Les Bleus, assoiffés de revanche, se préparent à défier la Slovaquie. Onze ans se sont écoulés depuis la dernière victoire des Bleus en Mondial, un mémorable 5-3 face à ces mêmes Slovaques. À cette époque, Baptiste Amar et Antoine Roussel réalisaient un doublé, tandis que Damien Fleury scellait le sort du match. Depuis, la Slovaquie a dominé les cinq dernières confrontations des Mondiaux entre les deux nations, notamment avec des scores de 4-2 en 2022 et 2024.
Malgré cet historique défavorable, des raisons d’espérer subsistent pour les Bleus. Ils ont affiché deux performances encourageantes contre la Lettonie, avec un revers 4-1 (dont deux derniers buts encaissés en cage vide) et un point précieux obtenu contre la Finlande, troisième équipe mondiale, après une prolongation (défaite 4-3), avant de s'incliner avec les honneurs face au Canada (5-0). Parallèlement, la Slovaquie connaît un début de Mondial en dents de scie. Bien qu’elle se soit imposée 3-1 contre la Slovénie (19ème nation mondiale), elle a également subi deux défaites : une contre la Suède (5-0) et une autre contre l’Autriche (13ème nation mondiale), 3-2 après tirs aux buts.
En l’absence de Craig Ramsay pour ce Mondial, Vladimir Orszagh assure l’intérim comme entraîneur. Il peut compter sur des joueurs clés : le gardien Samuel Hlavaj, nommé parmi les trois meilleurs de sa sélection l’année dernière, affiche une belle forme avec 92,31% d’arrêts. Il connaît bien Jules Boscq, un des Tricolores, avec qui il a joué à Iowa Heartlanders. Samuel Takac, capitaine assistant du Slovan Bratislava, est un autre pilier, fort d’une excellente saison avec 47 points. Dalibor Dvorsky, âgé de 19 ans et participant à son premier Mondial Senior, est également un joueur à suivre, ayant été promu en NHL pour deux rencontres avec les St-Louis Blues.
Avec un point au compteur, la France espère décrocher sa première victoire. La Slovaquie, perçue comme plus abordable que la Finlande et le Canada, sera-t-elle la première victime des Bleus? Une victoire dans le temps réglementaire permettrait aux Bleus, actuellement septièmes, de dépasser les Slovaques au classement. Après avoir tenté de résister face au Canada (défaite 5-0), les Bleus enchaînent dès aujourd’hui, face à la Slovaquie. Un adversaire historiquement redoutable mais plus accessible que la Finlande ou le Canada. Prendre des points dès que possible est crucial pour le maintien et, pourquoi pas, un quart de finale. Coup d’envoi à 16h20.
Demi-finaliste surprise des Jeux olympiques 2022, la Slovaquie a depuis alterné le bon et le moins bon. En 2024, elle avait été sortie dès la phase de poules, mais revient avec une équipe jeune, rapide et ambitieuse. Sous la houlette de Vladimir Orszagh, ancien joueur NHL et coach expérimenté, les Slovaques s’appuient sur une nouvelle génération emmenée par Dalibor Dvorský, Samuel Honzek (Calgary Flames), mais aussi des cadres comme Michal Kristof, Robert Lantosi ou Mislav Rosandic.
Leur tournoi 2025 a débuté de manière contrastée, avec une victoire convaincante contre la Slovénie (5-1), suivie d’une défaite accrochée face à l’Autriche (3-2). Le gardien Adam Huska a été solide, mais le secteur défensif reste friable face aux attaques rapides. C’est une équipe qui joue par « à-coup ». Il faut être en mesure de profiter de leurs temps faibles et maîtriser leurs temps forts.
Les Tricolores continuent d’impressionner par leur combativité. Après une prolongation contre la Finlande (4-3), les Bleus ont limité la casse face au Canada avec une défaite (5-0). La défense est solide du côté des bleus, Spinozzi et Boscq, notamment font le travail. Du côté de l’offensive, cela manque de réalisme devant le but. Le capitaine Pierre-Edouard Bellemare l’a noté après le match face au Canada, il faut améliorer l’exécution.
