Le handball est un sport passionnant, et les confrontations entre équipes rivales ajoutent une dimension supplémentaire d'intensité et d'enjeu. Les matchs entre Sélestat et Besançon sont particulièrement attendus, chargés d'histoire et de rivalité régionale.

Un Derby Régional Passionné
C’est le match coché par les supporters en début de saison, le derby que tout le monde attend. Encore plus à Sélestat où, après la courte défaite du match aller (25-26), on compte bien se reprendre. Ce vendredi, Sélestadiens et Mulhousiens s’affronteront pour un match qui ne manque pas d’enjeux. Le vainqueur réalisera une bonne opération puisque dans les autres rencontres, beaucoup d’équipes de haut de tableau s’affrontent.
De plus, c’est la suprématie régionale qui est en jeu, et la fierté qu’elle confère. Battues la semaine dernière, et même pour la seconde fois de suite pour le MHSA, les deux équipes doivent l’emporter pour ne pas régresser dans un classement toujours aussi serré.
Retour sur un Match Récent
Sélestat a renoué avec le succès face à Besançon sans être à aucun moment inquiété. Le SAHB s’est rapidement détaché 9-4 avant de compter jusqu’à 9 buts d’avance, puis 5 à la pause 21-15. Les violets ont ensuite géré la seconde période marquée notamment par l’excellente entrée de Tom Pompon à l’aile gauche. C'es terminé au CSI. Dans une rencontre où il n'a jamais été inquiété, le SAHB s'est imposé 37-33 face à Besançon et rejoint Caen à la 4e place du classement.
Bienvenue au CSI pour cette rencontre entre Sélestat et Besançon. Un rendez-vous où le SAHB aura à cœur de se racheter de sa contre-performance de mardi à Valence où il a été battu 29-26. Pour recoller aux quatuor qui la précède, l’équipe entraînée par Laurent Busselier doit absolument s’imposer ce soir et confirmer face au 13e du classement sa large victoire du match aller 26-21.
Une tâche à coup sûr à la portée des Alsaciens même s’ils ne sont pas actuellement au maximum de leurs possibilités. Les handballeurs bisontins ont renoué avec la victoire hier soir sur le parquet du Palais des sports.
Massacré à Massy, le GBDH était resté sur 10 matchs sans victoire : un long chemin de croix qui réclamait une rédemption de toute urgence. Hier soir, les Bisontins qui affrontaient Sélestat (5ème du classement) ont su trouver en eux la fierté nécessaire au rebond.
Les Enjeux de la ProD2
Dans le contexte de la ProD2, chaque match est crucial. Les équipes se battent pour monter au classement, éviter la relégation et, ultimement, accéder aux play-offs. Les rencontres entre Sélestat et Besançon ne font pas exception, avec des enjeux importants pour les deux clubs.
Les enjeux : Après le superbe succès à Mulhouse, il est le moment de confirmer pour les Massicois, qui vont mieux depuis fin 2015 après un début de saison plus délicat. Toujours 11es au classement, les Essonniens remonteraient s’ils parvenaient à s’imposer à domicile. Mais Besançon n’a rien d’une victime toute désignée.
Yohan HERBULOT, arrière de Massy : « Après notre succès à Sélestat, il faut qu’on enchaîne pour atteindre notre objectif des play-offs. On a un coup à jouer contre Besançon, si on est aussi sérieux qu’à Sélestat, on a les moyens de faire quelque-chose. On tient à garder notre dynamique, commencée avant les vacances. On n’est pas à notre place actuellement mais j’espère qu’on a réussi à se libérer.
Ilija KOMNENOVIC, gardien de Besançon : « Tout est encore jouable dans cette Handball ProD2, il n’y a pas de vérité avant le match, on ne peut dire qui va gagner ou perdre. Alors on va à Massy pour essayer de gagner, même si on sait que ça ne sera pas simple. Ils sont sur une bonne lancée et pas du tout à leur place, je les vois toujours en play-offs. C’est une équipe très dangereuse, partout. Mais on a montré qu’on était capables de faire de bons résultats à l’extérieur.
