Salaires NBA par équipe : Inflation, stars et salary cap

Bienvenue au temple du dollar ! Ici, le billet vert est roi. Les athlètes de la NBA font partie des sportifs les mieux payés de la planète, et pour ceux qui n’auraient toujours pas idée des sommes qu’empochent les joueurs, regardez ci-bas le nombre de salaires annuels à 8 unités que vous trouverez. Cependant, quelques explications s’imposent.

L'inflation salariale en NBA : un choc pour les équipes

Selon Jake Fischer de The Stein Line, plusieurs équipes NBA « commencent à ressentir un vrai choc » face à l’inflation salariale, notamment chez les joueurs dits « de complément ». Ce phénomène inquiète de plus en plus de franchises, notamment celles opérant sans marge sous les nouvelles contraintes du second apron. Les dirigeants s’attendent à ce que la situation devienne plus complexe à gérer dès l’été prochain. À court terme, la NBA ne semble pas prête à revoir son modèle économique, porté par des revenus toujours en hausse.

Mais plusieurs sources internes craignent qu’un nouveau palier soit franchi dès 2026, lorsque le nouveau deal télévisé commencera à redistribuer les cartes. Pour la saison 2025-26, le salaire moyen d’un joueur NBA atteint 14,1 millions de dollars, selon Basketball-Reference.

Pour aller plus loin et tenter de vous mettre dans la peau d’un GM, il est important de comprendre le cadre dans lequel ces contrats sont signés. Si les salaires NBA sont aussi élevés, ils répondent malgré tout à des règles très strictes.

Les superstars et leurs contrats records

Il pleut des millions en NBA. Stephen Curry continue de battre tous les records financiers de la ligue : le meneur iconique des Golden State Warriors touchera 59,6 millions de dollars sur la saison 2025-26, devenant ainsi le joueur le mieux payé de la NBA. En août 2024, la superstar a signé une prolongation d’un an à 62,6 millions de dollars, le liant à Golden State jusqu’en 2027. Mais Curry sera bientôt être dépassé.

Shai Gilgeous-Alexander, le nouveau visage de la NBA et MVP en titre, a paraphé cet été une extension record de 285 millions de dollars sur quatre ans avec le Thunder d’Oklahoma City. Derrière ces deux phénomènes, les superstars continuent d’empiler les zéros : Nikola Jokic, Jayson Tatum, Luka Doncic ou encore Giannis Antetokounmpo trustent les places d’honneur d’un top 25 où le moindre salaire dépasse les 45 millions de dollars.

Stephen Curry conserve son statut de joueur le mieux rémunéré de la NBA pour la saison 2025-26. Cette progression salariale s’inscrit dans une tendance généralisée à la hausse des rémunérations en NBA. Vingt-cinq joueurs dépassent désormais la barre des 45 millions de dollars annuels, contre seulement quatorze lors de l’exercice 2024.

Joel Embiid (Philadelphia 76ers) et Nikola Jokic (Denver Nuggets) occupent respectivement les deuxième et troisième places avec des salaires identiques de 55,2 millions de dollars. Le pivot camerounais a constaté une hausse de quatre millions par rapport à ses 51 millions de 2024. LeBron James figure à la 14e place avec un salaire de 52,6 millions de dollars. Les joueurs français sont absents du top 25. Rudy Gobert, treizième l’an dernier avec 43 millions de dollars chez les Minnesota Timberwolves, n’apparaît plus dans le classement.

Stephen Curry (au centre), Nikola Jokic (à gauche) et Joel Embiid (à droite)

Le salary cap : un puzzle stratégique

Depuis la saison 1984-1985, et afin d’assurer la compétitivité d’une ligue rassemblant de très gros marchés (New-York, Los Angeles, Chicago) et des franchises installées dans des lieux bien moins vendeurs (Milwaukee, Oklahoma City), les contrats offerts par les équipes NBA sont encadrés par un salary cap. Celui-ci est décidé dans le cadre du Collective Bargain Agreement (CBA) qui régit les règles de fonctionnement de la ligue.

Le salary cap (ou plafond salarial) est une limite financière imposée chaque saison aux équipes NBA pour encadrer le montant total des salaires versés à leurs joueurs. Chaque année, le salary cap est ajusté selon les revenus globaux de la NBA, principalement issus des droits TV, du merchandising et de la billetterie. Contrairement à d’autres ligues, la NBA applique un « soft cap », c’est-à-dire que ce plafond peut être dépassé dans certains cas grâce à des exceptions contractuelles : Bird Rights, Mid-Level Exception, etc.

