Salaire moyen dans le volley-ball féminin en France: Une analyse approfondie

Le monde du sport professionnel est souvent marqué par des disparités économiques significatives, particulièrement entre les genres. Cet article se penche sur la situation des joueuses de volley-ball, en mettant en lumière le cas du club de Mulhouse, et explore les dynamiques salariales dans le contexte du sport féminin en France.

Volley-ball féminin: un sport en pleine croissance en France.

Statut du joueur professionnel de volley-ball

Pour commencer, revenons sur le Statut du joueur définit par la Ligue Nationale de Volley : est considéré comme joueur professionnel au sens du présent statut, tout joueur lié par un contrat de travail avec un club membre de la LNV, à l’exception des contrats de travail conclus par les joueurs en formation (sous convention de formation) pour une durée de travail mensuelle au moins égale à 130 heures pour un temps plein, ou au moins égale à 76 heures pour un temps partiel. Les joueurs en ligue A et ligue B sont des professionnels.

Les articles publiés sur Wikipedia illustrent bien ce propos puisqu'entre 1996 et 2009 on parle de Pro A puis de ligue A à partir de 2009. Il en est de même de la ligue B.

Variations salariales en France

Concernant les salaires des volleyeurs, l’article « Volley. Saint-Brieuc et Rennes : ça démarre au Smic » publié dans Le Télégramme (Bretagne) le dimanche 21 mai 2006 montre que les salaires varient considérablement d’un club à un autre :

En France, seul le Tours volley-ball, fort d'un budget supérieur à 2 M€, peut aujourd'hui rivaliser avec les formations italiennes et russes. L'équipe d'Indre-et-Loire s'appuie notamment sur son pointu bulgare, Vladimir Nikolov. Salaire mensuel estimé : 10.000 €. L'an prochain, au Japon, le gaillard devrait empocher 300.000 dollars par an (240.000 € environ, soit 20.000 € par mois sur 12 mois) sans compter les contrats d'image.

Exemples de salaires en ligue A et B

  • REC : jusqu'à 3.500 € Rien de comparable en Bretagne. Au Rennes Etudiant-Club, où le budget est de 750.000 €, le président annonce des salaires mensuels (net) compris entre le Smic (1.000 € environ) et 3.500 €. « En moyenne, ça tourne à 1.900 € plus une prime de fin d'année de 1.000 € à chaque joueur », précise Jean-Yves Le Roux. Les loyers de la dizaine de pros sont également pris en charge par le club. « Ça représente 600 € par mois par joueur », selon le président du REC, dont l'équipe sera accompagnée en Pro A par un autre club breton, le Saint-Brieuc Côtes-d'Armor Volley-ball, la saison prochaine.
  • Saint-Brieuc : jusqu'à 2.000 € Cette année en Pro B, les salaires des neuf joueurs professionnels oscillaient entre le Smic et 2.000 € net environ. Les onze hommes appelés à en découdre parmi l'élite toucheront en moyenne 2.000 à 2.500 € plus l'appartement, déclaré au club comme un accessoire de salaire. Le budget devrait passer d'1 M€ à environ 1,5 M€.

Le salaire moyen d’un joueur en Ligue AM se situerait entre 30.000 et 70.000 euros bruts par an (3626 euros bruts par mois pour la saison 2018-2019, selon un rapport de la DNACG), soit plus ou moins l’équivalent du salaire MENSUEL d’un footballeur professionnel en Ligue 1.

Salaires des stars du volley-ball français

Les stars du volley français, bien que jouant souvent à l’étranger, ne touchent généralement pas des sommes astronomiques. En effet, les salaires annuels nets des joueurs tels que Antonin Rouzier et Kévin Le Roux, pour ne citer qu’eux, se situent entre 100 000 et 200 000 euros, auxquels s’ajoutent des avantages en nature comme une voiture ou un appartement de fonction. Earvin Ngapeth, la figure de proue de l’équipe, se distingue toutefois avec un salaire de 250 000 euros par saison, selon les informations rapportées par L’Equipe Magazine, pour ses performances au club de Modène.

Le volleyeur français Earvin Ngapeth, actuellement joueur d’Ankara en Turquie, était l’invité du Youtubeur Zack Nani dans son émission Zack en roue libre. La star des Bleus y a retracé sa carrière, et revient sur ses passages de club en club. À Cuneo en Italie, Ngapeth touchait 200 000 euros annuels. Deux saisons plus tard, à son premier départ pour la Russie et Kemerovo, il triple son salaire pour atteindre 600 000 euros.

