L'Histoire Croisée du Volley-Ball à Chaumont et Tourcoing: Défis et Triomphes

Le volley-ball masculin français est marqué par l'histoire de clubs tels que Chaumont et Tourcoing, dont les parcours sont jalonnés de défis, de moments de doute, mais aussi de grandes victoires. Cet article explore les récentes difficultés rencontrées par Chaumont et revient sur le triomphe historique de Tourcoing en Coupe de France.

Chaumont : Entre Doutes et Remises en Question

D'ordinaire, Bruno Soirfeck a plutôt le mot vibrant. Volontiers bavard, l'emblématique président chaumontais, en place depuis 2009, aime conter avec verbes embrasés l'histoire d'un club qui a tant grandi depuis dix ans pour s'inscrire aujourd'hui parmi les places référentes du volley masculin français. Mais les trois premières semaines de compétition l'ont plongé dans une mare d'interrogations.

« La situation est inattendue, inédite et donc compliquée. C'est la première fois que cela nous arrive », confesse ainsi le patron démuni d'un CVB 52, qui traîne comme un pauvre hère depuis le début de la saison, lesté de cinq défaites en autant de rencontres de Marmara SpikeLigue, alors qu'on le voyait, naturellement, guerroyer avec les grands, Montpellier et Tours notamment. Chaumont est loin du compte.

Le staff a, bien sûr, listé certaines causes à la peine. Silvano Prandi, 78 ans, cumule cinquante ans de coaching. À la tête du fleuron haut-marnais depuis 2015, le technicien italien a l'expérience plus longue qu'un parchemin. Pourtant, quand il se penche sur le douloureux dossier, il n'a pas toutes les réponses. Seules quelques esquisses d'explication.

« Dans mon histoire, je n'ai jamais eu un début de Championnat comme celui-là, reconnaît celui qui a mené Chaumont au titre de champion de France en 2017 et cinq fois en finale sur six éditions entre 2017 et 2023. On a changé dix joueurs cette saison, peut-être que la construction de l'équipe a été plus difficile que ce que l'on avait pensé. On a récupéré trois joueurs après le Championnat du monde, on a eu deux bons joueurs blessés (Alexandros Raptis et Alex Saaremaa), un autre (Jackson Meier) qu'on ne reverra sans doute pas. C'est un enchaînement de choses négatives. Je peux seulement dire peut-être... »

En ouverture du Championnat, à domicile, Chaumont pliait devant Le Plessis-Robinson et l'édifice, d'un coup, s'est effondré. Depuis, le CVB 52 a tout perdu, a pris un point miraculeux à Saint-Nazaire samedi dernier, mais n'a jamais mieux joué que lors... de la première journée !

« C'est difficile. On a une chute de moral, des incertitudes, convient le coach, qui salue l'implication sans faille d'un groupe qui gamberge mais qui travaille. La saison est longue. Je ne suis pas dans la tête des joueurs mais ils connaissent la situation et restent concentrés tous les jours. »

N'empêche, dans le bureau du patron, le placebo des bonnes intentions ne suffit pas. Soirfeck cogite, s'interroge. À la pointe, les performances de Pierre Toledo ne sont pas aux normes (7,2 pts à 33 % en attaque), celles du réceptionneur-attaquant américain, Jacob Pasteur, oscillent d'un match à l'autre, et l'ancien passeur poitevin, Brett Walsh, n'a pas encore posé son empreinte sur le jeu.

« J'ai haussé le ton, clairement dit ce qu'il en était. Les leviers sont compliqués car ils sont d'abord mentaux, individuels. Ensuite, c'est le collectif qui sera la réponse », estime le boss chaumontais.

En tout cas, la venue de Nice sonne déjà comme un appel d'urgence. « C'est l'avant-dernier contre le dernier. Il a une importance capitale. Je n'envisage pas du tout la défaite », clame Soirfeck, qui ne peut pas non plus occulter les questionnements autour de son coach, forcément pris dans le tourbillon.

À la question, Prandi est-il toujours l'homme de la situation ? Le président du CVB 52 répond : « Pour être très clair et très franc, je n'ai balayé aucune possibilité. Tout est possible, à commencer par moi. À Chaumont, la cellule de recrutement commence par le président. Cette équipe-là, nous l'avons construite ensemble. Mais à ce jour, le discours qui prime c'est : il y a ce qu'il faut ! Je ne laisserai pas ce club sombrer sans réaction. »

Pour le technicien italien, qui ne s'est pas entretenu individuellement sur le sujet avec son président, la situation n'appelle pas encore de décisions radicales. « Pour améliorer les choses, il faut bien connaître les joueurs et les dispositions techniques. Qui mieux que le coach ? Ce n'est pas facile à améliorer tout de suite, mais je sais comment gérer la situation », promet Prandi, qui en a vu d'autres, mais n'avait pas encore connu celle-là.

