À côté des sommes astronomiques régnant sur la planète football, les handballeurs et handballeuses du championnat français gardent les pieds sur terre, à quelques exceptions près, avec des salaires bien moins importants. Mais combien gagnent-ils exactement ? L’édition du soir se penche sur la question.
Bien qu’il ait un salaire fixe, le handballeur peut aussi négocier avec son club pour toucher diverses primes (comme des primes de buts ou de titres). Cela dépend aussi du sexe mais l’écart salarial entre les hommes et les femmes du handball français reste moins significatif que dans d’autres disciplines (foot, hand).
Enfin, les handballeurs les plus connus ont également une autre source de revenus conséquente : les contrats publicitaires et les contrats de sponsoring. Par exemple, Nikola Karabatic est accompagné par de nombreux partenaires : Adidas, Toyota, Lidl, MC David, Butagaz… Il toucherait autour de 600 000 € par an pour promouvoir ces différentes marques.
En sélection nationale aussi, les joueurs peuvent être gâtés. Par exemple, en cas de victoire finale lors du Mondial 2023 qui se tient actuellement en Suède, en Norvège et au Danemark, les joueuses toucheront de la Fédération française une prime de 40 000 €.

Le Contexte Général des Salaires dans le Handball Français
« Le joueur français Luka Karabatic reste au PSG et touchera, comme Kylian Mbappé, la somme de 50 millions d’euros par mois. » Voici une annonce que vous n’entendrez sûrement jamais. Et pour cause, les joueurs du PSG Handball sont bien moins payés que leurs homologues footballeurs du club parisien. Même s’il compte en son sein les joueurs les mieux payés du championnat français.
270 handballeurs professionnels évoluent en Starligue. Selon le média en ligne Sans filtre, le salaire moyen y est de 7 000 € brut/mois, non loin derrière celui des joueurs de Basket Elite (10 000 €). Cependant, le PSG Handball fait monter très nettement cette moyenne, avec sa masse salariale astronomique.
Le salaire minimum pour un handballeur professionnel évoluant sur le sol français est de 1 561 € brut/mois, soit un net à 1 200 €/mois. Les plus petits salaires sont perçus par les joueurs les moins expérimentés évoluant dans les équipes les plus modestes de Proligue. Le salaire médian s’élève à 5 236 €, soit une évolution à la baisse de 3 % pour la saison 2022-2023, comme l’atteste le mediaguide produit par la Ligue nationale de handball.
C’est-à-dire que 50 % des joueurs gagnent moins que cette somme et 50 % gagnent plus. En comparaison, en première division masculine de football, celui-ci serait de 40 000 € brut mensuel, selon les calculs du quotidien L’Équipe. Soit plus de sept fois supérieur aux handballeurs.
En Ligue Butagaz Énergie (première division féminine de handball), le salaire moyen atteint 3 056 € bruts par mois en 2021-2022 contre 2 000 € en 2008-2009, avec une rémunération minimum de 1 561 € brut par mois, d’après les données fournies par la Ligue féminine de handball. Les salaires des joueuses ont évolué et se situent désormais dans une moyenne de 3056€ bruts par mois contre 2000€ en 2008/2009, mais devront encore se renforcer pour garantir un vrai moyen de subsistance au sein d’une carrière exigeante qui ne dure qu’un temps et au cours de laquelle certaines joueuses entament souvent une reconversion.
Tous ces montants varient donc énormément en fonction de plusieurs critères. Par exemple, le niveau de la ligue/équipe dans laquelle il évolue, le niveau actuel du joueur et son profil (âge, poste, expérience, renommée).

Focus sur Metz Handball
Une ferveur à nulle autre pareille, un palmarès unique en France: en dépit d'une moindre publicité du sport féminin, Metz vibre pour ses Dragonnes, l'équipe de handball de la ville.
Metz Handball attire au-delà de la Moselle, avec des partenaires luxembourgeois ou de la région Grand Est. En partie grâce à ces partenaires et à l'attachement d'un territoire, il a évité de disparaître lorsqu'il affichait, en 2005, un déficit record de 1,4 million d'euros.
Le palmarès des Dragonnes est régulièrement cité en exemple par le maire, François Grosdidier. Le centre de formation est reconnu. La championne du monde Grâce Zaadi, aujourd'hui au CSM Bucarest, y est passée et Metz Handball compte plus de 500 licenciés.
En France en première division, le salaire moyen des joueuses était la saison passée de 2.807 euros mensuels brut hors primes, selon la fédération. Face au succès de son équipe de coeur mais au manque de moyens du sport de haut niveau féminin, la supportrice Solange Hardouin espère l'arrivée d'un "gros investisseur".
De son côté Metz Handball se présente en deuxième position avec un budget consolidé au dessus des 3 M€. Une gestion mesurée si on considère les ambitions maintenues de Metz Handball. De plus, la nouvelle structuration en société depuis l’été devrait permettre, après une période de stabilisation, de dépasser le plafond de verre qui se profilait tant que l’activité restait associative.
Sur ce dossier, Metz Handball est bien en avance puisqu’en 2018/2019 le salaire moyen y était déjà de 3 806€. Le plus haut salaire y était de 5500€ et le plus bas de 1500€.
En haut de l’affiche, Brest Bretagne Handball (8,36 M€) et Metz (4,99 M€) dominent largement, avec des ressources leur permettant de rivaliser avec les meilleures équipes européennes.
Sur les 22,1 M€ de masse salariale cumulée, Brest consacre 5,15 M€ aux salaires, Metz 2,95 M€ et Dijon 1,85 M€.

