L'homophobie dans le football français reste un sujet délicat et complexe, malgré les efforts déployés pour lutter contre cette discrimination.
L'homophobie dans le football, le FC Metz propose des ateliers pour lutter contre

Le Témoignage de Jonathan Clauss
Jonathan Clauss, international français, a exprimé son soutien à la lutte contre l'homophobie lors d'un entretien. Il a confié son engagement contre les comportements homophobes et son pessimisme face à un sport qu'il estime peu inclusif vis-à-vis des personnes homosexuelles.
Clauss n'aime pas être réduit à son profil technique de latéral droit tonique et offensif. Friand de discussions profondes pour « s'ouvrir au monde » par-delà le rectangle vert, l'international français (32 ans, 14 sélections, 2 buts) a souhaité exprimer son soutien à la lutte contre l'homophobie à l'occasion d'un entretien d'une heure au centre d'entraînement de l'OGC Nice, à quelques jours de la campagne organisée par la LFP à l'occasion de la journée internationale de lutte contre l'homophobie le 17 mai.
Une prise de parole rare, au cours de laquelle le natif de Strasbourg, sans esquiver aucune question, a confié à la fois son engagement contre les comportements homophobes et son pessimisme face à un sport d'après lui peu inclusif vis-à-vis des personnes homosexuelles.
Alors qu'aucun footballeur professionnel français en activité n'a jamais fait son coming out, il estime essentiel d'éduquer les jeunes générations pour faire en sorte que la question de l'homosexualité ne soit plus à l'avenir ni tabou ni sujette à polémiques dans le sport le plus populaire du monde.
Il a partagé les points suivants :
- Sensibilisation et empathie: "J'ai toujours été quelqu'un d'empathique, et je n'aimais pas trop qu'on traite mal les autres sur des choses pour lesquelles ils ne sont pour rien."
- Expériences personnelles: "J'ai commencé à côtoyer des personnes homosexuelles dans mon entourage à partir de mes 19-20 ans, à un âge où les gens sont un peu moins « cons » et enfants. Ça ne m'a jamais dérangé, ça ne change rien à la relation amicale que j'ai avec la personne."
- Réaction face au coming out: "Je lui dirais : "Ok super, et ensuite ?" Pour moi, ça ne changerait absolument rien, mais pour d'autres, peut-être pas."
- Nécessité d'éduquer les jeunes: "Il faut sensibiliser les jeunes, dès l'école. Sensibiliser un groupe pro, c'est presque déjà trop tard."
Cependant, Clauss reste pessimiste quant à un changement radical des mentalités dans le milieu du football. "C'est très compliqué de faire changer les mentalités, car, pour la plupart des joueurs, le monde, c'est "un homme avec une femme", et ça doit s'arrêter à ça."
Le Témoignage de Ouissem Belgacem
L'ancien joueur de football professionnel Ouissem Belgacem a publié en 2021 "Adieu ma honte", le récit de son expérience de joueur gay dans le milieu très homophobe du football. Il témoigne aujourd'hui - ainsi que son entourage - dans une série documentaire qui est adaptée du livre, en quatre épisodes, visible sur MyCanal.
Ouissem Belgacem explique que "sale pédé" est est encore l'insulte numéro une sur les terrains de foot. Et puis, dans un vestiaire de foot, on rigole beaucoup. Ouissem Belgacem explique en riant que chambrer est l'activité numéro une de tout sportif mais ça n'a pas été drôle pour lui à certains moments, se voyant contraint de cacher son homosexualité : "Ce que j'explique à travers mon histoire, c'est que j'ai dû porter un masque d'hétérosexuel pendant très longtemps et porter le masque d'hétéro, ça veut dire rire aux blagues misogynes, ça veut dire rire aux blagues homophobes et ça veut dire en dire aussi. Et c'est le seul moyen, du coup, de ne pas attiser les soupçons de ses coéquipiers autour."
Pour lui, la Fédération française de football est dans le déni : "Je ne comprends pas qu'une industrie comme le football qui brasse des milliards par an ne soit pas armée d'un département avec des formateurs sur la diversité et l'inclusion. Et qu'on n'aille pas former une ou deux ou trois fois par an chaque club de professionnels. Parce que ce qu'il faut bien comprendre, c'est que le temps est révolu où les footballeurs étaient simplement des athlètes. Aujourd'hui, que tu le veuilles ou non, si tu joues en Ligue 1, tu es un leader d'opinion."
Les Initiatives et Leurs Limites
Malgré la multiplication des positions officielles et des initiatives de lutte contre l'homophobie, quelque chose résiste. Les attitudes homophobes sont rarement assumées publiquement, mais elles persistent dans les petits gestes du quotidien et dans le langage.
En 2005, Vikash Dhorasoo, joueur du PSG sélectionné en équipe de France, accepte de parrainer le PFG. Ce dernier initie une charte contre l’homophobie dans le football. Elle est signée par le président du PSG le 5 septembre 2007, puis par le président de la Ligue de Football Professionnel le 8 juin 2008. Neuf clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 se rallient à cette charte dans les mois qui suivent.
Mais, le 29 septembre 2015, un communiqué laconique annonce la dissolution du PFG, précisant que :« face à l’indifférence notable, la peur des institutionnels à s’engager réellement, la honte pour certains à traiter ce sujet, nous devons nous rendre à l’évidence : nous ne parvenons plus à faire avancer notre combat contre l’homophobie. »