Alexandre Texier, incertain avant le match face au Canada, a joué et semble opérationnel. Le staff devrait faire revenir dans l’effectif Jordann Perret même si le coach a été évasif hier soir. Le gardien Quentin Papillon pourrait être titularisé pour ce 4e match, tandis qu’Antoine Keller pourrait être préservé pour le back-to-back de vendredi et samedi.
Historique des Confrontations Récentes
Les récentes confrontations entre la France et la Slovaquie tournent toutes à l’avantage des joueurs d’Europe centrale. Les cinq derniers matchs ont vu cinq défaites françaises, parfois sévères :
- 🗓️ 3 mai 2025 (amical) : Slovaquie 8-1 France
- 🗓️ 2 mai 2025 (amical) : Slovaquie 4-2 France
- 🗓️ 18 mai 2024 (Mondial) : France 2-4 Slovaquie
- 🗓️ 13 mai 2022 (Mondial) : France 2-4 Slovaquie
- 🗓️ 7 mai 2022 (amical) : Slovaquie 2-0 France
La dernière victoire tricolore remonte à 2017. Depuis, les Slovaques imposent leur tempo, souvent grâce à leur vitesse et leur efficacité sur les transitions.
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Chiffres Clés Avant le Match
Voici un tableau comparatif des statistiques des équipes avant le match :
| Catégorie | 🇸🇰 Slovaquie | 🇫🇷 France |
|---|---|---|
| Classement IIHF | 8e | 13e |
| Résultat Mondial 2024 | Phase de poules | Phase de poules |
| Probabilité victoire (NLice) | 61,5 % | 38,5 % |
| Efficacité offensive | 12e - 5,75 % (5/87) | 10e - 7,55 % (4/53) |
| Powerplay (PP) | 9e - 11,11 % (1/9) | 1er - 50,00 % (2/4) |
| Penalty killing (PK) | 10e - 85,00 % (1/7) | 14e - 66,67 % (2/6) |
| % d’arrêts gardien | 15e - 85,00 % (51/60) | 12e - 87,85 % (13/107) |
| Buts marqués | 5 | 4 |
| Tirs cadrés | 87 | 53 |
| Pénalités concédées | 8 (4x2min) | 8 (4x2min) |

Un Match Capital
Ce match face à la Slovaquie est sans doute « le plus abordable » pour la France depuis le début du tournoi. Après deux très bons matchs, l’Autriche ne compte pourtant aucun point. Son calendrier lui fait jouer tous les « gros » d’affilée, avec la Slovaquie en troisième morceau. Des Slovaques qui n’ont pas trop existé en ouverture face aux Suédois, mais qui ont connu plus de maîtrise face au promu slovène.
Les joueurs de Roger Bader entrent mieux dans la partie et s’octroient les premiers lancers sur Samuel Hlavaj, à l’image d’un lancer d’Unterweger de la bleue. À la septième minute, un cafouillage dans l’enclave retombe sur Heinrich, monté près du but. Il ne parvient pas à reprendre face à Hlavaj au sol. Le palet est dégagé, mais le contre slovaque tourne court. Le disque revient dans la zone, où Wolf fixe sur l’aile gauche avant servir en retrait Peter Schneider. Une minute plus tard, David Maier est pris pour un accrochage, ce qui donne l’occasion aux Slovaques d’essayer de revenir au score. Mais les entrées en zone sont maladroites, et, après onze minutes de jeu, Kickert ne fait face qu’à son premier tir. Un arrêt important, qui permet à son équipe de relancer vers le camp adverse. Schneider cherche Kasper dans la profondeur, au milieu de trois joueurs qui défendent complètement à côté de leurs patins. Le joueur de Detroit est tout heureux de retrouver le palet devant Hlavaj, tout seul. La Slovaquie a la tête dans le brouillard.
Le jeu de passe est inexistant, et la seule action dangereuse, un débordement de Sýkora, ne survient qu’à 2’51 de la pause… pour un tir hors cadre, suivie sur l’engagement d’un tir de Čajkovič droit sur le plastron du gardien. Le deuxième tiers débute de la même manière que le premier : une phase de possession autrichienne. De manière brouillonne, la Slovaquie tente de s’en sortir sous l’impulsion notamment de Dvorský. Les efforts paraissent désordonnées et Kickert repousse deux tirs sans trop trembler. Une percée de Regenda plein axe soulève les sifflets des supporters slovaques, qui estiment qu’il a été accroché. Les officiels ne mordent pas à la pression.
