Le Tournoi des Six Nations rassemble chaque année amateurs et passionnés de rugby. De février à mars, les meilleures sélections nationales européennes s'affrontent dans un mini championnat qui donne souvent lieu à des matchs spectaculaires. Si le Tournoi des Six Nations est aujourd'hui mondialement connu pour rassembler chaque année l'Angleterre, l'Écosse, la France, le pays de Galles, l'Irlande et l'Italie, sa forme actuelle n'existe que depuis 2000. L'origine de ce championnat remonte à 1882, sous le nom Home Nations Championship.
Il s'agit alors d'un tournoi britannique, qui ne réunit que les sélections nationales d'Angleterre, d'Écosse, du pays de Galles et d'Irlande. En 1910, l'équipe de France de rugby est intégrée à la compétition, qui devient alors le Tournoi des Cinq Nations. Mais elle en est exclue en 1931 car le rugby se professionnalise dans l'Hexagone au contraire du Royaume-Uni (rémunération des joueurs, transferts entre les clubs) et le jeu des Français est souvent jugé "violent". Il renaît en 1947, sous le format des Cinq Nations avec la réintégration de la France. Un format qui perdure jusqu'en 2000, année où l'Italie intègre le championnat, devenant ainsi le Tournoi des Six Nations que l'on connait aujourd'hui.
Récemment, l'intégration de la Géorgie ou de la Roumanie a été envisagée, tandis que des nations non-européennes, comme l'Argentine, l'Afrique du Sud, le Japon ou les Fidji ont fait part de leur envie de rejoindre le tournoi.
Onze cuillères de bois en vingt-trois participations, une quatrième place comme meilleur résultat et une série noire de 36 défaites consécutives ayant pris fin lors de l’ultime journée de l’édition 2022. Les piètres performances de l’Italie dans le Tournoi des Six Nations ont suscité de vifs débats ces dernières années, au point que son retrait de la compétition fut souhaité par certains.
Le premier appel du pied fut lancé par l’Italie au tout début des années 1980. Une demande bien trop précoce. À cette époque, leur XV international émergeait à peine sur la scène européenne et, hormis quelques matchs face au XV de France, n’avait jusque-là jamais affronté la moindre nation forte du rugby.
Grâce à la venue d’entraineurs étrangers et l’émergence de joueurs talentueux, le XV italien signa quelques bons résultats au Trophée européen, compétition annuelle ouverte aux nations européennes ne participant pas aux tournois des Cinq Nations.
Affrontant l’Australie en 1983, la Nouvelle-Zélande en 1987, l’Irlande en 1988, l’Angleterre en 1991 et les Pays de Galles en 1994, ces premiers tests face aux cadors de la discipline se soldèrent tous par des défaites.
Cette année-là, peu de temps avant la troisième édition de la Coupe du Monde, le XV d’Italie s’imposait 22-12 face à l’Irlande et remportait pour la première fois de son histoire une victoire face à un pays membre du tournoi des Cinq Nations. Un coup de chance ? Un authentique exploit sans lendemain ? Certainement pas.
Deux années plus tard, les troisièmes et quatrièmes rencontres entre Italiens et Irlandais se soldèrent par deux nouvelles victoires pour la Squadra Azzurra. Inenvisageable de nos jours, en cette fin d’année 1997 les Italiens menaient 3-1 au bilan face à l’Irlande.
Tournoi des Six Nations moins 20 ans 2026 : Le résumé de France - Italie
Trois succès de prestige en l’espace d’une année dont une victoire face au lauréat du précédent Tournoi des Cinq Nations. L’Italie venait de transformer l’essai. Elle jouissait désormais d’une certaine renommée et pouvait légitimement prétendre à une intégration au Tournoi.
Alors, lorsqu’elle signala sa volonté de devenir la sixième nation, les fédérations anglo-saxonnes et françaises réunies à Paris en janvier 1998 approuvèrent à l’unanimité son adhésion. À compter de l’édition 2000, l’Italie rejoignait le tournoi rebaptisé Six Nations.
Le 5 février 2000 à Rome, l’Italie soigna son entrée dans la compétition par une victoire 34-20 face au champion sortant écossais. À lui seul, le demi d’ouverture Diego Dominguez inscrivait 29 des 34 points italiens, nouveau record du plus grand nombre de points inscrits par un même joueur lors d’un match de ce tournoi centenaire. Pour ses grands débuts, l’Italie ne pouvait rêver mieux. Malheureusement, cette victoire pleine de promesse restera jusqu’en 2003 leur unique succès dans la compétition avant un nouveau coup d’éclat à domicile face aux Pays de Galles.
