L'histoire du rugby à Villemur-sur-Tarn est riche et passionnante, marquée par des moments de gloire et des défis surmontés avec détermination. Cet article explore l'épopée de l'Union Sportive Villemurienne (USV) rugby, de sa fondation à ses réalisations les plus notables.
Les Débuts de l'USV : 1912-1919
Voici 100 ans, jour pour jour, naissait une section rugby à Villemur. C'était le 21 octobre 1912 et Maurice Gaussens dont le stade Vélodrome porte, depuis le 17 septembre 2000, le nom portait sur les fonts baptismaux avec Maurice Barbe comme secrétaire général. Ce 21 octobre 1912 l'Assemblée Générale Constitutive de l'Union Sportive Villemurienne adoptait ses statuts. Le président fondateur était Maurice Gaussens et le secrétaire général Marcel Barbe.
Après des débuts encourageants, la Grande Guerre va stopper net cet élan et il faudra attendre l’assemblée générale du 3 septembre 1919 pour renouer les liens. Le comité d’avant-guerre a pris l’initiative de cette réunion, et le Président Maurice Gaussens, dont Jean son frère est mort au combat en 1916 dans la Somme, reprend le flambeau « dans le but de savoir si les jeunes gens ont l’intention de continuer la pratique des sports et du football en particulier ».
Le nouveau bureau est constitué des membres restants du comité d’avant-guerre à savoir M.M Gaussens, Terrancle, Barbe, Vincens, Aussal, auxquels on adjoint M.M Bezombes, Degeilh, Souriac, Fonvieille, les délégués des joueurs étant M.M Descoffres, Ségur et Pélissier. Le président Gaussens entreprend les démarches auprès du Comité des Pyrénées pour l’engagement de l’USV au championnat de rugby et on s’affaire d’autre part pour aménager le terrain de rugby de Malaret - clôture, barrière pour le public, fauchage de l’herbe… Le café Léonard est choisi comme siège social, et la réunion du comité est fixée, sans convocation tous les mardis à 20 h dans une salle de cet établissement.
La reprise du championnat est chaotique, beaucoup de matches sont reportés, à cause de la difficulté et du coût des déplacements, mais cela n’altère en rien le dynamisme des dirigeants qui décident de créer au sein du club une commission d’athlétisme en janvier 1921, d’aménager un terrain de tennis dont la section sera créée officiellement en septembre 1922.
Ma curiosité aidant, j’ai découvert qu’en fait ces jeunes femmes pratiquaient un jeu appelé la barette, version nationale du tout jeune Football-Rugby, que tenta de faire émerger un petit groupe animé par le Docteur Philippe Tissié un ariégeois installé à Bordeaux. Pour la Ligue, et Tissié en premier lieu, les sports anglais ne sont que des anciens jeux français sous de nouveaux noms, donc on ne jouera pas au Football, mais à la Barette. « Ce n’est pas le football des Anglais qu’il faut jouer sur la terre de du Guesclin et de Jeanne d’Arc, c’est la barette française, la bonne vieille barette, que les Parisiens du quinzième siècle appelaient la Rabotte. » (Dixit Tissié) D’abord limitée à la région bordelaise, la pratique de la barette débordera vers Toulouse et Limoges puis le Dr Tissié cherche également à introduire le sport dans les écoles primaires mais sans réussite. Le Football-Rugby va bientôt supplanter la Barette car dans la capitale girondine, le Stade Bordelais fondé en 1889 et champion de France de Rugby en 1899 éclipse les anciens cercles de Barette.
Cette proposition va faire son chemin et aboutira deux ans plus tard à l’organisation des fêtes nautiques avec pour point d’orgue « La traversée de Villemur à la nage ».

Un match de rugby.
Les Fêtes Nautiques et Ernest Dufer
La première manifestation a lieu le 14 août 1925 grâce à la rencontre entre Maurice Gaussens et Ernest Dufer un ingénieur agronome belge arrivé à Toulouse l’année précédente. En ce mois d’août 1925, le Royal Brussels Swimming-Club effectue une tournée dans le Midi de la France. C’est un club historique et prestigieux qui compte dans ses rangs nombre de champions de natation et de water-polo. Après une superbe exhibition à Bagnères-de-Bigorre, la délégation belge met le cap sur Villemur. Journée mémorable que celle du 14 août ! Le matin, discours et vin d’honneur se déroulent à la Mairie.
