Le volley-ball est un sport qui jouit d’une popularité particulière en France. C’est un sport très pratiqué en vacances et en loisir. Tout le monde aime jouer au volley, filles, garçons, petits et grands. Mais à côté de ça, soyons honnêtes : tout le monde s’en fout ! Pas une retransmission télévisuelle, pas un joueur connu. La faute sans doute à une équipe de France trop peu performante, mais passons.

Schéma des positions de base au volley-ball
Composition d'une Équipe de Volley-ball
Voici un schéma très simple de ce à quoi ressemble une équipe placée sur le terrain en début de set :
- Le passeur : Élément primordial, c’est lui qui anime le jeu en décidant de l’attaque.
- Le central : Placé comme son nom l’indique au centre de la ligne d’attaque. Il a l’avantage de pouvoir combiner avec le passeur pour effectuer des attaques très rapides.
- Le « 4 » : Ou réceptionneur attaquant. C’est par lui que passe la majorité des attaques.
- Le pointu : Ou opposé passeur. C’est une alternative d’attaque, qui se place à droite de la ligne d’attaque. Lorsque le passeur est sur la ligne de défense, ce dernier se déplace jusqu’à la ligne d’attaque pendant le point et vient se positionner entre le central et le pointu.
- Le libéro : Poste facultatif strictement destiné à la défense. Il doit défendre sur les services et les attaques adverses.
Règles Fondamentales du Volley-ball
Il faut tout simplement faire tomber le ballon dans le camp adverse. Ou bien attendre que l’adversaire envoie la balle en dehors du terrain, ou dans le filet.
Comment gagne-t-on un match ?
Au volley, il faut marquer 25 points pour gagner un set, avec deux points d’écart (par exemple : un set entre Besançon et Sète en 1985 s’est achevé sur un score de 55-53 pour les Bisontins. Ça ne doit pas être loin du record…). La première des deux équipes à gagner 3 sets gagne le match.
Le service est-il nécessaire pour marquer un point ?
Non ! C’est une question légitime, car la règle a changé il n’y pas si longtemps. Avant il fallait tout d’abord gagner le service, et ensuite gagner l’échange en ayant servi pour marquer un point.
Combien de touches de balles sont autorisées ?
La balle arrive dans un camp après le service, l’équipe recevant réceptionne le service vers le passeur, qui envoie le ballon vers un attaquant qui doit le passer de l’autre côté du filet. Attention cas particulier tout de même : dans le cas d’un contre, c’est-à-dire quand un défenseur saute pour bloquer l’attaque d’un adversaire, toucher la balle ne compte pas dans les 3.
Rotation des joueurs
Effectivement, les six joueurs sont placés en deux lignes de trois, et tout le monde tourne d’un cran, dans le sens des aiguilles d’une montre, lorsque l’équipe récupère le service, donc quand elle marque un point alors que c’est l’adversaire qui a servi. C’est pour cela que les postes de central et de « 4 » sont doublés. De ce fait, il y a en permanence un « 4 » et un central en ligne d’attaque. Et comme tout le monde tourne, chaque joueur passe au service au cours du match (lorsqu’il est en poste « 1 », cf.
On pourrait donc croire que les postes ne servent à rien, parce que finalement les joueurs ne sont que rarement à leur poste en début d’action. C’est vrai, mais la règle permet aux joueurs de changer de poste, en cours d’action, à partir du moment où ils restent sur la ligne sur laquelle ils ont commencé. Lorsqu’un central ou un « 4 » est placé en ligne de défense en début de point, il n’a le droit d’attaquer que depuis sa ligne.
On pense souvent que c’est le capitaine. Mais non ! A noter que l’utilisation du poste de libéro est facultative, une équipe peut choisir à chaque set d’employer son libéro ou non. Son poste est atypique car il ne joue qu’en ligne de défense. Il remplace un attaquant, souvent peu habile en réception, lorsque celui-ci, par la mécanique des rotations, se retrouve en ligne de défense. Lorsque le libéro doit passer en attaque, le joueur sorti reprend sa place.
Voilà pour les fondamentaux.
Lexique du Volley-ball
- « OUUUUUUUUUUUUUUH » : Comme dans chaque sport, quand une action est impressionnante.
- « Block-out » : Lorsqu’un joueur attaque, il peut délibérément viser les mains de son adversaire direct, pour qu’il touche le ballon sans le vouloir et qu’il parte en dehors des limites du terrain.
