Histoire du Rugby à Sigean et Port-La Nouvelle: Hommage aux Légendes Locales

Le rugby véhicule des valeurs de solidarité, d’engagement et de fraternité. Ce dernier terme tient tout son sens au sein du club de l’Union Port-La Nouvelle-Sigean. L'histoire du rugby à Sigean et Port-La Nouvelle est riche en moments mémorables et en figures emblématiques. Récemment, une plaque a été apposée dans le vieux Sigean, honorant trois noms qui ont marqué l'histoire du rugby local.

Trois Demi de Mêlée d'Exception

"C’est rare en France d’avoir trois demis de mêlée du même âge qui habitaient à côté dans le quartier historique, qui ont été formés au COS et qui ont joué, en même temps, au plus haut niveau du rugby français. Jeunes, ces trois voisins résidaient chez leurs parents, rue des Remparts, jouaient au COS, la première école de rugby locale, lorsqu’ils ont été repérés par les recruteurs de l’époque."

"Ils se sont formés sur le goudron, dans les rues du village", rappelle Gilles Fages, maire adjoint, représentant de l’USP (Union Sigean Port-La Nouvelle) et des anciens du COS, avant de résumer le beau parcours de chaque sportif.

Les Trois Mousquetaires du Rugby Local

  • Jean-Louis dit Bitchus: A joué au COS de 1955 à 1969, à l’ASPTT Lyon (2e division) puis à l’Entente FCL Bron (3e division), au Lyon Olympique Universitaire (1re division). De retour en 1978 au COS, il jouera ensuite en Honneur au CS Vienne et CS Ozon où il sera aussi entraîneur jusqu’en 1991. Il finira arbitre puis délégué sportif en 2018.
  • Henri, dit Riri: A fait une grande et longue carrière de joueur à différents postes et d’entraîneur aussi. Il a joué au COS jusqu’en 1969 puis au Racing Club de Narbonne jusqu’en 1980. Il a ensuite évolué à Millau (un an), à Bédarieux pendant deux ans (comme joueur et entraîneur) où il participa à la demi-finale du championnat de France. Il reviendra au RCN de 1983 à 1991 comme joueur et entraîneur avec le succès qu’on lui connaît (coupe de France, titres du Manoir, 1/4 et 1/2 finales). Ensuite, il a été entraîneur de l’USP (de 1992 à 1995), du RCN puis de Millau en Fédérale 1 (de 2001 à 2005) où il ira jusqu’à la 1/2 finale du championnat de France. Manager au RCN en Pro D2 (de 2008 à 2010), entraîneur à Millau de 2011 à 2016 et de 2020 à 2022 à l’USP, il est à la retraite depuis 2022.
  • Vincent, dit le Nene et le Tigre: Lui, en 1968, est cadet dans la première Entente Sigean/PLN et, à Dijon, il est champion de Bourgogne. Il entre au COS en 1972 et est champion de France.

Le Match contre le Stade Bordelais: Un Moment Historique

Affronter le Stade Bordelais en rugby, c’est quand même jouer face à un morceau d’histoire. Pensez donc : un club fondé en 1889, douze finales disputées pour sept titres de champion de France, ce n’est pas rien. Même si ces titres datent des Brigades du Tigre, de la révolte des vignerons de l’Hérault et des présidents Emile Loubet et Armand Fallières. Audois, du haut de ces perches, un siècle vous contemple !

Car il faut dire qu’en face, ce sont les jeunots de l’entente Sigean-Port-La Nouvelle qui se présentaient sur la pelouse de Montauban, en dignes héritiers d’un club fondé « seulement », est-on tenté de dire, en 1992. Mais le propre de la jeunesse, c’est d’en avoir cure du respect dû aux anciens, et de bousculer les conventions établies.

