Le Bordeaux Bruges Lormont Handball (BBL), un club qui a connu une ascension fulgurante avant de s'éteindre prématurément, laissant derrière lui des souvenirs mitigés.

Des débuts prometteurs
L'histoire du BBL commence avec une entente entre les clubs de Bruges et Lormont lors de la saison 2019-2020. Contre toute attente, l'entente dans le collectif de la N2 allait plutôt bien fonctionner dès le début de la saison lors de la préparation estivale.
En un an d’existence, Bordeaux Bruges Lormont Handball a l’opportunité de décrocher un premier titre samedi contre Martigues. Celui de champion de France de Nationale 1. Déjà assuré de monter en Proligue (deuxième division), le club, emmené par Jean-Paul Onillon (ancien président de Paris Handball) et l’ancien Barjot Philippe Gardent, ne compte pas s’arrêter là dans sa progression.
Le club de Bordeaux Bruges Lormont, pensionnaire de Nationale 1, s’est offert le titre avant la montée en Proligue la saison prochaine. En effet, avec une victoire nette de 31-17, les Girondins sont allés chercher ce titre de N1 avec la manière. Le portier Ivan Vekic a par ailleurs réussi 19 arrêts sur 32 tentatives adverses au cours de la rencontre. Un chiffre tout simplement monstrueux.
Le manager général du BBL, Philippe Gardent, est par ailleurs revenu sur cette saison historique pour son équipe, avec la montée assurée en Proligue dès le mois d’avril. « C’est une grosse satisfaction de l’avoir fait aussi tôt, ça nous permet de nous projeter sur la saison prochaine.
Dans le cadre de ce projet ambitieux de monter en Starligue d’ici 3 saisons, le Bordeaux Bruges Lormont s’est largement renforcé en termes d’effectif pour la saison prochaine. Ainsi, après avoir déjà annoncé l’arrivée du prodige de Villeurbane Elio Zammit, c’est au tour de Théo Clarac, pensionnaire de Liqui Moly Starligue avec Aix-en-Provence, de signer en faveur du club girondin.
« J’ai été directement séduit par le projet et l’ambition du club.
Originaire du Sud-Ouest, cela me tenait à coeur de faire partie de cette aventure. Il me tarde de vous rencontrer pour que nous puissions, ensemble, aller le plus haut possible », affirme le néo-bordelais au sujet de son arrivée.
Pendant que, à quelques kilomètres de là, les footballeurs des Girondins de Bordeaux actaient de plus en plus leur descente en Ligue 2, le BBL fêtait, lui, sa montée en Proligue. Après seulement un an d’existence.
Dix ans après, il entend mener à terme une autre réussite, dans la cité girondine. Et encore, il aurait pu y arriver plus tôt.
« L’histoire avec Bruges Lormont a démarré avant le Covid. La LNH avait la volonté de passer à 16 clubs en Starligue et d’offrir deux wild-cards à des villes comme Lyon ou Bordeaux. Avec mon passé, on m’avait sollicité à ce moment-là. Au final, les deux clubs de Proligue les mieux classés sont montés.
« On est reparti en créant la structure professionnelle. On a monté un budget, etc. On est vraiment la start-up du handball (rires). Une jeune pousse qui s’est appuyée sur des compétences et un réseau.
Onillon a donc fait appel à l’ancien Barjot, Philippe Gardent, ancien entraîneur de Chambéry, du PSG et de Toulouse, pour la partie sportive, et de l’ancien international Frédéric Dole, reconverti dans le marketing pour l’aspect commercial.
« Il a fallu que des gens viennent de l’extérieur pour qu’un projet se monte ici, savoure Jérôme Fernandez, natif de Bordeaux et qui a fait ses classes dans la ville. Je suis très content pour eux, car je pense que Philippe a toutes les compétences pour amener le club au plus haut niveau. Maintenant, c’est une question de temps et de travail.
« Au départ, ça n’a pas été facile. Il y a une entité qui s’appelle les Girondins de Bordeaux, qui étaient, il y a trente ans, en D1 (vainqueur de la Coupe de France 1990) et après, il y a une multitude de clubs entre la N1 et la N3, détaille Gardent.
On a donc voulu leur faire comprendre que depuis trente ans, rien ne se passait, qu’il fallait que ça change. Finalement, il y a une légitimité autour de nous qui s’est installée rapidement. Sportivement aussi, la légitimité s’est très vite installée. Des joueurs bien implantés en D2 ont décidé de suivre le projet, quitte à redescendre d’un échelon.
« On nous a vus comme le Qatar de la N1, ironise Gardent. Mais je pense qu’avoir entraîné de bons clubs à faciliter la venue de certains joueurs. Et de certains partenaires.