L’après-midi, « fidèles à la tradition qui les honore, les Bruxellois, leur manager M. André Flick en tête, déposaient avec des paroles touchantes une grandiose gerbe de fleurs au pied du monument aux morts éternels de la Grande Guerre, toute la population villemurienne entourait les champions et ne ménageait pas les applaudissements et ses manifestations bienveillantes. « La fête fut ensuite une révélation pour Villemur. Le grand plongeur Borrès exécuta quelques magnifiques départs du haut du pont suspendu à 14 mètres au-dessus du niveau de l’eau et ce qui prouve sa grande virtuosité il nous faut dire que la profondeur de l’eau était à peine suffisante et un autre « as » que Borrès n’aurait pu risquer impunément de pareils exploits.
« Une foule inouïe couvrait le pont et les berges du Tarn et on peut dire sans exagération aucune que tout le pays, sauf les commerçants obligés bien à regret de garder le magasin ou la boutique, se trouvait là. Le journaliste sportif de La Dépêche, Henry Musnik conclut ainsi son article : « Le retour se fit dans des voitures automobiles qui ramenèrent tout le monde à Toulouse dans la nuit. Et le Royal Brussels Swimming-Club se souviendra toujours de Villemur. Conférence E. Au mois de juillet 1927, Ernest Dufer revient à Villemur pour animer une conférence sur la natation organisée par l’Union Sportive Villemurienne au théâtre municipal.
« La Traversée de Villemur » est un parcours à la nage d’environ 3 kilomètres dont le départ est donné à hauteur du Château de Vernhes avec une arrivée au pont de Villemur. Les bateaux prévus pour accompagner les nageurs à la traversée de Villemur seront conduit par Malpel. A, Rey François et Gay. Un remorqueur mis à notre disposition par M. Le transport des nageurs au lieu du départ sera effectué en camionnette par un véhicule mis à notre disposition par M. En 1935, la fête nautique est présidée par le maire de Villemur Charles Ourgaut. Trente-cinq nageurs, un chiffre record prennent le départ. La course est remportée par Severing (TOEC). Au début de la fête M. Ernest DUFER adresse la bienvenue à Charles Ourgaut ainsi qu’au nombreux public présent.
Dans son discours il rappelle l’antériorité de cette fête, les événements douloureux qui l’ont interrompue et souligne que la propagande en faveur de la natation avait porté ses fruits. Il se félicite de l’ouverture prochaine de la piscine de Villemur remerciant au passage les efforts faits par la municipalité en faveur de la natation.
Né le 25 avril 1894 à Saint-Gilles-lez-Bruxelles (Belgique), dans une famille aisée (son père dirigeait la Bundesbank de Bruxelles)il arrive à Toulouse en 1924. Doté de moyens financiers importants, l’homme pouvait faire beaucoup mais pas forcément au plan de la natation, la rentabilité n’étant pas garantie. Mais étant passionné de ce sport et sans doute de Toulouse, son choix sera vite fait. Et c’est ainsi qu’à partir de 1924 les fidèles du TOEC vont pouvoir disposer d’un bassin des Ponts-Jumeaux revu et corrigé. L’inauguration a lieu le 25 août 1925 en présence de plusieurs finalistes des J.O de l’année précédente, dont le fameux suédois Borg. Ainsi les toulousains peuvent prendre conscience de ce que représente la natation de haut niveau.
En 1938, la section natation du T.O.E.C. Un homme est à l’origine de cette réussite, c’est Alban Minville. Il va entraîner pendant un vingtaine d’années des nageurs de valeur européenne et mondiale, Alfred Nakache, Georges Vallerey, Charles Babey, Jo Bernardo, Alex Jany, Jean Boiteux et bien d’autres qui connaîtront pour la plupart les podiums olympiques et européens.
RCR U13 VILLEMUR SUR TARN MATCH1
Mais Ernest Dufer a une autre vie en dehors du sport. Après avoir décroché son diplôme d’ingénieur agronome, il fait l’acquisition d’un domaine agricole à Puylaroque dans le Tarn-et-Garonne. En 1940, fuyant les forces allemandes, des milliers de réfugiés belges se retrouvent dans la région. Un haut-commissaire belge de réfugiés est nommé à Montauban pour aider les milliers de réfugiés. C’est Ernest Dufer. L’homme s’investit aussi dans la résistance, protège les Israélites et les Belges recherchés par l’occupant, seconde un chef de réseau d’exfiltration de militaires alliés vers l’Espagne… Et puis, tout d’un coup, le châtiment tombe. Dénoncé en 1943, il est arrêté et incarcéré à Fresnes.
