Nombreux sont les joueurs de football français à avoir quitté la Ligue 1 pour rejoindre le championnat turc, attirés par un taux d'imposition avantageux et une ambiance incroyable dans les stades. La réputation de la ferveur turque pour le football n'est plus à faire.

L'ambiance dans les stades turcs est un facteur d'attractivité pour les joueurs.
L'Attrait Financier de la Süper Lig
Sur le terrain financier, la Turquie se révèle être un gros atout pour les footballeurs français, avec un taux d'imposition presque imbattable en Europe : 15%, soit le deuxième plus attractif derrière la Bulgarie (10%). C'est trois fois moins que dans l'Hexagone.
Les candidats tricolores à l'exil ont aussi plus de chance de se retrouver en Turquie, depuis l'assouplissement du quota de joueurs étrangers. Il a été élargi depuis la saison 2015-2016 à quatorze joueurs étrangers maximum par équipe, dont onze peuvent être inscrits sur la feuille de match, contre huit auparavant.
Dans la course aux footballeurs français, les clubs turcs disposent aussi d'un plus gros budget cette saison, grâce à l'explosion du montant des droits télévisés pour la période 2017-2022. Digitürk déboursera plus de 550 millions d'euros par an, contre 362 millions d'euros pour la période précédente.
Ces droits télés pourraient permettre à Galatasaray, Fenerbahçe et Trabzon, parmi les clubs européens les plus endettés, de réduire leur déficit. Mais pour l'heure, ils permettent surtout aux équipes de s'offrir de nouvelles recrues, comme Gaël Clichy, qui vient de signer à Ba?ak?ehir pour un salaire avoisinant les 3 millions d'euros nets la saison.
Avec ce salaire presque aussi élevé que celui qu'il touchait en première ligue anglaise, le défenseur français Gaël Clichy est ainsi devenu le joueur le mieux payé du club turc. Et s'est offert, en prime, un nouveau challenge : "Ba?ak?ehir est un nouveau club. On doit construire. J'ai eu la chance de gagner des choses, a-t-il déclaré. J'ai joué avec de nombreux joueurs formidables. Bergkamp, ??Vieira, Henry. (...) Ba?ak?ehir me rappelle Manchester City. (...) City est un club qui s'est amélioré au cours des huit dernières années."
Cette ambition de faire de l'ombre aux trois géants que sont Be?ikta?, double-tenant du titre, Fenerbahçe et Galatasaray, c'est aussi celle qui a mené l'attaquant français Jérémy Menez à fouler la pelouse d'Antalyaspor.
Salaire moyen des joueurs français dans les grands championnats européens
Globalement, au sein des championnats du Big five, France, Angleterre, Espagne, Italie et Allemagne, le salaire moyen d’un footballeur professionnel est de 2,22 millions d’euros par an. En détail, la Premier League est au-dessus du lot avec une rémunération moyenne de 3,58 millions d’euros, contre 2,29 millions en Liga, 2,23 millions en Serie A, 1,78 million en Bundesliga et 1,17 million en France.
Nick Harris, auteur de l’étude pour le site Sporting Intelligence, est allé plus loin dans la réflexion en décortiquant les salaires en fonction de la nationalité des joueurs. Sur ce point, c’est la Belgique qui s’en sort le mieux, avec une rémunération annuelle moyenne, pour chacun de ses 37 joueurs évoluant en Europe, de 4,65 millions d’euros.
Vient ensuite la Croatie, avec 30 joueurs et un salaire moyen de 4,07 millions d’euros et, à la 3e place, le Portugal, 47 joueurs et 4,03 millions d’euros par an. Le salaire moyen des joueurs français évoluant dans un club du Big five est de 1,71 million d’euros.
En Premier League qu’on trouve la plus grande diaspora française, avec 29 joueurs sur 496 et un salaire moyen de 5,56 millions d’euros. Puis la Bundesliga, 26 joueurs payés 3,04 millions d’euros par an en moyenne. Ensuite, la Liga, 21 joueurs à 5,59 millions d’euros, meilleure rémunération pour un français. Enfin, la Serie A, 17 joueurs, payés 2,74 millions d’euros par an.
