Le water-polo est un sport d'équipe qui combine les compétences de la natation, du handball et de la stratégie. Il oppose deux équipes dont le but est de marquer le plus de buts en lançant le ballon dans le filet adverse. L'histoire du water-polo est riche en moments mémorables, en rivalités intenses et en démonstrations d'excellence sportive. C’est quoi ? Sport confidentiel car peu médiatisé et peu pratiqué dans l’Hexagone, le water-polo est un sport qui jouit d’une grande popularité dans certains pays d’Europe de l’Est comme la Hongrie, la Serbie ou la Croatie, ou d’Europe du Sud l’Italie ou l’Espagne. Véritable institution dans ces pays, le water-polo y est respecté et considéré.
Codifié en 1876 par les Britanniques, le water-polo se rapproche du handball dans la mesure où chaque équipe se compose de 7 joueurs, en comptant le gardien. Dans le jeu, les similitudes perdurent également puisqu’on retrouve cette organisation en arc de cercle autour de la cage adverse et cette relation arrière-pointe (ou pivot en handball). Contrairement au handball, chaque possession est limitée. Ainsi une équipe en possession du ballon à 30 secondes pour inscrire un but sous peine de voir le ballon rendu à l’adversaire.
Cet article explore certains de ces moments, en se concentrant sur les rencontres entre la Serbie et l'Espagne, ainsi que sur le contexte historique particulier de l'équipe hongroise dans les années 1950.
La Domination Serbe au Championnat d'Europe
La Serbie s'est imposée comme une force majeure du water-polo européen. Lors du Championnat d'Europe, la Serbie, tenante du titre et également lauréate de la Ligue mondiale cette année-là, a affronté une équipe hongroise déterminée à remporter l'or à domicile, un an après son triomphe au Mondial. Dès le début du match, les Serbes ont pris l'avantage, menant rapidement 6-1 grâce à des buts de Nikola Radjen et Andrija Prlainovic. Malgré les efforts du gardien hongrois, Viktor Nagy, remplacé par Attila Decker, la Serbie a maintenu sa domination. Filip Filipovic, meilleur buteur de l'Euro, a scellé la victoire serbe, permettant à son équipe de s'imposer 12-7 et de conserver son titre de championne d'Europe.

L'équipe serbe de water-polo célèbre une victoire (source: Wikimedia Commons)
La France Face à la Serbie aux Jeux Olympiques de Paris 2024
Lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, l'équipe de France masculine de water-polo a affronté la Serbie dans un match crucial pour la qualification en quarts de finale. Cependant, les Bleus ont subi une lourde défaite, s'inclinant 8-15. La Serbie, grâce à cette victoire, a ravi la quatrième place du groupe B, éliminant ainsi les Français. Malgré les efforts des joueurs français, ils n'ont pas réussi à rivaliser avec la puissance offensive et l'efficacité des Serbes. Les larmes des poloïstes français témoignaient de leur déception face à cette élimination.
La Serbie, double championne olympique en titre, affichait un palmarès impressionnant avec deux médailles d'or, une d'argent et trois de bronze depuis sa première participation aux Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996. De plus, l'équipe masculine de Serbie a remporté son troisième titre olympique consécutif de water-polo en dominant la Croatie (13-11) en finale aux Jeux de Paris 2024. La légende Dusan Mandic rajoute ainsi une troisième ligne olympique à son immense palmarès, également doté de l'or mondial en 2015, de trois Euros (2014, 2016, 2018) et quatre Ligues mondiales.
Le Contexte Historique de l'Équipe Hongroise de 1956
L'histoire du water-polo hongrois est intimement liée aux événements politiques de 1956. L'équipe de Hongrie, en route pour les Jeux Olympiques de Melbourne, a été profondément affectée par l'insurrection de Budapest et l'intervention soviétique. Les joueurs ont appris l'ampleur du drame qui se déroulait dans leur pays, avec des milliers de civils tués et une répression permanente.
"Le Bain de Sang de Melbourne"
Le match de water-polo entre la Hongrie et l'URSS aux Jeux Olympiques de Melbourne est devenu un symbole de la lutte contre l'oppression soviétique. La rencontre, d'une violence extrême, a été surnommée "le bain de sang de Melbourne". Les joueurs hongrois, motivés par la situation dans leur pays, ont joué avec une détermination féroce. Ervin Zador, un des joueurs clés de l'équipe, a été frappé au visage par un joueur soviétique, Valentin Prokopov, ce qui a provoqué une interruption du match et une émeute dans les tribunes. Malgré cet incident, la Hongrie a remporté le match 4-0 et a continué son parcours pour décrocher l'or olympique.