Sur courant alternatif, la Slovaquie entre dans un temps fort. Suite à une série de duels au fond, Samuel Honzek sort avec le palet. Le jeu a changé de sens. Un centre fort devant la cage est repris par Sýkora. Kickert repousse et les défenseurs empêchent l’espoir de Montréal de prendre le rebond. Puis, c’est une contre-attaque du duo Sýkora-Chromiak, bloquée par Kickert. La Slovaquie prend le contrôle du jeu au retour sur la glace, et Kickert doit bloquer très vite un tir dévié de Rosandič, puis un tir en hauteur de Sýkora. Le jeu de puissance pose plusieurs situations intéressantes, et aussi une incapacité chronique à cadrer ses tirs. Les minutes défilent et la tension augmente chez le public slovaque.
L’égalisation arrive en contre à neuf minutes de la fin. Regenda déborde sur l’aile gauche et laisse en retrait pour son capitaine Sukeľ, qui lui remet au fond, embarquant la défense. Sukeľ se déplace devant la cage où il reçoit la passe quasi à une touche de Regenda, fixe le gardien et lève son palet (2-2). Et l’Autriche ne va pas bien. Après une chance sur le but de Hlavaj, l’Autriche se fait très peur. Honzek vole un palet en entrée de zone et lance un 2 contre 1. Il sert Čederle, tout seul devant Kickert, le feinte… et le gardien étire la jambière pour éviter la catastrophe. Puis, il reste solide sur sa ligne sur le tour de cage de Patrik Koch.
L’Autriche sécurise donc finalement au moins un point, ce qu’elle n’avait pas réussi à faire contre la Finlande et la Suède. Elle a copieusement subi la deuxième moitié de match, mais le 3 contre 3, c’est un exercice spécial. Une longue passe envoie Schneider sur l’aile pour le premier tir, repoussé. La Slovaquie dégage… et le palet percute l’arrière du casque d’un officiel, explosant le système de caméra ! La possession slovaque est stérile, et exposée. Lebler, servit en entrée de zone, trouve la botte de Hlavaj sur un contre rapide. Rosandič s’y essaie aussi et sa volée est sortie du bout de la jambière. Sur un bon échec-avant, l’Autriche force un revirement et Unterweger trouve l’épaule du gardien slovaque. La prolongation s’achève sur une pénalité de Sukeľ pour un cinglage à 6 secondes de la fin.
Rosandič choisit de décocher après avoir fixé Kickert. Kristof est stoppé de justesse dans son déplacement latéral devant le gardien : Kickert a avancé sa crosse pour le poke-check et le fait trébucher. L’Autriche est donc enfin récompensée par une victoire, ce qui lui donne deux points.
Les Bleus ont effectué un début de match plein d’allant en ouvrant rapidement la marque par Damien Fleury sur une échappée (3′), puis en doublant la mise une minute plus tard par Teddy Da Costa, qui trouvait la lucarne de près. On ne pouvait rêver meilleurs débuts, d’autant plus que les Tricolores continuaient par la suite à monopoliser le palet. En début de second tiers-temps, les Autrichiens trouvaient la barre transversale (24′), alors que Damien Fleury et Laurent Meunier se montraient à leur tour dangereux. A la 34ème minute, le gardien de but français préservait les siens en stoppant une échappée adverse. Alors que les 2 équipes se neutralisaient lors du dernier tiers-temps, Tomas Vanek réduisait la marque (48′). Pierre-Edouard Bellemare voyait son tir heurter le poteau quelques instants plus tard. La dernière rencontre entre les 2 équipes dans le cadre d’un championnat du monde remonte à 2004. L’Autriche avait alors sèchement battu la France sur le score de 6-0. Depuis lors, les confrontations entre les 2 équipes se sont avérées particulièrement serrées et indécises.
