Le monde du sport professionnel est souvent marqué par des disparités économiques significatives, particulièrement entre les genres. Cet article se penche sur la situation des joueuses de volley-ball, en mettant en lumière le cas du club de Mulhouse, et explore les dynamiques salariales dans le contexte du sport féminin en France.

Écarts Salariaux : Une Réalité Persistante
L’écart salarial entre hommes et femmes est un fait bien présent dans la société, mais plus encore dans le domaine du football. Selon RMC Sport, en championnat de France de football, le salaire moyen de Division 1 féminine ne dépasserait pas les 2500 € par mois, contre 100 000 € en Ligue 1 masculine ! Cet écart est justifié par la différence de poids économique, le football féminin rapportant très peu.
Point de vue local
Capucine Carrot, joueuse au FC Mulhouse et entraîneur, nous donne son point de vue.
Trouvez-vous qu’il y a une grosse différence entre le football féminin et masculin ?
Oui, il y a toujours une grosse différence d’un point de vue sportif. Les garçons sont plus athlétiques et, d’un point de vue financier, le foot féminin a un retard historique. Mais il commence à le rattraper !
Que pensez-vous de l’écart salarial entre le football masculin et féminin au niveau international ?
Il est impressionnant, autant chez les pros que chez les semi-pros ou chez les amateurs.
Trouvez-vous que le football féminin s’est beaucoup développé ces dernières années ?
Oui, il s’est énormément développé et c’est une fierté ! Mais il y a encore du boulot sur la structuration du foot amateur.
Y’a-t-il un écart de niveau sensible entre les hommes et les femmes ?
Les hommes seront toujours meilleurs dans l’impact physique et dans les performances physiques, mais les filles peuvent être meilleures dans la technique et dans l’intelligence de jeu.
Les femmes sont-elles payées au niveau local ?
Non, ou quasiment pas.
Pensez-vous que le football féminin pourra un jour rivaliser avec le football masculin ?
Oui, j’en suis persuadée. De la même manière que cela se fait aux États-Unis.
Les marques s’intéressent-elles au football féminin ainsi qu’aux joueuses ?
Oui, de plus en plus de filles sont les égéries de marques. Une footballeuse, c’est plus rassurant et authentique qu’un professionnel masculin !
Salaires dans le Volley-Ball : Une Perspective Européenne
Sur le forum Wov, des informations ont été publiées concernant les salaires des vedettes mondiales du volley-ball:
En Ligue A, il avait été écrit que le plus gros salaire était de 100.000€ pour David Konecny.
La différence est énorme surtout qu'ils précisent que c'est du net et le plus surprenant est que les meilleures filles gagnent plus que les meilleurs mecs:
- Earvin Ngapeth FRA, Modena ITA 350.000€
- Matthew Anderson USA, Zenit Kazan RUS 500.000€
- Micah Christenson USA Lube Banca Marche Civitanova ITA 180.000€
- Jenia Grebennikov FRA Lube ITA 150.000€
- Ivan Zaytsev ITA SIRSafety Perugia ITA 400.000€
- Aleksandar Atanasijević SRB SIRSafety Perugia ITA 350.000€
- Osmany Juantorena ITA Lube ITA 350.000€
- Wilfredo Leon POL, Zenit Kazan RUS 500.000€
- Maxim Mikhailov RUS Zenit Kazan RUS 400.000€
- Gyorgy Grozer GER Shangai CHN 450.000€
- Thomas Edgar AUS Beijing CHN 450.000€
- Saeid Marouf IRN ..... IRN 500.000€
- Bruno Rezende BRA SESI BRA 550.000€
Women:
- Yeon-Koung Kim KOR Fenerbahce TUR 1,2M €
- Tatyana Kosheleva RUS Eczacibasi TUR 1M €
- Milena Rašić SRB Vakifbank TUR 350.000€
- Sheilla Castro BRA .... 500.000€
- Jordan Larson USA Eczacibasi TUR 1M €
- Zhu Ting CHN Vakifbank TUR 1,1M €
Un des seuls sports que les femmes gagnent plus que les hommes ... Enfin sur les gros salaires. A voir en bas de l'étage....
Pour se donner une fourchette, le soit disant plus gros salaire en France était David Koniecny à Tours avec 100.000€ la saison.
Quand on voit les salaires en Russie, ça fait une sacrée différence.A priori c'est la ligue qui paye le plus en Europe.
Un peu plus de 27 000€ par mois soit 330 000€ pour la saison...plus qq bonus...Combien de clubs en sont capables ?
Aucun club de volley en France ne pourrait donner un tel salaire
Quel championnat hors Corée a les plus gros salaires ? l'Italie ? la Russie (hors Kazan ^^) ?c'est autant que ça ?
St Pertersbourg cette saison et celle qui arrive à un plus gros budget que Kazan.
Les Neptunes de Nantes et la Valorisation du Sport Féminin
Professionnaliser, rendre visible et valoriser le sport féminin, c’est un des objectifs des Neptunes de Nantes. Le club veut "agir pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Il faut être ambitieux pour faire bouger les lignes, exigeant aussi, et viser l’excellence.