Le natif de Saint-Raphaël ne retourne pas en Russie après un tournoi avec l’équipe de France et rompt son contrat. Il retourne ensuite en Italie, à Modène. Il y restera quatre ans et demi. Earvin Ngapeth est maintenant en Turquie, à Ankara : « Il y a les Jeux olympiques de Paris qui arrivent, et le championnat turc est moins intense que le championnat italien.

Découvrez la légende du volleyball : Earvin Ngapeth

Primes et récompenses

En plus de leurs salaires, les volleyeurs français bénéficient de primes significatives, particulièrement lorsqu’ils représentent leur pays. En 2015, chaque joueur a reçu environ 25 000 euros suite à leur victoire en Ligue mondiale et près de 10 000 euros pour leur succès au championnat d’Europe. À Rio, en cas de médaille, ils percevront également une prime gouvernementale dédiée à tous les athlètes médaillés, avec la possibilité d’un bonus supplémentaire si la Fédération décide de contribuer.

Inégalités salariales dans le volley-ball féminin

Vice-capitaine du Quimper Volley cette saison, la passeuse canadienne Kim Robitaille (29 ans) vit sa deuxième année dans le Finistère. Auparavant, elle a évolué dans différents pays au cours de sa carrière. Ce qui lui a permis de voir comment le sport féminin et les sportives étaient considérés.

Pour Ouest-France, elle évoque les aléas que peuvent connaître les volleyeuses de haut niveau. Elle fait partie des cadres du vestiaire du Quimper Volley. Kim Robitaille en est même la vice-capitaine. Un statut qu’elle doit à son expérience internationale et son leadership. La Canadienne de 29 ans, a ainsi pu voir au gré de ses expériences le traitement alloué aux sportives, mais aussi les stéréotypes qui pouvaient exister avec le sport féminin.

Elle souligne:

« Quand on parle de rémunération, je ne peux m’empêcher de penser à cette comparaison qui a été faite dans le milieu du basket. À titres et récompenses égaux, LeBron James (37, 44 millions de dollars) gagne beaucoup plus que Sue Bird (215 000 dollars). C’est une image qui m’a beaucoup frappé. Si nous prenons l’exemple du volley pour les salaires, certaines femmes vont être mieux payées que les hommes. Mais le salaire moyen sera plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Par exemple, en France, le salaire moyen en Ligue A masculine était en 2019 de 3 626 € par mois, alors que chez les femmes, il est de 2 192 €. »

Généralement, pour justifier ces écarts on explique que le sport pratiqué par les femmes rapporte moins que celui pratiqué par les hommes. Mais je pense que c’est lié au développement des différents championnats. Et souvent, on met en cause les capacités physiques. Au volley, c’est sûr que les hommes vont avoir plus de puissance et de hauteur. Nous, on sera sur l’endurance et la puissance. Ce sont des capacités différentes, mais qui apportent un spectacle tout aussi intéressant. C’est là où le marketing doit être fait.

Mais on en revient au fait que le sport est un monde pensé par les hommes et pour les hommes. Le marketing fait autour du développement des sports est différent. Je pense que si on mettait davantage en avant certaines sportives, ça permettrait de rééquilibrer quelque peu la balance. Car il faut bien se dire qu’un sportif ou une sportive est rémunéré en fonction de l’image qu’il peut aussi apporter. En fait, il y aura un impact direct de comment le sport féminin est médiatisé.

Les hommes, comme on les voit régulièrement, on peut vite s’identifier à eux. Ensuite, en fonction de comment les médias vont le représenter ou, lui, l’image qu’il dégage, ça va lui permettre d’avoir une personnalité. Je pense que le jour où les femmes auront le droit à cette médiatisation-là, on tendra vers l’équité salariale. Par exemple, en France, tout le monde connaît Earvin Ngapeth, mais qui peut citer une joueuse de l’équipe de France ? Bien sûr que ça vient des performances, mais pas que.

Après, je constate qu’en Allemagne, le volley jouit d’une belle promotion en termes de marketing. Toutes les salles sont toujours remplies. Mais si on généralise, les niveaux salariaux sont tels dans le volley qu’aussi bien les hommes que les femmes sont obligés de réfléchir à une reconversion après leur carrière. Généralement, la retraite arrive assez tôt. Autour de 30 ans, on y réfléchit.