Quand une équipe dépasse un second seuil fixé au-dessus du salary cap (aux alentours de 170 millions en 2025), elle entre dans la luxury tax. Chaque dollar excédentaire entraîne un malus financier exponentiel. Plus tu dépasses, plus tu payes, et depuis longtemps. Le first apron est un seuil fixé quelques millions au-dessus de la luxury tax. Le second apron est le niveau ultime de pénalité financière et sportive.

Le salary cap n’est pas qu’un chiffre : c’est un véritable puzzle stratégique. Il dicte le rythme du marché des transferts, façonne les dynasties, et conditionne chaque signature. Un GM qui le maîtrise peut bâtir un contender sans superstar. Celui qui se loupe ? Petit exemple pour se moquer un peu : en 2024, les Suns de Kevin Durant, Devin Booker et Bradley Beal étaient au-dessus du second apron, ce qui a limité drastiquement leurs options de recrutement malgré trois stars maxées. Résultat ? Pour résumer, le salary cap, c’est comme ta limite de découvert.

La NBA fonctionne avec un salary cap dit “soft”, permettant aux équipes de dépasser le plafond salarial sous certaines conditions. Les équipes dépassant ces seuils sont soumises à des pénalités financières croissantes, notamment la luxury tax et des restrictions sur les mouvements d’effectif. plafond salarial, fixé pour 2025-26 à 154 647 000 $.

Contrats max et supermax : combien valent-ils ?

Les plus gros salaires NBA sont offerts via un contrat dit contrat max. Il permet à l’équipe de proposer à un joueur le plus d’argent possible selon les règles du CBA. Si l’on associe souvent ce type de contrat aux superstars, nous allons voir que son usage est en fait un peu trop répandu, et que la liste des joueurs en contrat max présente quelques surprises…

Le montant du contrat dépend de trois facteurs :

  • l’ancienneté du joueur dans la ligue,
  • le fait de re-signer avec son ancienne équipe ou non,
  • l’éligibilité au contrat dit « super-max ».

Il y a donc trois grilles à prendre en compte, toutes affichant des montants délirants. D’abord, le contrat max pour un joueur qui re-signe dans son équipe actuelle. Celui-ci peut s’engager pour cinq ans, et surtout percevra 8 % d’augmentation par an. Ce chiffre de 8 % est très important, car c’est une augmentation supérieure à celle du salary cap dans le contexte actuel, ce qui fait qu’un joueur peut finir par prendre une place énorme dans la grille salariale de son équipe.

Saison 6 ans ou moins 7-9 ans en NBA 10 ans ou plus
2021-2022 $28.1 millions $33.7 millions $39.3 millions
2022-2023 $30.4 millions $36.4 millions $42.5 millions
2023-2024 $32.6 millions $39.1 millions $45.6 millions
2024-2025 $34.6 millions $41.9 millions $48.8 millions
2025-2026 $37.1 millions $44.5 millions $52.0 millions
Total $163 millions $195.6 millions $228.2 millions

Les chiffres que vous voyez dans la deuxième colonne sont par exemple ceux du contrat de Jayson Tatum. Parmi les autres joueurs avec ce type de contrat, De’ Aaron Fox ou Andrew Wiggins.

Pour un joueur qui ne re-signe pas avec son équipe au moment de la free agency, l’augmentation est de seulement 5 % par an, et la durée du contrat ne peut excéder 4 ans. Pour un joueur avec 6 ans ou moins de NBA dans les jambes, la différence entre les deux contrats est ainsi de presque 43 millions pour les contrats démarrant en 2021 (mais attention, avec une année de moins dans le deuxième cas).