"Oui, évidemment que le sport féminin a du retard sur le sport masculin et surtout en matière de moyens financiers. Les droits télé notamment ont permis de donner rapidement du capital au sport masculin.
"À sport équivalent, je connais mal les salaires dans le volleyball masculin, mais je pense qu'on n'est pas très éloigné de ce qui se fait dans le handball masculin. Les salaires qu'on offre à certaines joueuses correspondent quasiment aux meilleurs salaires qui existent chez nos voisins du H.
"C'est sûr que le modèle économique du sport féminin a encore besoin d'être consolidé, de se trouver.
"On a la chance d'avoir été bien suivis quand il a fallu par les collectivités, notamment Nantes métropole. Il y a encore quelques iniquités dans les subventions, mais globalement, on ne va pas leur cracher dessus. Il y a les aides, l'accompagnement, la mise en place des équipements sportifs, des infrastructures. Côté Département, l'investissement est modeste.
Nicolas Trouvat se dit aujourd'hui "très fier" d'avoir apporté son expertise à ces athlètes. Mais il sait que pour les féminines, le chemin est encore long, même si lui officie pour un club qui œuvre pour la parité.
"Aujourd'hui, on voit le résultat avec des projets type Neptune où on donne aux femmes la même place qu'aux hommes, le même accès aux infrastructures. Désormais, les femmes sautent aussi haut que les hommes, ou presque, elles courent aussi vite. Il y a des femmes qui battent les hommes sur les tests. Des femmes qui cartonnent, qui impressionnent, mais qui restent dans l'ombre. Le sport professionnel féminin doit par ailleurs asseoir un modèle économique pérenne. Le match est loin d'être gagné.
Témoignages de l'USM Malakoff
Pour l’article de cette semaine nous avons échangé avec Octavie Okamba-Diogo capitaine de l’équipe Élite féminine de volley et Vivien Gayol l'entraîneur adjoint de cette même équipe.
Octavie est joueuse et capitaine de l’équipe mais également ingénieure chez Renault. En effet, les joueuses ne bénéficient pas du statut professionnel et ne perçoivent donc pas de salaire.
Dans la suite de notre échange, la capitaine de l’équipe note qu’un collectif solide s’était construit en N2, la saison dernière. Il était basé sur des victoires (1 seule défaite sur 15 matchs).
Malgré le début de saison compliqué, on peut tout de même noter des points positifs. Le groupe vit bien et cela amène une qualité humaine. Vivien tient également à noter les progrès des filles dans tous les secteurs et aussi bien individuellement que collectif.
Il est difficile de savoir ce qui attend l’équipe pour les subventions de la saison prochaine. Il est aussi compliqué d’aller démarcher des entreprises pour qu’elles nous sponsorisent alors qu’elles sont elles-mêmes en difficulté financière. Cependant, le club travaille pour tout mettre en place.
Pour Vivien, l’objectif de la fin de saison est de défendre les valeurs de l’USM Malakoff de la façon la plus honorable qu’il soit. Il souhaite également obtenir les premières victoires et montrer que les filles ont leur place dans le championnat.
A plus long terme, il faut développer le secteur jeunes en multipliant par 3 le nombre d'adhérents de moins de 18 ans. En effet, plus il y a de jeunes , plus il y a de chance de repérer une pépite qui a du potentiel pour évoluer au haut niveau.
Pour être performant, il espère continuer à professionnaliser la section. Notamment en développant le plan financier pour faire un recrutement adéquat.
Budget et Recrutement : Le Cas de Béziers Volley
Les chiffres sont tombés. Ils confirment une nouvelle fois que les Béziers Angels sont loin d’être aussi armées que les plus grosses écuries du championnat.
Avec un budget en légère augmentation, passé de 1,05 M€ à 1,3 M€, le Béziers Volley se situe dans la moyenne du championnat, mais loin du Volley Mulhouse Alsace et ses 2,6 M€.
Une situation pas toujours évidente à gérer, où l’on doit sans cesse se réinventer et faire preuve de nouvelles idées en matière de recrutement, avec la nécessité de faire beaucoup avec peu de moyens.
Popularité Croissante et Défis Persistants
Près de 50 % d'augmentation en trois saisons : le nombre moyen de spectateurs par match dans les salles du Championnat de France féminin de volley ne cesse de grandir. Le bond a notamment été important entre les saisons (régulières) 2022-2023 et 2023-2024, avec une croissance de 32 %.
Le chiffre brut reste modeste, puisque l'affluence moyenne n'est que de 1080 personnes cette saison. Mais si ce rythme se poursuit, elle atteindra celle du Championnat masculin, qui n'a augmenté que d'à peine 5 % en trois ans (1369 spectateurs en moyenne en 2024-2025).
« Que ce soit en termes d'audience, ou d'affluence, il reste un avantage aux garçons, mais la dynamique est chez les filles », résume Philippe Peters, président de Levallois-Paris. L'année dernière, alors qu'il était encore élu à la Ligue nationale (LNV), le dirigeant des championnes de France avait notamment constaté que l'écart des salaires hommes-femmes était passé « de 30 à 40 % il y a cinq ans, à un niveau quasiment équivalent ».