A la Libération, Ernest Dufer reprend l’exploitation de Puylaroque, devient vice-consul puis consul de Belgique à Montauban. Père de six enfants, il a été fondateur du Rotary Club à Montauban et très bon joueur de l’Echiquier montalbanais. Montauban, faubourg du Moustier. Un hommage solennel lui est rendu en janvier 2017 par la pose d’une plaque en sa mémoire, au n° 5 du faubourg du Moustier, en présence de trois de ses enfants, de Brigitte Barèges, maire de Montauban et de Jean-Louis Courtois de Viçose, consul de Belgique à Toulouse et de Robert d’Artois, président de l’Association des Palmes Académiques 82. Une simple plaque où l’on peut lire qu’un «Résistant et Français de cœur, a vécu dans cette demeure de 1946 à 1965.» Mais une plaque hautement symbolique qui nous rappelle que le siège du consulat de Belgique a été à cette adresse-là. Et surtout qu’un homme, Ernest Dufer a beaucoup fait pour aider les réfugiés belges lors de l’exode de 1940.
Les Régates de Printemps et la Société Nautique
Les régates de printemps connaissent un grand succès. En 1937, quatre rameurs villemuriens associés à ceux de l'Émulation Nautique de Toulouse remportent la course en huit de l'Exposition Internationale de Paris. En 1951, sous la présidence d'Etienne MALPEL, un quatre junior décroche la quatrième place aux championnats de France à Mâcon.
La Société Nautique de Villemur de 1958 à 1972 : Suite à de nombreux désaccords avec le bureau de l'A.S.V., la section se retire et Antoine LAPALU devient le Président de la Société Nautique. Le manque de matériel, oblige les dirigeants à solliciter les clubs voisins pour le prêt de yoles. En 1976, la Fédération Française d'Aviron déclasse les courses de yoles et préci-pite le club de Villemur dans un état de semi disparition le 14 mai 1972.
L'Association Sportive Villemurienne 1975 : Sous l'' impulsion du Comité d'Entreprise de la SALSO, société laitière installée à Villematier la section Aviron de l'A.S.V. Aux couleurs vert et blanc retrouve le plan d'eau du Tarn.
Palmarès et Moments Clés de l'USV Rugby
Au fil des ans, l'USV Rugby a connu des moments marquants et des succès notables. Voici quelques faits saillants de son palmarès :
- Accession à la 3ème Division
- 1971 : ¼ Finaliste 3ème Division
- Accession à la 2ème Division
- 1986 : Séniors A, Challenge "Pavois du Girou"
- 1987 : Séniors B, Challenge "Maurice Gaussens"
- 1996 : Séniors A et B, Honneur

L'équipe de rugby de Villemur-sur-Tarn.
Saison Récente et Développement des Jeunes
L'assemblée générale de l'USVF rugby s'est tenue au club house du stade vélodrome de Villemur. Le président Stéphan Brunel a salué les participants, joueurs, dirigeants, sponsors, ainsi que les représentants des municipalités de Villemur et Fronton, Alain Gardelle, Jean-Michel Michelot et Maurice Garrabet. Après avoir souligné les très bons résultats des écoles de rugby des deux villes( plus de 200 enfants), le président Brunel est revenu sur la saison de l'effectif senior.
Une saison qui n'a pas été à hauteur des espérances fondées en septembre dernier, avec un effectif de près de 80 licenciés. Hélas, au fil des semaines les blessures(graves pour certains) se sont succédé pour arriver dès décembre avec 1/3 du potentiel indisponible. Entrainé dans une spirale négative, le groupe senior n'a pas pu ou n'a pas su trouver les clés pour redresser la situation, se débattant jusqu'en avril dans la zone rouge du classement.
Chez les jeunes, l'équipe cadets a effectué un bon début de saison avant de marquer le pas, une baisse de régime due principalement à un manque d'assiduité aux entrainements. Les représentants des deux municipalités ont encouragé les responsables de l'USVF à poursuivre leur politique axée sur la formation des jeunes. La composition du nouveau bureau voit cette année et surement pour la première fois dans l'histoire du club, une féminine, Joëlle Zonszajn, à sa tête.
Un Match Mémorable
Dominant territorialement toute la première mi-temps, les joueurs locaux atteindront la pause sur le score de 17 à 0 grâce à 3 essais marqués par Nicolas Sicard, Mathieu Dasi et Nicolas Arnal. Lors du deuxième acte, les verts ne relâcheront pas leur emprise sur le match et l'entrée des poids lourds de la «vieille garde» ne fera que compliquer la tâche des Ariégeois qui malgré leur courage encaisseront 4 essais supplémentaires signés Fredéric Delmas, Maxime Barrau, Jérémy Courrège et Williams Olivet.