Après un budget à 700 000 € cette saison, le club va passer à une enveloppe comprise entre 1,2 et 1,4 million d’euros, basée sur des partenaires privés.
« Il représente à peu près 80 %, précise Onillon. Fred, en bon ancien ailier, a su concrétiser les passes décisives faites avec notre réseau (rires).
Les difficultés financières et la fin du projet
Malheureusement, le rêve du BBL a été de courte durée. Après une saison en Proligue, le club a été contraint de mettre fin à son équipe professionnelle en raison de difficultés financières.
«C’est un mélange entre la colère et le dégoût ». Après l’annonce de la fin de l’aventure professionnelle du Bordeaux-Bruges-Lormont, Jean-Paul Onillon, désormais ex-président de ce club de handball, apparaît largement amer.
Cela n’est pas la faute de résultats sportifs insuffisants pour conserver son statut. C’est plutôt du côté du « mensonge politique et des promesses non tenues » qu’il faut regarder pour trouver le coupable, toujours selon le communiqué officiel.
Promu en Proligue (l’équivalent de la deuxième division) la saison passée, le BBL termine l’exercice avec une honorable huitième position dans une poule qui compte 16 formations.
« Au départ, on avait l’ambition de se maintenir, rembobine Jean-Paul Onillon. On l’a fait plus que facilement, puisque si on n’avait pas eu les 4 points de pénalité (infligé par le CNACG en mars dernier suite à des infractions au règlement financier de la LNH), on aurait été qualifiés en play-off et donc toujours en course pour une montée potentielle en première division.
« Quand on regarde à Nantes ou à Montpellier, qui sont régulièrement en Ligue des champions, on voit qu’ils peuvent profiter d’un soutien de la part des villes ou des métropoles », regrette l’ancien dirigeant parisien.
« Si je benchmarke tous les clubs de proligue, la moyenne des subventions est entre 650 et 700.000 €. Nous, en subvention pure, on a eu 120.000 € de la part de la Région et du département ».
Largement montrée du doigt, la maire de Bruges, Brigitte Terraza, explique pourtant avoir été transparente depuis le début du projet : « Dès le départ, j’ai annoncé que la ville ne pourrait pas aider le club. Et la métropole n’a pas la compétence sport et n’a jamais souhaité la prendre. Par contre, pour les accompagner et mettre à disposition la salle, là oui, bien sûr.
Terraza se défend : « J’ai fourni une liste des entreprises, et Jean Touzeau, le maire de Lormont, en a fait de même. Mais avec le Covid-19, tout le monde a réduit la voilure et l’argent se fait rare. Je n’allais pas appeler les chefs d’entreprise, les harceler ou que sais-je. Ce n’est pas ma façon de faire et je ne veux pas être redevable. J’ai fait ce qu’on m’a demandé.
Contactée par 20 Minutes, la métropole affirme qu’« aucun club sportif de la métropole ne bénéficie d’une subvention directe de la part de BM. Il n’est pas possible de créer un précédent sans autre justification que le constat d’un déficit budgétaire consécutif à une mauvaise estimation des recettes. » Et justifie l’aide exceptionnelle attribuée aux Girondins de Bordeaux : « Le FCGB est le club résident du stade Matmut et à ce titre, il doit une redevance à BM. Le paiement de cette redevance a fait l’objet d’un étalement, mais son montant reste dû. Il ne s’agit donc en aucun cas d’une subvention au club.
Pourtant, voilà quelques jours que la mairie de la capitale girondine a lancé sa campagne de communication « Tant de sport à partager ».
Ce dernier d’ajouter : « C’est un dossier que je suis quotidiennement depuis le début, c’est profondément dommage que l’aventure s’arrête là.
Maire de Bruges, Brigitte Terraza saisit l’occasion qui lui est donnée pour « rétablir la vérité », dit-elle, « sur des propos inadmissibles laissant penser que j’aurais pris des engagements que je n’ai pas tenus ».
« L’histoire se répète. Monsieur Onillon a vécu la même situation à Paris en 2012 : il avait dû quitter le club Paris Handball avec 700 000 euros de déficit.
Après une saison en Proligue, la deuxième division de handball, le Bordeaux-Bruges-Lormont Handball est contraint d'arrêter sa progression. Les difficultés financières ont eu raison du jeune club professionnel.
Jean-Paul Onillon, le président du club de handball Bordeaux-Bruges-Lormont (BBL) est amer. "Il y a un sentiment de gâchis", regrette-t-il. La veille de son dernier match de la saison, le club annonce l'arrêt de son équipe professionnelle, faute de financement.