L'écart des budgets des clubs, aussi disparates soient-ils, est toujours à l'avantage des hommes en moyenne cette saison (+ 21 %), mais le plus gros important est du côté féminin (2,7M d'euros pour Mulhouse ; 2,2 à Tours chez les hommes).
La diffusion télé a poussé les gens à venir découvrir le volley dans les salles », constate Mylène Toubani-Bardet, vice-présidente de la LNV en charge du secteur féminin.
« Il y a un effet coup de coeur, quand les gens découvrent, ils restent. »
Les volleyeuses ont désormais leur namer (Saforelle), dont l'apport financier est équivalent à celui des volleyeurs (Marmara depuis 2023). Et les exigences, lors des matches, sont identiques.
Mais les matches féminins auraient un atout non négligeable. « Il y a plus de spectacle et de dramaturgie, observe Philippe Peters. Il y a beaucoup plus de rallyes, des matches de haute intensité qui n'ont pas à pâlir devant ceux des garçons, parfois plus ennuyeux avec beaucoup de services dans le filet ou en ace... »
Ces clubs ont récemment agrandi leur capacité d'accueil du public. « Quand on était dans une salle de 400 places, nous n'avions pas besoin de faire d'effort pour vendre des billets, admet Philippe Peters. Maintenant, avec 2400 places (au palais des sports Marcel-Cerdan de Levallois), on fait plus d'efforts marketing, même si on peut encore progresser. »
L'ambiance qui en découle, notamment lorsque des groupes de supporters se forment, suscite l'enthousiasme. « Au départ certains se plaignaient, pour eux ce n'était pas le volley, se souvient le président francilien. Aujourd'hui tout le monde trouve ça formidable, et les joueuses et le staff préfèrent, ils disent que ça leur donne de l'énergie. »
Comme en Italie ou en Turquie, les États-Unis, qui comptent le volley féminin parmi les trois sports les plus prisés dans les lycées et universités, ont misé sur les volleyeuses, considérées plus ''bankables'' que leurs homologues masculins. Deux ligues professionnelles ont vu le jour ces dernières saisons, une troisième s'ajoutera dans moins d'un an.
« Cette impulsion dans d'autres pays peut influencer le marché », estime Philippe Peters.
Reste à la LNV et la Fédération à concrétiser leur intention de s'attacher à la formation des joueuses françaises, pour accrocher encore davantage de public.
DÉCOUVRE LE POSTE DE LIBÉRO DANS UNE ÉQUIPE DE VOLLEY FÉMININE | SPORT | CRÉDIT AGRICOLE
Le Cas de Léandra Olinga : Entre Ambition et Nationalité
Formée à l'Évreux VB, passée par toutes les cases fédérales, désormais titulaire à Mulhouse, Léandra Olinga a enclenché un dossier de naturalisation depuis des années. Sans succès.
La volleyeuse professionnelle, Léandra Olinga utilise des mots choisis dans un long post.
« Je ne sais plus quoi faire, qui appeler à qui demander de l’aide, quelle action engager ? »
« Je suis arrivée en France (à Évreux), en septembre 2003, j’ai fait toute ma scolarité ici. J’ai grandi en apprenant la langue, la culture, l’hymne, les valeurs. J’ai obtenu tous mes diplômes en France. Je n’ai pas commis de crime ou de délit.
Je reste très attachée à mes origines camerounaises, mais je sais que ma Nation, c’est la France. »
Ainsi en 2016, elle fut approchée par la sélection du Cameroun. Elle resta néanmoins sur ses positions. « Même si j’ai moins de chance de participer à des compétitions mondiales, c’est mon choix. Je veux jouer pour la France les Jeux olympiques 2024 à Paris !
Durant l’été 2018, elle est alors invitée en stage avec l’équipe de France.
La jeune centrale revient sur cet épisode : « Chaque joueuse est rémunérée pour les jours qu’elle passe en équipe de France. J’ai accepté de participer à ces stages, tout en sachant que je ne recevrai rien. Le plus important était d’être prête, si jamais je devenais française.
La nation devrait s’enorgueillir d’accueillir dans sa communauté une joueuse de haut niveau. Et plus encore une belle personne dotée d’une rigueur morale… inattaquable.
Tableau récapitulatif des salaires des joueurs de volley-ball
Les données suivantes présentent un aperçu des salaires de certains joueurs de volley-ball de haut niveau, tant masculins que féminins. Il est important de noter que ces chiffres peuvent varier en fonction des contrats individuels, des performances et des sponsors.
| Joueur (Genre) | Équipe | Salaire (Annuel) |
|---|---|---|
| Yeon-Koung Kim (Féminin) | Fenerbahce TUR | 1,2 M € |
| Tatyana Kosheleva (Féminin) | Eczacibasi TUR | 1 M € |
| Wilfredo Leon (Masculin) | Zenit Kazan RUS | 1 400 000 $ (environ 1 189 000 €) |
| Earvin Ngapeth (Masculin) | Modena ITA | 1 350 000 $ (environ 1 147 000 €) |
| David Konecny (Masculin) | Tours | 100 000 € (par saison) |