Sakina Karchaoui : Capitaine Inspirante du Paris Saint-Germain

Sakina Karchaoui est le visage du Paris Saint-Germain, elle qui vit sa cinquième saison au sein du club de la capitale. Elle est née le 26 janvier 1996 à Salon-de-Provence, ville située dans les Bouches-du-Rhône en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Sakina Karchaoui grandit près de Marseille dans les quartiers de Miramas, une ville où elle va intégrer en 2007 le club de football, l'US Miramas.

Elle reste deux ans dans son équipe locale avant d'être repérée par le Montpellier HSC. Sakina Karchaoui intègre alors le centre de formation du MHSC en juillet 2009 à treize ans avant de signer son premier contrat professionnel à seize ans en 2012. Après avoir passé huit ans en pro à "La Paillade", la latérale gauche annonce son départ de l'Hérault le 2 juin 2020 avant de signer à l'Olympique Lyonnais le 24 juin 2020.

Un Parcours Semé de Succès

Championne de France des moins de 19 ans en 2012 et 2013 avec le MHSC, Sakina Karchaoui a dû attendre 2020 avant de remporter un autre titre en club : la Ligue des Champions avec l'Olympique Lyonnais. En 2022, la n°7 des Bleues a gagné la Coupe de France avec le Paris Saint-Germain.

Passée par les équipes de France jeunes (moins de 17 ans, moins de 19 ans, moins de 20 ans), Sakina Karchaoui a connu sa première sélection chez l'équipe première des Bleues en 2016 où elle a été appelée par Olivier Echouafni, ancien sélectionneur pour disputer les éliminatoire de l'Euro 2017.

Le Leadership Assumé au PSG

Sakina Karchaoui prend du galon au PSG cette saison, qui commence ce week-end. Paulo Cesar, successeur de Fabrice Abriel et confirmé au poste d’entraîneur, en a fait l’annonce ce vendredi 5 septembre. « Avec son exemplarité et tout ce qu’elle représente depuis plusieurs années dans le club, c’est quelque chose qui me tenait à cœur, elle est capable de prendre ce rôle-là et de respecter à la lettre tout ce qu’elle doit faire en tant que capitaine », a indiqué le coach du PSG.

« Ce choix, c’est à moi de le faire, j’ai la chance d’avoir un groupe de huit cadres dont Paula (Dudek), Griedge (Mbock), Jackie (Groenen) ou Kate (Kiedrzynek) pour que tout se passe bien », a-t-il ajouté lors d’un point presse avant la première journée de championnat à Lens ce samedi (21h00). « Il y a des décisions que je décide avec les joueuses et d’autres non ».

Cette décision de nommer Sakina Karchaoui n’a « pas du tout » été conflictuelle, a précisé Paulo Cesar. « J’ai pris la responsabilité, j’ai donné mon point de vue, il y a des décisions que je décide avec les joueuses et d’autres non, a-t-il ajouté. Elles savent toutes que je ne vais pas passer par un média, je vais directement dans le vestiaire si on a des petits conflits », a déclaré l’entraîneur, qui a signé pour deux ans.

De son côté, Angelo Castellazzi, directeur Sportif du club, a évoqué ce vendredi « un projet sur le long terme, cohérent et ambitieux ». « Nous avons l’objectif est de bâtir une équipe compétitive et équilibrée, tournée vers l’avenir, en s’appuyant sur notre Centre de Formation et des recrues de classe mondiale, a-t-il ajouté.

Le recrutement estival, avec l’arrivée de la championne du monde Olga Carmona et de la double championne d’Afrique, capitaine de la sélection nigériane, Rasheedat Ajibade et la signature de nombreuses jeunes issues du Centre de Formation illustre parfaitement nos ambitions.

Sakina Karchaoui aura 30 ans en janvier. Elle évolue au PSG depuis 2021 où elle est arrivée en provenance de Montpellier.

Un rôle de leader dans un effectif remanié

Enfin, son rôle de leader s’inscrit dans un effectif retouché cet été, marqué par les départs de plusieurs cadres offensives (Marie-Antoinette Katoto à l’OL, Korbin Albert à l’OL et Grace Geyoro à London City), que Paris doit encore digérer pour retrouver une dynamique européenne.

Nouvelle capitaine du PSG féminin, Sakina Karchaoui, à bientôt 30 ans, porte une équipe encore en construction et qui doit déjà se relancer jeudi (21h) face au Real Madrid pour ne pas vivre un nouvel échec en Ligue des champions. Ce changement d’ère technique a aussi consacré son leadership dans un groupe remanié. Épaulée par un noyau de cadres, Karchaoui s’est donné pour mission de motiver et de guider les jeunes et les recrues, à commencer par Olga Carmona et Rasheedat Ajibade, toutes deux arrivées cet été.

« C’est une joueuse exemplaire, qui veut toujours gagner. Elle est dans la bienveillance et fait en sorte que tout le monde puisse s’exprimer. Elle prend soin de son groupe », souligne sa partenaire en sélection et au PSG, Griedge Mbock.