La stratégie hongroise était d'ailleurs bien rodée : provoquer les joueurs soviétiques pour les déstabiliser. Zador lui-même avouera avoir insulté Prokopov dans sa langue maternelle, le russe, juste avant de se faire frapper. Le sang de Zador dans la piscine est devenu une image emblématique de la confrontation entre la Hongrie et l'URSS, symbolisant la souffrance et la résistance du peuple hongrois.
Ce jour d’hiver 1956, les Jeux Olympiques de Melbourne, voit se disputer la demi-finale du tournoi de water-polo. Dans la piscine, la Hongrie affronte l’URSS. tendue pour ne pas dire irrespirable. En effet, un mois plus tôt, la Hongrie avait tenté de s’insurger contre le pouvoir de Moscou. Une révolte réprimée dans le sang par les chars de l’Armée rouge (25 000 morts). Dans l’eau, la Hongrie domine aisément son adversaire et mène par 4 buts à 0. Il ne reste qu’une minute quand ce match insoutenable vire au drame par la stupidité de Valentin Prokopov. Le soviétique assène un coup de tête au Hongrois Ervin Zador. Une bagarre générale éclate.
Toute la frustration d’un peuple ressurgit et les Hongrois, soutenus par un public australien totalement acquis à sa cause, massacrent les Soviétiques dans une eau rougie par l’intensité de l’affrontement. C’est finalement la police qui est obligée d’intervenir pour éviter le lynchage de l’équipe soviétique. Les esprits « calmés », l’arbitre désigne la Hongrie vainqueur (ndlr : elle remportera quelques jours plus tard, le titre olympique face à la Yougoslavie). Cet épisode devenu légendaire dans le monde du water-polo amena cette réflexion de la part d’Ervin Zador, juste après le match : « Nous pensions que nous ne jouions pas seulement pour nous-mêmes mais pour tous les Hongrois. Ce match était la seule manière de nous battre.

Ervin Zador après l'incident du "bain de sang de Melbourne" (source: Le Monde)
Championnat d’Europe Masculin de Water-Polo 2026
Le Championnat d’Europe masculin de water-polo 2026, qui se déroule en Serbie du 10 au 25 janvier, s’annonce comme une compétition européenne à part entière, rassemblant les meilleures équipes de ce sport aquatique. Ce tournoi représente une étape cruciale pour les équipes nationales, notamment pour l’Espagne et la Serbie, qui ont une riche histoire de rivalité sur la scène internationale. Organisé par la Ligue Européenne de Natation (LEN), ce championnat met en lumière la montée en puissance du water-polo masculin en Europe. Les matches se dérouleront dans des installations modernes à Belgrade, offrant une visibilité maximale aux équipes et plongeant les spectateurs dans l’intensité des duels aquatiques.
Le format du championnat comprend des phases de groupes, suivies des éliminatoires, ce qui permet de voir évoluer les équipes au fil des rencontres. Plus de 12 pays participent, avec des sélections réputées comme la Hongrie, la Croatie, et bien sûr l’Espagne et la Serbie, qui figurent parmi les favoris. Lors de l’un des matchs les plus attendus de la phase de groupes, l’Espagne a affronté la Serbie dans une rencontre qui illustre bien la rivalité historique entre ces deux nations. Avec un score final de 12-11 en faveur de la Serbie, le match a été le théâtre d’un duel intense que les fans retiendront pendant longtemps. Les deux équipes ont démontré des performances stratégiques impressionnantes, avec des joueurs clés comme Nikola Dedovic pour la Serbie et Alberto Munarriz pour l’Espagne.
Les deux entraîneurs, Uros Stevanovic pour la Serbie et David Martin pour l’Espagne, ont su motiver leurs joueurs à donner le meilleur d’eux-mêmes. Les équipements modernes et la qualité des installations à Belgrade ont permis aux athlètes de performer à leur plein potentiel, créant une ambiance à la fois compétitive et festive.
Le match entre l’Espagne et la Serbie n’était pas qu’une simple rencontre; il était imprégné d’enjeux stratégiques décisifs. Chaque équipe essaie de tirer parti de ses forces tout en exploitant les faiblesses de son adversaire. L’approche défensive des Serbes a été particulièrement efficace, leur permettant de neutraliser plusieurs attaques espagnoles. Parallèlement, leur capacité à marquer lors de contres rapides a été capitale dans les moments clés du match.
Pour l’Espagne, le principal défi consistait à diversifier ses options offensives. En intégrant des mouvements plus circulaires et en cherchant à exploiter les espaces laissés par la défense serbe, ils ont pu maintenir le score compétitif.
