L'Histoire du Rugby à Lisle-sur-Tarn: Un Siècle de Passion et de Victoires

L'histoire du rugby à Lisle-sur-Tarn est une saga riche en événements, marquée par la passion, la détermination et un fort esprit d'équipe. De ses modestes débuts à ses récents succès, le club de l'Amicale Sportive Lisloise (ASL) a su traverser les époques, surmontant les défis et célébrant les victoires.

Les Débuts du Rugby à Lisle-sur-Tarn

Le rugby était pratiqué antérieurement à Lisle en 1908. L’Amicale Sportive Lisloise a été créée en 1920 à la sortie de la guerre 14/18. En remontant le temps et le palmarès, on remonte à 1981 avec un titre régional de 3e série. Les rugbymen avaient remporté d’autres trophées en 1978 (4e série), en 1943 (3e série), et en 1926 (4e série) où ils avaient aussi été sacrés champions de France. Le club a décroché les titres de champion des Pyrénées et champion de France 4e série le 24 avril 1927 à Châteauroux (6-3) face à l'Union Sportive Clodoaldienne (CLODO) de St Cloud.

Ce n'est qu'en 1932 que les " bleu & noir " découvraient le stade de la Noyère sur lequel ils évoluent toujours. Sur la vue aérienne de 1946, un terrain nu semble exister : il aurait été aménagé en 1931, où est recensé la création d'un terrain communal de sport (1931), puis agrandi et réaménagé après l'achat de terrains en 1941. La construction de la tribune a eu lieu en 1979/1980 : sur la vue aérienne de 1979 le terrain est encore vierge. Le bâtiment des vestiaires date de la fin des années 1980. Le terrain de tennis semble avoir coexisté avec le stade jusqu'aux alentours de 2010. Des peintures murales représentant des scènes de rugby ont été peintes sur le mur d'enceinte à une époque indéterminée.

Le stade a été l'objet d'une réhabilitation en 2015 et 2016 : deux vestiaires joueurs et un vestiaire arbitre ont été réalisés, respectant les normes d'accessibilité, et ont remplacés les anciens vestiaires devenus obsolètes.

Les Moments Clés de l'Histoire de l'ASL

La dernière trace dans le palmarès de l’ASL remonte à 1981, et un titre régional de 3e série. Les Tarnais avaient auparavant remporté d’autres trophées en 1978 (4e série), en 1943 (3e série), et en 1926 (4e série) où ils avaient aussi été sacrés champions de France.

Au sein de l’échelon majeur de la Ligue, le Tarn peut se flatter d’avoir pour la saison à venir un représentant supplémentaire en Fédérale 3. À la faveur de sa première place en poule, Saint-Juéry a connu au soir de la dix-septième journée, les joies de l’accession directe. Au niveau médian, un autre tarnais fait également des prouesses. Lisle-sur-Tarn, un patelin du vignoble gaillacois, revendiquant cent-cinq ans d’existence et le privilège d’un sacre national de Quatrième Série en 1927. Plus près de nous, Lisle 2025 c’est un cru excellent aussi bien avec l’équipe fanion que l’équipe "B".

Le club a commencé cette saison avec un effectif de 60 joueurs grâce à l’arrivée de plusieurs jeunes en manque de temps de jeu. Une jeunesse qui a apporté sa pierre à l’édifice selon le président de l’ASL Didier de Oliveira. "Ces jeunes ont redonné envie de jouer avec les lignes arrière, plus de sérénité et un certain équilibre où le jeu ne se fait plus qu’avec les avants… En début de saison, on craignait de ne pas pouvoir monter deux équipes, puis la mayonnaise a pris depuis l’automne, l’équilibre et la dynamique sont bien présents. On visait les phases finales et le titre, si on le mérite, on le gagnera et je pense qu’on le mérite. Quel que soit le résultat, la saison ne sera pas terminée et on ne va pas galvauder le championnat de France."

Les Défis et les Triomphes Récents

Ne vous y trompez pas, cette réaction ne date pas du weekend dernier, mais du mois de juin 2018. Lisle-sur-Tarn venait de conclure sa saison en Honneur Occitanie avec un bilan sportif plus que négatif et une dernière place synonyme de descente. Mais le bilan humain lui, est resté positif, grâce à un groupe solidaire, entre anciens grognards et jeunes loups donc. Ce que Régis Sacarrere, co-entraîneur avec William Davant et Sébastien Gimenez, soulignait déjà à l’époque. Les bases de la réussite d’aujourd’hui. Oui, l’ASL a bel et bien officialisé sa remontée en Honneur depuis dimanche dernier… À l’image du capitaine Damien Greffier, l’ASL avait un genou à terre en 2018, mais s’est bien relevé depuis pour décoller à nouveau…

