Sarah Bouktit : D'une Équipe de Garçons aux Jeux Olympiques

À 21 ans, Sarah Bouktit s'apprête à vivre ses premiers Jeux Olympiques cet été à Paris. Sacrée championne du monde en décembre dernier, la native de Mont-Saint-Martin a bataillé pour se faire une place chez les Bleues.

Sarah Bouktit célébrant une victoire.

Un Parcours Singulier

Débuts dans une équipe de garçons

Sarah Bouktit a appris le handball à Mont-Saint-Martin, où elle a fait partie pendant plusieurs années d’une équipe de garçons. Quand le club du Pays-Haut Handball a voulu la recruter, la jeune joueuse a d’abord été réticente à l’idée de rejoindre un collectif féminin. L’aventure lui aura finalement permis de rejoindre le Pôle espoirs puis le prestigieux centre de formation de Metz Handball.

Un talent naturel

Observant une enfant « passionnée », « acharnée du travail », les entraîneurs qui ont découvert Sarah Bouktit ont été frappés par le talent naturel de la Meurthe-et-Mosellane. « Elle avait déjà une fibre incroyable, elle vivait pour le hand », se souvient Olivier Mazet, qui a entraîné la jeune joueuse au mini-hand puis en section sportive à Mont-Saint-Martin. « Elle avait un vrai don : elle intégrait tout », abonde Corinne Devasconcelos, coach au P2H. « J’ai compris dès le début qu’elle aurait un destin professionnel.

L'or au Festival olympique de la jeunesse en 2019

Sarah Bouktit n’avait pas encore 17 ans et s’apprêtait seulement à rejoindre le centre de formation de Metz Handball quand elle a vécu cette aventure « hors du commun » avec les Bleuettes, au côté d’une certaine Léna Grandveau. « L’équipe de France, c’est un honneur. Vraiment, un honneur », avait-elle confié. « On ressent plein de choses, on a toujours envie de bien faire. C’est spécial comment sentiment.

Sarah Bouktit et son départ à Gyor

Ascension et Défis

Reconnaissance à Metz

À l’automne 2022, Sarah Bouktit a 20 ans. Elle est déjà une joueuse majeure du collectif messin. La pivot réalise un début de saison brillant mais elle n’est pas retenue pour disputer l’Euro avec les Bleues. Le sélectionneur Olivier Krumbholz, qui doute de ses capacités physiques, lui préfère alors les indiscutables Pauletta Foppa et Béatrice Edwige.

« L’équipe de France est une équipe très exigeante, on attend le meilleur et Sarah a encore du travail à accomplir pour venir et s’imposer dans cette équipe qui vise la médaille d’or aux JO », expliquait le technicien. « Elle doit travailler sa condition physique, on joue tous les deux jours, on ne peut pas se permettre d’avoir une joueuse qui flanche. » Meilleure buteuse de la Ligue des Champions en phase de poules la saison suivante, Sarah Bouktit est finalement devenue une option naturelle au poste de pivot.

Une famille de sportifs

Originaires de Mont-Saint-Martin, au nord de la Meurthe-et-Moselle, Sarah et Assia Bouktit ont commencé sur le même terrain, de handball, avant de prendre deux chemins différents. L’aînée est restée fidèle à sa première discipline et brille en équipe de France. Sa petite sœur, 21 ans à peine, fait quant à elle carrière dans le football : elle évolue depuis un an sous les couleurs du FC Metz, en D2 féminine.

Elles en ont décliné des invitations, manqué des anniversaires et des goûters. Sarah et Assia Bouktit ont un an d’écart et un grand point commun : leur « sérieux », leur détermination, leur attachement au travail. « Petites, elles étaient choquées de voir des filles venir à l’entraînement le mardi mais pas le jeudi parce qu’elles étaient à un anniversaire », sourit Djamila Bouktit, leur maman. « Au départ, je leur disais qu’on était invité ici ou là mais à la fin, je ne demandais même plus. » Elles n’auraient, de toute façon, jamais manqué un entraînement.

Des années plus tard, les deux frangines, qui ont emprunté chacune leur propre chemin, brillent dans leur discipline respective. Assia, elle, espère conclure sa superbe saison en décrochant la finale de la Coupe du Grand Est avec le CSO Amnéville.

L'Éclosion au Plus Haut Niveau

Championne du Monde

Elle n’a qu’une seule compétition au compteur avec les Bleues mais elle en est repartie avec une médaille d’or autour du cou. A 21 ans, Sarah Bouktit (21 sélections, 44 buts) a su saisir sa chance lors du dernier mondial. Krumbholz avait fait le choix fort de laisser Béatrice Edwige à la maison, une des taulières de l’équipe de France, la jeune messine lui a bien rendu.

En attaque, elle n’a déjà plus grand-chose à prouver du haut de son mètre 85. En défense, la marge de progression est encore importante mais Bouktit progresse à chaque sortie. Elle a terminé la saison meilleure buteuse de son club de Metz en Ligue des champions. En avril, Krumbholz disait que Bouktit allait devoir travailler énormément pour faire partie de la liste. Elle a une nouvelle fois su saisir l’opportunité de marquer les esprits pendant la préparation.

Hommage à Mont-Saint-Martin

D’origine saint-martinoise, Sarah Bouktit affiche déjà, à seulement 23 ans, un palmarès qui force l’admiration. C’est entourée de sa famille, de ses premiers entraîneurs et de ses anciennes coéquipières que Sarah a été accueillie par le maire, Serge De Carli, et les adjoints mais aussi par un autre champion olympique natif de la ville, Steven Da Costa. Avec beaucoup d’émotion et de fierté, la championne s’est exprimée, partageant ses souvenirs d’enfance et évoquant ses premiers entraînements dans cette même salle qui a forgé son parcours et sa détermination. Un verre de l’amitié a conclu cette belle journée dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

Hatadou Sako : Un Parcours Similaire

Ancienne gardienne du Sénégal, Hatadou Sako a fait le choix de devenir Française afin de disputer les Jeux olympiques avec les Bleues. Hatadou Sako a changé de nationalité sportive pour disputer les Jeux olympiques. La gardienne Hatadou Sako a célébré sa première sélection avec l’équipe de France féminine il y a un an. En décembre, elle a été sacrée championne du monde. Elle a joué de 2015 à 2019 pour le Sénégal, avant de changer de nationalité sportive.

« Ce fut une décision à la fois facile et dure, avec plein de hauts et de bas, se remémore la gardienne. J’ai disputé le Mondial 2019 avec le Sénégal et, trois mois plus tard, j’ai décidé d’arrêter. Hatadou Sako n’avait pourtant aucune certitude d’être sélectionnée par Olivier Krumbholz. Elle a même dû rester trois ans sans jouer pour une sélection, de 2020 à 2023, comme l’exige le règlement.

« C’était le plus dur, confie-t-elle. Mais pour la Messine, le jeu en valait la chandelle : « Avec le Sénégal, tu es contente de gagner un match. Avec la France, tu viens pour gagner le tournoi. Je suis ambitieuse, et mes ambitions m’ont poussée à prendre cette décision. »

Sûre de ses forces, elle ne craint pas d’être écartée du groupe pour les Jeux : « Je n’ai pas d’appréhension. Des choix seront faits et ma seule façon de les influencer, c’est par mes performances. » Autrice d’une grande deuxième période lors du succès des Bleues contre la Slovénie jeudi 29 février en qualifications pour l’Euro 2024, Sako continue d’impressionner.

Hatadou Sako, gardienne de l'équipe de France.

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