A l’étranger, c’est donc en Espagne que les joueurs français touchent les meilleurs salaires. Mais c’est en Premier League qu’on en retrouve le plus.
La Turquie est parmi les destinations qui allient confort financier et compétitivité sportive. Encore faut-il ne pas s’embarquer dans des galères dont il est parfois compliqué de s’extirper.
COMBIEN je gagne par mois en TURQUIE ?
Expériences en Süper Lig: Ambiance, Cadre de Vie et Contrats Alléchants
Une expérience de vie agréable et enrichissante. Voilà qui résume assez bien ce que nos trois joueurs ont pu rencontrer lors de leur séjour en Turquie. Le cadre de vie est un élément important chez de nombreux footballeurs et le championnat turc a de sérieux arguments à faire valoir.
"Le contact avec les gens est facile et la vie avec les enfants est agréable", témoigne Ricardo Faty. Le milieu Landry Nguemo a trouvé dans ce pays des similitudes avec ses racines africaines : "Le cadre de vie est magnifique. Ça me faisait penser à l’Afrique. C’est relax et décontracté. Rien n’est grave. Un mec peut te dire ‘rendez-vous à 11 heures’ et n’arriver qu’une heure plus tard, tranquille. Pour eux, c’est normal. Tout est un peu comme ça. Ça me plaisait bien."
La capitale Ankara, Istanbul ou encore les villes côtières comme Antalya et Izmir offrent des environnements chaleureux, entre tradition orientale et ouverture sur l’occident.
La passion des Turcs pour le football est un autre motif de séduction pour les dirigeants, qui n’hésitent jamais à mettre en avant cet engouement de leurs supporters auprès de leurs nouvelles recrues. Ce n’est pas un mythe : les stades turcs offrent un spectacle détonnant.
"Les stades sont au top, beaucoup sont neufs et il y a toujours une grosse ambiance avec des supporters chauds, confirme Thomas Heurtaux. Ce n’est pas que les grands clubs. Nos supporters à Ankaragücü sont très bons et bruyants." Qui n’a jamais frissonné devant les vidéos d’accueil des nouvelles recrues dans les aéroports turcs ou lors du départ de joueurs très appréciés ?
Enfin dernier argument, et pas des moindres, les belles offres contractuelles que peuvent recevoir les joueurs pour signer en Turquie. La décision ne se fait pas forcément uniquement sur cet aspect mais c’est un critère important.
"J’avais en tête, peut-être pas si jeune, d’aller jouer en Turquie et découvrir ce pays, explique Faty. Mon frère (Jacques Faty, ndlr) y a évolué, des amis comme Demba Ba et Moussa Sow jouaient là-bas, je voyais les grosses ambiances, je suis de confession musulmane et vivre en Turquie me tentait... tout ça m’a donné envie d’y aller."
"Puis, je me suis dit que si je n’arrivais pas à taper dans les grands clubs européens, alors je pouvais y aller sans regret, poursuit Faty. Et quand l’offre de Bursaspor est arrivée, ça a fini de me convaincre. En gros, un contrat de trois ans et un salaire net doublé par rapport à ce que je gagnais au Standard de Liège." Thomas Heurtaux évoque lui "un très bon salaire sur un contrat de trois ans", en plus de la présence de son ami Alessio Cerci à Ankaragücü.
Mais si les propositions sont alléchantes, l’expérience peut vite tourner au gouffre financier.
Salaires Impayés et Retard de Paiement : Un Sport dans le Sport
La réputation du championnat turc à propos des salaires impayés n’est plus à faire. "Je m’étais renseigné sur le championnat turc et je savais que les clubs payaient toujours avec du retard et j’avais même misé sur 3-4 mois de retard", précise Thomas Heurtaux.