Les réactions après cet affrontement soulignent l’intensité et l’importance de la rencontre. Uros Stevanovic, l’entraîneur serbe, a salué la performance de son équipe tout en reconnaissant la valence du jeu espagnol. Selon lui, la solidité défensive et la capacité de ses joueurs à rester concentrés dans les moments clés ont été déterminantes pour la victoire. De l’autre côté, David Martin, l’entraîneur espagnol, a exprimé sa déception quant au résultat final mais a clairement expliqué les aspects positifs à retenir de la rencontre. « Nous avons réussi à créer des occasions, mais nous devons apprendre à mieux gérer les situations de pression.
Les joueurs, quant à eux, ont partagé leurs expériences sur le terrain. Nikola Dedovic a fustigé l’esprit d’équipe qui a été crucial pour leur succès, tandis qu’Alberto Munarriz a souligné l’importance de la gestion émotionnelle pendant le match.
| Joueur | Citation |
|---|---|
| Nikola Dedovic | « Solide performance de l’équipe. Il faut continuer à progresser. » |
| Alberto Munarriz | « Chaque match est une leçon, nous devons mieux gérer la pression. » |
| Nikola Dedovic | « L’esprit d’équipe a été essentiel pour notre victoire. » |
| Alberto Munarriz | « La gestion émotionnelle est cruciale dans ces matchs. » |
À l’issue de ce match, les perspectives pour l’avenir du water-polo masculin en Europe semblent prometteuses. La qualité de jeu observée lors de ce Championnat d’Europe 2026 témoigne d’un niveau croissant de compétence et d’engagement parmi les équipes. Les leçons tirées de rencontres aussi disputées que celle entre l’Espagne et la Serbie faciliteront aussi le développement des futurs joueurs et entraîneurs. Des initiatives telles que des sélections de jeunes et des programmes de formation sont essentielles pour assurer la pérennité de ce sport. Un exemple notable est la mise en place de compétitions à travers l’Europe, qui permet aux équipes moins expérimentées d’apprendre des meilleures et de se développer au fil du temps. Ces efforts contribuent à élargir la base de talents et à promouvoir un plus grand intérêt pour le water-polo.
Les Origines et l'Évolution du Water-Polo
Le water-polo, sport aquatique spectaculaire, possède une histoire riche et complexe, marquée par des évolutions distinctes et des périodes de domination variées. Né dans les années 1860 au Royaume-Uni, le water-polo a connu deux évolutions distinctes, une européenne et une américaine. La version européenne, moins violente, s'est imposée comme la formule universelle. Après avoir été codifié en Angleterre, le water-polo a connu sa première rencontre internationale entre Anglais et Écossais, un symbole de ses origines britanniques.
Les Pays-Bas et l'Espagne : Émergence et Rivalité dans le Water-Polo Féminin
Les Pays-Bas et l'Espagne sont devenus des acteurs majeurs du water-polo féminin. Les dernières éditions des compétitions internationales ont été marquées par les victoires de la Serbie chez les hommes et des États-Unis chez les femmes. Cependant, le tournoi féminin, présent depuis le XXIe siècle, a connu plusieurs vainqueurs, notamment l'Australie, l'Italie et les Pays-Bas, avant l'hégémonie américaine à partir de 2012.Les Pays-Bas ont décroché le bronze aux Jeux Olympiques en battant les États-Unis, champions olympiques en titre. Plus récemment, les Pays-Bas ont remporté le Championnat d'Europe féminin, tandis que l'Espagne a terminé deuxième. Cette rivalité entre les Pays-Bas et l'Espagne s'est intensifiée, chaque équipe cherchant à dominer la scène européenne.
L'Espagne : Sacre Olympique et Domination Européenne
L'Espagne a connu un succès remarquable en water-polo, en particulier chez les femmes. L'équipe d'Espagne de water-polo féminin a remporté son premier titre olympique en battant l'Australie. Elles ont enfin goûté à l'or en dominant l'Australie en finale. L'Espagne a creusé l'écart dans le troisième quart-temps, grâce notamment à trois buts de Bea Ortiz. En 2024, l'Espagne a également remporté le Championnat d'Europe masculin en Croatie, une première dans son histoire. Cependant, l'équipe féminine a été battue en finale par les Pays-Bas lors du Championnat d'Europe qui s'est déroulé aux Pays-Bas. Ces résultats témoignent de la force et de la compétitivité des équipes espagnoles.

