Les Techniques Essentielles du Football Américain : Du Pass Rusher au Touchdown

Le football américain est un sport complexe où la technique et la stratégie jouent un rôle crucial. Si pour beaucoup, le grand mérite des sportifs est de savoir inventer des gestes incroyables, l'essentiel est pourtant parfois ailleurs.

Certes, le sport sans actions de génies ne seraient pas ce qu'il est, et les fans de football ne viendraient pas en masse assister aux rencontres de leurs équipes préférées mais il serait une erreur d'oublier que l'essentiel dans le sport est de gagner, et non pas de faire le spectacle. Comme le veut le célèbre poncif, on ne retient en effet que les gagnants. Un adage qui peut parfois pousser à aller à l'essentiel, quitte à ne pas faire se lever les foules. Une vision très réaliste des choses qui peut néanmoins par moments joindre l'utile à l'agréable.

Un joueur de football américain a réalisé une action sensationnelle avant de partir inscrire un touchdown pour son équipe. Disciple de Ronaldinho, le lycéen L.J. Scott l'est certainement spirituellement, à défaut de l'être techniquement. Ce joueur de football américain s'est en effet grandement illustré lors d'un match de l'équipe de son établissement, la Marion Harding High School, située dans l'Etat de l'Ohio, aux Etats-Unis. Le running back a en effet justifié l'intérêt de Lousville (Kentucky) qu'il rejoindra prochainement sur une action magistrale.

Face à une forêt de joueur, Scott ne s'est pas démonté et a offert un véritable slalom au public présent sur place. Après avoir disposé des trois premiers adversaire, il a en effet trouvé une technique bien originale pour se dépêtrer d'une situation bien compromise, en sautant tout simplement au dessus de son adversaire. Non content d'avoir réalisé ce geste déjà spectaculaire, le joueur ne s'est par la suite pas arrêté en si bon chemin pour finalement inscrire un touchdown fabuleux.

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Le Pass Rusher : Un Pilier de la Défense

Un pass rusher est un des joueurs les plus importants de l’escouade défensive. C’est à lui que revient la lourde tâche de chasser la star de l’équipe adverse, le quarterback. Mais pour arriver à ses fins le pass rusher doit vaincre un terrible ennemi, l’homme de ligne offensive. Une panoplie de mouvements existe pour se débarrasser de son vis-à-vis. Les pass rushers peuvent ensuite les associer pour obtenir la combinaison létale. Avant de se plonger dans les techniques en elles-mêmes, il est important de rappeler les cases que doit valider un joueur pour être un pass rusher efficient.

Plus un pass rusher est explosif, plus son travail est facile. Le premier pas vif dès l’engagement du ballon est souvent un critère évalué chez tous ces joueurs. Cette explosivité permet de mettre en difficulté les tackles adverses. Pour le défenseur, le but est simple, contourner et refermer la poche de protection. Le tackle doit donc couvrir beaucoup de terrain en un minimum de temps. La puissance est aussi obligatoire pour devenir le meilleur pass rusher. On parle bien ici de puissance et non pas de force. Même si, la force reste le meilleur moyen d’avoir de la puissance. Si un pass rusher n’a pas une force innée, il peut tout de même générer de la puissance. Le meilleur moyen est de transformer sa vitesse en puissance.

Lawrence Taylor, une légende du pass rushing.

Techniques de Pass Rush

Voici quelques techniques clés utilisées par les pass rushers :

  • Bull Rush: Simple et efficace, le bull rush consiste à gagner en puissance. Le but étant d’enfoncer le joueur de ligne jusqu’à son quarterback. Le timing : savoir déclencher son assaut frontal au bon moment est la marque des grands. Un joueur plus axé sur la vitesse peut aussi avoir un bull rush efficace.
  • Speed Rush: Comme son nom l’indique le speed rush est un « mouvement » tout en vitesse. Le but est simple, aller plus vite que son vis-à-vis et en faire le tour pour rencontrer le quarterback. Le premier pas : le temps de réaction doit être minimal, l’envol soudain. Le « bend » : ce mot barbare définit la capacité d’un pass rusher à contourner l’extérieur de ligne.
  • Long Arm et Stab: Derrière ces deux noms barbares, se cache rien autre qu’une variante à un seul bras du bull rush. Néanmoins, avec un seul bras bien tendu (long arm) qui tient en respect l’adversaire, la puissance est moindre. Le stab est un long arm explosif. Le défenseur va frapper le buste adverse avant de retirer son bras.

