Les Salaires des Joueurs de Rugby du Top 14 : Analyse et Tendances

Le Top 14 est reconnu comme le championnat de rugby le plus rémunérateur au monde. Plongée dans les salaires du Top 14 révélant les joueurs les mieux payés et les disparités au sein du championnat. Le Top 14 suscite de nombreux débats, notamment sur le salary cap et l’encadrement de la masse salariale.

Le développement du Top 14 touche également les joueurs. Depuis un peu plus de trois décennies, le rugby français s'est tourné vers le professionnalisme. Dans la foulée d'une décision de l'IRB, désormais connu sur le nom World Rugby, de retirer la règle sur l'amateurisme en août 1996, la FFR a suivi le mouvement dès 1998. Un changement de statut qui s'est accompagné d'une évolution d'un point de vue financier au fil du temps.

Où en sont les salaires des joueurs de Top 14 ? Des données vérifiées ont émergé grâce à une étude du cabinet d’audit Nexia S & A, révélant l’état des lieux des salaires dans ce prestigieux championnat.

Top 14 : les 3 plus gros salaires

Salaires Moyens et Disparités

Le salaire moyen d’un rugbyman professionnel en France atteint 259 000 € bruts par an, soit environ 21 000 € mensuels selon une étude du cabinet d’audit Nexia S&A, relayée par Midi Olympique fin 2024. Pour la comparaison, au PSG, le salaire moyen des footballeurs en 2024 est de 937 500 euros... par mois !

Ce chiffre est cinq fois supérieur à celui des joueurs de Pro D2 et 33 % plus élevé que celui de la Premiership ou du championnat japonais, où seuls les joueurs étrangers bénéficient de salaires élevés. Le Top 14 se positionne ainsi comme un véritable eldorado financier du rugby mondial.

Selon les informations publiées par le quotidien L'Equipe, le salaire moyen des clubs évoluant dans l'élite du rugby hexagonal a connu une augmentation très marquée sur les 20 dernières années. En effet, lors de la saison 2001-2002, un joueur touchait en moyenne 5 269 euros bruts par mois. Avec la montée en puissance du Top 14, notamment grâce à une visibilité médiatique plus importante, ce chiffre a été multiplié par trois en l'espace d'une décennie pour s'établir à 15 970 euros bruts en 2014. Une tendance à l'augmentation qui ne s'est pas démentie dans la fin des années 2010, atteignant 20 065 euros bruts à l'occasion de la saison 2019-2020.

C'est à ce moment que la crise liée au coronavirus a touché tous les pans de l'économie française et le rugby professionnel n'a pas pu y échapper. Pour les joueurs, la conséquence principale a été une baisse historique de leur rémunération moyenne, qui a chuté à 18 870 euros deux ans plus tard. Néanmoins, malgré un salary cap très strict limitant la masse salariale des clubs à 10,7 millions d'euros par saison afin de maintenir une bonne santé financière, ce chiffre est reparti à la hausse cette saison à 19 287 euros.

Répartition des Salaires dans le Top 14

Malgré des chiffres impressionnants, il est intéressant de noter que 27 % des joueurs du Top 14 perçoivent moins de 60 000 € bruts par an, ce qui correspond au statut d’espoir. Parmi les 520 joueurs professionnels, seulement 33 d’entre eux déclarent un salaire supérieur à 480 000 € bruts, représentant les étoiles du championnat, souvent des internationaux français.

Mais bien évidemment, le Top 14 connaît quelques disparités. 33 joueurs (4 %) déclarent un salaire supérieur à 40 000 euros mensuels.

Les Postes les Mieux Rémunérés

En analysant la répartition des salaires par poste, il apparaît que les joueurs évoluant en deuxième ligne et à l’ouverture sont les mieux payés, tandis que les piliers et talonneurs se retrouvent dans les catégories les moins rémunérées. Cette tendance s’explique par la disponibilité de bons joueurs issus des centres de formation, alors que les numéros 5 et les ouvreurs-buteurs demeurent relativement rares sur le marché.

Toujours selon l’étude du cabinet d’audit Nexia S&A, les joueurs évoluant en deuxième ligne, notamment les numéros 5, sont les mieux payés du Top 14, avec un salaire annuel brut moyen avoisinant les 275 000 euros. Les troisièmes lignes centre suivent de près, avec une rémunération moyenne d’environ 265 000 euros.

