DAZN et la Ligue 1 : Comment regarder et comprendre l'IPTV illégale

La Ligue 1 fait sa rentrée sur la plateforme DAZN, mais les prix d'abonnement ont suscité des réactions mitigées. Face à ce fléau, la LFP a déclaré la guerre au streaming illégal et a même obtenu le blocage de dizaines de plateformes avant le début du championnat.

Avec la hausse du prix de l’abonnement pour pouvoir regarder la Ligue 1, de nombreux supporters préfèrent acheter des accès illégaux à DAZN que de payer le diffuseur officiel du championnat français. Pire encore, cette politique tarifaire a rendu l’IPTV illégale plus séduisante encore. On l’entend sur toutes les bouches depuis l’annonce des nouveaux tarifs de DAZN pour regarder la Ligue 1 : IPTV.

Dans ce cas-ci, on parle plus précisément d’IPTV « illégale » et bien qu’elle soit condamnée par la loi, cette pratique attire de plus en plus d’adeptes. Si vous utilisez un service IPTV comme 70 % des Français, voici ce qui est illégal et ce que vous risquez le cas échéant.

Qu'est-ce que l'IPTV ?

L’IPTV (Internet Protocol Television) désigne en réalité la distribution des contenus télévisés via le réseau internet, mais on en a le plus souvent une connotation péjorative. Ce service n’est pas illégal en soi. Par exemple, les opérateurs proposant des box internet avec décodeur TV sont des services d’IPTV légaux puisqu’ils ont payé les droits de diffusion de leurs contenus, contrairement aux IPTV illégaux qui ne paient rien aux ayants droit.

C’est la manière dont on utilise l’IPTV qui peut être illégale. De nombreuses plateformes pirates passent par ce mode de distribution pour proposer des abonnements avec des milliers de chaînes, dont certaines normalement en option payante, pour un prix dérisoire. On y accède normalement avec des box spécifiques achetées en ligne, mais les pirates proposent de plus en plus de passer par des applications.

Un délit qu’Arthur, utilisateur d’IPTV, justifie par le prix jugé « exorbitant » de l’abonnement. « Quarante euros par mois pour voir du foot, alors que je payais trois fois moins sur Prime, pour une offre plus grande et plus qualitative ? J’ai l’impression qu’on se fout de nous », explique Arthur, supporter du Havre Athlétique Club, et muni d’un IPTV depuis la rentrée.

Pour s’en procurer un, le supporter est passé par un fournisseur chinois, trouvé sur le site Alibaba. « Il fait des tarifs à 6 € le mois, 28 € pour l’année et 50 € pour deux ans. » « Pour cette somme, j’ai accès à Dazn, Bein, Canal, des séries et des films, j’ai même accès aux chaînes américaines. »

L'ampleur du piratage en France

Selon l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), 1,83 million de personnes ont utilisé un IPTV illégal en 2023. Fin 2022, une étude de l’AAPA (Audiovisual Anti-Piracy Alliance) estimait à 5,1 % la part de français ayant recours à un service illégal d’IPTV, faisant de nous les plus gros consommateurs en Europe.

Selon un autre rapport, celui de l’ACCES (Association des Chaînes Conventionnées Éditrices de Services), ce piratage touche essentiellement les compétitions sportives. C’est la conséquence directe des stratégies tarifaires des plateformes légales qui sont toujours plus critiquées par les internautes.

Et la Ligue 1 est déjà pleinement consciente du problème. Entre 2011 et 2021, les audiences du championnat français ont été réduites de moitié, et la hausse du prix de l’abonnement ainsi que les changements de diffuseurs à répétition n’ont pas dû améliorer les chiffres.

Xavier Spender, président de l’Association pour la protection des programmes sportifs, compare ces fournisseurs illégaux à de « véritables clubs mafieux ».

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Les risques et les sanctions

Sur le strict plan judiciaire, l’utilisation illégale de l’IPTV n’est pas sans risque. Pour un particulier qui s’adonne à cette pratique, cela relève entre autres du Code pénal et de son article 321-1. Les utilisateurs d’IPTV illégales encourent techniquement jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 300 000,00 € d’amende.