Inégalités salariales dans le sport: un défi persistant.

Le rôle des agents sportifs

Dans le milieu du volley, une discipline encore en cours de structuration professionnelle, les agents sont apparus sur le tard. Au début des années 2000, ils étaient peu nombreux sur le marché, une poignée, à voyager pour mettre en relation les parties intéressées à la conclusion d’un contrat relatif à l’exercice rémunéré d’une activité sportive.

Auparavant, le temps de préparer les contrats et de les envoyer par la poste, le joueur pouvait ne plus donner de nouvelles et s’évaporer dans la nature. Parce qu’il avait trouvé son compte ailleurs entretemps. Les relations entre les parties prenantes sont beaucoup plus encadrées désormais. L’agent sportif intervient dans la quasi-totalité des échanges de joueurs à clubs ou de clubs à clubs, en volley comme dans la plupart des sports collectifs professionnels, à commencer par le football.

Un agent bien implanté dans le milieu du volley rapporte:

"Les dynamiques dans le volley sont les mêmes qu’au foot, sauf que c’est à une échelle plus réduite, il y a parfois des dossiers qui sont beaucoup plus médiocres pour des sommes très anecdotiques par rapport au foot".

Il n'en reste pas moins vrai que le facteur de dérégulation demeure l'argent. "Dès qu’il y a des sommes importantes, les pratiques se durcissent", ajoute notre agent.

Législation et agents non licenciés

Pour pratiquer le métier d’agent dans le milieu du volley, il est nécessaire d’avoir obtenu la licence FIVB. Sauf en France, où la licence internationale à elle seule ne suffit pas. La loi exige des agents qu’ils détiennent également la licence que la Fédération française de volley-ball (FFVB)* délivre en tant que fédération délégataire à l’issue d’un examen.

Or, la plupart des agents étrangers, parfois même français, qui ont échoué à obtenir le précieux sésame, n’ont pas la licence française. Ce qui ne les empêche pas de passer en direct par les clubs - alors qu’ils n’en ont théoriquement pas le droit - lorsque ces derniers savent à qui ils ont affaire, ce qui n’est pas toujours le cas.

Popularité croissante et défis persistants

Près de 50 % d'augmentation en trois saisons : le nombre moyen de spectateurs par match dans les salles du Championnat de France féminin de volley ne cesse de grandir. Le bond a notamment été important entre les saisons (régulières) 2022-2023 et 2023-2024, avec une croissance de 32 %.

Le chiffre brut reste modeste, puisque l'affluence moyenne n'est que de 1080 personnes cette saison. Mais si ce rythme se poursuit, elle atteindra celle du Championnat masculin, qui n'a augmenté que d'à peine 5 % en trois ans (1369 spectateurs en moyenne en 2024-2025).

Philippe Peters, président de Levallois-Paris, résume:

« Que ce soit en termes d'audience, ou d'affluence, il reste un avantage aux garçons, mais la dynamique est chez les filles ».

L'année dernière, alors qu'il était encore élu à la Ligue nationale (LNV), le dirigeant des championnes de France avait notamment constaté que l'écart des salaires hommes-femmes était passé « de 30 à 40 % il y a cinq ans, à un niveau quasiment équivalent ».

L'écart des budgets des clubs, aussi disparates soient-ils, est toujours à l'avantage des hommes en moyenne cette saison (+ 21 %), mais le plus gros important est du côté féminin (2,7M d'euros pour Mulhouse ; 2,2 à Tours chez les hommes).

Mylène Toubani-Bardet, vice-présidente de la LNV en charge du secteur féminin, constate:

« La diffusion télé a poussé les gens à venir découvrir le volley dans les salles ». « Il y a un effet coup de coeur, quand les gens découvrent, ils restent. »

Tableau récapitulatif des salaires (Source: forum Wov)

Joueur (Sexe) Club Salaire annuel (estimé)
Yeon-Koung Kim (F) Fenerbahce TUR 1,2M €
Tatyana Kosheleva (F) Eczacibasi TUR 1M €
Jordan Larson (F) Eczacibasi TUR 1M €
Zhu Ting (F) Vakifbank TUR 1,1M €
Earvin Ngapeth (H) Modena ITA 350.000€
Matthew Anderson (H) Zenit Kazan RUS 500.000€

Ces chiffres illustrent la disparité salariale même au sein du volley-ball, avec des variations significatives selon le sexe et le club.

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