De fait, nos trois témoins ont tous connu des retards de salaire, que ce soit à Ankaragücü, Bursaspor ou Kayserispor. Heurtaux est en train de résilier son contrat avec le club d’Ankara alors qu’il n’est plus payé depuis neuf mois. "La patience a des limites, on a envoyé trois lettres à la FIFA, ils n’ont jamais rien fait, explique l’ancien défenseur de l’Udinese. Je ne peux pas faire plus que ça. En France, c’est réglementé et précis. En Italie, les clubs peuvent avoir deux mois de retard et c’est légal. Même des gros clubs ont parfois un peu de retard. Deux mois, tu peux t’arranger, mais, là, dans mon cas, on est à 9 mois d’impayés. "
"Le pire, c’est que ce n’est même pas une question d’argent à la base car j’ai heureusement dix ans de carrière derrière moi. J’ai joué en Ligue 1 et Serie A donc j’ai gagné de l’argent, mais en fait, ce qui me gêne, c’est l’absence de respect pour le joueur et la personne que je suis, détaille-t-il. J’aurais préféré qu’ils me disent ‘on ne veut pas de toi, on va résilier ou trouver un accord et c’est terminé’, mais en fait ils ne communiquent pas. Je suis donc en train de dénoncer leurs manquements au contrat signé en août 2018."
A Bursaspor, Ricardo Faty accumule jusqu’à trois mois de salaires impayés. A Ankaragücü, cela monte à cinq mensualités. Le milieu franco-sénégalais envoie un courrier à la FIFA en janvier, puis reçoit finalement ses salaires. Rebelote en mai, mais il va cette fois-ci au bout de la procédure avec l’instance mondiale du football et il rompt son contrat avec le club turc.
Si Landry Nguemo n’a lui pas eu de problème de paiement à Akhisar, son passage à Kayserispor est plus tumultueux : "A partir du moment où tu es écarté du groupe professionnel, tu peux oublier tes salaires. On était une dizaine dans ce cas et on n’était donc pas payé. De août à décembre 2017. Cinq mois sans salaire. J’ai alors fait une procédure à la FIFA pour casser mon contrat et pouvoir partir gratuitement."
Trois joueurs et trois fins identiques : un contrat rompu après avoir entamé les démarches avec la FIFA. Cette procédure peut durer entre un et trois ans et doit garantir aux joueurs de toucher leurs salaires, sauf si le club fait faillite entre-temps. Dix-huit mois après son départ de Kayserispor, Nguemo n’a toujours pas touché ses salaires dus par le club turc. L’affaire est toujours en cours de traitement, nous a-t-il précisé avant de revenir sur cette stratégie : "Les dirigeants savent qu’avec les procédures à la FIFA ils devront payer, mais tu peux attendre 2 ou 3 ans avant de recevoir l’argent. Et peut-être qu’à ce moment là, il y aura un nouveau président et c’est lui qui devra s’acquitter de la dette. C’est un business."
Instabilité Économico-Sportive
Les clubs turcs vivent au-dessus de leurs moyens. Ce n’est pas une simple observation ou déduction, mais une affirmation de la fédération turque de football (TFF) qui a annoncé en janvier dernier un grand plan de restructuration de la dette des clubs turcs, évaluée à 1,7 milliard d’euros, dont 86% étaient détenus par les seuls Galatasaray, Besiktas, Fenerbahce et Trabzonspor.
Les dirigeants dépensent beaucoup trop d’argent, parfois poussés ou portés par la pression populaire qui exige des stars et des résultats immédiats. La dévaluation régulière de la livre turque n’aide pas non plus les clubs qui payent les transferts et les salaires des joueurs étrangers en euros.
L’instabilité n’est pas seulement économique en Turquie. Sportivement, la valse des dirigeants, des entraîneurs et donc des joueurs est spectaculaire et ancrée comme une habitude dans la gestion des clubs.
"Les dirigeants turcs, comme les supporters, sont très impatients, confirme Landry Nguemo. Ils veulent rapidement des victoires. Dans le cas contraire, tout peut changer du jour au lendemain. Pour preuve, la venue d’un nouvel entraîneur dans une équipe est souvent annonciatrice d’une forte restructuration de l’effectif." L’ancien milieu de terrain des Girondins de Bordeaux a connu trois techniciens en moins d’un an à Kayserispor.
Après quatre années en Turquie, Ricardo Faty a aussi de nombreuses anecdotes à ce sujet. L’une des dernières remonte à la fin de l’année 2018 et aux semaines suivantes.
