Stade Bagnérais Rugby: Une Histoire de Passion et de Gloire

Le rugby, bien plus qu'un simple sport dans le département des Hautes-Pyrénées, est une véritable passion et un phénomène social qui transcende les générations. Bien que d'autres disciplines sportives comptent un nombre considérable de licenciés, le rugby demeure le sport le plus populaire de la région. Son arrivée dans le département remonte aux alentours de 1900, époque où tous les jeux de balle étaient communément appelés "football".

Le Stade Bagnérais Rugby, avec ses couleurs "noir et blanc", occupe une place spéciale dans le cœur des Bigourdans. Son histoire est riche en moments de gloire et en figures emblématiques qui ont marqué le rugby français. Cet article vous invite à plonger au cœur de cette épopée, depuis les premières heures du club jusqu'à son âge d'or et les défis rencontrés par la suite.

Les Débuts du Rugby dans les Hautes-Pyrénées

Les premières traces de rugby dans les Hautes-Pyrénées se trouvent dans les archives de certaines communes. Le stade Jules Soulé à Tarbes, par exemple, attirait les foules, témoignant de l'engouement naissant pour ce sport. Jean Dupuy, surnommé "Pipiou", originaire de Tarbes, était considéré comme l'un des meilleurs joueurs de rugby de son époque.

Le rugby s'est rapidement intégré à la mentalité des Bigourdans, devenant un sport suivi avec grand intérêt. Les clubs de Tarbes et du Stade Toulousain étaient les fers de lance du Comité des Pyrénées, et chaque club avait la possibilité de se qualifier pour les championnats de France.

L'Ascension du Stade Bagnérais Rugby

Le Stade bagnérais rugby a célébré le 50e anniversaire de sa montée en nationale. Même si le club est redescendu en fédérale 1, ces années fastes restent gravées dans la mémoire de ceux qui les ont vécues. L'équipe 1968-1969 s'est réunie pour fêter cet anniversaire, en souvenir de L. Lagleyze, R. Izans, R. Labat et D.

Le 30 mars 1969, le Stade bagnérais battait Marmande, retrouvant ainsi la nationale, 1re division du rugby français, qu'il avait fréquentée dans les années «50». La saison 1967-1968 avait failli se terminer par une descente en 3e division, mais une victoire sur Rieumes au dernier match avait permis le maintien en fédérale. Serge Pène, ancien joueur de l'équipe de la montée en nationale, se souvient de cette épopée.

En 1968-1969, «Casquette» Labazuy est revenu comme entraîneur, comptant sur un effectif important de Bagnérais de toujours et de nouvelles recrues. Après quelques matchs de préparation, l'équipe a enchaîné six victoires consécutives en championnat, terminant première de sa poule et se qualifiant pour les phases finales. La victoire face à Pézenas en 16es de finales a permis de rencontrer la très belle équipe de Marmande en 8es de finale, match remporté par le Stade bagnérais, assurant sa montée en nationale. Seul le PUC a réussi à stopper sa marche vers la victoire en demi-finales.

L'équipe de la montée en nationale comprenait notamment: Jean Cassou, Guy Lacrampe, Raymond Labat, René Barthe, Gérard Lonca, Denis Berquet, Roland Bergès, Alban Burgues, Joseph Pujo, Francis de Arojo, Robert Izans, Albert Dabat, Loulou Lagleyse, Michel Doux.

En octobre 1969, onze joueurs de l'équipe de la montée, renforcés par «Jeannot» Gachassin, Roland Bertranne, Marc Dandré et Yves Mercier, affrontaient pour le premier match de la saison la grande équipe de Montferrand qui s'inclinait, 14-0, à Marcel-Cazenave.

L'Âge d'Or du Stade Bagnérais (années 1970-1980)

Dans les années 70, sans moyens particuliers, Bagnères-de-Bigorre, une ville de 7 000 habitants, s'est hissée deux fois en finale du championnat de France. Le club s’était fabriqué un label d’excellence et Bagnères s’est retrouvé deux fois en finale du championnat de France en 1979 et 1981. Une époque où cela pouvait marcher.

Il y eut même une fameuse équipe de France « fantôme » qui compta cinq internationaux bagnérais : Jean-Michel Aguirre, Roland Bertranne, Jean-François Gourdon, Yves Duhard et Adrien Mournet. En 1977, pour le Grand Chelem, Aguirre et Bertranne étaient deux, Gourdon n’ayant pas eu une licence rouge.

En 1979, Bagnères perd face à Béziers, 22-13. En 1981, Jean-Michel Aguirre confirme que l'équipe s'était promis de jouer son jeu, même si au final le pragmatisme biterrois avait triomphé. Les Bigourdans avaient réalisé une attaque de 80 mètres derrière une mêlée en difficulté, avec Mournet, Fourneau, Bertranne, Rispal et Gourdon.

Pour Jean-Michel Aguirre, l’apogée de l’âge d’or du Stade Bagnérais reste une victoire, cette demi-finale 1979, survolée 25-9 face à Agen à Toulouse. On s’extasiait devant le feu follet Serge Landais en troisième ligne et le centre blond Michel Rispal. On s’est souvent demandé après coup comment un club comme Bagnères avait pu jouer à ce niveau, 19 ans de première division entre 1970 et 1989.