En 2021, quand il crée le club d'une entente entre le club de handball de Bruges et celui de Lormont et amène avec lui Philippe Gardent, rencontré au PSG handball, Jean-Paul Onillon n'imaginait pas que l'histoire s'achève ainsi.
Tout d'abord celui d'une salle aux normes. Mais très vite se pose la question des moyens financiers. Le club table sur un budget de 1,4 million d'euros.
« Seule la ville de Lormont nous a aidé en trouvant 100 000 euros. Celle de Bruges nous a négligemment porté une liste de partenaires potentiels qui n'existaient même pas », ressasse le président du BBL, agacé.
Elle précise que financer une équipe professionnelle n'est pas de son ressort.
« Parce qu'on a fait le travail, on a trouvé des partenaires. Mais les partenaires vont venir que s'ils savent qu'on va rester.
Jusqu'aux 4 points de sanction infligés par la CNACG, le gendarme financier de la Ligue Nationale de Handball pour non tenue du budget.
« Quelque part, c'est un soulagement que cela s'arrête tellement la saison était dure et il y a eu des souffrances », avoue-t-il.
À partir de l'an prochain, le BBL repartira avec son équipe réserve qui vient de valider sa montée en Nationale 1.
Hommage et fin de l'aventure
Voilà, c’est fini. Le BBL a rendu son dernier souffle, vaincu sur le plan financier. Mais si l’heure n’était pas à la fête, le club tout entier a été fêté par un public venu en nombre rendre hommage une dernière fois aux leurs.
Même topo dès le gong final avec des joueurs participant à un clapping géant avec leur public, une communion qui a duré de longues minutes avec un groupe du BBL main dans la main, rejoint par tous les bénévoles du club devant un public debout : « C’est assez touchant, lance Paul Louis Guiraudou, le pivot du BBL. Je ressens beaucoup de frustration car l’histoire s’arrête là alors que le BBL avait un super projet.
Je ne comprends pas. Après les Girondins (en 2014), il s’agit d’un deuxième projet qui échoue ici à Bordeaux. C’est décevant. Nous avons d’ailleurs prouvé que sans ces soucis financiers, nous serions qualifiés en play-offs.
« La colère domine toujours, lui embraye son entraîneur Philippe Gardent. C’est le sentiment qui domine. Nous avions cependant à cœur de finir sur une bonne note. C’était important pour récompenser notre fidèle public.
Une dernière sortie sportive pour le BBL qui termine son histoire par trois succès de rang en championnat et un par un feu d’artifice. Face à Massy, débordé dès les premières minutes, les Girondins ont tenu à offrir un match quasi parfait, marqué par une première période de très haut niveau avec un seul tir loupé et vingt-trois buts inscrits.
Le Lormont HB Hauts de Garonne c'est l'archi favori du championnat prénational en nouvelle aquitaine cette saison. L'équipe peut s'appuyer sur des joueurs ayant évolué en Proligue ou nationale 1.
Passé le trouble provoqué par la scission entre Bruges et Lormont, les rive-droitiers se sont remis au boulot humblement avec aux commandes Loïc Cambérou.
Avec 3 victoires pour autant de matchs, Lormont a pris la tête au classement et la réception de Pau Billère (équipe C) ce 4 octobre, ne devait pas constituer un obstacle insurmontable.
Cambérou pousse son équipe à remonter les balles très rapidement, histoire d'éprouver l'adversaire. Il peut compter sur les cadres pour renverser le score : Contiero aux shoots à 2 reprises, Contiero à la passe pour son pivot Teixeira qui inscrit 2 buts successivement (7 à 6 9ème).
Contiero est intenable, un tir en appui, puis sur la possession suivante, feinte de passe en haut et débordement du défenseur pour un face à face avec le gardien adverse...
Teixeira se donne sans compter en défense, Amany réalise une belle parade basse de la main droite sur le tir croisé de Villa.
Belle passe d'Harribey pour Teixeira à la zone qui pivote... Harribey encore bondit sur sa zone pour s'emparer d'une passe haute, lève la tête, pas de relai possible, petit dribble pour passer un premier adversaire, direction le but débordant la défense en repli pour marquer.
Cela fait quelques minutes que Contiero a regagné le banc avec le sentiment du devoir accompli, Cambérou fait tourner, tente des choses comme Joseph à la mène (depuis quelques matchs)...
Après deux échecs de Teixeira, Raynaud, sur qui on peut toujours compter, met fin à une courte disette offensive de 4 minutes.
| Saison | Division | Position | Notes |
|---|---|---|---|
| 2019-2020 | Nationale 2 | Milieu de tableau | Première année de l'entente Bruges-Lormont |
| [Année] | Nationale 1 | Champion | Montée en Proligue |
| 2022-2023 | Proligue | 8ème | Fin de l'équipe professionnelle |