Les uns à la recherche du temps passé, les autres à la recherche d’un temps nouveau, les uns venant d’Aquitaine, les autres d’Occitanie, les uns sentant l’iode atlantique et les autres le sel méditerranéen. Ce 8ème de finale de championnat de France Honneur, sentait bon le choc parfait… (résumé et photos Wildon)

Le choc était attendu, il a bien eu lieu…Et pendant le premier quart d’heure, ce sont bien les Girondins qui imposent leur domination sur cette rencontre, mais une domination qui reste stérile et campée sur la ligne médiane. Les Audois laissent passer l’orage et frappent les premiers avec une pénalité de Gispert. Ils prennent l’ascendant sur le match pendant que le public girondin attend la réaction des siens. Mais ce sont encore les Audois qui remettent le couvert avant la demi-heure de jeu en inscrivant un essai par Berthuel (0-10).

27e : Malgré deux Bordelais revenus sur lui, Berthuel marque le premier essai de Sigean-Port-La Nouvelle…Un bon petit break est mais l’USP va commettre une erreur en forme de péché de gourmandise. Une relance à la main depuis sa ligne d’en-but alors qu’un bon coup de pied aurait pu donner de l’air. Les Girondins mettent la pression, récupèrent le ballon et vont mettre les Audois sous l’éteignoir pendant les huit minutes restantes avant la pause. Pression, attaque, pick and go, tout y passe, y compris le drop-goal de Marle qui vient mourir sous les poteaux. Et puis, dans les arrêts de jeu, les Bordelais trouvent enfin la faille Balangue plonge en terre promise pour un essai bonifié (40e, 7-10).

40e : Balangue contourne la défense audoise et inscrit l’essai qui ramène le Stade Bordelais à 7-10. Chez les supporters, l’on se dit que les Girondins vont revenir requinqués et que les Audois en sortiront fatalement marqués. Pensez-vous ! Là encore, les Néo-Aquitains ne sont pas au rendez-vous, et Gispert balance coup sur coup deux pénalités qui redonnent de l’air aux Occitans (46e et 51, 7-16). Ces derniers marquent même un essai en force, signé Karroum, transformé par Gispert, ce qui allonge l’écart à seize points entre les deux formations (53e, 7-23).

Il faudra presque vingt minutes avant que les Bordelais n’inscrivent enfin l’essai de l’espoir (71e, 14-23), un espoir bref et vain puisque Da Silva tue le match deux minutes plus tard en allant inscrire un essai qui ne sera disputé par personne et déposé sous les perches. Ségovia le bonifie en tongues (73e, 14-30) et l’histoire des uns s’arrête à Montauban pendant que l’histoire des autres s’écrira encore un peu, beaucoup, passionnément. Voire jusqu’au titre, comme le dira Nicolas Martinez, le coach de Sigean-Port-La Nouvelle, juste après le coup de sifflet final. Décidément, les jeunes, ça ne respecte vraiment rien…

73ème minute : Alors que Da Silva (n°22, à gauche) file sous les perches pour inscrire l’essai de la victoire finale de Sigean-Port-La Nouvelle, Victor (13) et Ferlu (19) exultent de joie pendant que Karroum, le poing levé, célèbre la qualification de son club en quarts de finale…

Les Réactions d'Après-Match

Stéphane Gugnon, entraîneur du Stade Bordelais: « On a été fébriles de manière globale et on n’a pas réussi à mettre notre jeu en place. Sur ces matches de phase finale, comme d’habitude, il y a un, deux ou trois points qui peuvent faire basculer la partie. Et ils ont basculé en face. Pourtant on a vu une première demi-heure très équilibrée entre deux équipes qui se ressemblaient. On a eu beaucoup beaucoup, beaucoup de ballons à utiliser qu’on n’a pas su concrétiser. Devant ou derrière, il n’y a personne à incriminer. Ce sont des moments-clés qu’on n’a pas su valider. »

Nicolas Martinez, entraîneur de Sigean-Port-La Nouvelle: « On travaille beaucoup sur notre défense et notre abnégation à ne pas prendre de points, avec une grosse conquête derrière, c’est ce qui nous a réussi sur ce match. Maintenant place à la récupération, d’abord en faisant la fête (rires) puis ensuite avec de la régénération cette semaine. Vu que nos deux groupes se sont qualifiés, cela va nous permettre d’avoir tout le monde aux entraînements et de garder le groupe sous pression. Tout ce que l’on espère maintenant, c’est que nos deux groupes soient champions » !