Voici un tableau récapitulatif des enjeux pour différentes équipes de ProD2 :
| Équipe | Enjeux |
|---|---|
| Valence | Lutte pour le maintien, concrétiser les améliorations récentes. |
| Dijon | Enchaîner les victoires pour gagner en confiance et améliorer le classement. |
| Nancy | Se rattraper après une défaite, retrouver l'efficacité offensive à domicile. |
| Saran | Maintenir une dynamique positive, viser le Top 5 et croire en ses chances. |
| Limoges | Poursuivre sur une bonne dynamique, rester invaincu dans sa nouvelle salle. |
| Istres | Gagner des matchs pour se remettre dans la course, améliorer la défense. |
| Angers | Poursuivre sa série positive, espérer mieux qu'une place de barragiste. |
| Billère | Se remettre en question après une contre-performance, assurer les matchs clés. |
L'Impact Psychologique
Iker SERRANO, pivot de Mulhouse : « En ce moment on manque d’agressivité en défense, j’espère que ça va revenir pour le derby à Sélestat. Ils sont un peu comme nous, pas bien, alors ça va se jouer au niveau psychologique surtout. C’est la 2e meilleure attaque contre la meilleure défense, on verra qui prendra le dessus sur qui. Mais en tout cas, on doit montrer un autre niveau en défense.

Les Mots des Acteurs
Voici quelques déclarations qui mettent en lumière l'état d'esprit des joueurs et des entraîneurs avant les matchs importants :
- Rudi SERI, demi-centre de Sélestat : « On doit vraiment se racheter de notre dernier match contre Saran où on avait manqué d’agressivité. Dès lundi, on a pensé à ce gros match, attendu en Alsace. Ce sera un combat, ils vont vouloir nous marcher dessus mais on se prépare mentalement et physiquement pour ça. A l’aller, on aurait mérité la victoire mais on avait perdu. Hors de question que ça se reproduise.
- Alexis BON, arrière de Valence : « On doit rester patients, comme en première mi-temps à Billère, être efficaces, rester appliqués en attaque. On est à domicile où on doit poursuivre sur la lancée de Besançon. Surtout, on doit continuer à y croire dans la tête même si Limoges a pris une option sur la 12e place. Ça va être chaud jusqu’au bout.
- Miroslav RAC, ailier gauche de Dijon : « On fait un nul à Limoges, qui est sur une bonne dynamique, puis une victoire difficile face à Cherbourg. Maintenant on veut enchaîner à Valence, on sait qu’aligner quelques victoires nous ferait du bien mentalement, cela nous mettrait en confiance. Mais Valence lutte pour le maintien, on est conscient que ce ne sera pas simple. On sait qu’il ne faut pas s’attendre à un match facile, c’est le piège.
- Mathias SOLTANE, ailier droit de Nancy : « On veut se rattraper contre Saran, qui est vraiment l’équipe en forme du moment, on s’en méfie beaucoup. Ils développent un superbe handball mais si on veut être ambitieux, on doit gagner à domicile. Notre plus gros adversaire, c’est nous-mêmes. Si on est bons, ça passera mais on doit vraiment mettre tous les ingrédients qu’on n’a pas mis à Istres.
- Tomi VOZAB, demi-centre de Saran : « C’est important de vouloir gagner tous les matches et on prépare le déplacement à Nancy avec cet objectif. On a changé beaucoup de choses dans notre approche, maintenant on croit en nos chances de rester dans le Top 5. Si on joue comme à Sélestat, c’est possible. Bien sûr, ça va devenir de plus en plus dur, mais c’est le hand et on aime ça !
- Martin GAILLARD, demi-centre de Limoges : « Ce serait bien si on pouvait enchaîner contre Istres, dans notre nouvelle salle où on n’a pas envie de lâcher des points, c’est le petit objectif qu’on s’est fixés. On veut se faire respecter. Istres a de très bons joueurs, ils font partie des meilleures attaques. A nous de trouver les solutions pour les mettre en difficulté et d’être efficaces. On sait qu’ils prennent aussi beaucoup de buts.