Ce 5 février 2000, les Transalpins réussissent une entrée en fanfare. Ils surclassent l’Écosse 34 à 20 et semblent marquer une nouvelle ère de la vénérable compétition. Le pilier remplaçant Giampiero De Carli marque le premier essai de l’histoire de son pays dans le Tournoi. Les envoyés spéciaux avaient décrit une Rome sous le charme de la nouveauté de cette ambiance fraternelle moins clivante que celle du foot. Depuis deux mois, les joueurs italiens ne pensaient qu’à ça. Chaque semaine depuis l’entrée en fonction de leur entraîneur néo-zélandais Brad Johnstone, ils se retrouvaient à Tirrenia, le centre de préparation olympique.
"Rentrer dans le Tournoi, avait averti Troncon, c’est le rêve de notre génération. Les Italiens attendaient ce moment depuis vingt ans, depuis les premiers appels du pied, avec, au fil du temps, l’appui de la France, partenaire historique, pas mécontente de trouver un allié pour faire contrepoids aux quatre nations anglo-saxonnes.
Les premières demandes furent clairement rejetées jusqu’au vote historique du 16 janvier 1998 quand le Comité prit enfin la décision de passer de cinq à six nations, décision prise à l’unanimité. Pour la première fois depuis 1909, dans le Tournoi toutes les équipes pourraient jouer le même week-end. Cette évolution, on la sentait venir depuis quelques années à partir des années 90, les Azzuri montaient en puissance.
Le grand public français les avait découverts à Grenoble le 22 mars 1997 quand ils avaient battu le XV de France à la surprise générale 40 à 32. Mais les Italiens de cette époque ne s’étaient pas limités à cet exploit. Le 4 janvier précédent, ils avaient battu l’Irlande en Irlande, ils l’avaient déjà fait en 1995, ils le referont le 20 décembre suivant. Ils avaient aussi battu l’Écosse en janvier 1998 à Trévise, un succès qui avait influencé bien sûr le vote historique.
Au printemps 1997, les Italiens se plaisaient à dire qu’ils auraient fini avec trois victoires s’ils avaient joué le Tournoi des 6 Nations cette année-là, soit au même niveau que l’Angleterre. Tous les clignotants étaient au vert pour enfin entériner la grande décision qui devait, en principe, donner un coup de fouet terrible à ce rugby qu’on ne connaissait que de loin en loin.
On savait qu’il importait des entraîneurs étrangers souvent français, dont Pierre Villepreux, Bertrand Fourcade et plus loin dans le temps, Julien Saby, vrai pionnier des années 30. D’ailleurs l’entraîneur de l’embellie de 1997 était aussi français, Georges Coste, de Perpignan.
On avait du mal à se faire une idée de la place que pourrait trouver le rugby dans un pays voué au foot, davantage qu’en France en termes de supériorité sur les autres sports. Alors, jouer au rugby ici c’est vouloir se singulariser, se démarquer d’une identité collective massive. Le fief est en Vénétie Trévise, Padoue, Rovigo , région industrieuse et tranquille où les grandes équipes de foot sont absentes. Là se sont constituées des généalogies de joueurs qui sont la chair vive du rugby italien. Ensuite, les clubs font de l’évangélisation auprès des jeunes dans les autres sports. Comme ça, le rugby italien vit avec 23 000 licenciés. Mais après tout, l’Écosse n’en a pas plus.
Un journaliste passionné, Francesco Volpe, du Corriere dello Sport expliquait : "Il faut avoir l’esprit sportif. C’est un jeu dur et compliqué qui ne se donne pas d’entrée. Et surtout, il faut savoir accepter de perdre. Au rugby, les meilleurs perdent et se renforcent de leurs défaites. En Italie, on ne sait pas perdre." Propos qu’on pourrait bien amender quand on sait ce qui a suivi. D’ailleurs, quand l’Italie découvrit le Tournoi, l’atmosphère était déjà à la baisse, car la Coupe du Monde 1999 avait déjà été décevante. "On ne peut pas ramer contre le calcio, disait Massimo Giovanelli, troisième ligne de Narbonne. Il y a un petit public de rugby et il a été déçu par nos prestations catastrophiques en Coupe du monde.
Le 5 février 2000, l’Italie fait une entrée fracassante dans le Tournoi des Six Nations, et non plus cinq. Mais les promesses se sont vite envolées. Le Tournoi bouge très peu et très peu souvent. Tous les 90 ans… C’est le délai qui sépare les entrées des deux dernières nations invitées : la France en 1910 et l’Italie en 2000.
Cette date ne vous dit rien ? Logique si vous n’êtes pas un spécialiste de l’histoire de la Squadra Azzurra. Elle correspond tout bonnement au jour où l ’Italie a été acceptée officiellement dans ce qui était encore le Tournoi des Cinq Nations. L’aboutissement de longues et âpres négociations menées par le dirigeant italien avec ses homologues français et britanniques.