La Feuille de Match

A Montauban (Stade de Bagatelle) - Stade Bordelais - Sigean-Port-La Nouvelle 14-30 (MT : 7-10)

  • Pour Stade Bordelais : 2 essais de Balangue (40) et Pin (71), 2 transformations de Marle (40, 71)
  • Pour Sigean-Port La Nouvelle : 3 essais de Berthuel (29), Karroum (53) et Da Silva (73), 3 transformations de Gispert (29, 53) et Segovia (73), 2 pénalités de Gispert (15, 46)

Arbitre : Mr Garbay

Stade Bordelais: Pin, Naudin, Lung, Lauga, Combe, Guerbe, Doursat, Hannoyer, C. Marle, Detsis, Cantafesta, C. Cavazzana, M. Cavazzana, Villaeys Sakalian, Balangue (cap), Pires Cabral. Remplaçants : Martinet, Maury, Portier, Swiatly, Vassal, Laffitte, B.

Les Frères Martinez et l'Esprit de Famille à l'USP

Dans la famille USP, je voudrais les frères Martinez. L’aîné Paul est une pièce maîtresse de la ligne arrière de la Une. Quant à Baptiste, il est le demi de mêlée de la Réserve. Au sein de son équipe, Paul tient en respect son ami Francisco " kiko " Martin : " toujours sérieux et au service du collectif ". Jouer avec son frère ? " Ça donne une envie de le surpasser pour être meilleur que lui ". Bien installés dans leur club, ils n’ont pas l’intention de partir. D’une seule voix, les Nouvellois auraient aimé jouer avec leur père Nicolas, qui les entraîne désormais : " Ça aurait pu donner un beau trio ".

Les "Sigeanots" Jordan et Stéphan Calmet font le bonheur de l’USP depuis des années. Stéph navigue entre les deux équipes seniors et Jordan est régulièrement capitaine de la B. Ce dernier admirait le brillant n° 10 Cyril Pech ancien du COS et de l’USP. Jouer avec son cadet était une évidence : " Je suis revenu l’an dernier à l’USP pour pouvoir faire quelques saisons à ses côtés ". Et si les Calmet devaient quitter l’USP, ce serait pour signer au COS : " Un rêve de porter les couleurs jaune et noir ".

Stéphan est heureux d‘évoluer avec son frangin, " c’est toujours plaisant de partager en famille les émotions que procure le rugby ". Jadis, il aurait aimé évoluer avec le Nouvellois Jean-Claude Cervera. Et lorsqu’on demande avec quel ancien joueur de l’USP les Calmet auraient souhaité jouer, le lien du sang parle encore : " Nous aurions adoré côtoyer notre grand frère Benjamin Clauzel. En plus il y a aussi notre neveu Ben Berthuel dans l’équipe, ça aurait fait une belle ligne de trois quarts. "

Les Sudre baignent dans l’ovalie sigeanaise depuis leur enfance. Valentin le grand adore Raphaël Carbou, professionnel à Carcassonne " parce que je joue le même poste et qu’il a été aussi formé à l’USP ". Étant le grand frère, Val a un sentiment protecteur pour Maxime. Les Sudre ne se voient pas partir car " c’est ici que tout a commencé. Nous avons tous nos copains ".

P.-J. Lors de sa dernière réunion à la maison du rugby de Port-la-Nouvelle, l'école de rugby de l'USP a vécu un moment important et émouvant à la fois de son histoire. Joueur à l'Etoile des années 60/80, éducateur à l'école de rugby depuis 1989 dont il devint président en 2003, Richard, avec le soutien et l'aide efficace de son épouse Dany, a considérablement contribué à la progression et au développement de l'école de rugby de l'USP ainsi qu'au Tournoi de Pentecôte Jacques-Duviol.

Fédérateur, apprécié de tous, Richard, au fil du temps, aura su constituer une équipe et un climat propice à l'expansion de sa "chère école de rugby". Une école de rugby sigeano/nouvelloise que Richard et son équipe d'éducateurs et éducatrices ont su ouvrir aux communes voisines de Portel, La Palme, Roquefort, Peyriac-de-mer et pour certains enfants de certaines catégories, Leucate.