Malgré ces défis, Chaumont a prouvé sa capacité à se hisser au sommet, comme en témoigne sa qualification pour une nouvelle finale de Coupe de France.

Tourcoing : La Fin d'une Malédiction en Coupe de France

Les supporters du LOSC en effervescence à Tourcoing.

Après six échecs en finale de coupe de France et trois en championnat de France, le TLM a enfin vaincu le signe indien et n’est plus le club maudit du volley français. Tourcoing a remporté la première coupe de France de son histoire.

Les Nordistes se sont imposés face à Chaumont à l’issue d’un match fou remporté 3 sets à 2 (19-25, 24-26, 25-22, 25-20, 15-12).Qualifié pour la coupe d’Europe ! Promus cette saison en Ligue A, les Tourquennois ont d’abord été dominés par les champions de France en titre puis ont retourné la situation.

Le revirement a correspondu à la sortie (provisoire, pendant un set et demi) de l’attaquant de pointe de Chaumont, Stephen Boyer, à cause d’un problème au genou. Le grand espoir des Bleus, âgé de 21 ans, est revenu à la fin du quatrième, mais sans pouvoir endiguer l’élan vert.

Le sept majeur de Tourcoing est composé de joueurs étrangers, dont l’excellent pointu colombien Ronald Jimenez, décisif samedi et auteur d’un ace sur la balle de match, et d’un libéro français, Julien Lemay, 35 ans. Ce succès qualifie d’office le TLM pour la coupe d’Europe l’an prochain. Encore de l’inédit !

Ce triomphe en Coupe de France marque un tournant dans l'histoire du club de Tourcoing, effaçant des années de frustration et ouvrant de nouvelles perspectives pour l'avenir.

Parcours vers la Finale de la Coupe de France

Mardi soir, les deux formations sont parvenues à se qualifier pour le rendez-vous parisien au terme de deux demi-finales différentes dans leur scénario : dans sa salle Jean-Masson, Chaumont, actuellement deuxième en Ligue A, a logiquement disposé de Nantes, finaliste malheureux de la Coupe la saison dernière face à Ajaccio, en trois manches (25-18, 25-20, 29-27), avec notamment 14 points pour le pointu international Stephen Boyer, 9 pour Yacine Louati, 6 pour Jonas Aguenier.

Après celles de la Challenge Cup et du Championnat de France la saison dernière, le CVB 52 disputera sa troisième finale en un an, preuve que le club de la Haute-Marne, qui espère bien conserver son titre national en mai, continue de grandir. Le 10 mars à Coubertin, il tentera donc de décrocher la première Coupe de France de son histoire face à une équipe de Tourcoing qui aura vécu une demi-finale à rebondissements à Poitiers.

Un ultime point qui plongeait la salle Lawson-Body et l’entraîneur pictavien Brice Donat dans la désolation : "On y a cru jusqu’au bout, a-t-il commenté sur France Bleu. On a eu beaucoup de mal à rentrer dans le premier set, en faisant énormément d’erreurs à l’attaque, notre pointu (Mohamed Al Hachdadi) n’avait pas le rendement habituel. Après, nous avons eu une très bonne réponse collective, mais nous sommes passés à côté de la fin du troisième set que nous étions très proches de gagner, ça aurait pu donner un autre scénario. Mais ce qui me reste le plus en travers de la gorge, c’est qu’on a eu trois balles de match que nous n’avons pas su conclure, ça fait forcément mal. C’est un match en cinq sets qui va laisser quelques traces physiquement et psychologiquement, on était à un point d’une finale et peut-être d’une qualification européenne, il va falloir digérer rapidement cette défaite".

Tableau Récapitulatif des Parcours

Équipe Situation Actuelle Défis Objectifs
Chaumont Difficultés en Marmara SpikeLigue Blessures, intégration de nouveaux joueurs, moral Redressement en championnat, maintien du titre national
Tourcoing Vainqueur de la Coupe de France Confirmation de leur niveau en Ligue A Compétition en Coupe d'Europe

tags: #chaumont #tourcoing #volley