« Certains pensaient que l’ASL déposerait les armes, il n’en est rien, bien loin de là. On dit en sport qu’on ne perd jamais : on gagne ou on apprend. Nous avons appris, et dès septembre, les vestiaires de la Noyère chanteront de nouveau.” Ce discours offensif et positif de Régis Sacarrere remonte lui aussi à juin 2018. On peut y trouver les bases d’un renouveau, d’une reconstruction, sur des fondations solides. Preuve aussi que le groupe a continué à bien vivre malgré les défaites, ce voyage de fin de saison à Madrid, où chaque joueur est rentré avec une moustache tatouée sur une partie de son corps. Joli symbole d’une bande de copains qui a l’ASL dans la peau.

Dimanche dernier, quelques heures après la victoire dans le derby contre Rabastens, synonyme de montée officielle en Honneur, nous avons naturellement demandé au coach son sentiment : « Je me souviens très bien de ce que l’on s’était dit à l’époque oui. Aujourd’hui, comme hier, c’est avant tout la réussite d’un groupe de joueurs, d’entraîneurs, de dirigeants, une histoire d’hommes en fait. On partait de loin il y a deux ans quand nous sommes descendus, tout le monde nous voyait alors comme un club moribond, mais nous y sommes arrivés, et j’en suis très fier. »

Restait à finir le travail, ce qui a été fait dimanche donc, pour la plus grande joie des anciens et des derniers arrivés. Julien Tichit est l’un d’eux, homme charnière au propre comme au figuré, et confirmait : « C’est top, on valide la première place sur un derby, avec du monde au stade, une belle ambiance, idem après le match, avec tout le groupe séniors, Une et réserve unies. Dans le jeu, il reste beaucoup de choses à régler pour viser plus. »

Un discours raccord avec celui de Régis Sacarrere : « La montée, c’est bien oui, mais la saison n’est pas finie, il reste encore de belles choses à vivre. ce n’est que le début de la fin de saison (rires). Nous voulons vivre la fin de cette saison sans rien galvauder, histoire de ne pas avoir de regrets. On a appris à faire les choses les unes après les autres, et si possible, dans le bon ordre. »

Un qui se devait de parler également, c’est la capitaine, Damien Greffier, pilier de l’équipe, même s’il joue en seconde ou troisième ligne : « On savait exactement à quoi s’attendre face à cette jeune et bonne équipe de Rabastens. On avait vu sur les réseaux sociaux qu’ils voulaient battre le premier, ils avaient bien mobilisé leurs supporters, et leur entraîneur avait annoncé que leur saison serait réussie s’ils gagnaient à Lisle. C’est de bonne guerre et c’est ce qui fait le charme d’un derby. Ce n’était pas évident, « Rabas » nous a bien contré sur toutes les phases de conquête, mais la deuxième mi-temps a été globalement à notre avantage où nous avons pu alterner le jeu grâce à une conquête enfin retrouvée, et trois beaux essais inscrits à la clé. La blessure de leur excellent numéro huit en tout début de seconde mi-temps a sans doute déstabilisé notre adversaire, mais nous avons su remettre les choses dans l’ordre au sein de notre jeu, ce qui nous a permis de nous imposer avec un bonus mérité ! Couplée à la défaite de Rodez, cette victoire nous offre la première place avec certitude avant la dernière journée, et un périlleux déplacement à Espalion ! Le premier objectif de la saison est donc rempli : se qualifier pour le championnat de France, qui pour moi, est la plus belle des compétitions. Maintenant on va prendre les compétitions les unes après les autres, Terroir, Occitanie et le France et tâcher de faire mieux que l’an dernier. Quand je vois la mobilisation de notre B et de nos dirigeants ainsi que l’école de rugby pour notre retour au vestiaire après l’échauffement ainsi que pour la rentrée sur le terrain, ça te donne les frissons et c’est pour ce genre d’émotions qu’on joue au rugby. La fête a été belle, très belle même dimanche soir à La Noyère pour célébrer cette montée. Mention spéciale à Johnathan Jeantout qui nous a fait apprécié ses talents de Showman. »

Les Lislois jouent, gagnent et séduisent. Et pourtant à l’intersaison, le recrutement n’a pas été du tout pléthorique. "Un seul joueur est venu nous rejoindre, le demi de mêlée des espoirs gaillacois, précise l’entraîneur principal, Christian Panzavolta, une figure du rugby du Sud-Est passée par Bourg et Nice. Il était intéressé par notre projet sportif. Au sein de l’encadrement, on fonctionne avec l’effectif de la saison passée. Le groupe senior est le copier-coller de 2024. Ce sont des joueurs possédant un superbe état d’esprit. Aucun ne touche le moindre euro. Des joueurs riches et comblés par la qualité des résultats. À l’approche du printemps, ils sont fin prêts pour vivre une belle aventure sportive. "