« Beaucoup ont pensé que Dondi était un peu fou de penser que l’Italie pouvait rentrer dans le Tournoi, s’amuse-t-il rétrospectivement. Et c’est vrai que c’était quelque chose d’un peu fou. » Est-il utile de préciser que la fierté perce sous la remarque ?Aujourd’hui, même si quelques voix s’élèvent pour demander à ce qu’elle soit remplacée par une Géorgie qui apparaît plus compétitive, l’Italie est bien implantée dans une compétition qu’elle dispute depuis l’an 2000. Il n’en a pas toujours été ainsi.
« Il a fallu faire évoluer les mentalités, souffle Giancarlo Dondi. Et faire preuve de diplomatie. Ça n’a pas été facile. »« Ils ne pensent qu’à l’argent »"Il a fallu faire évoluer les mentalités"C’est au milieu des années 90 que le projet a germé dans son esprit , porté par les bons résultats d’une sélection entraînée par le Français Georges Costes entre 1993 et 1999, qui avait battu des équipes telles que l’Irlande, l’Écosse et même la France, chez elle, qui venait pourtant de réaliser le Grand Chelem en 1997 (40-32).
Un bien vilain tour à un voisin qui a pourtant joué un rôle décisif dans l’entrée de la Squadra Azzurra dans le Tournoi. Giancarlo Dondi l’affirme : « La France a été la nation du rugby qui a porté l’Italie dans le Six-Nations. »Bernard Lapasset, président de la Fédération française de rugby à l’époque (1991-2008), s’en souvient encore. La partie n’a pas été aisée : « Il y a eu des résistances. Mais on a fini par imposer nos vues avec Giancarlo Dondi. L’idée, c’était d’ouvrir le rugby : on avait une stratégie pour l’internationaliser. »
Il y a sans doute un peu de ça. Jacky Laurans, ancien président du Comité des Six-Nations, évoque lui aussi une volonté d’ouverture ou encore l’aspect pratique d’une opération qui permettait d’intégrer une sixième nation dans une compétition qui imposait à une équipe d’être exempte chaque week-end. Mais il l’admet en plaisantant, l’histoire n’est pas aussi romantique que cela : « Je ne voudrais pas laisser penser que le Six-Nations n’est qu’un repère de financiers. »
Giancarlo Dondi ne s’embarrassent pas d’autant de scrupules au moment d’évoquer ses anciens homologues britanniques :« Comment vous croyez que la France a obtenu le Mondial 2023 ? C’est avec la meilleure offre. Ils ne pensent qu’à l’argent ! »
Les Celtes auraient pourtant pu se réjouir à l’idée de voir débouler dans l’institution une puissance économique forte de plus de 55 millions d’habitants. Mais ce n’était pas leur raisonnement. « Ils n’étaient d’accord qu’à une condition : qu’ils ne soient pas pénalisés financièrement. En clair, il a fallu trouver des solutions pour que le ‘‘ gâteau’’, même partagé en six, représente plus pour les Celtes. »
Une intégration progressive
Une seule solution pour cela, que les Italiens ne touchent aucun bénéfice de leur participation aux Tournoi durant les premières années. « Les autres équipes ne nous ont pas donné un euro, s’agace encore Giancarlo Dondi. On avait les recettes des matchs à domicile, mais il a fallu trouver des sponsors et négocier les droits TV. »
Le détail est plus complexe précise tout de même Jacky Laurans : « L’Italie a été intégré petit à petit entre 2000 et 2004 : lors des premières années, elle n’a pas été intéressée par les revenus du Tournoi. Lors de la troisième, elle l’a été à 25 % et lors de la quatrième, à 50 %. Lors de la cinquième, elle est devenue membre de plein droit. »
Jusqu’à la signature des status du Tournoi. Mais là encore l’affirmation mérite d’être détaillée. « 75 % des droits étaient équitablement partagés en six, précise Jacky Laurans. Les 25 % restants étaient répartis en fonction du nombre de clubs et du classement mondial.
RUGBY. L'Italie a lancé son Tournoi des Six Nations par une victoire contre l'Écosse ce samedi (18-15), une première depuis plus de dix ans. Monty Ioane a laissé explosé sa joie au coup de sifflet final. Voici un résultat qui va rappeler quelques souvenirs. L’Italie est venue à bout de l’Écosse ce samedi (18-15) pour lancer son Tournoi des Six Nations par un succès. Un succès similaire à celui de 2000, année de la première participation transalpine, qui permet surtout aux hommes de Gonzalo Quesada de bien lancer leur compétition pour la première fois depuis 2013.