- « Bidouille » : Celui-ci vous le connaissez !
L’Approche de Serge Reitchess: Règlements et Progrès
Cet exposé de Serge Reitchess de 2005 au forum international de l’Education Physique et Sportive, tente de montrer en quoi le travail sur les règlements est déterminant en sport co et comment il permet de faire progresser tous les élèves. La pratique que je décris ici est ma pratique habituelle. L’ensemble des élèves d’une classe doit atteindre ces objectifs.
Lorsque je dis cela, la plupart du temps, les collègues me disent que ce n’est pas possible, ce n’est pas réaliste, qu’on ne peut pas atteindre ces objectifs, encore moins avec des élèves en difficulté et encore moins en Seine Saint Denis ! Ils ont raison, ce n’est pas possible si on a une conception traditionnelle, techniciste de l’apprentissage en volley.
Ces derniers temps en EPS, on a beaucoup opposé innovations pédagogiques et travail sur les contenus. L’institution a orienté les enseignants sur « l’élève au centre », la motivation, le projet, etc. Du coup, les apprentissages sont focalisés sur une gestualité technique (la passe haute) qui ne permet pas les progrès car elle est inadaptée à la diversité gestuelle requise dans le jeu, dans le rapport d’opposition.
Les éléments clés de son approche incluent :
- Elles sont délimitées « au sol ». Contrairement à ce que les élèves croient, ce qui est tracé au sol, ce n’est pas le terrain, ce sont les cibles.
- Les cibles et les antagonistes étant séparés par un filet, la balle est toujours libre pour le jeu. Au lieu de frapper la balle, je demande à l’élève de l’amortir en gardant les bras tendus (type manchette), puis il remonte progressivement la balle.
La cible fait du 3m sur 4m donc une obligation dans l’attaque de donner une priorité à la précision. Pour les volleyeurs experts, au 2 contre 2, les consignes sont les mêmes. Le but, ce n’est pas de frapper la balle basse, c’est de l’amortir pour la conserver en balle haute.
Dans ce rapport d’opposition, la vie du jeu fait pencher la bascule du côté de l’attaque. Il faut donc être capable d’intervenir sur des balles basses.
Techniques spécifiques :
- pour les balles basses et/ou fortes : les techniques type manchette
- pour les balles hautes et/ou fortes : les techniques type passe ou manchettes hautes
- pour les balles hautes et/ou remontées : en attaque, ce sont les techniques type smashes et services (suivant qu’on est plus ou moins loin du filet).
Cette nouvelle conception du règlement, des droits des joueurs, de l’apprentissage, montre que le niveau « conserver/ attaquer », est constitutif de l’activité, et peut être maîtrisé par tous les pratiquants « apprentis volleyeurs ». Les élèves peuvent en permanence apprécier le chemin des acquis déjà parcouru et ce qui reste encore à acquérir, à maîtriser. Cette motivation « intrinsèque » à l’apprentissage est première pour construire un réel projet concret.
Les rencontres, les compétitions sont nécessaires mais elles sont secondes et doivent le rester (ce sont des motivations « extrinsèques »), sous peine de voir ces compétitions dégénérer et se réduire à une alternative ravageuse dans les établissements difficiles, victoire mépris / défaite déshonneur (cf.
Techniques de service avancées pour la puissance et la précision au volleyball | IVA EP26
La « notation-évaluation » s’effectue sur une observation de 20 balles jouées.
Références
Le champ des Pratiques Physiques Sportives et Artistiques (PPSA) dans une démarche anthropo-techno-didactique.
- Jarrett, K., Éloi, S. & Harvey, S. (2014). Introducing wheelchair rugby league through the use of a Teaching Games for Understanding approach.
- Éloi, S. & Uhlrich, G. (2013). La mobilisation d’un artefact réglementaire dans le cadre de la formation d’étudiants en STAPS. Une illustration en volley-ball.
- Sarremejane, P., Mouchet, A. & Éloi, S. (2012).
- Éloi, S. & Uhlrich, G. (2014). « Utilisation d’artefacts dans le domaine des Pratiques Physiques Sportives et Artistiques (PPSA) ». Journées internationales EFTS - Convisciencia de la recherche en éducation. Du 4 au 6 juin 2014.
- Éloi, S. & Contin, A. (2014). « Quelques réflexions à propos de l’enseignement du volleyball ». Colloque du SNEP « Quel programme pour une EPS de qualité ».