"Notre coach, Hakan Keles, démissionne avant la trêve car il était en conflit avec les dirigeants, développe l’ancien milieu de la Roma. Le nouvel entraîneur, Bayram Bektas, fait le dernier match de 2018 et part ensuite en plein milieu du stage de janvier qu’on faisait à Antalya lors de la trêve hivernale. Arrive donc, pendant le stage, le troisième technicien de la saison, Mustafa Kaplan En l’espace d’un mois, on a eu trois coaches. Et en plus, le directeur sportif a lui aussi démissionné en fin d’année."
L’instabilité touche également les joueurs. En l’espace de quelques mois, un footballeur peut passer de titulaire indiscutable à un élément indésirable sans la moindre explication. En Turquie, sans doute plus qu’ailleurs, le joueur est une marchandise financière. On recrute, on prête et on écarte comme on achète et on vend des actions à la bourse de New York.
"Mettre des Joueurs à l’Écart Fait Partie de Leur Culture"
La mise à l’écart a touché de nombreux Français ou joueurs francophones ayant évolué en Turquie. A nos trois témoins peuvent s’ajouter Ali Ahamada (à Kayserispor), Aatif Chahechouhe (à Fenerbahce), Cheick Diabaté (à Osmanlispor) et bien d’autres.
L’idée derrière ce procédé est de faire craquer les joueurs et les voir rompre leur contrat sans leur verser immédiatement des indemnités, le tout devant passer devant la FIFA avec une procédure, comme expliqué au préalable, pouvant prendre jusqu’à trois ans.
Ricardo Faty et Thomas Heurtaux ne s’attendaient pas à être mis à l’écart en janvier dernier. "Au début, tout se passe bien, je suis titulaire, je marque même des buts (3 en 18 titularisations, ndlr), et franchement je réalise mes six meilleurs mois en Turquie", précise le milieu franco-sénégalais.
Blessé à un mollet, Thomas Heurtaux rate une bonne partie de la phase aller du championnat turc. Mais en janvier, il met les bouchées doubles pour rattraper ce retard : "Avec Alessio Cerci, on a fait venir à nos frais un préparateur personnel. C’est un des meilleurs d’Italie. Il a vécu un mois avec nous, mais vu qu’on a été écartés, il a arrêté car pour lui ce n’était pas motivant. De toute façon, on n’allait pas jouer."

Thomas Heurtaux lorsqu'il jouait en Serie A (à Udinese).
Titulaire contre Galatasaray à la reprise le 19 janvier, Heurtaux apprend sur les réseaux sociaux deux semaines plus tard qu’il est écarté. "Début février, je suis à la maison avec mon pote Alessio Cerci et il me dit qu’il n’est pas convoqué pour le match contre Trabzonspor et que ça ne sent pas bon, raconte le défenseur central. Je lui dis ‘Tu vas voir, on ne sera pas dans la liste des joueurs inscrits pour la seconde partie du championnat’." La prophétie se révèle exacte. Les deux joueurs apprennent donc qu’ils ne sont pas qualifiés sur Internet. Personne au club ne leur annonce cette décision.
Entre temps, Ankaragücü a fait signer 11 nouveaux joueurs lors des trois derniers jours du mercato hivernal. Parmi eux, de nombreux joueurs étrangers : deux Argentins, un Polonais, un Grec, un Jamaïcain, un Russe, un Malien, un Congolais, un Croate et un Américain.
Or, le règlement du championnat local est clair : les clubs turcs peuvent enregistrer un maximum de 28 footballeurs dont 14 étrangers. Certains joueurs présents en début d’année en font donc les frais. Il y a Ricardo Faty et Thomas Heurtaux, mais aussi Alessio Cerci et le gardien suédois Johannes Hopf, rejoints par quelques Turcs.
A Kayserispor, Landry Nguemo a constaté et regretté la même absence de communication avec en plus une partie de poker menteur. "Avant la reprise en juillet 2017, j’avais eu vent que les dirigeants voulaient m’écarter, explique-t-il. Mais je fais les entraînements et ça se passe bien avec le coach. Après deux semaines de préparation, on a deux-trois jours de libre et le directeur sportif en profite pour dire à une dizaine de joueurs, dont moi, de se trouver un nouveau club. Il nous propose même d’être en vacances le temps de trouver un contrat ailleurs. Il nous dit que le coach ne compte plus sur nous".