Metz Handball, tenant du titre, arrive en deuxième position mais loin derrière : 4,5 M€ de budget et 2,6 M€ de masse salariale.
Hyperprésident de Metz Handball depuis près de deux décennies, Thierry Weizman n’est pas du genre à surpayer une joueuse ou à jeter l’argent par les fenêtres. Avec lui, tout est carré et calibré, au centime près.
Il lui restait un peu d’argent suite à des départs de joueuses importantes (Kristina Jorgensen, Louise Vinter Burgaard, Alina Grijseels ou Hatadou Sako) et un recrutement intelligent, mais pas clinquant entre le retour de Laura Flippes et Allison Pineau, sortie de sa retraite, les Hongroises Petra Vamos et Szofi Szemerey ou encore la Suédoise Tyra Axner.
C’est le deuxième du championnat derrière le Brest Bretagne Handball qui présente quasiment le double avec 8,65 M€ dont 5,03 M€ pour la masse salariale.
Il a profité des problèmes financiers de Vipers Kristiansand, le triple champion d’Europe d’affilée entre 2021 et 2023 pour l’attirer dans ses filets, moyennant une indemnité de transfert de 170 000 euros, soit plus du double du salaire annuel des meilleures joueuses de Metz Handball !
Disparités et Défis Économiques
À l’inverse, plusieurs clubs affichent des moyens très réduits : Le Havre ne dispose que de 1,12 M€, et sort à peine d'une situation d'apurement, Sambre Avesnois de 1,16 M€ et Stella Saint-Maur de 1,47 M€. Ces budgets sont cinq à six fois inférieurs à ceux des leaders, ce qui traduit un fossé structurel difficile à combler.
Le modèle économique français demeure largement conditionné par les subventions publiques et le soutien des collectivités. À la différence de la Bundesliga chez les garçons et dans une moindre mesure la Starligue, où les partenariats nationaux structurent les revenus, la LFH repose encore sur un tissu économique local parfois fragile.
Cela se traduit par une grande disparité selon le territoire. Brest et Metz bénéficient d’une implantation forte et d’une visibilité européenne, quand d’autres clubs évoluent dans des bassins économiques plus restreints, où chaque variation de subvention ou de partenariat privé peut fragiliser la structure entière.
Malgré des masses salariales conséquentes à l’échelle du sport féminin français, les rémunérations restent modestes comparées aux standards européens. Le salaire de base moyen en LBE tourne autour de 3 000 € brut mensuels (hors prime), auquel s’ajoutent primes et avantages : en moyenne 736 € par mois pour un loyer et 1 145 € par an à titre d'avantages en nature autre que le loyer d'habitation.
Résultat : la LFH attire peu de stars internationales majeures, contrairement aux Balkans, où les clubs phares continuent de drainer les plus gros transferts avec la Hongrie et la Roumanie notamment. En France, seuls Brest et Metz disposent de la puissance nécessaire pour concurrencer sur ce marché, les autres privilégiant formation et recrutements ciblés faute de moyens.
La saison 2025-2026 s’ouvre dans un contexte paradoxal : des chiffres en apparence solides, une structuration qui avance, mais des rétrogradations qui rappellent la réalité fragile du handball féminin français.
Sans diversification des revenus (droits TV, sponsors nationaux malgré l'engagement et le soutien important de Butagaz depuis plusieurs années), la ligue risque de voir se répéter chaque été le même scénario : des annonces positives suivies de nouveaux coups de massue pour des clubs incapables d’assurer leur survie.
Quelques Chiffres Clés
- 64 000 €: C’était le salaire brut annuel moyen la saison passée en Ligue féminine, soit environ 4100 € net par mois.
- 175: Le championnat de France compte cette saison 175 joueuses professionnelles dont trois à temps partiel.
- 2 807 €: C’était le salaire mensuel moyen brut en Ligue féminine lors de la saison 2022-2023 hors avantages en nature et primes la saison passée.
- 2,53 M€: En millions d’euros, le budget moyen des clubs cette saison au sein de l’élite du handball féminin.
Le Top 3 des plus gros budgets est composé, dans l’ordre, de Brest (7,7 M€), Metz (4,3 M€) et Nantes (4,1 M€). Le championnat compte cinq clubs au-dessus des 2 millions d’euros, avec également Paris (2,2 M€) et Besançon (2 M€).
Le club nordiste de Sambre Avesnois, qui se hisse en Ligue féminine pour la première fois de son histoire, emmené par deux anciennes Messines (Dounia Abdourahim et Camille Aoustin), affiche le plus petit budget (1,072 M€).
Les clubs évoluant en Ligue féminine doivent respecter un cahier des charges. Celui-ci précise notamment que chaque effectif doit compter un minimum de dix joueuses professionnelles à temps plein et un budget prévisionnel minimum de 1 M€.
6-0 defence tactic system 2 | Handball at school | IHF Education Centre
| Club | Budget (en millions d'euros) | Masse Salariale (en millions d'euros) |
|---|---|---|
| Brest Bretagne Handball | 8,36 | 5,15 |
| Metz Handball | 4,99 | 2,95 |
| Dijon Handball | 2,88 | 1,85 |
| Le Havre | 1,12 | N/A |
| Sambre Avesnois | 1,16 | N/A |
| Stella Saint-Maur | 1,47 | N/A |
En définitive, les chiffres confirment la montée en puissance de la professionnalisation : environ 183 contrats pros sont recensés cette saison, un volume en progression constante pour 78 contrats professionnels en D2F.
La LBE fait appel parfois à ses joueuses de centre de formations qui sont au nombre de 86 (sous convention). La D2F compte encore 17 joueuses amateurs dans ses effectifs. Là où le sujet semble encore très problématique, c'est le temps de travail alloué aux joueuses de D2F. Sur les 78 contrats pros, seulement 27 sont à plein temps contre 51 à temps partiel.