L'histoire du Dinan Léhon Football Club: D'épopées en Coupe aux exploits en National

Le Dinan Léhon Football Club (Côtes-d’Armor) est un club avec une histoire riche et passionnante, marquée par des moments forts et des succès mémorables. Des épopées en Coupe de France aux exploits en National, le club a su se forger une identité forte et un palmarès impressionnant.

Stade du Clos Gastel

Une montée historique en National 2

En allant s’imposer (1-0) à la TA Rennes, samedi 27 mai 2023, Dinan Léhon football-club est devenu champion de National 3 et accède à l’échelon supérieur. Quelques heures plus tôt, ils venaient de battre la TA de Rennes (0-1) et de valider du même coup leur titre de champion de National 3 et leur accession à l’échelon supérieur.

« On est les champions ! On est les champions ! » scandaient les joueurs au milieu d’une haie d’honneur tracée par une trentaine de supporters qui les attendaient. « C’est un moment historique, soulignait l’entraîneur Stéphane Lamant. C’est la régularité qui nous offre ce titre de champion. Le sérieux également. Il y a 22 joueurs dans mon groupe et je ne pouvais en faire jouer que onze, mais tous sont à féliciter. C’est la victoire d’un collectif et j’ai une pensée pour mon staff, car c’est une grande ressource pour moi.

Son adjoint, Fred Marquet, était lui aussi heureux du résultat. « Une saison incroyable, en étant premier du début jusqu’au dernier jour. Je suis arrivé il y a treize ans, on était en CFA2 et nous voici en N2. C’est le travail de tout un club.

S’il était difficile de se faire entendre samedi soir dans un foyer chauffé à blanc, le joueur le plus entouré était bien sûr le buteur, Victor Lefèbvre. « Je marque à la 26e minute, mais c’est toute l’équipe qui est à féliciter, car on fait tous des efforts. On se connaît, nous sommes des amis sur le terrain et en dehors.

Le plus fidèle supporter, Dominique Mallet, qui n’a raté aucun match à domicile, ne quitte pas son écharpe aux couleurs du club. « Sur l’ensemble de la saison, le titre est amplement mérité.

Dans un coin, le dirigeant le plus discret, Loïc Clair, analysait la saison : « Le club mérite cent fois cette montée et tout le monde l’attendait. Mais il faut aussi mettre en avant les bénévoles qui font un travail énorme.

L’incroyable année 2023 en a décidé autrement. Vice-champions de France de National 3, les Bretons ont décroché la première montée en N2 de leur histoire.

Cadre de l’équipe, Mbongue a souhaité accompagner l’effectif dans sa découverte mais il l’assure : « Cette fois, ce sera la dernière saison… sauf si on monte en National (rires) ! »

Une série qu’ils rêvent de prolonger lors de la réception du Stade de Reims en 32es de finale de la Coupe de France (17h30, beIN SPORTS Max 6). Après avoir buté contre Guingamp en 2014-2015 et Brest en 2021-2022, la troisième tentative sera-t-elle la bonne ? Le Clos Gastel en rêve…

Quelques chiffres clés :

  • 3e: 32e de finale pour Dinan Léhon en Coupe de France et 3e club de Ligue 1 affronté à ce stade
  • 12/64: Le nombre de clubs de National 2 encore en lice dans la compétition
  • 43 000 €: La dotation financière FFF déjà engrangée par le club des Côtes-d’Armor (6 000€ au 7e tour, 12 000€ au 8e, 25 000€ en 32es)

« Le club d'une vie »

« Je suis natif de Dinan et j’ai commencé le football à 4 ans et demi au Stade Dinannais où l’un de mes oncles était éducateur. J’y ai pris ma première licence et y ai passé cinq ans. Pour continuer à progresser, il a fallu basculer à l’ASC Léhon jusqu’à la fusion en 2003. Léhon devenait trop petit pour pouvoir évoluer, Dinan ne parvenait pas à franchir un cap. Cela a ouvert des possibilités. Sans cette fusion, aucun des deux n’aurait pu atteindre ce niveau-là.