Nguemo n'est pas convaincu par l'argument avancé : "Ça me paraît bizarre. Je vais parler au coach et il me dit qu’il ne comprend pas, qu’il est satisfait mais que dès qu’il est arrivé, les dirigeants lui avaient annoncé que je devais partir. Le président et le directeur sportif ne m’ont jamais expliqué pourquoi j’étais à l’écart. Pour eux, cette situation est logique et ils n’ont pas à se justifier. Mettre des joueurs à l’écart fait partie de leur culture."
Vis Ma Vie de Joueur Écarté
A quoi ressemblent les journées des joueurs mis à l’écart du groupe professionnel ? "Le club a créé un groupe d’exclus avec un autre programme d’entraînement et en gros il a duré une semaine et puis plus rien, souffle Thomas Heurtaux. On n’avait pas de kiné, pas de préparateur, plus de coach. On a tenu quatre mois comme ça, sans pouvoir jouer, sans pouvoir s’entraîner normalement avec le reste du groupe. Cet été, je n’avais parfois même pas de ballon, pas d’équipements et pas d’eau chaude."
"Quand le groupe avait entraînement le matin, nous on y allait l’après-midi, et inversement, ajoute Ricardo Faty. On filmait même pour montrer qu’on n’avait pas d’entraîneur, une sorte de preuve de nos conditions d’entraînement."
En France, la charte UNFP permet de mettre un cadre juridique et protège les joueurs, même si certains rares écarts peuvent toujours émerger. En Turquie, c’est différent, le joueur ne bénéficie pas d’une telle protection.
"On ne s’entraînait pas aux mêmes heures que le reste du groupe, on faisait des tours de terrain au centre d’entraînement, témoigne à son tour Landry Nguemo. Ils nous ont envoyé ensuite sur un autre terrain dans la ville, en dehors du club, officiellement pour ne pas polluer le groupe car ta situation ne doit pas empêcher les joueurs d’être performants. On avait juste un entraîneur pour se maintenir en forme, mais aucun préparateur ou kiné."
Les joueurs sont livrés à eux-mêmes. Ils sont sous contrat mais c’est comme s’ils n’en avaient pas. Le quotidien du sportif dépend alors de son exigence envers lui-même.
"Quand tu es écarté, tu peux être en vacances, constate Heurtaux. L’année passée, on pouvait avoir des permissions pour quitter Ankara. Tout dépend donc du professionnel que tu es. C’est à toi de te gérer. Si tu ne veux rien faire, tu peux ne rien faire. Tu n’as rien à ta disposition. Mais moi, je n’ai pas lâché. L’alimentation, le sommeil, l’entraînement, j’ai tout géré. J’ai mis de la discipline dans mon quotidien. J’ai fait des séances avec un préparateur personnel, j’ai couru dans un parc et j’ai profité de la piscine et de la salle de musculation de mon immeuble."
Après la Mise à l’Écart, le Nouveau Départ
Où en sont-ils maintenant ? Thomas Heurtaux est en train de le résilier après une énième tentative, ou provocation selon le point de vue, d’Ankaragücü.
Comparaison des salaires moyens dans différents championnats (2014)
L'institut Sporting Intelligence a compilé les salaires des différents joueurs de 34 championnats sur l'année 2014 afin de dresser un classement des différentes compétitions selon la rémunération moyenne perçue.
Sans surprise, le championnat anglais de Premier League se situe largement en tête du classement avec un salaire moyen de 2,850 millions d'euros. Il s'agit d'un montant plus élevé de 56% par rapport à son plus proche poursuivant, la Bundesliga allemande avec un salaire moyen de 1,822 million d'euros.
Le salaire moyen distribué au sein du championnat espagnol est de 1,5 million d'euros, ce qui classe la Liga BBVA derrière la Serie A (1,650 million d'euros). Le revenu moyen est légèrement supérieur en Ligue 1 avec une rémunération annuelle moyenne de 1,235 million d'euros par joueur contre 1,127 million d'euros en Russian Premier League.