On a longtemps cru que c’était grâce à un gros mécène providentiel comme à Clermont (Michelin) ou à La Voulte (Rhône-Poulenc). « C’était plutôt le système D, poursuit Aguirre. Une adhésion à une certaine identité aussi.

La montée en puissance de Bagnères dans les années 70 est venue de l’accession à l’élite, sous la direction de François Labazuy, ancien demi de mêlée du grand Lourdes. Mais à Bagnères « ville », il y avait une star qui ne jouait pas dans l’équipe : Jean Gachassin.

Jean Gachassin se lança alors dans une vraie chasse aux jeunes talents avec l’idée d’attirer des joueurs régionaux et les séduire par l’image du rugby qu’il prônait, l’offensive à tout va. En quelques années, il réussit à concurrencer voire à dépasser son ancien club, le prestigieux FC Lourdais.

La base du succès bagnérais, ce fut donc cet activisme de Gachassin, dont la notoriété était énorme à l’époque. Elle lui servirait à trouver des emplois pour les joueurs, grâce à son réseau de connaissances.

« Le premier que j’ai fait venir, c’était Roland Bertranne, je l’avais remarqué chez les scolaires, il avait des jambes de feu. Je suis allé voir ses parents, je l’ai fait entrer à l’équipement et je lui ai fait travailler ses passes. Roland Bertranne est peut-être la plus belle réussite de « Gacha », il finira avec deux Grands Chelems dans sa besace et le record de sélections chez les Bleus (69).

Jean Gachassin reprend : « Oui, j’avais d’abord remarqué Jean-Michel Aguirre pour son jeu au pied, sa frappe de balle, au foot. Quand il est venu chez nous, je l’ai fait jouer à la mêlée et il s’est retrouvé international… Dans l’année, c’était extraordinaire.

Cette réussite bagnéraise, c’est d’abord l’attrait d’un style, ça paraît fou aujourd’hui, mais Roland Bertranne confirme : « On n’allait pas à Bagnères pour l’argent. On venait pour le jeu. On ne fonctionnait que là-dessus. Mais croyez-moi, on travaillait dur pour réussir nos mouvements. Mais sur le moment, ça nous paraissait naturel de se retrouver en finale dans une ville de 7 000 habitants.

Jean Michel Aguirre évoque « un système D » car Jean Gachassin n’était pas seul évidemment, Bagnères a bénéficié du soutien de deux grands présidents, M. Niollet, marchand de meubles local, prototype du dirigeant à l’ancienne puis René Bergalet, un chef d’entreprise de la région parisienne.

On l’a oublié, mais le Stade Bagnérais élimina le grand Béziers en huitième de finale en 1979. En 1977, l’arrivée du pilier international palois Marc Etcheverry avait fait progresser la mêlée des « Noirs ».

Gachassin ajoute : « Oui, tous ces jeunes que j’ai fait venir, ils auraient sans doute signé à Lourdes ». Le FCL avait l’image d’un club huppé à ce moment-là, Bagnères était un trublion.

Le plus terrible dans tout ça, c’est qu’en lever de rideau de la finale 1981, le Stade Bagnérais fut bel et bien champion de France, mais en cadets.

Comme son maître, il connaîtrait le bonheur d’avoir créé sa propre école, phénomène au moins aussi puissant que les forces de l’argent. Quand on y pense c’est presque aussi fort qu’une carrière de joueur.

En avril 2019, le deuxième ligne d’Angers Sco rugby était stoppé par une grave blessure au genou. Contre les pronostics les plus pessimistes, il a non seulement renoué avec son sport. Mais a rejoint Bagnères-de-Bigorre. Ses couleurs ne changeront pas. Romain Bourgine, 23 ans, est né en blanc et noir. Romain Bourgine va rester blanc et noir.

Quand le coach de Bagnères m’a appelé, j’ai cru que c’était un pote qui me faisait une blague, j’ai raccroché. J’ai fait la préparation avec l’équipe, mais je suis encore juste pour me lancer dans un match. J’espère être opérationnel fin octobre. Ici, le rugby, c’est sacré. Ce club, c’est celui de Roland Bertranne (désormais président), de Jean-Michel Aguirre, de Jean-François Gourdon (tous ex-internationaux), c’est deux finales du championnat de France (1979, 1981). Je me sens adopté.

Aujourd'hui, Bagnères-de-Bigorre joue en fédérale 1. Le Rugby qui a eu du mal, comme beaucoup d'autres, à suivre le train du professionnalisme. Chose est certaine, le Stade n'a pas fini de faire parler de lui!

15 Essais Épiques du Rugby Français à (Re)Vivre Absolument

Roland Bertranne: Une Légende du Stade Bagnérais et du Rugby Français

Ancien joueur emblématique du XV de France et figure du Stade bagnérais, Roland Bertranne s’est éteint le 2 octobre 2025. Le natif d’Ibos, surnommé « le petit taureau furieux », laisse derrière lui une carrière exceptionnelle et un héritage durable dans le rugby français.