- Kévin MESNARD, gardien d’Istres : « La dynamique est là depuis la préparation. Mais les prochains matches sont hyper importants. Vu notre calendrier, on doit les gagner pour se remettre dans la course. Mais on prend les rencontres une par une, en commençant par Limoges, qui a réussi deux bons résultats pour la reprise. On ne les prend pas de haut, c’est certain.
- Loïc VAN CAUWENBERGHE, capitaine d’Angers : « On se sent tous beaucoup mieux sur le terrain, dans notre tête aussi. On s’attendait à ce que Limoges fasse une meilleure seconde partie de saison, à nous d’écrire notre histoire, d’être bons au quotidien. On reçoit une très grosse équipe de Billère, c’est un match qu’on a envie de jouer en continuant sur notre dynamique, avec le même état d’esprit. On veut jouer au hand, être bons, on verra à la fin pour compter les points.
- Guillaume CREPAIN, demi-centre de Billère : « On a perdu deux fois contre Angers l’an dernier. On sait que ce sera un match très compliqué. Ce sera un des matchs clés de la deuxième partie de saison, comme à Saran, Sélestat ou contre Mulhouse. Les Angevins sont en train de prendre confiance et nous, il faut espérer qu’on se remette en question après Valence.
Un Nouveau Chapitre pour Christophe Viennet
Christophe Viennet le sait très bien : pour avancer, il faut savoir se déchirer, s’arracher de son club de toujours, pour grandir un peu plus vite, un peu plus haut surtout. Comme une plante à laquelle on offrirait un pot élargi, rempli d’un terreau enrichi. Alors que son contrat dans le Doubs, après huit ans passés sur le banc bisontin, n’a pas été reconduit en juin dernier, le technicien découvre depuis un autre monde. Celui de Sélestat, club historique du hand français, dont il dirige l’équipe première en Proligue.
« Et franchement, ça n’a rien à voir », s’enthousiasme-t-il. « C’est un peu comme si j’étais passé d’un club de DH au FC Sochaux. Ici, tout est très pro, calé au millimètre (NDLR : avec lui se trouvent deux adjoints, un entraîneur des gardiens et un préparateur mental). On ressent une vraie passion. Il n’y a pas un jour sans qu’on m’en parle dans la rue. En fait, le hand à Sélestat, c’est une religion, comme le rugby à Bayonne ou le foot à Marseille.
Dans cet univers passionné, passionnant, le coach s’épanouit déjà au sein d’un groupe marqué psychologiquement par une relégation sans appel, et une ambiance générale souvent délétère sous les ordres de Christian Gaudin, le précédent entraîneur. Christophe Viennet, lui, apporte son œil neuf, sa méthode aussi, et en a récolté les premiers fruits lors du succès décroché à Nice vendredi dernier (28-31).
« Depuis la reprise en juillet, on a raté que trente minutes, les trente premières face à Chartres en ouverture (NDLR : défaite 22-29 à domicile) », reprend le Bisontin. « Sinon, on est dans les clous, on peut même faire encore nettement mieux. » Dès vendredi, devant le bouillant public alsacien… face au GBDH ? L’idée ne lui déplairait pas, même si, promis, juré, il ne fait pas une « fixette » sur une quelconque revanche à prendre face à son club de toujours.
« Ce match n’est pas un combat personnel, même si certains joueurs seront certainement motivés à l’idée de jouer face à moi », en sourit-il. « Mais je vais être très clair : le GBDH, ce n’est plus chez moi, mais la ville de Besançon, si ! J’y ai ma famille, j’y passe la moitié de mon temps, et je ne souhaite rien de mal au club. D’ailleurs, il a déjà bien changé. Par exemple, quand je vois l’équipe jouer, ça ne ressemble pas à ce que nous avions mis en place. Voilà, il n’y a pas à faire d’histoire autour de ces retrouvailles. Moi, en tout cas, je me focaliserai sur mon équipe.
Sur ce groupe talentueux avec lequel Christophe Viennet doit remplir une mission : remonter, via les play-offs ou non, parmi l’élite du handball français.