Dans son édition du 23 décembre 224, le Midi Olympique publie les résultats d’une étude sur la rémunération des acteurs du rugby tricolore. D’après les résultats, le salaire moyen serait de 259 000 euros bruts par an, soit 21 000 euros mensuels. Si l’on s’attarde poste par poste, on se rend compte que les joueurs occupant la 2e ligne sont les mieux payés du championnat. Un numéro 4 serait en moyenne rémunéré entre 250 000 € et 260 000 € alors qu’un numéro 5 toucherait entre 270 000 € et 280 000 €. Des fourchettes qui s’expliquent par la rareté des profils pouvant répondre à la dimension physique et technique du 2e ligne.

Avec une fourchette annuelle allant de 260 000 € à 270 000 €, un 3e ligne centre coûte cher, tout comme un ouvreur ou un centre dont la paye moyenne se situe entre 250 000 € et 260 000 €. Les joueurs les moins bien rémunérés seraient les ailiers, les talonneurs et les piliers gauches avec un salaire moyen avoisinant les 190 000 €.

Surprenant, mais vrai : le poste le mieux payé en rugby est celui du deuxième ligne côté droit avec, en moyenne, un salaire brut de 275 000 euros annuels. Alors si vous pensez que les numéros 9, 10, ou les ailiers, qui sont souvent mis en avant dans les commentaires, sont les mieux payés en rugby, c'est faux.

Autre différence remarquée : le pilier droit est toujours mieux payé que le pilier gauche qui est même l'un des moins bien payés dans le championnat. Là aussi, il y a une raison assez simple. Le pilier droit est soumis à plus de pression et de danger dans les mêlées et il est de plus en plus difficile de trouver de vrais piliers droits dans le monde du rugby.

Les Étoiles du Top 14

Parmi les joueurs les mieux rémunérés, on retrouve des noms emblématiques tels qu’Antoine Dupont, Grégory Alldritt et Matthieu Jalibert, qui figurent dans une fourchette de salaires avoisinant les 600 000 € bruts annuels. Ces montants incluent également des primes de sélection et des partenariats externes, renforçant leur statut sur le marché.

Le meilleur joueur du XV de France, élu meilleur joueur du monde en 2021, Antoine Dupont, perçoit un salaire d’environ 600 000 euros bruts par an, hors contrats publicitaires (Dupont toucherait environ 40 000 euros par an de la part d’adidas, notamment).

Voici quelques exemples de salaires de joueurs vedettes du Top 14 :

  • Antoine Dupont (Stade Toulousain): Environ 840 000 euros bruts par an
  • Matthieu Jalibert (Union Bordeaux-Bègles): 850 000 euros bruts par an
  • Grégory Alldritt (Stade Rochelais): Environ 600 000 euros bruts par an
  • Will Skelton (Stade Rochelais): Environ 600 000 euros bruts par an
  • Josua Tuisova (Racing 92)

D’après les informations du Midi Olympique, les joueurs les mieux payés du Top 14 toucheraient environ 600 000 euros par an.

Si la moyenne est un indicateur, il faut également regarder de près l'écart entre le joueur le mieux rémunéré et celui qui a le salaire le moins important. Il n'est guère surprenant d'observer que Siya Kolisi bénéficie de la rémunération la plus importante du championnat de France avec 978 000 euros annuels, soit 81 500 euros par mois. A l'opposé, le salaire minimum est deux fois inférieur, s'établissant à 42 000 euros mensuels.

Damien Penaud, un des meilleurs tricolores depuis le début de la compétition, avec déjà 6 essais, gagne pour sa part près de 450 000 euros bruts annuels à l’UBB, qu’il vient de rejoindre. Thibaud Flament (Toulouse), touche environ 400 000 euros annuels, soit le même salaire que Matthieu Jalibert (UBB). C’est moins que le salaire estimé du buteur du XV de France, Thomas Ramos (Toulouse) à 500 000 euros. L’ailier de Toulon, Gaby Villière approche aussi les 500 000 euros annuels.

Une Évolution des Salaires Face à la Concurrence

Bien que le Top 14 continue d’offrir des salaires importants, l’époque des millionnaires comme Jonny Wilkinson et Dan Carter semble révolue. Le maintien d’un salary cap à des niveaux raisonnables, associé à la densité des effectifs, contribue à une modération des salaires, ce qui pourrait redéfinir la hiérarchie financière du rugby mondial.

Le Japon, avec sa Japanese Rugby League One, émerge comme un concurrent sérieux, attirant des talents internationaux avec des salaires approchant le million d’euros par saison.

Le futur du rugby français et ses stars se dessineront donc dans un contexte de régulation salariale, mais aussi de concurrence de plus en plus féroce sur le marché international.

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