La série documentaire « Handball, une histoire de famille », écrite et réalisée par le Charentais Clément Brin, est en lice pour les Sportel Awards, qui récompensent depuis 35 ans les plus belles œuvres sportives de l’année. Diffusée en juin en prime time sur Canal+, puis en replay, elle fait partie des trois nommés dans la catégorie « Meilleur docu-séries ».
Cette série retrace le parcours de l'équipe de France de handball, dévoilant les moments de gloire, les échecs douloureux et les défis personnels qui ont marqué son histoire. C'est une plongée immersive dans l'univers du handball français, qui offre enfin à ce sport la mise en lumière qu’il mérite et à ces générations de sportifs la reconnaissance à laquelle ils ont droit.
On y retrouve l’humour, l’humilité, la fraîcheur des images et des personnalités qui font le charme de ce sport. Très bien documenté et réalisé, le documentaire propose des séquences inédites dans les vestiaires, permettant de ressentir l'émotion du sport et de vivre les épreuves avec les joueurs.
Pour ceux qui ne suivaient pas ce sport, ce documentaire est une excellente introduction, permettant de comprendre l’évolution du handball et sa place dans la société. Il mérite une couverture médiatique plus importante !
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Un regard sur les moments clés et les figures emblématiques
La série documentaire aborde des moments clés de l'histoire du handball français, ainsi que les figures emblématiques qui ont marqué ce sport :
- 1985 : La France est la 35e nation mondiale au handball.
- Daniel Costantini : Professeur d’EPS, il prend les rênes de l’équipe de France et dynamite le jeu français en sélectionnant Jackson Richardson. C'est le début de la révolution bleue.
- Patrick Cazal : C'est un Patrick Cazal blessé qui permet aux Bleus de devenir champions du monde en 2001.
- Jackson Richardson : Portée par la pépite Jackson Richardson, la France va sortir de l'anonymat pour se hisser au firmament du sport international.
- Nikola Karabatic : L'icône Nikola Karabatic a marqué de son empreinte l'histoire du handball français.

Nikola Karabatic, figure emblématique du handball français. Crédit : L'Équipe
Résumé des épisodes 3 et 4
La série documentaire "Handball : une histoire de famille" retrace le parcours de l'équipe de France de handball, dévoilant les moments de gloire, les échecs douloureux et les défis personnels qui ont marqué son histoire. Voici un résumé des épisodes 3 et 4.
Partie 3 : "Au Nom du Père"
Après leur titre mondial de 1995, les Barjots abordent les Jeux Olympiques d'Atlanta 1996 avec une décontraction excessive. Leur défaite au pied du podium est perçue comme un échec humiliant, et la presse les surnomme alors les "Charlots". Daniel Costantini, en patriarche, tente de reconstruire une équipe prête au combat. Cependant, le décès de son père, en plein cœur des JO de Sydney 2000, aura des répercussions indélébiles sur toute la famille du handball. En perte de légitimité et se sentant isolé, il décide de mettre un terme à son immense carrière après un dernier défi : le Mondial que la France organise chez elle en 2001.
À Sydney, Daniel Costantini avait choisi de vivre seul, dans un Algeco de 6m2, un peu à l’écart des beaux pavillons de Homebush Bay. La disparition de cet homme autoritaire, porteur de grandes valeurs morales, l’affecte évidemment au plus profond de son être. « J’ai pris conscience, dit-il, plus tard, de la place que je tenais dans sa vie, de la fierté et de l’amour qu’il me portait. À Sydney, ce désordre affectif bouscule ses repères, déchire même, peut-être, ses certitudes. »
Seuls Michel Barbot, Philippe Bana et le médecin Jean-Pierre Roattino sont informés. Les joueurs ne l’apprendront que plus tard. Le 26 septembre, les champions du monde de Reykjavik s’inclinent face à la Yougoslavie en quart de finale (21-26). « Le décès de mon père est déterminant par rapport à notre contre-performance, assure-t-il. » « Je suis resté à mon poste parce que je pensais que c’était mon devoir. J’ai toujours voulu sacraliser mon métier. J’ai donc laissé ma mère et ma sœur porter mon père en terre. Joëlle, ma compagne, s’y est associée à ma place. Moi, je n’étais pas là. »
Partie 4 : "Un Goût d'Amer"
Grâce à un but d'anthologie de Grégory Anquetil à la dernière seconde de la finale du Mondial 2001, la France arrache la prolongation. C'est un Patrick Cazal blessé qui permet aux Bleus de devenir champions. Avec ce dernier trophée, Daniel Costantini quitte l'Équipe de France par la très grande porte. Il est remplacé à la surprise générale par un entraîneur sans palmarès, Claude Onesta. Son tempérament volcanique va immédiatement faire vaciller le plus grand joueur du monde, Jackson Richardson, et les résultats vont en pâtir dans la foulée. Commence une période de disette internationale.
Les moments de crise et les controverses
Les trois derniers épisodes de la série de Clément Brin n’éludent pas les crises, même si on aurait souhaité davantage d’investigation et moins de pudeur, notamment au sujet de l’affaire des paris truqués de 2012 et de l’éviction de l’ancien joueur et coentraîneur Didier Dinart par la fédération après l’Euro 2020.
Malgré ces quelques réserves, le soin porté à la sélection d’archives - dont celles, abondantes, données par la famille Karabatic - et les larmes du grand Nikola qui, à aujourd’hui 40 ans, tremble encore à l’évocation de la victoire olympique de 2021 aux côtés de son petit frère, Luka, de retour après la grosse blessure de sa carrière et après la disparition de leur père, valent bien le détour.
La série retrace également des moments plus légers, comme la bagarre en Islande contre des Espagnols qui a marqué le début de la renaissance de l'équipe de France en 1995.

L'équipe de France de Handball, une histoire de succès. Crédit : Ouest-France
Où voir le documentaire ?
Le documentaire "Handball, une histoire de familles" est disponible sur Canal+.