Roland Bertranne, né le 6 décembre 1949 à Ibos, dans les Hautes-Pyrénées, s’impose rapidement comme l’un des centres les plus importants du rugby français dans les années 1970. Il connaît sa première sélection avec le XV de France le 27 février 1971 face à l’Angleterre. Très vite, il s’affirme comme un joueur incontournable, participant à onze Tournois des Cinq Nations consécutifs entre 1971 et 1981.

Roland Bertranne détient encore le record de sélections consécutives avec l’équipe de France : 46 matchs disputés d’affilée sur un total de 69 capes au cours de sa carrière internationale.

Après avoir été repéré par Jean Gachassin, Roland Bertranne intègre le Stade bagnérais dès 1969. Seul un passage d’une saison à Toulon, en 1972-1973, interrompt son parcours au club haut-pyrénéen. Titulaire au centre, souvent capitaine, il devient une figure emblématique du club et reste profondément attaché à ses racines bagnéraises.

Roland Bertranne découvre le rugby à Ibos en 1966, lorsque Pierre Comet et Denis Pecassou créent une équipe juniors locale. Plus de cinquante ans après ses débuts, ses anciens coéquipiers ont souhaité lui rendre hommage. Avec le soutien de la municipalité, le stade d’Ibos a été renommé Stade Roland-Bertranne en 2022.

Au fil de sa carrière, Roland Bertranne participe à de nombreux événements marquants du rugby international. Il marque un essai lors de la victoire historique de la France contre la Nouvelle-Zélande en 1973 et joue avec les Barbarians britanniques.

Au-delà du rugby, Roland Bertranne s’adonne à d’autres passions sportives. Amateur de course automobile, il participe au Rallye Paris-Dakar en 1982 avec Georges Debussy, terminant à la sixième place.

Plusieurs personnalités ont rendu hommage à Roland Bertranne, saluant son talent, son humilité et son attachement à son territoire.

Roland Bertranne laisse une empreinte indélébile dans le rugby français et dans son territoire natal. Son parcours illustre la fidélité, le talent et le charisme d’un joueur qui a marqué son époque.

Le Stade Bagnérais Aujourd'hui

Le Stade bagnérais rugby célèbre, cette année, le 50e anniversaire de sa montée en nationale. Si, aujourd'hui, le club est redescendu en fédérale 1, ces années fastes ont marqué l'histoire des «noir et blanc» et restent gravées dans la mémoire de ceux qui les ont vécues.

En octobre 1969, onze joueurs de l'équipe de la montée, renforcés à l'intersaison par «Jeannot» Gachassin, Roland Bertranne, Marc Dandré et Yves Mercier, affrontaient pour le premier match de la saison la grande équipe de Montferrand qui s'inclinait, 14-0, à Marcel-Cazenave.

Le Stade Bagnérais vient de mettre en place le mur du soutien. Supporters et amoureux du club pourront graver leur nom, moyennant finance. Ceux de la génération actuelle ne le savent pas peut-être pas ? Le Stade bagnérais est une pépite du rugby français. Plus de quatre décennies après, cette épopée bagnéraise n’a pas pris une ride dans la mémoire de nombreux inconditionnels.

"Quand on se déplace, lors des repas d’avant-match, on n’y échappe pas. On nous parle de ces deux finales de 1979 et 1981, on évoque Jean Gachassin, "Jean-Mi" Aguirre, c’est extraordinaire", précise le co-président, Philippe Arberet. Le Stade bagnérais 2024-2025 ne vit plus et ne court plus après son passé. L’objectif est de bien vivre en Fédérale 1 et de poser les bases pour un avenir plus serein.

Pour cela, le comité directeur a créé un mur du soutien (semblable à celui du Stade toulousain) de 440 cases lequel vient de voir le jour sous les tribunes du stade Marcel-Cazenave. "C’est une initiative qui s’adresse aux supporters, supportrices du Stade ainsi qu’à tous les amoureux du rugby, renchérit Philippe Arberet. Sur les 440 cases, ils ont la possibilité d’y graver leur nom pour un coût minimum de 30 euros. Tout d’abord c’est l’occasion de bien communiquer sur le club. Et surtout, on tient à préciser que ce n’est pas pour combler un déficit. En effet, avec un budget de 750 000 euros, le Stade est bien portant sur le plan comptable. Les bénéfices dégagés par le mur du soutien vont ainsi permettre de financer la formation, le pôle jeunes et d’améliorer le quotidien des seniors par la construction d’une salle de musculation.

Aujourd'hui, Bagnères-de-Bigorre joue en fédérale 1. Rugby qui a eu du mal, comme beaucoup d'autres, à suivre le train du professionnalisme. Chose est certaine, le Stade n'a pas fini de faire parler de lui!

Palmarès du Stade Bagnérais Rugby
Année Événement Résultat
1979 Championnat de France Finaliste
1981 Championnat de France Finaliste
2005 Championnat de France Fédérale 3 Champion

L'histoire du Stade Bagnérais Rugby est une source d'inspiration pour les générations futures.

tags: #stade #bagnerais #rugby