À l’adolescence, j’ai passé les détections dans le département et Guingamp m’avait convié pour effectuer plusieurs sessions. J’ai franchi les étapes jusqu’à la dernière. Ils m’ont appelé pour me dire que je pouvais intégrer le club. J’ai aimé passer les tests, me montrer à mon avantage mais j’ai décliné leur proposition. Cela les a un peu surpris. J’ai continué ma route sans être bouleversé, sans regret. Si cela arrivait aujourd’hui, je suis sûr que la plupart des jeunes iraient en courant ! Dinan Léhon, c'est le club d'une vie. »

Jeff Mbongue (photo flickr Dinan Léhon FC).

La saison 2022-2023: une saison exceptionnelle

« La saison 2022-2023 a été exceptionnelle avec une seule défaite à la 97ème minute à Milizac (1-2, en mars 2023). De mémoire, je n’avais jamais connu ça. Le club a commencé en DSR, on avait fait un parcours presque similaire avec une montée à la clé mais à un niveau différent, ce n’est pas comparable.

Les clés de la réussite ? Un groupe qui se connaît, équilibré avec des joueurs matures pour apporter du calme et des éléments plus jeunes qui ont injecté de la fraîcheur et mis de la folie, un effectif étoffé car on avait appris des saisons passées avec des groupes restreints où les blessures et états de forme nous avaient pénalisés. C’est aussi un groupe qui s’apprécie, avec un état d’esprit sympathique. Au départ, tous les ingrédients étaient présents, il fallait ensuite valider cela avec les résultats.

Quand on est parti dans une série, quand tout fonctionne, cela engendre de la confiance. On n’a pas envie que ça s’arrête, on n’a vraiment pas envie que ça s’arrête, on n’a toujours pas envie que ça s’arrête alors ça tient. À un moment, il y a eu un petit flottement, on a enchaîné quelques nuls, on était plus dans la volonté de ne pas perdre que de gagner. On en a discuté et on a réenclenché la conquête. Après cette défaite contre Milizac, on a eu tout de suite un match contre le troisième, Fougères, qui nous a permis de répondre avec la manière.

Le rythme au club

« Après réflexion et comparaison avec les clubs qui nous ressemblent où les joueurs travaillent, les dirigeants et le staff ont souhaité conserver le même rythme que l’an passé. Ils ont insisté sur le côté récupération en mettant à disposition une salle de soins et de musculation. Le lundi, ceux qui le souhaitent peuvent y effectuer une séance supplémentaire. Sinon, on est resté sur trois entraînements par semaine le soir. N2 ou N3, cela ne change rien pour nous.

Le club n'avait pas la volonté de nous surcharger car il y a la charge physique mais aussi la charge mentale. Notre dosage, pour l’instant, nous donne raison. On voit que sur cette première partie de saison, on tient le coup physiquement et mentalement. »

Le stade du Clos Gastel, imprenable

« La dernière défaite ici remonte au match face à la réserve de Brest (2-3) en mai 2022. Pour garder une telle solidité, il faut un endroit où on se sente bien. Le public nous aide car pas mal de personnes viennent et cela nous pousse. Il faut des anciens qui inculquent l’exigence à domicile, le fait qu’on joue pour des gens même si notre commune est petite. Les joueurs qui intègrent le club le comprennent et beaucoup de nouveaux ont été bâtisseurs de ce cycle. Ils se sont sentis chez eux très vite. C’est une question d’état d’esprit.

Quand ça se passe bien, on mesure qu’on est difficile à manœuvrer et on a envie que cela continue de trotter dans la tête de nos adversaires. Lorsque l’un d’entre eux vient ici, il regarde les stats et doit se dire : ‘‘C’est compliqué chez eux’’. Psychologiquement, ça peut avoir une incidence. Plus ça tiendra, plus ce sera dur. Cette série va tomber un jour, c’est sûr mais j’espère ne pas la connaître ! Il faut positiver. Plutôt que de se demander : ‘‘Est-ce que cela va tomber ?’’, il faut insister sur la conquête et la nécessité de continuer : ‘‘Ici on gagne, on est chez nous, on fonce et on y croit’’. »

Le début de saison en N2

« Le début de saison (5e du groupe C après 12 journées) est une satisfaction. On aurait signé si on nous avait annoncé ça cet été ! Satisfaction car on prend les points à domicile, on fait plaisir à notre public et aussi par rapport à notre statut d’amateurs qui travaillons face à des équipes qui ne font majoritairement que du foot. La préparation est adaptée à notre vie professionnelle, on peut rater des séances si le travail nous y oblige. Nous avons un rythme de club N3+.