Les Slovaques se seraient-ils vus un peu trop beaux ? C’est en tous cas l’impression donnée par les principaux intéressés après la défaite de la Double-Croix contre la Lettonie jeudi soir (3-5). « C’est la honte ! » déclarait à chaud le meilleur attaquant Tomáš Záborský. Le commentateur de la STV, la chaîne publique qui retransmet le Mondial, osait même comparer le revers de cet « énorme favori du tournoi » à l’impact de l’affront fait par la France à la Russie quelques heures auparavant. La parfaite mise en jambe, vendredi dernier, contre ces mêmes Bleus français (2-6) avait il est vrai laissé entrevoir les meilleures perspectives pour les vice-champions. Pourtant, le duel suivant contre la Finlande, dominé mais perdu, avait déjà alerté de l’incapacité des archers slovaques à faire mouche sur une offre pléthorique d’occasions franches. Aussi prompts à mettre leur équipe sur un piédestal après le succès introductif qu’à l’enterrer au premier couac, les suiveurs slovaques ont revu leurs copies en l’espace d’une nuit. Les premiers instants de la rencontre leur donnent pour une fois raison.
Sur un engagement dans le cercle droit slovaque, Matthias Iberer s’empare de la rondelle et tente sa chance derechef, mais Rastislav Staňa, finalement reconduit dans la cage après en avoir été sorti la veille, écarte le danger (4’06). Marcel Haščák, pour sa première dans ce Mondial, donne un peu plus d’allant aux Autrichiens en filant en prison (faire trébucher, 4’51). Les blancs réagissent d’ailleurs bien à leur infériorité. En sous-effectif, le capitaine Miroslav Šatan remonte le terrain dans l’axe comme il en a le secret puis, à son entrée en zone adverse, décale sur la gauche pour Peter Ölvecký. Si la frappe du Danubien dans le cercle n’est pas très tendue, elle est toutefois mal captée par Bernhard Starkbaum qui laisse échapper le puck dans son territoire. Ölvecký se rue pour faire pression sur le portier de MODO et son dernier coup de palette est dégagé in extremis par André Lakos devant la ligne de but (6’09). L’Autriche montre une belle envie même après leur power-play. À la lutte dans le coin gauche autrichien avec Thomas Koch, Branko Radivojevič parvient à conserver la rondelle et sert en retrait Michal Sersen, qui reprend à l’entrée du cercle. Tomáš Surový récupère le rebond, contrôle, se replace dans le rond opposé puis marque côté rapproché (1-0, 9’00). C’est la seconde fois seulement, après la France, que la Slovaquie ouvre le score dans ce championnat du monde. Les rouges accusent un peu le coup et Koch est sanctionné dans sa zone (faire trébucher, 9’35). Heureusement pour eux, la Slovaquie, un peu comme à son habitude, ne maintient pas sa pression offensive après son but et gaspille ce jeu de puissance. De suite, Thomas Vanek met la pression sur la défense slovaque et Staňa doit sortir un bel arrêt de la mitaine (11’57). C’est ensuite le missile de Pöck, repris par Lakos, qui fait plier le gardien slave sans pour autant réussir à le faire plier (13’08). Les Autrichiens se montrent de plus en plus menaçants et poursuivent sur leur lancée une fois que la Slovaquie est revenue à forces égales. Le rempart du CSKA Moscou sauve encore une fois son équipe sur un back-hand de Thomas Hundertpfund (16’29). Les deux formations se livrent à une belle joute offensive, chacune répliquant aux assauts de l’autre. En fin de tiers-temps, Michel Miklík intercepte une mauvaise passe adverse dans le coin gauche mais son lancer ne fait qu’allumer le bidon de Starkbaum posé au-dessus de la lucarne gauche (19’43).