Saison 6 ans ou moins 7-9 ans en NBA 10 ans ou plus
2021-2022 $28.1 millions $33.7 millions $39.3 millions
2022-2023 $29.5 millions $35.4 millions $41.3 millions
2023-2024 $30.9 millions $37.1 millions $43.3 millions
2024-2025 $32.3 millions $38.8 millions $45.2 millions
Total $120.8 millions $145 millions $169.2 millions

Kyrie Irving possède par exemple ce type de contrat, lui qui avait signé à Brooklyn à l’été 2019 en tant que free-agent. On comprend aussi pourquoi Anthony Davis préférait être tradé aux Lakers (et donc re-signer là-bas selon la grille du dessus) plutôt qu’attendre un an de plus pour y signer en tant que free-agent ! C’est d’ailleurs l’une des failles du CBA actuel : à la base, ces grilles sont là pour inciter les joueurs à rester dans leur franchise, mais en forçant les trades ces derniers bouleversent le fonctionnement du processus.

À ces contrats peuvent s’ajouter divers bonus, et notamment des trade kicker, qui augmentent automatiquement le salaire d’un joueur lorsqu’il est tradé. Ce dernier peut être important : 15 % sur la plupart des contrats max !

C’est une nouveauté du dernier CBA signé en 2016 : la NBA offre désormais la possibilité de signer des Designated Player Contracts. L’idée est que pour certains joueurs ultra performants récompensés individuellement par une présence dans une All-NBA Team (les quinze meilleurs joueurs NBA, choisis par les journalistes), le MVP ou le titre de défenseur de l’année, l’équipe peut faire signer un contrat super-max. Il permet à un joueur éligible (MVP, All-NBA…) de signer jusqu’à 35 % du salary cap.

Cela permet de passer de 25 % à 30, voire 35 % du salary cap ! Typiquement Trae Young, qui a déjà re-signé un contrat max démarrant la saison prochaine, basculera en super-max s’il finit dans une All-NBA team et gagnera presque 30 millions de dollars supplémentaires sur son contrat. Jayson Tatum a raté ce type de contrat l’an dernier en échouant aux portes des All-NBA teams. 30 millions à dix votes près, ça fait mal. Luka Doncic a lui déjà verrouillé son contrat super-max.

Tout savoir sur la NBA Fantasy Salary Cap

Combien gagne un joueur NBA aujourd’hui ?

De la jeune recrue au MVP signé en supermax, les écarts sont vertigineux. Lors de notre dernier voyage NBA à New York, on a d’ailleurs pu assister à un match où deux des cinq joueurs les mieux payés de la saison étaient sur le parquet. De quoi se poser la question : qui touche quoi ? Le salaire minimum en NBA dépend de l’expérience du joueur.

Contrats rookies : combien gagne un débutant ? (saison 2025-2026)

Les joueurs sélectionnés au premier tour de la draft NBA signent des contrats standardisés appelés rookie scale contracts, d’une durée de 4 ans : les deux premières années sont garanties, et les deux suivantes sont des options d’équipe. Le montant du contrat dépend de la position à la draft et du salary cap en vigueur.

Pour la saison 2025-2026, les salaires des rookies sont les suivants :

  • 1er choix : 62,73 Millions de dollars sur 4 ans
  • 2e choix : 56,14 M$
  • 3e choix : 50,44 M$
  • 4e choix : 45,49 M$
  • 5e choix : 41,21 M$
  • 6e choix : 37,44 M$
  • 7e choix : 34,19 M$
  • 8e choix : 31,34 M$
  • 9e choix : 28,82 M$
  • 10e choix : 27,39 M$
  • 15e choix : 22,51 M$
  • 20e choix : 17,73 M$
  • 25e choix : 15,31 M$
  • 30e choix : 14,09 M$

Ces montants correspondent à 120 % de l’échelle salariale, car en pratique, la quasi-totalité des rookies signent pour 120 % de cette échelle, ce qui est le maximum autorisé. Par exemple, Zaccharie Risacher, sélectionné en première position par les Atlanta Hawks, a signé un contrat de 4 ans pour environ 57 millions de dollars l’an passé [source]. Cooper Flagg devrait lui signer un contrat de 62.73 millions de dollars sur 4 ans.

Les joueurs sélectionnés au second tour ne sont pas soumis à cette échelle salariale et peuvent négocier des contrats plus flexibles. Par exemple, Bronny James, choisi en 55e position par les Los Angeles Lakers en 2024, a signé un contrat de 4 ans d’une valeur totale de 7,9 millions de dollars, avec un salaire de 1,1 million de dollars pour la première année [source].

Enfin, les joueurs non draftés peuvent signer des two-way contracts, leur permettant de partager leur temps entre la NBA et la G-League.