En début de saison, on pouvait se demander si ça allait marcher car on allait passer un cap en N2 mais on peut être fiers de ce qu’on a réalisé tout en sachant que ce n’est pas le maintien. La dernière victoire de l’année 2023 à Saint-Malo (2-1, le 16 décembre) ? C’est le derby, un match qu’on avait coché sur le calendrier, et on le prend presque comme un succès de plus à domicile (il sourit) ! C’est la cerise sur le gâteau de cette belle fin d’année.

J’avais annoncé que je ne continuais pas en N3 car j’avais l’impression d’avoir apporté tout ce que je pouvais. Mais en N2, il y avait un challenge car personne ne connaissait ce niveau et, dans l’inconnu, on a toujours besoin de personnes rassurantes. J’avais envie d’accompagner l’équipe. Le temps de jeu n’était pas mon critère principal, je voulais m’assurer que le groupe allait être dans la bonne dynamique afin de pouvoir tout donner pour la première saison de son histoire à ce niveau. J’aurais fait le boulot jusqu’au bout. Celle-ci sera la dernière… à moins de monter en National ! »

La Coupe de France

« En Coupe, on a effectué un parcours sérieux. Jusqu’ici on n'a battu que des équipes de niveau inférieur, même si lors du 8e tour, Vitré (N3) est une habituée du N2 qui possède plus de joueurs connaisseurs de ce niveau que nous. On avait mal commencé contre la Tour d’Auvergne (7e tour) en première période, on s’était un peu moins donné, on était mené 0-1 à la mi-temps mais on a su rectifier le tir en seconde (3-1).

On a obtenu un court succès contre les Keriolets (6e tour) : à l’extérieur, dans des conditions climatiques compliquées, sur un terrain synthétique difficile, face à une équipe qui ne nous fait pas de cadeau et devant un public important. On est passé par la petite porte mais l’essentiel était assuré. J’ai marqué le seul but du match et me suis fait un peu chahuter car je n’ai pas l’habitude en tant que défenseur ! Pour l’instant, on n’a pas réalisé d’exploit mais l’exploit est peut-être à venir.

Le parcours de Dinan-Léhon

  • 4e tour : US Plouisy (Départemental 1) - Dinan Léhon, 0-8
  • 5e tour : US La Gacilly (Régional 2) - Dinan Léhon, 0-6
  • 6e tour : Les Keriolets Pluvigner (Régional 1) - Dinan Léhon, 0-1
  • 7e tour : Dinan Léhon - Rennes TA (N3), 3-1
  • 8e tour : Dinan Léhon - AS Vitré (N3), 2-0

Reims pour adversaire

« Au tirage au sort, on était dans le chapeau avec le PSG alors forcément on avait envie de tomber contre lui mais Reims est un club historique du foot français, une équipe dont on parle beaucoup en ce moment notamment avec son entraîneur (Will Still). Une équipe très respectée, qui réalise un bon début de saison (8e de L1), un gros morceau. La clé, c’est d’y croire. On aura face à nous des joueurs qui ont une qualité technique supérieure mais on doit jouer notre va-tout en s’appuyant sur notre état d’esprit, notre solidarité, notre collectif.