À l’image du reste de l’équipe, l’internationale française (93 sélections, 4 buts) est sortie très déçue et énervée de la correction reçue à Wolfsburg (4-0) pour la première journée de phase de ligue de C1. Cette claque a prolongé la mauvaise passe entamée quelques jours plus tôt face à l’OL (6-1) et a ravivé le souvenir de la saison passée, sans Ligue des champions. Dans ce contexte, la réception du Real Madrid au Campus PSG, jeudi à 21 heures, fait déjà figure de test de caractère.

Depuis, Karchaoui, au club depuis 2021, tente de mobiliser les troupes pour signer un match référence. Parallèlement, depuis plusieurs mois, en club et avec les Bleues, l’ancienne latérale gauche a changé de poste, désormais alignée dans l’entrejeu.

« Comme je suis au cœur du jeu, j’ai plus de responsabilités car je gère la cadence de l’équipe, les temps forts, j’ai plus la vision du jeu », expliquait-elle en juin. Une vision qu’elle tentera de mettre à profit face au Real Madrid.

Sakina Karchaoui est le visage du Paris Saint-Germain, elle qui vit sa cinquième saison au sein du club de la capitale. Si l'effectif du PSG s'est dépeuplé cet été, ce qui aboutit à un début de Ligue des champions catastrophique avec quatre défaites en autant de matchs, le club de la capitale reste performant en Arkema Première Ligue. Le déplacement à Marseille est donc plus que symbolique, il revêt surtout cet enjeu de victoire obligatoire, encore et toujours, pour rester à trois points de l'OL.

Sakina Karchaoui, devenue capitaine cette saison, est l'incontestable leader de cette équipe : "C'est surtout un plaisir. Le coach m'a fait confiance, on a échangé, et honnêtement plusieurs joueuses auraient pu l'être : Paulina Dudek, 'Kate' Kiedrzynek, Griedge Mbock... Ce sont des filles importantes." C'est donc le paradoxe pour l'ancienne Montpelliéraine, au-dessus de Griedge Mbock dans la hiérarchie de son club quand celle-ci porte le brassard en sélection.

"Ça ne change pas vraiment ma façon d'être dans le groupe, dans mon quotidien non plus. Je suis quelqu'un de calme, mais je sais parler quand il faut. Il y a des moments où tu as besoin de ton calme, d'autres où tu dois prendre la parole quand l'équipe traverse un moment compliqué. Le coach me dit souvent que j'encourage beaucoup, que j'amène de l'agressivité positive aux entraînements. Pour moi, c'est un plaisir d'avoir ce rôle."

Mettant l'accent sur le côté collectif, elle sait que chacune a besoin des autres, des cadres. "On vieillit, on approche de la trentaine... C'est logique dans une carrière. Et ce qui me plaît, c'est de parler avec les jeunes, les intégrer, mélanger leur fraîcheur avec notre expérience." Elle révèle que l'anglais est édicté en langue du vestiaire, tant il y a de nationalités et de jeunesse.

Toujours dans cet esprit d'intégration de chacune, avec philosophie : "Quand tu prends de l'âge et qu'on t'ajoute encore de la jeunesse autour, ton management évolue. Mais j'ai des sœurs, des nièces..." Karchaoui - Mbock, duo incontournable des Bleues et du PSG (photo Zoé JEULIN / FFF). Et cette saison, l'effectif parisien est très jeune. Cela change-t-il votre comportement au quotidien? C'est une volonté des dirigeants du club... et ils ont raison : il y a de vraies "pépites", dont certaines qui ne vont pas tarder à nous rejoindre chez les Bleues (sourire).

Quand tu prends de l’âge et qu’on t’ajoute encore de la jeunesse autour, ton management évolue. Mais j’ai des sœurs, des nièces… et je me comporte pareil : je suis ouverte, on rigole mais dans le respect. Les jeunes sont à l’écoute et, quand tu as ça, tu as tout pour performer. Il y a toujours des cadres autour de vous...Bien sûr! On est un noyau d’anciennes. C’est à nous de reprendre le vestiaire en main, de mettre certaines choses en place mais aussi d’écouter.

On a beaucoup d’étrangères, donc beaucoup de langues, portugais, espagnol, anglais, néerlandais… On essaie de parler anglais pour que tout le monde soit à l’aise (sourire). Le but, c’est que chacune apporte son petit plus au collectif.

Statistiques Clés de Sakina Karchaoui au PSG

Voici quelques statistiques qui illustrent l'impact de Sakina Karchaoui au sein du Paris Saint-Germain :

Statistique Valeur
Matches joués avec le PSG 130
Buts marqués avec le PSG 14
Buts en Arkema Première Ligue 11
Passes décisives avec le PSG 27

C'est votre cinquième saison au PSG, parlez-nous de votre club. C’est un club incroyable, avec des superstars qu’on regardait quand on était plus jeunes. Moi, j’étais une fan d’Arsenal quand j’étais petite : je regardais Robin Van Persie, Samir Nasri. J’ai toujours aimé les joueurs spectaculaires, et à Paris, on est servi. L’équipe est jeune, talentueuse, la manière de travailler est top.