Mouvements Préparatoires et Contres

Certains mouvements sont importants pour mettre en place la suite du pass rush :

  • Stutter Step: Ce mouvement de pied s’apparente à une hésitation. Le pass rusher va effectuer des crochets intérieurs et extérieurs. L’objectif est de faire douter le bloqueur adverse, d’écarter sa garde de mains et de laisser son buste ouvert. Cette mise en place aboutit souvent à un bull rush si le stutter step est bien fait.
  • Cross Step: Le cross est un mouvement de déplacement latéral de la part du pass rusher. Il se réalise juste avant ou pendant le contact initial avec l’adversaire. Un petit saut de côté suffit. Ce pas de côté est réalisé quand l’attaque est frontale. C’est un mouvement plutôt destiné aux chasseurs de quarterback qui partent de positions intérieures. Il est important pour le pass rusher de faire croire qu’il veut engager la collision avant de s’écarter. Le pass rusher attrape le dos du bloqueur après son saut pour verrouiller la situation.

Les contres sont utilisés après une adaptation du bloqueur :

  • Dip: Le dip est un mouvement d’épaule. Cette technique est utilisée sur les mouvements de speed rush, conjuguée avec des techniques de bras en finition. Le dip peut être combiné avec un faux stab pour créer un contre. Dans un premier temps, l’allongement du bras va menacer le bloqueur qui va réagir en cherchant à contrer un mouvement puissant. Au dernier moment le pass rusher enlève son bras et plonge sous le lineman en déséquilibre avant.
  • Spin Move: Comme son nom l’indique, c’est un mouvement de rotation. Le spin move va servir en parallèle d’un speed rush. Un bloqueur en difficulté face à un pass rusher explosif sur les extérieurs va prendre plus de risque pour couvrir plus de terrain. Il est donc important pour le pass rusher de bien continuer à « vendre » l’attaque extérieure. Ouvrir l’espace intérieur, baisser son centre de gravité et finir par une rotation. Attention, il est aussi possible d’utiliser une feinte de spin move.

Mouvements de Bras

Les bras du pass rushers doivent être actifs. Plusieurs mouvements sont enseignés pour permettre d’arriver au quarterback adverse :

  • Chop: Est un mouvement du bras de haut en bas sur le poignet. Il permet de déséquilibrer vers l’avant l’adversaire et de casser sa pose de mains.
  • Rip: Est un mouvement du bras de bas en haut. Il élève la garde du bloqueur et permet au pass rusher de passer sous celle-ci.
  • Double Swipe: Est un mouvement latéral des deux bras du pass rusher qui viennent frapper ceux du bloqueur.
  • Club: Est un mouvement violent latéral du bras. Simplement, le club est une grande claque dans l’épaule de son vis-à-vis. Il cherche à finir de déséquilibrer le bloqueur et à verrouiller la position préférentielle du pass rusher.
  • Swim: Est un mouvement de finition. Le pass rusher fait passer son bras par-dessus l’épaule de son vis-à-vis à la manière d’un crawl.
  • Push & Pull: Est comme sa traduction l’indique un premier mouvement de poussée puis un tirage. Le bloqueur est totalement en déséquilibre avant, mais proche du pass rusher.

La Technique du Fosbury : Une Analogie Inattendue

On parle beaucoup des Jeux Olympiques en ce moment, et les télés nous montrent notamment des images de saut en hauteur. Le record du monde appartient depuis 1993 au cubain Javier Sotomayor, avec 2,45m. Pour vous faire une idée, la hauteur des buts au football est de 2,44m.

Si la barre des cages n’était épaisse que d’un centimètre, il aurait pu passer les fesses par-dessus. Oui, les fesses, car il saute avec la technique dite du Fosbury, du nom de son inventeur : Dick Fosbury. Ce fut la révolution des Jeux de Mexico en 1968. Au lieu de sauter en ventral, avec la barre sous le ventre, l’Américain s’est élancé mais a fait volte-face au dernier moment, et a tourné son dos face à l’obstacle. A l’entrainement, il augmentait ainsi ses performances de 15 cm. Le Jour J, il a remporté la médaille d’or avec un bond de 2,24m.

Dick Fosbury aux Jeux olympiques de Mexico en 1968.

Après lui, quelques concurrents ont tenté de persister avec l’ancienne technique, mais désormais tous se sont mis au "fosbury". Vous connaissez la suite, on en est maintenant à 2,45m. Mais au fait : pourquoi franchit-on plus facilement la barre en arrière, alors que l’on court vers l’avant ? Comment expliquer l’efficacité d’un geste anti-naturel ? A cause du barycentre. C’est en quelque sort le centre de gravité de tout objet. Quand vous êtes debout, le barycentre se trouve au niveau du nombril, à la verticale de la tête. Mais certains objets ont leur barycentre à l'extérieur d’eux-mêmes. Par exemple un cerceau. Ou un boomerang : le barycentre est le point immatériel autour duquel le boomerang tourne sur lui-même quand on le jette en l’air.