Une action de rassemblement largement positive, tournée vers l'enfant. Pour tout cela les présents au cours d'une après réunion conviviale, surent trouver les mots pour les remercier.

Merci Richard et Dany... Et à bientôt !

Les Récentes Performances des Clubs Locaux

L’Entente Fleury Salles Coursan a remporté avec brio le titre de champion d’Occitanie de Régionale 2 en s’imposant face à l’Amicale Sportive Lisloise sur le score de 21 à 9. Une performance solide et maîtrisée qui vient récompenser une saison remarquable pour l’EFSC.

De son côté, l’Union Sigean Port-la-Nouvelle s’est battue avec courage et détermination en finale de Régionale 1, mais s’est malheureusement inclinée sur la toute dernière action face à l’Avenir Moissagais, sur le score serré de 22 à 18.

TOP 14 - Essai de Rémi SENECA (SP) - Section Paloise - Union Bordeaux-Bègles

Thomas Fournil: De l'Ovalie aux Volants

Thomas Fournil a troqué ses crampons pour les volants de voiture automobile. L’ancien joueur de rugby professionnel narbonnais a grandi dans les contreforts des Corbières maritimes, entre Leucate et La Palme. Il fait ses premiers pas au Sporting avant d’intégrer les catégories jeunes de l’Union Port-La Nouvelle-Sigean.

Cette histoire d’amour avec l’ovalie, Thomas la porte grâce à son père Didier, ancien joueur du RC Narbonnais et de Leucate : "Je l’ai toujours suivi sur les terrains. J’ai marché sur ses traces". Au pied du phare nouvellois, le demi d’ouverture a été marqué par la qualité des éducateurs comme Gilbert Lassalle, Richard Farinelli ou Jean-Louis Houles. Puis il a été repéré par Narbonne. Il y a débuté sa carrière avant de filer sur Albi, La Rochelle, Béziers puis retour à Narbonne.

Des Événements Inoubliables

Son mental, sa vision du jeu, Thomas Fournil les doit entre autres aux entraîneurs croisés à Albi : le regretté Éric Bechu et Henry Broncan. Il songe à d’anciens coéquipiers qui ont pu le surprendre : "Les Néo-Zélandais comme Piri Weepu ont des qualités peaufinées depuis leur plus jeune âge et m’ont transmis leur savoir. Brett Sheehan m‘a imprégné par son assiduité au labeur et son esprit féroce".

Les yeux plongés dans le rétro, Thomas a vécu des événements qu’il n’oubliera jamais. Le tournoi Duviol gagné en minimes avec l’USP, le titre de champion de France cadets avec Narbonne en 2003 puis la demi-finale gagnée à domicile avec Albi, la défaite face à l’UBB qui le prive de Top 14. Une pointe de déception se ressent lorsqu’il évoque la génération dorée narbonnaise de 1986 (Beaux, Chevtchenko, Ramey, Régy, Algisi) : "On a vécu des moments énormes mais on aurait pu en partager bien plus".

Thomas garde le contact avec d’anciens camarades comme Guitoune et Maynadier, aujourd’hui respectivement à Toulouse et Bordeaux mais aussi Sazy, le Rochelais. Il suit toujours les résultats de l’USP : "J’ai toujours aimé les qualités de mon oncle, Nicolas Gaubert. On n’a jamais pu jouer ensemble, je le regrette", confie-t-il.

Durant sa dernière année professionnelle à Narbonne, Thomas a entraîné le club de La Palme. "Après cette première expérience en tant que coach, j’ai rejoint Leucate en Fédérale 2. J’ai croisé de belles personnes. Je pense beaucoup au petit Enzo Balmigère". Marié à Cindy, l’heureux père de famille de 36 ans change de cap et prend la voie du transport automobile. "Cela fait trois ans que ma société a vu le jour et s’étoffe avec le temps. Je fais du convoyage par la route, de la prestation de services sur la vente de véhicules. Mon futur projet est celui de chauffeur Taxi/VTC, toujours sur le Narbonnais".

Le caractère formateur de l’USP XV démontre la qualité du vivier local avec des joueurs qui savent rebondir après une belle carrière.

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