La sanction judiciaire est un autre moyen de dissuasion, si les fournisseurs d’IPTV illégale encourent une condamnation lourde, c’est aussi le cas de leurs abonnés qui risquent jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende.

Dans les faits, l’effort anti-piratage se focalise surtout à l’échelon supérieur, c’est-à-dire les réseaux qui mettent en place ces accès et les revendeurs. Les particuliers n’apparaissent pas être une priorité, aujourd’hui. S’il y a eu une condamnation en France d’un internaute qui a utilisé de l’IPTV, nous n’avons pas eu connaissance.

Cela ne signifie pas qu’il existe un totem d’immunité, comme le montre le Code pénal. Cependant, la stratégie met bien l’accent sur les diffuseurs. Dans son bilan, l’Arcom dénombrait 34 services IPTV en 2023. L’année 2024 n’est pas en reste, y compris à la veille de la reprise de la Ligue 1.

Les mesures prises contre le piratage

Plusieurs mesures sont prises contre les plateformes pirates, à commencer par leur blocage par les fournisseurs d’accès à internet. La Ligue de football professionnel a par exemple obtenu en août le blocage de plusieurs sites diffusant des contenus sportifs et culturels.

« Notre objectif, c’est d’arriver à faire stopper ces diffusions illégales le plus rapidement possible, donc la réactivité est un élément important », explique-t-il à Franceinfo.

Cependant, ces restrictions sont facilement contournables à l’aide d’un VPN et en changeant de serveur DNS. Mais face à la multiplication des sites illégaux, à l’ingéniosité des pirates en matière de contournement et aux sanctions trop peu nombreuses pour les particuliers, il n’est pas certain que ces blocages freinent l’essor des plateformes pirates.

Mais les plateformes s’adaptent, et elles opèrent des changements pour contourner les injonctions de justice.

DAZN face au défi du piratage

Quand il est parti à la conquête de la Ligue 1, avec un objectif de 1,5 millions d'abonnés, le Netflix du sport s'est lancé dans une course folle. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a complètement raté son départ avec une offre à 39,99€/mois pour regarder la Ligue 1 à la télévision. La plateforme britannique s'est mise un sacré caillou dans la chaussure et le moins que l'on puisse dire, c'est que la LFP lui a mis des bâtons dans les roues.

Résultat : au 1er novembre 2024, selon des sources non-officielles mais concordantes, DAZN comptait seulement 500000 abonnés, loin, très loin de l'objectif annoncé.

Depuis cette date, la Ligue et l'ARCOM ont enfin pris les choses en main en s'attaquant (efficacement ?) aux flux IPTV. Quant à DAZN, la plateforme multiplie les promos.

Seul l'avenir le dira. Mais si DAZN doit rendre les armes, il sera mort les armes à la main. Car depuis deux bons mois, DAZN fait tout pour séduire les abonnés. Dernière promotion en date : le pack mi-saison, qui permet de profiter de la deuxième moitié de saison de la Ligue 1 pour seulement 69€.

DAZN est la première plateforme de streaming dédiée au sport. Elle s'est associée à l'opérateur Free, ce qui permet aux abonnés du fournisseur de visionner tous les événements sportifs diffusés directement depuis leur décodeur Player TV Freebox.

Voici comment s'organise la diffusion des matchs de Ligue 1 :

  • Un match le vendredi à 20h45.
  • 2 matchs, un le samedi à 19h et un à 21h.
  • 3 matchs le dimanche, un à 15h, un à 17h et un autre à 20h45.
  • Un match en différé par semaine.

L'abonnement DAZN chez Free donne également accès à d'autres programmes, avec notamment les moments forts des matchs en quasi direct, les statistiques des matchs qui ont eu lieu ou encore un accès à la FanZone DAZN.

En effet, la plateforme britannique DAZN qui diffuse 8 matchs sur 9 chaque week-end rechigne à payer son versement du mois du février, soit 70 millions d’euros au total, qui devaient atterrir lundi, au prorata, sur les comptes bancaires de chaque club de football professionnel. Du coup, la Ligue de football professionnel a assigné en référé son « partenaire » pour obtenir l’argent.

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