Après son élan, l'athlète passe d'une position verticale à une position horizontale : son corps se courbe, tel un boomerang orienté vers le bas. Sa tête passe en premier, ses pieds en dernier. Son barycentre se trouve mécaniquement en dessous de la barre franchir. A l’opposé, s’il saute en ventral, il passe d'abord le côté droit, puis le côté gauche (ou l’inverse, cela ne change rien au raisonnement). Le résultat, c'est que son barycentre passe au-dessus de la barre. Et cela demande beaucoup plus d'énergie. Inversement : le fosbury demande moins d’énergie, donc on saute beaucoup plus haut.

Un Impact Révolutionnaire

Lors du dimanche ensoleillé du 20 octobre 1968, la foule enthousiaste du stade olympique de Mexico scande des « Olé ! » à chacun des sauts inédits de l’Américain Dick Fosbury, « inventeur » patronymique du Fosbury-flop. Cette technique révolutionnaire rompt avec l’académisme du saut en hauteur pratiqué exclusivement en rouleau ventral. Cet après-midi, Dick passe ainsi les cinq barres proposées dès son premier essai : 2,03 mètres, 2,09m, 2,14m, 2,18m, 2,20m. Puis il franchit à son troisième essai les 2,24m et alpague la médaille d’or et le record olympique !

Parallèles avec le Football

Il se trouve qu’à la même époque, le football a été aussi traversé par un bouillonnement tactique qui rêvait de faire la peau au jeu bunkerisé, figé, très défensif dont le catenaccio était l’une des représentations les plus grises. Au cœur de la guerre doctrinale entre le béton et son marquage individuel strict contre la défense en zone, d’autres Dick Fosbury émergent alors sur le terrain ou sur les bancs.

Outre les dimensions novatrices et inventives de sa technique de saut, d’autres aspects assez footballistiques ont aussi écrit la légende de Dick Fosbury. Les légendaires JO de Mexico 1968, révolutionnaires dans tous les sens du terme annonçaient le tout aussi fabuleux Mundial mexicain de 1970. Déjà, la Seleção solaire de Mario Zagallo avait justement triomphé de l’Italie un peu comme une juste revanche du futebol arte sur le catenaccio italien.

En finale, à Mexico, Pelé avait inscrit un but insensé de la tête, en sautant très haut et en restant longtemps suspendu dans l’air comme Michael Jordan… ou Dick Fosbury. Il faut dire que la séquence Mexico 1968-1970 s’est inscrite dans une période marquée par le grand rêve universel de la conquête spatiale. L’humanité regardait alors vers le haut, vers les cieux, dans un désir d’élévation quasi spirituel. Et là aussi, comme Fosbury triomphant de l’école soviétique, ce sont les USA qui ont gagné la conquête de l’espace à l’été 1969 avec la mission Apollo 11.

Enfin, Dick Fosbury a laissé à la postérité son nom qui signe une technique comme d’autres sportifs ont accolé leur patronyme à un geste ou un mouvement. Le football a immortalisé la Panenka, la Higuita (le coup du scorpion) ou la Madjer. La gymnastique a distingué Olga Korbut (le flip Korbut) ou Mitsuo Tsukahara (la Tsukahara en saut de cheval) comme le patinage honore toujours le Norvégien Axel Paulsen, inventeur de l’axel, double ou triple.

Performance Remarquable en NFL

Les Jacksonville Jaguars ont perdu à la maison contre les Pittsburgh Steelers (31-25) ce samedi 9 août, en match de pré-saison avant la reprise de la NFL. Cam Little, numéro 39, a signé un field goal de 70 yards.

La NFL reprend dans moins d’un mois, le 5 septembre, alors les équipes engagées dans la compétition en profitent pour disputer des matches amicaux pour créer des automatismes ou encore retrouver petit à petit le rythme qui est celui du championnat de football américain des États-Unis. Si son équipe s’est inclinée, Cam Little peut être fier de l’une de ses actions, juste avant la pause. Le botteur de 21 ans a réussi un field goal (une technique consistant à frapper au pied le ballon en le faisant passer entre les deux poteaux) long de 70 yards. Une performance exceptionnelle, puisque le record de NFL, qui date de 2021, est de 66 yards.

Records de Field Goal en NFL
Joueur Distance (yards) Année
Matt Prater 66 2013
Cam Little 70 2024 (Pré-saison)

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