Le deuxième acte est en revanche beaucoup plus disproportionné. La Slovaquie envoie l’artillerie lourde et accule de fait la défense autrichienne dans les cordes. Miklík sert de derrière la cage Záborský, qui ne fait que dévier la passe au poteau droit pour Roman Kukumberg, à l’affût dans le territoire de but. Le lauréat de la Coupe Gagarine 2010 finit par faire passer le palet entre les jambières du gardien, qui recule en même temps qu’il contient l’assaut. Le trio d’attaquants slovaques lève les bras, persuadé que dans le mouvement le caoutchouc a franchi la ligne. Les arbitres tuent immédiatement l’espoir blanc (22’14). C’est au tour de Surový d’être en fond de zone et de servir Radivojevič sur la droite ; extrêmement maladroit dans le geste final depuis une semaine, l’ailier du Spartak Moscou échoue encore dans sa tentative dans le cercle droit. Sur l’attaque slovaque suivante, Sersen, positionné entre le cercle droit et le territoire de but, trouve la barre après une nouvelle passe de derrière la cage de Miklík (27’51). Même mieux cadrée, la frappe du défenseur aurait eu peu de chance de terminer au fond puisque le gardien autrichien n’avait laissé aucun espace libre sur son flanc gauche. Très bien servi par un revers de Daniel Welser, Michael Raffl est en excellente posture dans le slot mais glisse au moment d’armer (31’08). La relance slovaque est rapide et presqu’efficace : Miklík, à droite, renverse pour Záborský qui centre de suite pour Kukumberg qui ne cadre pas sa reprise au poteau droit alors que la cage lui était à demi-ouverte. Milan Jurčina récupère le rebond et envoie son slap sur Starkbaum qui stoppe en deux temps (31’22).
Mais dominer n’est pas marquer. Lakos aura même l’occasion de donner l’avantage aux siens mais le gardien slovaque fait preuve de dextérité (38’06). Auparavant, Haščák, en fin de course après une contre-attaque, n’avait pas eu le temps d’ajuster son revers alors que Starkbaum était à terre et donc battu (37’04). Ce n’est pas le troisième opus qui arrange l’affaire puisque l’activité offensive des troupes de Vladimír Vůjtek faiblit considérablement. On apprendra plus tard, du propre aveu du technicien et de certains cadres, que c’était pour assurer la prolongation, synonyme d’au moins un point dans la besace. S’il n’existe pas de petit profit, la démarche des vice-champions cache quand même mal le niveau de confiance dont ils disposent actuellement. Les occasions se font donc rares même lorsque les arbitres se montrent généreux avec les blancs : Šatan et David Schuller sont à la récupération du tir de Martin Bartek dans le coin droit et si c’est le capitaine slovaque qui fait trébucher l’Autrichien, c’est ce dernier qui file en prison pour une charge sur la bande très loin d’être évidente (44’32). Très utilisé jusqu’ici, Jurčina est encore mis à contribution sur le jeu de puissance et la première de ses trois tentatives successives est détournée sur la barre gauche par Kukumberg (45’52).
La suite de la partie est cousue de fil blanc : on ira en prolongation. L’Autriche commence le surplus de temps sur une supériorité numérique après la sortie de Šatan pour une crosse haute en fin de temps réglementaire (59’06). Peut-être rassurés d’ajouter au moins un point à leur panier, les rouges jouent désormais relâchés et dominent les cinq minutes supplémentaires sans toutefois se créer une véritable occasion de but. Quant aux Slovaques, cette troisième défaite, en plus de jeter un peu plus de doute dans le vestiaire, est également inquiétante mathématiquement : les Français, les mêmes qui leur avait contesté en 2012 la qualification en quart-de-finale, deviennent encore une fois leurs principaux rivaux dans la course aux play-offs.
Vladimír Vůjtek (entraîneur de la Slovaquie) : « Mon groupe a plutôt bien commencé le match, il a mis un but. On a exercé une grosse domination en deuxième période, on aurait dû augmenter notre avance mais le gardien autrichien ne nous l’a pas permis. On n’a pas voulu risquer dans le troisième tiers, il y avait des points en jeu qui ont pour nous une grande importance. Les Autrichiens avaient cependant plus de forces et ils l’ont finalement emporté.
Manny Viveiros (entraîneur de l’Autriche) : « Je suis fier de mon équipe. On a joué un match extraordinaire contre une équipe de Slovaquie bien organisée. Les joueurs ont respecté toutes nos consignes. Les Slovaques nous ont dominés dans le nombre de tirs mais je pense qu’on a été un adversaire de taille.
Miroslav Šatan (attaquant et capitaine de la Slovaquie) : « Je vais encore me répéter, mais il est difficile de gagner avec un seul but. On n’a pas forcément mal joué, même s’il nous est parfois arrivé de faire des erreurs dans nos passes. On a suffisamment pressé et on s’est créé beaucoup d’occasions mais on n’a pas gagné. Il nous reste deux matches.