L'équipe d'Espagne de water-polo féminin (source: Aquastyle)
L'Équipe de France : Ambitions et Préparations pour les Jeux Olympiques
L'équipe de France féminine de water-polo se prépare activement pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. L'équipe de France Féminine décroche son billet pour Doha. Les bleues entrent dans la compétition avec des grandes ambitions. Après 2 défaites, face à l'Espagne (17-8) et l'Italie (12-6), la France s'offre une 3ème place du groupe grâce à sa victoire face à l'Israël (8-16) ! Après un match maîtrisé face à l'Allemagne en 1/8 de finale (14-6), les bleues sont opposées à la Grèce en 1/4 de finale. Après une rencontre accrochée face à des Croates combatives, nos Françaises arrachent la victoire (12-10) et décrochent, en plus d'un match pour la 5e place, leur place pour Doha !
Finalement, l'Equipe de France Féminine conclut sa compétition sur une défaite face à la Hongrie (3-14). Mais l'essentiel n'est pas là, retenons plutôt la qualification pour les Championnats du Monde ainsi que cette belle 6ème place, meilleur résultat pour cette équipe depuis presque 30 ans ! A Doha, les bleues seront dans un groupe relevé avec l'Espagne, la Grèce et la Chine. Cette compétition sera l'occasion pour tout le groupe de parfaire sa préparation pour les Jeux Olympiques !
L'équipe masculine, quant à elle, a terminé 9e du Championnat d'Europe et se prépare également pour les Championnats du Monde à Doha. Cet été la France sera emmenée par Thomas Vernoux le «Mbappé du water-polo », après sa demi-finale historique aux mondiaux de 2024 au Qatar. Dans un rôle d’outsider, les Bleus se retrouvent dans leur meilleure posture depuis 100 ans, et une victoire aux Jeux Olympiques 1924 .
Les Jeux Olympiques de Paris 2024 : Une Nouvelle Ère pour le Water-Polo
Le tournoi féminin de water-polo des Jeux olympiques 2024 se déroule du 27 juillet au 10 août, au Centre aquatique de Saint-Denis et à Paris La Défense Arena (Nanterre). Pour la première fois de son histoire, l’équipe de France féminine de water-polo participera, à la faveur d’une qualification d’office, aux Jeux olympiques 2024. Les matches se jouent au centre aquatique de Saint-Denis et à la Paris La Défense Arena, convertie en bassin le temps des Jeux. Le tournoi féminin démarre le samedi 27 juillet, avec la phase de poules. Le Centre Aquatique de Saint-Denis accueillera la quasi-totalité de ces rencontres.
Les quatre premières équipes de chacune des deux poules (de cinq équipes) se qualifient pour les quarts de finale qui se joueront le mardi 6 août (14 h, 15 h 35, 19 h et 20 h 35). Puis viendront les demi-finales le jeudi 8 août (14 h 35 et 19 h 35), et la petite finale le samedi 10 août (10 h 35). Le tournoi se conclura par la finale le samedi 10 août, à 15 h 35.
Triples championnes olympiques en titre, les joueuses des États-Unis font figure de favorites dans le tournoi féminin. Elles retrouvent l’Espagne dans leur poule, qu’elles avaient battu en finale en 2012 à Londres (8-5) et en 2021 à Tokyo (14-5), mais aussi l’Italie, dominée en 2016 à Rio (12-5).
Les Règles du Jeu : Un Mélange de Stratégie et de Force
À 7 contre 7 dans une piscine de 30x20m pour les hommes et 25x20 mètres pour les femmes, les poloïstes s’affrontent durant 4 périodes de 8 minutes. Les joueurs de champs n’ont le droit de toucher la balle qu’avec une main, et doivent tenter de marquer pendant des phases de possession de 30 secondes maximum, au water-polo, tous les coups sont permis sur le porteur du ballon. Cet été, 12 nations masculines sont engagées, et 10 féminines.
Les tournois olympiques se disputent d’abord par une phase de deux poules composées de 6 équipes chez les hommes, et 5 chez les femmes. L’ailier : au nombre de deux, ils occupent les côtés du terrain et sont missionnés de tâches offensives comme défensives. L’arrière : Placés au milieu, ils ont tout comme les ailiers des responsabilités défensives, mais peuvent se retrouver dans des positions de «shoot» très ouvertes. Le gardien de but : le gardien est comme son nom l’indique celui qui garde le but, mais au water-polo, il arrive qu’il se joigne aux phases offensives. La pointe : Au bout du dispositif se trouve la pointe, chargée de marquer et qui se bagarre sans trop de visibilité pour essayer de trouver la faille.
Du 27 juillet au 11 août vont se disputer les épreuves masculines et féminines de water-polo, les femmes ouvriront le bal. Les deux tournois distincts s’alternent en décalé d’un jour pour permettre un jour de récupération aux équipes. Les premiers tours démarreront donc les 27 et 28 juillet, jusqu’au 4 et 5 août au Centre Aquatique Olympique situé à côté du Stade de France.