Séance type de volley-ball adaptée pour une classe de 6ème SEGPA

Cet article présente une séance type de volley-ball conçue pour une classe de 6ème SEGPA, en s'appuyant sur un compte rendu de pratique réalisé par Cathy Girre, enseignante au collège de Coutances en 2017. L'objectif principal est d'adapter les règles du volley-ball en fonction du niveau des élèves, tout en imposant des contraintes de déplacement pour dynamiser le jeu et faciliter les apprentissages techniques.

Il s’agit d’une classe de 6e SEGPA de 12 élèves dont une fille et dont certains ont des problèmes relationnels. Deux élèves sont en très grande difficulté. Quatre ont déjà joué au volley en primaire. Ils connaissent tous ce sport (existence d’un filet, touche de balle notamment).

Objectifs et adaptations des règles

L'objectif principal est que tous les élèves sachent jouer en 2 contre 2, en auto-arbitrage, et qu'ils soient capables d'empêcher la balle de tomber dans leur camp tout en essayant de mettre les adversaires en difficulté. Pour atteindre cet objectif, l'enseignante s'autorise toutes les possibilités d'aménagement du règlement, comme le blocage, le rebond, la passe canadienne, l'engagement, et la taille du terrain.

Mais quelles que soient ces règles, elle impose toujours des contraintes de déplacement qui, à la fois rendent le jeu dynamique, et aident les apprentissages techniques.

Les adaptations peuvent inclure :

  • La taille du terrain
  • La hauteur du filet
  • Le nombre de joueurs
  • Les touches de balles autorisées

Positions des joueurs de volley-ball

Exercices et consignes

Plusieurs exercices sont mis en place pour aider les élèves à développer leurs compétences :

  1. Défi à 2 : De chaque côté du filet (haut), faire le maximum d’échanges. Le but est d’expérimenter le plaisir de rattraper la balle chez soi (sauver son camp) et de la renvoyer (faire vivre le ballon) avant de jouer sur la rupture.
  2. Jeu avec balle frappée à 10 doigts après un rebond : Le terrain est plus grand : 4,50m x 4,50m. Les autres règles sont identiques, sauf qu’il faut aller toucher un plot sous le filet + le bas du filet (= 2 actions).
  3. Situation de 1 contre 2 : Cette situation de 1 c 2 permet de comprendre la nécessité d’un relai. Elle peut être reprise chaque fois que nécessaire, sous forme d’exercice.

Consignes pour la passe haute :

  • Avant : se placer sous la balle comme pour faire une tête. Placer vite les mains au-dessus de la tête. Ecarter les doigts paumes vers le ciel.
  • Pendant : « accueillir » la balle sans lui faire mal.

Pour qu’ils apprennent à calculer des trajectoires, la puissance, la direction, la hauteur de la frappe, à se décentrer/recentrer du ballon, à se déplacer et se positionner équilibré sous la balle, à faire autre chose en même temps. Ils doivent le faire même s’ils réussissent d’emblée la passe à 10 doigts. Le but est de former des joueurs disponibles, réussir ces exercices leur ouvre des possibles.

Cela leur plait, les meilleurs se lancent des défis, les plus faibles prennent plaisir à contrôler la balle, condition pour jouer sans avoir mal.

Déroulement de la séance

1ère séance : Défi à 2. Au départ, beaucoup n’y arrivent pas. Chaque élève renvoie comme il veut, en fonction de la balle qu’il reçoit et de sa posture à moment-là. Il est seulement interdit de se déplacer avec le ballon lorsque l’on bloque la balle (droit de se tourner vers le filet sans se déplacer). Les élèves savent que la passe haute est la réponse la plus élaborée, mais acceptent bien les règles différentes. Les plus faibles bloquent quasiment toutes les balles, les plus forts uniquement lorsqu’ils sont en difficulté.

L’objectif est d’abord de bien comprendre le règlement. Sur le plan tactique, sauver son camp est la priorité si on veut pouvoir marquer le point. Le terrain est grand pour contraindre à se déplacer et construire la cible (il y a de grands espaces libres). Le déplacement, contraint par le règlement, ne se fait pas après la mise en jeu, pour qu’il y ait égalité de traitement entre les deux joueurs sur la 1ère balle. La mise en mouvement aide à se placer sous la balle.

A la fin de la première séance, tous les élèves cherchent à sauver leur camp et renvoient. Sur le plan moteur, c’est un passage crucial. La plupart des élèves ne savent pas se déplacer vers l’arrière (perte de repères). Or, le fait de regarder le plot vers le bas, puis attraper la balle au-dessus de la tête va permettre un déséquilibre et une bascule de la tête vers l’arrière nécessaire pour une passe haute. Ces contraintes de mobilité étant systématiques, les élèves les acceptent facilement et progressent vite. Dans cette classe de SEGPA, un seul élève n’a pas réussi à se placer sous la balle en une séance.

A cette étape, les élèves sauvent les balles. Tous ont envie de ne pas bloquer. Ils commencent à renvoyer avec l’intention de marquer le point vers le fond, mais le renvoi reste explosif. Une étape intermédiaire est nécessaire pour que tous apprennent à frapper à 10 doigts en étant bien équilibré après un déplacement.

Je leur propose donc un jeu avec balle frappée à 10 doigts après un rebond.

Pour le rebond, la consigne est : aller chercher le ballon avec 1 main au-dessus de la tête (le plus haut possible bras tendu) pour le faire rebondir 1 ou 2 fois au sol puis le renvoyer en passe haute. Cette étape est vécue par les élèves comme un exercice, elle ne dure qu’une séance.

Cette situation a pour objectif de faire comprendre aux élèves la nécessité d’un relai. Dans un 2 c 1, c’est en principe le duo qui devrait gagner. Or ce n’est pas le cas.

Mise en jeu : A se met où il veut pour engager. A lance obligatoirement en zone arrière. Si c’est raté, on recommence.

Questions posées aux élèves :

  • Qui gagne le point, l’équipe de 2 ou le joueur seul ?
  • Comment sont marqués les points ?
  • Quels sont les ballons qui font le point ?
  • Combien de fois la balle passe le filet ?
  • Pourquoi le duo perd-il le point ?
  • Que devriez-vous faire pour gagner ? Communiquer (dire « j’ai »), faire une passe, et donc relever la balle vers le haut.

A cette étape, le relai reste une difficulté. La balle de réception étant encore très peu contrôlée, il est difficile pour le 2e joueur de rattraper au-dessus de la tête en étant équilibré. Pour leur faciliter la tâche, ils ont le droit de faire une « passe canadienne » s’ils en ont besoin, c’est-à-dire bloquer la 2e balle au-dessus de la tête, redescendre la balle au niveau des genoux et la relancer par en -dessous.

La passe canadienne permet à la fois de lancer une balle très haut verticalement, tout en se réorientant si besoin. Peu d’élèves l’utilisent systématiquement, elle est plutôt vécue comme un joker lorsqu’il faut sauver la balle.

Ce 2 c 2 va devenir la situation de référence pour la fin du cycle.

Dès qu’ils peuvent renvoyer directement, ils le font. En réception, ils savent qui prend la balle, un la remonte vers le haut et l’autre est prêt à intervenir. Au volley, maîtriser la réception du ballon c’est assurer une défense efficace et proposer aux attaquants des ballons bien placés pour marquer.

Faire une manchette | Volley-Ball

La réception du ballon doit suivre une trajectoire arrondie lorsque adressé au passeur. Un geste technique important qui peut déclencher de belles actions.


Réception au volley-ball

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