Tomáš Kopecký (attaquant de la Slovaquie) : « Le match d’aujourd’hui nous a pris beaucoup de forces. C’est une de nos erreurs qui a décidé du sort de la rencontre, lorsqu’au lieu de remonter le palet par la zone neutre on a effectué un dégagement interdit. Les Autrichiens ont pu changer leurs lignes, mettre des joueurs frais et égaliser là-dessus. La partie a été équilibrée, on a certes eu plus d’occasions mais on a encore payé cher notre manque de finition. Après le but égalisateur, on a commencé à jouer avec la peur au ventre et les Autrichiens se sont accrochés.
Andre Sekera (défenseur de la Slovaquie) : « Même si on a tiré pas mal de fois, il nous a manqué de la niaque devant le but. Le gardien autrichien a lu toutes nos actions et nos rebonds étaient rapidement récupérés par les défenseurs. Nous n’avons pas joué notre hockey, nous nous sommes mélangé les pinceaux sur les passes. Quand on finit par frapper, il nous manque un gars devant la cage pour faire écran. Chacun de nous est professionnel et sait très bien que lorsqu’un jour ne veut pas sourire, le suivant peut-être joyeux.
Une des premières inquiétudes de Jan Filc, nouveau sélectionneur de la Slovaquie, était de ne pas connaître les joueurs de NHL - hormis Jozef Stümpel qu'il a côtoyé à Nitra - alors qu'on dit leurs relations difficiles avec la fédération. Il a essayé de les rencontrer en août avant qu'ils ne partent outre-Atlantique, mais la réunion a été annulée deux jours avant. Filc s'appuie aussi sur le préparateur physique Duan Benický, qu'il a connu à la faculté d'éducation physique Comenius (la plus grande université slovaque) dans les années 70 mais qui a ensuite émigré à Vancouver. L'équipe slovaque n'est pas encore au complet (Laák et Suchý doivent arriver demain et Bartecko mardi) et a décidé de ne jouer qu'à trois lignes. Heureusement, l'intégration de la star Miroslav atan s'est bien passée : il n'a jamais pris des airs de vedette et sa personnalité lui a valu d'être nommé capitaine. Le petit problème est qu'il est le seul joueur slovaque qui ait l'air vraiment décider à bouger les jambes en première période ! La Slovaquie ne réagit pas vraiment et ne propose pas de combinaisons. Les Autrichiens semblent avoir plus de motivation dans les duels, ce qui leur permet de tenir le score vierge, même s'ils ne produisent pas grand-chose offensivement. Ils gâchent une grande occasion en étant inefficaces à 5 contre 3 en deuxième période alors que Pucher puis Jasecko sont en prison pour retenir.
Au troisième tiers-temps, néanmoins, l'Autriche commence à baisser le pied physiquement. Jan Pardavy récupère le palet derrière la cage et trouve Lubomir Sekerá dans le cercle gauche pour un slap que Divis bloque sous botte droite. Peter Pucher, bien placé, pousse au fond. Totalement libérée par ce but, la Slovaquie attaque alors de tous les côtés.
Jan Filc (entraîneur de la Slovaquie) : "Même avant le début, nous savions que nous aurions un adversaire difficile qui jouerait de manière significativement défensive et patinerait bien, ce qui s'est vérifié. Jusqu'au premier but, nous avons joué de manière assez tremblante, parce que nous savions que ne devions pas faire d'erreurs.
Miroslav atan (capitaine de la Slovaquie) : "Peut-être que certains attendaient un résultat plus net, mais aujourd'hui ce n'est pas si facile de marquer sept ou huit buts. L'important est d'avoir montré du caractère et nos performances devraient s'améliorer. Ce que j'ai dit aux gars dans le vestiaire durant la seconde pause ?
Greg Holst (entraîneur-adjoint de l'Autriche) : "Nous avons affronté les Slovaques deux fois cette saison, mais maintenant ils sont renforcés par des joueurs de NHL et sont plus forts.
Dimanche 30 avril 2000 à 16h30 au Yubileyny de Saint-Pétersbourg.