Le club essaye aussi de superposer ça chez les féminines. On sait que ça prend du temps mais tant que ça avance, c’est le principal. Il faudra être patiente.

Les dessous de l'équipe de France féminine | Secrets du vestiaire

Karchaoui lors du succès (4-0) des siennes sur Fleury (photo Ewen GAVET / ICON SPORT). C'est également votre quatorzième saison dans l'élite. Qu'est-ce qui a le plus évolué, selon vous?

Quand j’ai commencé, le football féminin n’existait quasiment pas. On jouait avec les garçons. Aujourd’hui, tu as des équipes entières de filles. Les clubs pros masculins ont apporté leur expérience, leur professionnalisme. On joue dans des grands stades, à Strasbourg, Lyon, Le Havre, Nantes… et ça donne de l’importance à la section féminine.

Certains clubs, comme Montpellier où j’ai commencé, n’arrivent plus à gérer les deux sections et je trouve ça respectable que la section féminine soit reprise par quelqu’un qui a à cœur de la faire briller. Il y a aussi plus de supporters un peu partout, encore plus en Ligue des champions où on joue régulièrement au Parc des Princes, et c’est incroyable à chaque fois. Le football féminin progresse, et il y a encore une grande marge d'amélioration. Cela passera aussi par une victoire dans une grande compétition pour nous, l'équipe nationale. On en a conscience.

Vous aussi avez évolué, passant de latérale à milieu de terrain. Pourquoi ce changement? Je jouais attaquante ou milieu offensive chez les garçons: excentrée droite, gauche, numéro 10 .... J’aimais créer, passer. Mais lorsque je suis arrivée en première division, il y avait déjà des joueuses en place, alors on m’a fait jouer latérale. À Montpellier, Jean-Louis Saez m’avait dit qu’il voyait quelque chose pour moi à ce poste et m’avait encouragée à y rester car il pouvait m’ouvrir les portes des Bleues. Et il avait raison (sourire). J’ai fait mes preuves très tôt, à 17-18 ans, j’ai découvert la sélection où je jouais en alternance avec Amel (Majri), puis le sélectionneur Philippe Bergerôo a souhaité nous faire évoluer ensemble et l’a fait monter sur le terrain.

Quand Hervé Renard est arrivé, il m’a dit que je pouvais apporter beaucoup au milieu, que j’aimais toucher le ballon. Il m’a testée contre l’Angleterre à Newcastle, ça s’est très bien passé et depuis je joue au milieu. Amel a évolué, vous aussi .... La prochaine, c'est Selma Bacha? Selma a toutes les qualités pour jouer latérale, et si elle veut le rester elle a le droit (rires). Ce n’est pas parce qu’Amel ou moi avons bougé qu’elle doit le faire aussi, même si elle a ce qu’il faut pour jouer plus haut.

Pendant un match, les triangles changent, les positions s’inversent: l’essentiel, c’est de parler le même football. » Bientôt centenaire avec les Bleues? Avec 96 sélections au compteur, celle qui fêtera ses 30 ans le 26 janvier prochain pourrait devenir d'ici peu la vingtième centenaire de l'histoire de l'Équipe de France Féminine.

« C’est énorme. Je suis en Équipe de France depuis plus de dix ans, donc c’est une marque de confiance, de longévité, de constance. Le plus dur, c’est d’y rester et j’ai travaillé dur pour ça, j’ai été sérieuse, j’y ai mis du cœur. Il y a eu des déceptions et des moments de bonheur, mais le plus beau sera le jour où on gagnera quelque chose avec les Bleues. Je l’espère vraiment ».

« Elle se donne à fond pour son club »Depuis cette lourde défaite, Sakina Karchaoui, au club depuis 2021 et sous contrat jusqu’en 2028, tente de mobiliser les troupes pour signer un premier match référence, ce jeudi au Campus PSG face au Real Madrid.

La saison dernière, Fabrice Abriel avait décidé d’enlever le brassard à Grace Geyoro - qui a quitté le PSG cet été - pour le donner à Paulina Dudek, engendrant des tensions et de l’incompréhension dans le vestiaire. À son arrivée, le nouvel entraîneur Paulo Cesar a décidé de nommer la n° 7 capitaine. « C’est une joueuse complète qui a un talent énorme, qui se donne à fond pour son club et qui, dans le quotidien, aborde chaque séance avec l’intensité qu’il faut. J’apprécie ce qu’elle fait et on va continuer à travailler en ce sens, a relevé le coach du PSG en conférence de presse, ce mercredi. Mais elle n’est pas la seule à avoir un statut dans le vestiaire. On a sept ou huit joueuses internationales qui peuvent aussi prendre cette responsabilité. »

Sakina Karchaoui, nommée vice-capitaine avec les Bleues en juin, estimait que cette responsabilité était « l’évolution normale d’une carrière ». « Il ne faut pas changer car on te donne un nouveau statut, car ce rôle, je l’avais déjà indirectement avant, j’essayais déjà de transmettre. Aujourd’hui, c’est aussi mon rôle de garder l’équilibre et la stabilité du groupe, mais cela ne va pas changer ma façon d’être », insistait-elle.

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