L'épaule est une articulation très mobile, sollicitée dans les activités quotidiennes et sportives. Au handball, elle est particulièrement exposée aux blessures en raison des contacts physiques intenses et des contraintes mécaniques liées aux mouvements rapides et répétés.

Les handballeurs le savent : la pratique de leur discipline comporte son lot de risques et de blessures. Sans être officiellement un sport de contact, le handball implique souvent des contacts physiques intenses entre attaquants et défenseurs. Que tu sois gardien, ailier ou pivot, tu t’exposes à la loi du terrain : entorses, claquages et autres contusions rôdent, tout prêts à te mettre au repos forcé si tu manques de vigilance et/ou de préparation.
Les blessures à l'épaule au handball
Par rapport à la cheville, au genou ou au mollet, l’épaule est un peu une star de l’ombre dans le hand. Elle te permet pourtant de balancer des missiles en lucarne ou de faire des passes laser. Elle peut donc également faire des siennes pendant ou après un match et te laisser avec le bras qui pendouille comme une marionnette fatiguée. Certains chocs peuvent en effet provoquer un phénomène de déplacement partiel ou total de l’humérus : la luxation de l’épaule.
Les blessures touchant l’épaule ou la clavicule représentent plus de 11 % des blessures au handball. Voici les principales blessures de l'épaule rencontrées chez les handballeurs :
- Instabilité de l'épaule : L’épaule instable peut toucher tout le monde. Elle est cependant plus fréquente chez le jeune adulte, notamment sportif. L’épaule instable arrive dans un second temps, une fois l’épaule luxée.
- Luxation de l'épaule : Elle est le déboîtement de l’articulation entre la tête de l’humérus et la glène de l'omoplate.
- Ruptures de la coiffe des rotateurs : La coiffe des rotateurs correspond à 4 à 5 tendons en forme de sangle, assurant la stabilité et la mobilité de l’épaule.
- Douleurs chroniques par excès de sollicitation (overuse syndrome) : Au cours du geste de lancer, l’épaule est soumise à des contraintes importantes nécessitant un équilibre parfait entre mobilité et stabilité.
- Entorse ou disjonction acromio-claviculaire : La disjonction (entorse ou luxation) acromio-claviculaire correspond à une perte de contact entre les surfaces articulaires de l’acromion et de la clavicule.
- Fracture de clavicule : La fracture de clavicule est très fréquente après une chute sur l’épaule.
Exercices de prévention des blessures École française de handball
Causes des blessures à l'épaule
Il y a en fait 2 causes principales de l’épaule instable. Le principal facteur de risque de l’épaule instable est le fait d’avoir déjà eu une luxation d’épaule, particulièrement si la luxation est survenue avant 30 ans. L’hyperlaxité ligamentaire, d’origine génétique.
Les risques de blessures sont liés à l’impact traumatique direct entre attaquants et défenseurs entraînant des traumatismes divers et par les contraintes mécaniques liées aux accélérations brutales et répétées lors des phases attaque/défense.
Plusieurs facteurs participent à la déstructuration de l’épaule dans ce sport :
- l’augmentation de la mobilité en rotation externe par rapport à la rotation interne (le geste de lancer se faisant en rotation externe) responsable d’une instabilité micro-traumatique.
- l’apparition d’un déséquilibre entre les différents groupes de muscles autour de l’épaule (déséquilibre entre les muscles rotateurs externe/interne).
- une position et mobilité anormale de l’omoplate (dyskinésie scapulo-thoracique).
Comme l'épaule est fréquemment positionnée en abduction et en rotation externe, l'articulation présente un risque élevé de luxation traumatique, lorsqu'un joueur est poussé, tiré ou déséquilibré pendant l'attaque, ou lorsqu'un défenseur tente de bloquer le tir d'un attaquant.
Symptômes de l'instabilité d'épaule
Les symptômes de l’instabilité d’épaule sont assez facilement identifiables. Il est rare de passer à côté du diagnostic d’une épaule instable.
- la douleur, localisée au niveau de l’épaule. Elle est le plus souvent vive et gênante, particulièrement lors des mouvements du quotidien pour s’habiller ou réaliser des tâches ménagères. Elle rend souvent impossible la pratique de sports sollicitant les membres supérieurs.
- à la radio, la luxation ou la subluxation est fréquemment flagrante.
Traitement de l'épaule instable
Afin de s’orienter vers le traitement kinésithérapique ou chirurgical adapté, il faut déterminer l’origine de l’instabilité. Cela est réalisable à l’aide d’un interrogatoire du patient, accompagné de tests cliniques. Parfois, le recours à l’imagerie est nécessaire.
