Dans le cadre de la 17e journée de Top 14, initialement reportée, l'USA Perpignan (USAP) a reçu la Section Paloise dans son antre d'Aimé-Giral. Ce dimanche après-midi, le match a tenu toutes ses promesses, avec une victoire importante de l'USAP 40-24 face au second du Top 14. La Section Paloise était déjà menée 30-17 à la pause. C'est un acte fort de mettre 40 points au second.

Première période renversante
Il ne fallait surtout pas arriver en retard, car après seulement quatre minutes de jeu, les Catalans ont débloqué la rencontre. Sur une action menée de main de maître, Alivereti Duguivalu s'en est allé aplatir et offrir les premiers points aux siens. Cette première incursion dans le camp palois a été bonifiée par la transformation réussie de Benjamín Urdapilleta (7-0, 5e).
Seulement, il n'a fallu que peu de temps à une Section Paloise - diminuée par l'absence de ses internationaux Fabien Brau-Boirie, Emilien Gailleton et Théo Attissogbe - pour se remettre dans le match. Sur la remise en jeu, les hommes de Sébastien Piqueronies se sont montrés dangereux et ont égalisé grâce à l'essai du talonneur Julián Montoya, converti par la transformation d'Axel Despérès qui a remis les compteurs à zéro (7-7, 7e).
L'USAP était bien dans son match et l'a prouvé dans cette première période. Les Catalans ont inscrit trois nouveaux essais en l'espace de vingt-cinq minutes (11e, 20e, 35e) grâce à Mathieu Tanguy et Jefferson-Lee Joseph qui a inscrit un doublé. Outre ces points inscrits dans la zone, Benjamín Urdapilleta en a apporté huit de plus (deux pénalités, une transformation) pour offrir un avantage aisé à l'USAP (30-10).
Aaron Grandidier-Nkanang a permis à Pau dans les ultimes secondes de la première période de réduire l'écart grâce à son essai, qu'Axel Despérès a transformé pour rentrer aux vestiaires avec treize points de retard (30-17, 40e).
L'USAP a su tenir bon
En seconde période, les deux équipes sont revenues avec de l'envie, mais les actions ont peiné à se créer et les défenses ont pris le pas sur l'attaque. C'est par le jeu au pied que l'USAP a continué de se mettre à l'abri, grâce au demi d'ouverture Benjamín Urdapilleta (33-17).
Une deuxième partie de rencontre bien plus calme en comparaison avec le premier acte, mais c'est à la toute fin que les choses se sont jouées. Une action rondement menée par la Section Paloise qui s'est relancée par l'intermédiaire de son troisième ligne Beka Gorgadze à la conclusion d'un joli mouvement, bonifié par Grégoire Arfeuil (33-24, 75e), pour se donner un petit espoir d'emballer le « money-time ».
Mais il n'en sera finalement rien puisque l'USAP a clos les débats avec un ultime essai de Lucas Velarte. Hugo Reus a parachevé le score (40-24).
Ce quatrième succès de rang pour l'USAP, 13e de Top 14, pourrait permettre de reprendre des couleurs et espérer un hypothétique maintien. De son côté, la Section Paloise concède un second revers de rang mais conserve tout de même sa seconde place au classement.
Voici un résumé des scores clés du match :
Résumé J17 Perpignan-Section (Saison 2025-2026)
| Équipe | Score |
|---|---|
| USAP | 40 |
| Section Paloise | 24 |
On sentait depuis deux semaines qu’on travaillait très bien. Nous avons décidé de passer à la phase deux de notre rugby. Aujourd’hui, nous avons emmené les joueurs vers davantage de mouvements. Nous avons les joueurs pour pratiquer ce rugby, un peu hybride, un peu caméléon. C’est vers ça que nous avons travaillé.
À domicile, ça fait plus de deux mois que nous sommes intraitables. Il faut aussi que l’on soit plus consistant à l’extérieur. Il faudra arriver avec des certitudes et de la confiance à l’extérieur si nous allons à l’access match. Je veux féliciter le staff pour la qualité de leur travail et les préparateurs physiques et médicaux.