Au sein des deux classements, deux championnats latino-américains sont parvenus à s'immiscer. Ainsi, le championnat brésilien, le Brasileirão, parvient à se hisser au septième rang des deux classements. Dixième championnat en termes de salaire moyen distribué (332.000 euros), la compétition phare mexicaine parvient à se hisser au neuvième rang en matière de revenus par club avec 28,3 millions d'euros.
Alors que le championnat nord-américain de Major League Soccer dispose de la treizième surface financière avec un revenu moyen par club de 20,5 millions d'euros, il ne se situe qu'au vingt-deuxième rang en termes de salaire moyen distribué aux joueurs. Cet écart important s'explique par le salary cap instauré au sein du championnat.
Voici un tableau récapitulatif des salaires moyens dans les principaux championnats en 2014 :
| Championnat | Salaire Moyen (millions d'euros) |
|---|---|
| Premier League (Angleterre) | 2.850 |
| Bundesliga (Allemagne) | 1.822 |
| Serie A (Italie) | 1.650 |
| Liga BBVA (Espagne) | 1.500 |
| Ligue 1 (France) | 1.235 |
| Russian Premier League | 1.127 |
| Brasileirão (Brésil) | N/A |
| Liga MX (Mexique) | 0.332 |
Évolution des Salaires à Toulouse
Bientôt deux ans après avoir retrouvé la Ligue 1 et alors que les questions autour d'une vente imminente restent en suspens, Toulouse, de retour cette saison en Coupe d'Europe après sa victoire en Coupe de France, est entré dans une nouvelle phase. Celle de la progression, attendue aussi au niveau des salaires.
Pourtant dans ce domaine, le changement depuis la saison dernière (28 000 euros de salaire moyen, selon nos estimations) n'est pas spectaculaire. Avec un budget en hausse, désormais proche des 50 millions d'euros (chiffre non confirmé par le club), le TFC reste dans la deuxième moitié du classement en termes financiers. Ce qui explique en partie la prudence de son président Damien Comolli, fin connaisseur du marché et seul décideur en l'absence de directeur sportif, sur les rémunérations proposées aux joueurs.
« Il gère beaucoup de choses, dont les salaires sur lesquels il est très impliqué pour que tout soit bien réglé », témoigne un proche du club pour expliquer une méthode bien rodée.
Cette saison encore, en s'appuyant sur la data, le recrutement s'est essentiellement porté vers l'étranger, là où la main-d'oeuvre est peu chère. Pour compenser les douze départs, en comptant les options d'achat déjà levées pour Veljko Birmancevic (Sparta Prague) et Anthony Rouault (Stuttgart), dix joueurs sont arrivés dans la Ville rose sur les deux mercatos. Ce turnover permanent permet de ne jamais surpayer l'un d'entre eux. Aucun cette saison ne touche plus de 100 000 euros, pas même Stijn Spierings prêté par Lens, dont le salaire (105 000) est pris en charge à moins de 50 %.
Si de rares augmentations ont été accordées avec une prolongation à la clé, à Logan Costa (55 000, lié jusqu'en 2026) et Guillaume Restes (55 000, 2028), en qui Toulouse croit beaucoup, c'est dans l'espoir de réaliser un beau transfert à terme. Malgré sa longue absence, Zakaria Aboukhlal, de loin le mieux payé du vestiaire (90 000), a aussi bénéficié d'une nette revalorisation (70 000 la saison passée) inclue dans son contrat après la victoire en Coupe de France et sa participation à la Coupe du monde avec le Maroc.
Pour le reste, les plus gros investissements consentis (Aron Dönnum et Yann Gboho) ont été calculés sur la base d'émoluments maîtrisés. De la même manière, pour ne pas trop charger la masse salariale, plusieurs cadres arrivés libres ou presque (Vincent Sierro et Gabriel Suazo) touchent des versements ponctuels, afin de lisser les primes importantes offertes à la signature. Des aménagements ajoutés au choix assumé de ne pas conserver des joueurs en fin de contrat coûte que coûte, comme ce sera encore le cas pour Mikkel Desler et Moussa Diarra en juin. Histoire de garder un coup d'avance pour les remplacer, avec un salaire équivalent ou inférieur si possible.