Focus sur Wemby

Pour sa troisième saison NBA (2025-2026), Victor Wembanyama percevra un salaire de 13 376 880 $ avec les San Antonio Spurs. Ce montant correspond à la grille salariale des rookies pour un premier choix de Draft. Son contrat de 4 ans est estimé à 55,1 millions de dollars, avec des augmentations progressives chaque saison. À noter que Wembanyama est actuellement le 133e joueur le mieux payé de la ligue, bien que son impact sur le jeu et sa popularité soient déjà immenses.

Les salaires (fous) des mascottes NBA (2025-2026)

Les mascottes NBA ne se contentent pas d’amuser la galerie : certaines touchent des salaires à six chiffres, parfois supérieurs à ceux des joueuses WNBA ou des arbitres NBA. Voici les chiffres les plus récents :

  • Rocky the Mountain Lion (Denver Nuggets) : 625 000 $ par an
  • Harry the Hawk (Atlanta Hawks) : 600 000 $
  • Benny the Bull (Chicago Bulls) : 400 000 $
  • Go the Gorilla (Phoenix Suns) : 200 000 $
  • Hugo the Hornet (Charlotte Hornets) : 100 000 $

À titre de comparaison, le salaire moyen d’une mascotte NBA est estimé à environ 60 000 $ par an, ce qui rend ces cas exceptionnels d’autant plus remarquables. Rocky (Denver Nuggets) perçoit 625 000 $ par an. [source]

Ces mascottes sont bien plus que des peluches géantes : elles réalisent des acrobaties, participent à des événements communautaires et incarnent l’image de leur franchise. Par exemple, Rocky a été intronisé au Mascot Hall of Fame en 2008 et est considéré comme une véritable légende à Denver.

Rocky the Mountain Lion (Denver Nuggets)

Les salaires des joueurs varient considérablement entre les principales ligues sportives nord-américaines. Ces chiffres reflètent les salaires moyens des joueurs dans chaque ligue. Il est important de noter que la NBA offre des contrats généralement garantis, ce qui signifie que les joueurs reçoivent l’intégralité de leur salaire, indépendamment des performances ou des blessures. En termes de revenus totaux, la NFL domine avec environ 18 milliards de dollars, suivie de la NBA avec 8,76 milliards de dollars.

Glossaire

  • Qualifying Offer : Offre faite par une équipe à son propre joueur l’année où son contrat termine, afin de le garder en tant que « Restricted Free-Agent », c’est-à-dire un Agent-Libre avec Restrictions. Ceci permet notamment à ces équipes de contrer n’importe quelle offre de contrat à leur joueur venant d’une autre franchise dès que les enchères commencent le 1er juillet. Cette offre représente 125% du contrat de l’année précédente du joueur, et ce dernier reste alors une saison supplémentaire dans la même franchise, avant de devenir « Unrestricted Free-Agent » l’été suivant, c’est-à-dire libre de signer dans n’importe quelle franchise.
  • Non-Garanties : Années de salaires non-garanties par le contrat précédemment signé, qui peut être un contrat de 10 jours minimum, 1 mois, ou même plusieurs mois. Ce type de contrat est souvent proposé par des équipes qui ne sont pas totalement sûres de la longévité de certains joueurs. Possibilité de toucher ces années par la prolongation ou la signature d’un nouveau contrat avec l’équipe.
  • Team Option : Option choisie ou non par l’équipe, qui annonce clairement si la franchise souhaite garder un joueur ou l’envoyer sur le marché des Agent-Libres, avec la possibilité de le perdre.
  • Player Option : Option choisie ou non par le joueur, qui annonce clairement s’il souhaite rester dans sa franchise ou s’il souhaite tester le marché des Agent-Libres.
  • Absent de l’équipe : Certains joueurs ont des contrats signés avec une équipe, mais peuvent avoir été coupés, jouer à l’étranger, ou dans une autre Ligue, ou même être blessés voir en retraite. Ces joueurs sont absents de l’équipe, ne jouent aucun match avec la franchise avec laquelle ils ont signé ce contrat, mais touchent quand même leur salaire.
  • Early Termination Option (ETO) : Cette option de contrat permet au joueur qui la possède de pouvoir terminer son contrat plus tôt que prévu avec l’équipe, s’il souhaite tester le marché en tant qu’agent-libre.

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