Et surtout pas rester derrière ou perdre sans n’avoir rien tenté. Il ne faut pas oublier non plus que c’est une fête avant tout pour le club et la ville. Même s’il y a trois divisions d’écart, sur un match, tout est possible. Dans l’histoire, beaucoup de clubs l’ont fait avant nous. »

Les deux précédents 32es

« C’était un rêve. Je me souviens de l’engouement qu’il y avait autour de ces rencontres. On voit que la Coupe de France est exceptionnelle à la façon dont on est porté par le public et les gens du coin qui vivent pleinement l’évènement. Tout ce qui se passe avant le match autour de nous est incroyable, cela nous sort de notre quotidien.

En 2014-2015, alors en CFA 2 (l’équivalent du N3), on avait battu Saint-Malo au 7e tour (CFA, N2, 2-1) puis Angers, alors en L2, au 8e tour au Clos Gastel (2-1). Il devait y avoir environ 2 000 personnes ici. C’était fabuleux, on n’avait jamais vu ça. C’est l’un de mes meilleurs souvenirs avec le 32e de finale contre Guingamp (L1) au Roudourou (0-3, devant 8 835 spectateurs). Le scénario de notre autre 32e de finale, en 2021-2022 face à Brest (L1) à Saint-Brieuc, est cruel (0-0, 12 tab 13). On a l’impression que ça s’est joué à un plaid !

Dans le froid, dans la nuit, on essayait de se réchauffer et on voyait les Brestois sous leurs couvertures un peu moins verrouillés à l’instant de tirer les penalties. Lorsqu’il fallait s’élancer, on se disait : ‘‘Je suis gelé, il faut que je me déverrouille’’. Est-ce que cela a joué ? Un peu je pense car c’est un exercice technique où il faut être à l’aise. On était déçus mais on garde le souvenir d’avoir réalisé quelque chose d’exceptionnel avec 16 tirs au but de chaque côté, un record à partir des 32es de finale. Ici, les gens en parlent encore. »

25 - Il y a eu 25 tirs au but marqués lors du match entre Dinan et Brest (12-13), record lors d’une séance de tirs au but dans l’histoire de la Coupe de France à partir des 32es de finale. Incroyable.

C’est une saison déjà historique. Le Dinan-Léhon Football club (Côtes-d’Armor) affronte le Stade briochin, samedi 26 août 2023, dans le cadre de la première journée du championnat de National 2. Après de longues semaines de préparation, la saison va enfin commencer, et quelle saison ! Un exercice dans lequel les joueurs de Stéphane Lamant affronteront des équipes chevronnées, comme Bastia Borgo, Boulogne-sur-Mer ou encore Saint-Brieuc. Et ce dès samedi 26 août 2023 face aux Briochins.

Avant d’entamer cette nouvelle saison, les joueurs ont effectué six matchs amicaux. Le bilan : une victoire, trois nuls et deux défaites. « Le leitmotiv de cette préparation, c’était l’aspect tactique et l’adaptabilité, recontextualise l’entraîneur du Dinan-Léhon FC, Stéphane Lamant. Des joueurs qui, pour certains, découvrent le club. Le groupe sera composé de vingt-trois footballeurs : seize étaient déjà de la partie l’année dernière, sept sont arrivés pour renforcer l’équipe. Une adaptation plus ou moins rapide en fonction des recrues.

« Tous ne sont pas à la même maturité d’absorption de ce qu’on a travaillé, illustre le coach. Nouvelle saison veut aussi dire nouveaux objectifs pour le club. « On ne veut pas tout centrer sur le maintien, assure l’entraîneur. Notre objectif, c’est de progresser.

Du côté des joueurs, l’impatience se fait ressentir. À commencer par Kévin Beauverger, capitaine de l’équipe. « Il y a beaucoup d’excitation à l’idée de reprendre les choses sérieuses, souffle-t-il. C’est une belle opportunité pour le club de continuer à se construire.

« On a hâte d’y être et d’en découdre, assure Pierre-Alexis Barbé, gardien de but. Le National 2, c’est un championnat exigeant. Même son de cloche chez Anthony Vermet. L’avant-centre entame sa cinquième saison au club. L’an passé, il avait terminé meilleur buteur de l’équipe avec 18 réalisations. « Comme toujours, c’est le collectif qui passe avant tout, affirme-t-il.

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