"Une première place au classement, c’est bien, renchérit Christian Panzavolta. Personnellement, je ne m’en contente pas. Déjà, dimanche, nous avons la finale départementale à Pierre-Fabre face à Sidobre qui est un premier objectif et une première étape dans notre parcours. La suite, elle est intéressante avec le match d’accession en Régionale 1, le championnat d’Occitanie ainsi que le championnat de France." Les défis ne manquent pas pour les Lislois.

Le Centenaire du Club

L’équipe dirigeante avait préparé le centenaire de l’ASL en juin 2020 mais c’était l’époque où tout le monde se mouchait dans les coudes, il fut reporté. La célébration du centenaire en grande pompe sera le samedi 7 juin avec à 14 heures conférence de Frédéric Alajarin sur l’histoire du club suivi à 15 heures d’un tournoi de « rugby touché » puis à 18 heures début de la bodega avec la Band’a Gérard. L’apéritif et le repas préparé par « Les Amis du Brasero » seront lancés à 19 heures avec une prolongation de la soirée jusqu’à tard avec DJ Brifou.

Comprendre le rugby en 5 minutes !

Le Rugby dans le Tarn

À l’aube du XXème siècle, le Tarn enregistre une éclosion de clubs particulièrement entre 1901 et 1914. L’industrialisation (le Football Club Carmausin et l’Olympique de Carmaux) (1907) qui deviendront Union Sportive Carmausine en fusionnant en 1940 ; le Foot Ball Club Association de Saint-Juéry (1908) ; Mazamet dont on a parlé plus haut, le Foot Ball Club Cagnacois 1919, Le S.C.

Une opposition se fait jour entre le Foot et le Rugby, entre les pratiques des banlieues ouvrières et les villes et les villages. Le nombre de clubs ne cesse de croître ; le nombre de licenciés également. Des clubs perdurent, nous fêtons régulièrement des centenaires. D’autres se maintiennent : Labruguière, Biratexte, Montredon Labessonnié (1926), Valence (1939), Vabre (1941), Alban (1967), Saïx (1971), Lacaune, Puylaurens, Montans, Labastide St Georges (1972), Soual, Vielmur (1973), Blaye (1974), Cambon (1979), Aussillon (1980), Saint- Amans (1989), Brens (1995). Aujourd’hui, le Tarn compte 35 clubs avec une densité très forte dans le Sud du Département.

Quelques figures emblématiques du rugby tarnais:

  • Marcel BATIGNE : qui présida longtemps aux destinées du S.C. Graulhet avant d’être élu Président de la F.F.R.
  • Charles DURAND : né à Arthès, qui, après avoir joué et entraîné Saint-Juéry et Albi devint vice-président de la F.F.R.
  • Lucien MIAS : capitaine de l’équipe de France qui s’est imposée pour la première fois en Afrique du sud en 1958.

L'Évolution du Rugby en Occitanie

D’abord pratiqué en Aquitaine, dont on sait les liens historiques avec la Grande-Bretagne, où il est né dès 1823, le rugby se développe dans le dernier quart du XIXe siècle en Occitanie, comme en témoigne l’histoire de certains clubs régionaux.

En 1899, les clubs de province sont autorisés à participer aux championnats de France de rugby et la pratique se développe partout dans le Sud-Ouest. Dans le premier quart du XXe siècle, on aménage de façon sommaire les stades avec des fonds privés. Petit à petit, le rugby devient un sport régional digne de considération et l’intérêt porté aux équipements pour le pratiquer et assister aux matchs se répand partout. Dans l'entre-deux guerres, à côté des initiatives privées, on voit se développer une réflexion portée par les pouvoirs publics.

Des communes à l’État, le sport, dont le rugby fait partie, est investi de fonctions et valeurs politiques, morales et de santé publique afin de contribuer à lutter contre les fléaux sociaux. La modernisation des stades se poursuit dans les années 1960, avec des objectifs conformes à l’évolution de la société et de la technologie.

Tableau Récapitulatif des Titres de l'ASL

Année Compétition Résultat
1926 Championnat de France Vainqueur (4e série)
1927 Championnat des Pyrénées Vainqueur (4e série)
1943 Championnat Régional Vainqueur (3e série)
1978 Championnat Régional Vainqueur (4e série)
1981 Championnat Régional Vainqueur (3e série)

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