un certain Christian Naulin. L'attirance est réciproque et l'histoire se termine devant monsieur le maire. Ou plutôt, elle débute. Car en épousant son champion, Françoise signe également un contrat longue durée avec le FCY Rugby. Adieu poutre, saut de cheval, barres asymétriques. « De toute façon, avec mes horaires d'infirmière, la gym n'était pas compatible », s'empresse-t-elle d'ajouter, pour évacuer tout regret. La grande famille de l'ovalie l'accueille à bras ouverts. Le club fonctionne sur le mode tribu.

« À l'époque, chaque match était l'occasion d'une virée collective. Tout le monde montait dans le bus, femmes et enfants, et on partait en week-end. Quand sa carrière de joueur s'achève, pas question pour Christian de quitter le navire. Il prend sous son aile les équipes cadets et juniors. Là encore, il embarque dans l'aventure sa chère et tendre. Il gère le côté sportif, elle s'occupe de l'intendance. Chaque année, le couple organise un week-end détente. Au programme : canoë, spéléo et... boîte de nuit. « Des moments inoubliables. Ceux qui l'ont vécu nous en parlent encore.

Depuis 10 ans maintenant, les Naulin accompagnent l'équipe première et la réserve. Les deux équipes se succèdent sur le même terrain chaque dimanche, à domicile ou en déplacement. Pour Françoise, le boulot commence bien en amont : commander le car, réserver le resto, booker le kiné, vérifier les licences. Et le jour du match, elle prend place sur le banc de touche. Christian, de son côté, est responsable du matériel. Les ballons, les bidons, la table de massage... c'est son rayon. Un dimanche de match, c'est du non stop, de 12 h à 18 h 30.

Et la 3e mi-temps dans tout ça ? « Oh là ! Nous, on a donné, répondent-ils en choeur. Aujourd'hui, on est plutôt du genre à faire rentrer les gars dans le car le plus vite possible. » Fatigués les Naulin ? « Pas du tout, mais on a tellement de choses à faire », assurent les deux retraités. Bien sûr, le club reste le plus chronophage. Mais il y a aussi les petits-enfants, la maison à retaper, un peu de pêche à pied de temps en temps. On imagine donc que les week-ends sans match sont les bienvenus ? Silence, regard complice entre les deux époux et réponse unanime : « Les dimanches sans rugby, on a l'impression qu'il nous manque quelque chose.

Montée en F2

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