Bastion historique du handball masculin français, Sélestat Alsace Handball est parvenu, le 8 juin 2025, à remporter les play-offs de Proligue (deuxième division) et à se frayer un chemin, pour la septième fois depuis 1990, jusqu’en Liqui Moly StarLigue (première division). La petite commune du Bas-Rhin, moins de 20 000 habitants y côtoiera donc des mastodontes comme Paris, Nantes, Montpellier, Aix-en-Provence ou encore Limoges.
Promu pour la septième fois de son histoire en Liqui Moly StarLigue (première division), Sélestat Alsace Handball n’entend pas faire une nouvelle fois l’ascenseur et compte bien s’y pérenniser pour de bon. Le fameux « miracle sélestadien » est plus que jamais d’actualité.
Le Sélestat Alsace Handball (SAHB), remonte en première division à l’issue de la finale retour des play-offs. Ils ont battu Caen, dimanche 8 juin, à domicile (30-26).C'est la fête au centre sportif intercommunal de la ville. Le match a commencé à 17 heures et les supporters étaient au rendez-vous.
"On savait que ça allait être incroyable, assure Denis Serdarevic, le gardien du SAHB à l'issue du match. On savait qu'ils n’allaient pas nous rendre la tâche facile, mais on a fait un match solide en attaque comme en défense".
Denis Serdarevic se félicite de cette victoire, "c'est une récompense pour toute l'année de travail qu'on a pu faire. On a réussi à les mettre en échec pas mal de fois, surtout en première mi-temps".

"C'est un club historique du handball français, il faut qu'il soit en D1 Denis SerdarevicGardien du SAHB
Un Club Historique et Son Projet Ambitieux
Fondé en 1967, le Sélestat Alsace Handball (SAHB) s’impose comme un club historique du handball français, reconnu pour son rôle formateur et son identité profondément ancrée dans son territoire.
Le SAHB repose sur une organisation claire, structurée autour d’une direction sportive et administrative solide. Son fonctionnement repose sur la complémentarité entre les instances dirigeantes, l’encadrement technique et les cellules commerciales et financières.
Fidèle à sa vocation formatrice, le club a bâti un projet global qui conjugue performance sportive et ancrage territorial. La gestion équilibrée de ses ressources, l’attention portée au développement des jeunes joueurs issus du centre de formation et la recherche de stabilité économique constituent les piliers de son action.
Habitué à faire le yo-yo entre la Liqui Moly StarLigue et la Proligue, Sélestat Alsace handball a-t-il enfin les moyens de se stabiliser dans l’élite du handball masculin français, malgré des moyens financiers limités pour le très haut niveau ? « Notre volonté est évidemment de ne plus faire l’ascenseur, même si ce championnat 2025-2026 s’annonce particulièrement relevé.
Il y a une belle dynamique et un réel engouement avec la montée. On a vu la saison passée que les deux promus, Istres et Tremblay, sont parvenus à se maintenir. Il n’y a donc rien d’écrit à l’avance. Nous avons des arguments à faire-valoir », annonce Christian Omeyer avant de se montrer pragmatique. « Comme toujours, nous misons sur notre centre de formation. Nous avons de très bons jeunes joueurs. Notre équipe est sans doute la plus jeune de Liqui Moly Starligue, avec les qualités et les défauts qui vont avec.
Soutien Financier et Modèle Économique
« Petit Poucet » de la Liqui Moly StarLigue, Sélestat Alsace Handball peut se targuer de reposer sur un modèle économique vertueux qui ne dépend pas seulement des collectivités locales, même si leur soutien est important, à hauteur de 568 000 euros, dont 267 000 euros de la Région Grand Est, 255 000 euros de la Ville de Sélestat (175 000 euros au titre du haut niveau et 80 000 euros pour l’association) et 30 000 ou 60 000 euros de la Communauté Européenne d’Alsace (CEA).
Le modèle économique du club s’appuie sur plusieurs leviers : billetterie, droits TV, mécénat, partenariats privés et soutien des collectivités locales. Cette diversification, indispensable à la pérennité, permet au SAHB de sécuriser son budget et d’assurer la continuité de son projet.
« Nous comptons 130 partenaires privés. De très belles entreprises avec un rayonnement local, régional, national, voire international », souffle avec malice Christian Omeyer. Parmi eux, on retrouve Europa Park, la Caisse d’Épargne Grand Est Europe (CEGEE), Demathieu Bard, Würth Entreprise ou encore Hartmann.
Le budget groupement sportif, qui correspond à l’association (centre de formation et équipes de jeunes) et à la SASP (équipe professionnelle), va ainsi passer cette saison de 2,5 (600 000 euros + 1,9 million d’euros) à 2,8 millions d’euros (600 000 euros + 2,2 millions d’euros).
| Source de financement | Montant |
|---|---|
| Région Grand Est | 267 000 € |
| Ville de Sélestat | 255 000 € |
| Communauté Européenne d’Alsace (CEA) | 30 000 - 60 000 € |
Le Défi d'une Nouvelle Salle
Serpent de mer régulier depuis plusieurs saisons, la construction d’une nouvelle salle est revenue sur le devant de la scène lors de l’intersaison. Pourquoi ? Car le SAHB compte 1 600 abonnés cette saison, (50% le grand public et 50% partenaires), dans une salle (le Centre sportif intercommunal de Sélestat) dont la capacité maximale d’accueil est de 2 300 places.
« Nous y sommes à l’étroit puisque nous sommes constamment à guichets fermés et un agrandissement est inenvisageable », admet Christian Omeyer avant de poursuivre. « Une nouvelle salle n’est pas dans les cartons, mais on espère que ce sera le cas un jour, dans cinq ou dix ans, peut-être. Si on veut continuer à se développer, ça passe obligatoirement par une salle avec une jauge plus importante pour pouvoir, par exemple, accueillir de nouveaux partenaires dans de réelles loges.
Christian Omeyer prend l’exemple du Palais des Sports de Caen avec ses 3 600 places, livré en août 2023. « Il n’y a pas de discussion à l’heure actuelle, mais il faudra bien se mettre autour d’une table à un moment. On essaie en tout cas de faire passer un message. C’est un projet qui peut aboutir avec des partenaires privés et du naming. »
Implanté au cœur de Sélestat, le club bénéficie d’un fort ancrage local. Sa salle, lieu emblématique du handball alsacien, constitue un véritable point de rencontre entre passionnés, acteurs économiques et institutionnels.
Pas question en tout cas de délocaliser des matchs au Rhénus de Strasbourg comme il y a 15 ans ou comme le Strasbourg Achenheim Truchtersheim Handball (SATH) avec parcimonie en Ligue Butagaz Énergie (première division féminine de handball).
Porté par une histoire riche et un projet tourné vers l’avenir, le SAHB entend consolider son rôle dans le paysage du handball français.
tags: #selestat #strasbourg #handball