Le traitement de l’épaule instable est bien évidemment la stabilisation de l’épaule. L’épaule instable d’origine musculaire n’est pas une indication à l’opération. Elle est donc prise en charge le plus souvent par les kinésithérapeutes.
L’intervention chirurgicale est la plupart du temps réservée aux épaules instables d’origine traumatique. Cependant, certaines personnes peuvent préférer tout de même recourir à la kinésithérapie avant de se faire éventuellement opérer.
La kinésithérapie
Les kinésithérapeutes peuvent réaliser un bilan et proposer des séances adaptées à cet objectif préventif. Le but sera de renforcer les muscles de l’épaule pour qu’ils assurent une meilleure stabilité à l’articulation.
Une fois la douleur maîtrisée, le travail de fond commence. L’objectif est de renforcer les muscles stabilisateurs. Les exercices spécifiques pour renforcer les muscles de la coiffe des rotateurs et les muscles stabilisateurs de l’omoplate sont essentiels pour restaurer la force et la fonction de l’épaule.
Chirurgie
Chez les patients ayant des antécédents de luxation traumatique de l'épaule (groupe 2), une réparation arthroscopique antéro-inférieure de Bankart ou un renfort capsulaire est fortement indiqué si l'instabilité est la pathologie sous-jacente.
Prévention des blessures à l'épaule
Contrairement aux idées reçues, jouer fort et jouer malin peuvent aller ensemble. L’échauffement est rarement la partie la plus glamour de l’entraînement. Et pourtant tu le sais comme nous, une bonne préparation des muscles et des articulations est le meilleur moyen de repartir entier après une rencontre, sans mauvaise surprise de type entorse de la cheville ou claquage au mollet.
Alors, bichonne tes chevilles, tes genoux, tes coudes, tes poignets et tes doigts comme il se doit avant de te lancer à l’assaut du ballon. Et parce qu’un corps en béton ça ne se fabrique pas avec des siestes, intègre des exercices de renforcement musculaire à ta routine sportive.
Échauffement et préparation physique
La première chose à faire pendant un entraînement est de réveiller les articulations. C’est-à-dire de mouliner les articulations en faisant des petits cercles et faire des mouvements de l'épaule. Pensez à bien faire toutes les articulations (poignets, chevilles, épaules, cou, etc.). Après cela, faites des exercices de mobilité, sans résistance.
Après cela, faites monter le cardio avec des exercices tels que du sprint sur place, puis une accélération sur plusieurs mètres. Faites cela plusieurs fois. Ensuite, vous pouvez commencer à mettre de la résistance.
Équipement
L’habit ne fait pas le moine, mais l’équipement fait (en partie) le sportif. Investis plutôt dans de vraies chaussures de sport en salle, une paire digne de ce nom avec des semelles antidérapantes qui t’éviteront de confondre le terrain avec la patinoire du coin. Côté accessoires, laisse tes bijoux au vestiaire (oui, on parle aussi de ta gourmette porte-bonheur). Sur le terrain, moins tu portes de choses, mieux c’est, exception faite des équipements de protection.
Les genouillères sont évidemment un must have pour les adeptes des plongeons spectaculaires ou des contacts rapprochés avec la terre ferme. Grâce à elles, épargne-toi quelques bleus et égratignures, et améliore ta proprioception indirectement. Préserve également ton beau sourire hollywoodien à l’aide de protège-dents.
Réhabilitation
Si l’envie de retourner jouer après une blessure est aussi forte que celle de taper un croc dans une pizza qui sort du four, alors cette dernière règle est faite pour toi. Arme-toi de patience (les sprinteurs, on vous voit) et assure-toi que toute blessure antérieure est complètement guérie avant de retoucher le ballon.
Des protections spécifiques peuvent même t’accompagner à l’entraînement après une entorse, un claquage ou une contusion. Pense par exemple à t’équiper d’une attelle bien ajustée pour soutenir ta cheville encore fragile ou d’un petit coup de tape kinésiologique pour maintenir ce genou capricieux.
Suivi médical
Hors terrain, le kiné du sport est ton meilleur coéquipier. La douleur d’épaule du handballeur est complexe mais pas insurmontable. La solution réside dans une approche active, pilotée par un professionnel de la santé du sport. Votre kinésithérapeute du sport à Nîmes est le partenaire idéal pour vous accompagner. Grâce à un diagnostic précis et une rééducation personnalisée, il vous aidera non seulement à guérir, mais aussi à devenir un athlète plus robuste.