Notre première période est quasiment à la perfection et c’est le niveau d’une équipe qui ne doit pas être treizième. Si on veut déplacer le ballon, jouer dans la défense, il faut gagner les duels et les collisions et c’est ce que nous avons fait. Nous avons augmenté les séquences sur les durées. On a des bases assez solides aujourd’hui et nous avons décidé d’être moins prévisibles sur notre façon de jouer. Nous avons des joueurs de qualité et quand ils évoluent à leur niveau ils n’ont rien à envier aux joueurs qui sont en face. Ça doit être nos standards maintenant.
On ne regarde ni la 14e, ni la 12e place. On doit travailler sur nous et des situations que l’on doit mieux gérer. On ne doit pas compter sur les autres. Par rapport aux changements de dernières minutes sur la feuille : problème médical pour l’un, physique et genou pour l’autre. Il y avait des absents aussi à Pau et d’autres chez nous.
On a pris du plaisir, la première mi-temps est très belle et complète. C’est ce que nous voulions faire pour essayer de surprendre un peu tout le monde sur la possession. Ça fait vraiment plaisir. On a tenu bon, même avec moins d’énergie en seconde période avec moins d’essence dans le moteur. On peut s’appuyer pour la suite sur ce match consistant. On a réussi à imposer notre puissance et quand on gagne les duels, c’est plus facile d’être efficace sur le jeu au pied d’occupation.
C’est une victoire, on ne va pas s’enflammer. Nous sommes en train d’avoir des repères communs en termes de jeu et de vécu de groupe. Il y a des changements aussi de dernières minutes et le groupe répond présent. Il y a quelque chose qui est en train de se créer et il faut continuer comme ça. Je suis fier de tous les joueurs. Je sais comment on travaille et je suis fier du rendu. On a parlé de stratégie face à cette grosse équipe et l’envie de jouer, de défendre, de ne rien lâcher et de mélanger l’attaque entre le pied et la main.
Mettre 40 points à Pau, c’est fort et on doit être content de cette prestation parce que c’est toujours difficile de jouer cette équipe qui est l’une des meilleures du Top 14. Il faut aller à Paris, gagner parce que si on doit jouer l’access match à l’extérieur il faut gagner loin de chez nous. Le message que je dis tout le temps, continuer à travailler et penser à Paris et c’est comme ça que nous allons continuer à grandir.
On prend une bonne claque. On s’était préparé à faire un gros match Aujourd’hui on a failli. Il n’y a pas grand-chose à dire, on n’a pas été au rendez-vous dans l’intensité et que chacun se remettre en question avant la grosse réception la semaine prochaine. Si on veut se qualifier et rester dans Top 6, il faut proposer autre chose. On a manqué de réalisme et d’intensité chacun dans nos rôles. On va se regarder dans la glace et se dire les choses.
L’USAP a fait un super match, mais ils se sont aussi nourris de nos seconds ballons. Il ne faut pas douter de nous-mêmes. Je n’ai pas été au niveau et ça me pique dans mon ego. Au rugby il ne faut pas se poser beaucoup de questions, physiquement nous n’avons pas été au niveau. Le résultat est logique par rapport aux efforts que nous avons mis. C’est la vérité de ce championnat, d’abord il faut gagner les collisions et ensuite on peut parler de tout le reste. Si on espère de belles choses, il faut vite régler certains détails.
À la mi-temps on était à 13 points, il fallait réagir mais ça n’a pas suffi. On gaspille de bons ballons et on le paye cher au final. C’est vexant de repartir de Perpignan avec cette défaite et il faut vite basculer parce qu’un gros match arrive dimanche prochain. La belle équipe de rugby a gagné. L’adversaire a été au-dessus de nous. C’est un match de Top 14 et tous les matches de Top 14 sont très durs. Ils ont joué un rugby aéré et efficace.
Pour jouer à ce niveau il faut d’abord être à la hauteur physiquement dans les duels. Nous avons été soumis physiquement par moments et ça ne nous arrive pas souvent. J’ai autant confiance en mes hommes. Si on joue à un niveau que l’on veut atteindre, on peut gagner ce match, mais il y a cette domination physique qui me dérange et il y a eu une faiblesse technique ce dimanche. Globalement on a manqué d’efforts pendant 40 minutes et dans les duels face à face nous avons été dominés.