Les Sanctions et Les Réactions
En mai dernier, à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, le football français a été le théâtre de comportements profondément choquants. Certains joueurs ont refusé de participer à des rencontres en raison de cette campagne de sensibilisation, invoquant des pressions personnelles.
La ministre des sports, Marie Barsacq, a affirmé que des sanctions seraient prononcées contre les joueurs qui n'avaient pas pris part à cette campagne. Elle a souligné que le football professionnel a un devoir d'exemplarité et doit mobiliser la jeunesse pour lutter contre l'homophobie.
Ce sont votre silence, votre complaisance et vos compromissions qui ont laissé prospérer l'islamisme. Je l'affirme clairement : le meilleur bouclier des juifs, des femmes et des homosexuels, ce sont Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Perceptions de l'Homophobie dans le Football Européen
Une étude de YouGov a examiné les perceptions concernant l'homophobie dans le football professionnel dans plusieurs pays européens. Les résultats montrent des différences significatives entre les pays :
- Les supporters français sont les plus susceptibles de croire que l'homophobie est répandue dans le football (58%).
- Les supporters allemands sont les moins susceptibles de le penser (40%).
- De nombreux fans estiment que l'homophobie est un problème répandu dans le sport, mais ils considèrent que la situation s'est améliorée au cours de la dernière décennie.
Les principales raisons pour lesquelles les joueurs ne révèlent pas leur homosexualité incluent la réaction des médias, des supporters et des clubs.
| Pays | Perception de l'homophobie comme répandue | Perception de l'homophobie comme un problème majeur | Amélioration ou aggravation au cours des 10 dernières années |
|---|---|---|---|
| France | 58% | 67% | 29% pensent que cela s'est aggravé |
| Allemagne | 40% | Opinions partagées | Amélioration |
| Royaume-Uni | 46% | Opinions partagées | Amélioration |
Le "Pride Match" de la Coupe du Monde 2026
La Coupe du Monde de football 2026 organisera un "Pride Match" LGBTQ +, opposant l'Égypte et l'Iran. Cette initiative, bien que saluée, suscite des interrogations en raison des lois de ces pays concernant l'homosexualité.

La Fédération iranienne a qualifié d'« irrationnelle » la décision de dédier cette rencontre à la communauté LGBTQ +. En France, cette décision suscite des interrogations, des craintes, mais aussi de l’espoir.