Cette victoire était attendue depuis plus de dix ans par les Italiens. Contre l’Écosse ce samedi, les joueur de Gonzalo Quesada ont bravé le déluge de Rome pour décrocher une première victoire dans le Tournoi des Six Nations 2026. Un succès acquis dans la douleur qui permet aux Transalpins de lancer leur Tournoi positivement pour la première fois depuis 2013.
Pour retrouver la trace d’une victoire italienne lors de la première journée du Tournoi des Six Nations il faut donc remonter à 2013 et une réception du XV de France (23-18). La Squadra Azzurra n’avait connu que des défaites jusqu’ici même si elle avait évolué à domicile à sept reprises. En affrontant l’Écosse en ouverture du Tournoi pour la deuxième fois d’affilée, l’Italie a donc mis fin à sa série négative. Les partenaires de Paolo Garbisi, auteur de huit points ce samedi, ont lancé leur compétition par un succès pour la quatrième fois de leur histoire seulement. Contre la France, donc, en 2013, face au pays de Galles dix ans plus tôt (30-22, en 2023) mais surtout lors de leur première participation en 2000, déjà contre les Écossais (34-20).
Les victoires de l'Italie lors de la première journée du Tournoi des Six Nations
| Année | Adversaire | Score |
|---|---|---|
| 2000 | Écosse | 34-20 |
| 2003 | Pays de Galles | 30-22 |
| 2013 | France | 23-18 |
| 2026 | Écosse | 18-15 |
Les Italiens pourront remercier Louis Lynagh et Tommaso Menoncello, auteurs d’un essai chacun, mais surtout les avants pour leur énorme travail fourni pendant plus de 80 minutes ce samedi. En règle générale, la Nazionale évolue en bleu ou en blanc en fonction de la tunique de ses adversaires. Cette tenue spéciale rend hommage à Giuseppe Garibaldi.
Ce personnage historique important de l'histoire italienne, né à Nice en 1807 (la ville était alors française avant de rebasculer dans le Royaume de Sardaigne en 1815 jusqu'en 1860), a notamment contribué à l'unification du pays au XIXe siècle. Chef militaire, il était à la tête de troupes surnommées les Chemises rouges.
Outre cette référence vestimentaire, Garibaldi donne aussi son nom au trophée que se disputent chaque année la France et l'Italie. Le design de la coupe a d'ailleurs été réalisé par l'ancien capitaine des Bleus, Jean-Pierre Rives (59 sélections entre 1975 et 1984), devenu sculpture à la fin de sa carrière.
Vainqueurs de l’Ecosse et séduisants en Irlande, les hommes de Gonzalo Quesada se présentent en confiance au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq (Nord), pour affronter les Bleus dimanche, lors de la troisième journée de la compétition de rugby.
Rarement un avant-match aura été aussi cordial. A deux jours de la rencontre du Tournoi des six nations entre le XV de France et celui de l’Italie, qui se tiendra le dimanche 22 février à 16 h 10, le sélectionneur des Bleus, Fabien Galthié a, comme il est de coutume, été invité par les journalistes à dire tout le bien qu’il pensait de son adversaire.
L’ex-demi de mêlée ne s’est pas fait prier : la Squadra Azzurra est, dit-il, « capable de battre n’importe quelle équipe du Top 10 mondial » et même de « gagner » la compétition continentale. « On le prend comme un gros compliment », lui a répondu son homologue Gonzalo Quesada, samedi, par conférence de presse interposée. « Fabien n’a pas besoin de s’enlever de la pression avec une phrase comme ça. Je pense qu’il est sincère. C’est vraiment sympa », a ajouté l’Argentin, qui partage avec le Lotois le fait d’avoir entraîné dans le Top 14, le championnat de France de rugby, et d’avoir notamment mené le Stade Français au titre.
Fabien Galthié n’est pas le premier à tresser des lauriers aux Transalpins. En novembre 2025, le sélectionneur des doubles champions du monde sud-africains, Rassie Erasmus, y était lui aussi allé de ses louanges. « Pour moi, cette équipe est sur une vraie dynamique ascendante. Elle est très sous-estimée », expliquait-il après avoir vu l’Italie offrir une belle résistante à ses troupes (32-14).
Si on regarde le palmarès uniquement pour le format Six Nations qui existe depuis 2000, avec l'intégration de l'Italie, c'est bien plus serré ! Parmi les six nations qui participent chaque année à ce tournoi, trois sont des États membres de l'Union européenne : la France et l'Italie depuis 1957, ainsi que l'Irlande depuis 1973. L'Écosse, le pays de Galles et l'Angleterre ne sont pas des pays, mais des nations constitutives du Royaume-Uni, membre de l'UE de 1973 à 2020, année du Brexit.
