Rugby : L'histoire des confrontations France - Afrique du Sud

Les rencontres entre le XV de France et l'Afrique du Sud ont toujours été des moments forts de l'histoire du rugby. Des matchs épiques, des enjeux importants et une rivalité respectueuse ont marqué ces confrontations. Cet article explore les moments clés de cette histoire, des matchs nuls surprenants aux défaites crève-cœur en Coupe du Monde.

Un match du siècle sans point : France - Afrique du Sud en 1961

Le 18 février 1961, au stade Yves du Manoir à Colombes, un match d'anthologie s'est déroulé entre la France et l'Afrique du Sud. Les Bleus accueillaient les Springboks, invaincus depuis deux ans. Ce match s'est terminé sur un score surprenant de 0-0. Ni essai, ni drop, ni pénalité transformée. Pourtant, ce match est resté dans les mémoires comme le "match du siècle".

Michel Crauste, troisième ligne de l'équipe de France en 1961, soulignait : "Nous étions très motivés, nous avions serré les rangs et nous avions fait un match fabuleux, héroïque, pour [contenir] la fougue des Springboks." Pierre Albaladejo, demi d'ouverture, ajoutait : "C'était un match très engagé, très féroce. Un demi-siècle plus tard, il nous est difficile d'expliquer que l'on peut jouer un match extraordinaire en ne marquant aucun point ni d'un côté ni de l'autre."

L'enjeu était clair pour les Bleus : réaliser un exploit pour empêcher l'Afrique du Sud de repartir après un parcours parfait.

1995 : La demi-finale de Coupe du Monde, un souvenir douloureux

Dans l’esprit de certains anciens, l'affiche entre les vainqueurs du dernier Tour des 6 Nations et les doubles champions du monde en titre, ravive une autre plaie. Le 17 juin 1995, à Durban, en demi-finale de la Coupe du monde, les Bleus défient, chez eux, les Sud-Africains, à la recherche de leur premier titre mondial. Côté Français, ailier gauche : Philippe Saint-André. Le joueur de l’AS Montferrand ne marquera pas ce jour-là, et le XV de France sera éliminé du Mondial (19-15).

Philippe Saint-André dévoile à nos confrères de L’Équipe : "Ça fait trente ans et je n’ai jamais voulu la revoir". Il poursuit : "L’arbitre nous refuse trois ou quatre essais. Je ne vais pas dire que c’était un vol manifeste mais cette demi-finale n’a pas été très clean. Notre génération pensait pouvoir être championne du monde et on a été marqués à vie par cette défaite".

Selon Saint-André, le match n’aurait pas dû avoir lieu en raison des conditions météo. Les souvenirs reviennent, je les avais enfouis au fond de moi.

1997 : France - Afrique du Sud à Lens, un match amical riche en enseignements

Au début des années 1990, l’Afrique du Sud a longtemps été un pays banni. Le cauchemar a pris fin avec une volonté de se conformer aux droits humains, symbolisée par l’élection du militant noir Nelson Mandela à la tête du pays. La France, qui sera l’hôte de ce rendez-vous, s’intéresse à cette prometteuse sélection et l’invite à disputer une rencontre amicale le 11 octobre 1997 à Lens, dans un stade Félix-Bollaert tout juste rénové.

L’équipe d’Aimé Jacquet est disposée en 4-3-3 avec en défense Laurent Blanc et Marcel Desailly, encadrés par Lilian Thuram et Vincent Candela. Le milieu de terrain est composé du capitaine Didier Deschamps et du revenant Emmanuel Petit avec Youri Djorkaeff en meneur de jeu. L’équipe sud-africaine déplore l’absence de deux pièces maîtresses, l’emblématique défenseur Mark Fish et le meneur de jeu Doctor Khumalo.

Au retour sur le terrain, Zinédine Zidane a remplacé Robert Pirès, ce qui reconfigure l’équipe en 4-4-2. Au bout de huit minutes, Zidane tente d’alerter Djorkaeff mais le ballon est repoussé devant sa surface par un défenseur sud-africain. Guivarc’h surgit et frappe spontanément du pied gauche le ballon qui vient à lui.

La rencontre se termine sous la pluie. Thierry Henry tente un ultime rush en faisant parler sa pointe de vitesse mais il sera arrêté par les défenseurs.

Coupe du Monde 2023 : Une défaite amère au Stade de France

Même lieu, même adversaire et même résultat. Deux ans après avoir été éliminé par l’Afrique du Sud en quart de finale de la Coupe du monde, le XV de France a de nouveau été battu par les Springboks, samedi 8 novembre, au Stade de France, dans le cadre de la tournée d’automne (17-32). En tête à la pause (14-13) et en supériorité numérique après le carton rouge reçu par le deuxième ligne Lood de Jager, les hommes de Fabien Galthié ont pourtant perdu petit à petit le fil du match, à cause notamment de leur indiscipline, jusqu’à s’incliner assez nettement.

La rencontre avait commencé idéalement pour les Bleus, et notamment pour Damian Penaud, auteur de deux essais en première période. Des passages par l’en-but qui permettent à l’ailier bordelais d’occuper désormais seul la première place du classement des meilleurs marqueurs d’essais (40) en équipe de France, lui qui partageait jusqu’alors cet honneur avec Serge Blanco.

Les Bleus du XV de France et les champions du monde sud-africains, doubles champions du monde en titre, se retrouvent ce samedi 8 novembre au Stade de France.

Le Fil du Match :

  • 4e, 5-0 : sur la première offensive des Bleus, Thomas Ramos voit l’espace et sert au pied Damian Penaud, qui est le plus rapide pour aller ouvrir la marque sur son aile. L’essai est transformé par Ramos (7-0).
  • 27e, 12-6 : Thomas Ramos trouve de nouveau son compère Damian Penaud, cette fois-ci par une passe à la main. Et comme quelques minutes plus tôt, personne n’est capable d’empêcher le Bordelais d’aller s’allonger dans l’en-but. L’arrière toulousain se charge à nouveau d’ajouter deux points (14-6).
  • 33e, 14-11 : le demi de mêlée sud-africain Cobus Reinach voit qu’il y a un petit oubli dans la défense française au ras d’un ruck, prend l’intervalle, et bat Damian Penaud d’un astucieux coup de pied par-dessus avant de marquer. L’essai sera transformé (14-13).
  • 40e, 14-13 : après de longues minutes d’arbitrage vidéo, l’homme au sifflet décide d’exclure le deuxième ligne sud-africain Lood de Jager, s’étant rendu coupable d’un plaquage haut et à l’épaule sur Thomas Ramos.
  • 64e, 17-18 : quelques instants après le carton jaune infligé à Louis Bielle-Biarrey pour un en-avant volontaire, les Springboks prennent l’avantage grâce à un maul conclu par un essai du centre André Esterhuizen.
  • 71e, 17-25 : les Bleus parviennent cette fois à contenir le maul sud-africain, mais le demi de mêlée Grant Williams profite de la désorganisation pour s’échapper et marquer entre les poteaux.
  • 77e, 17-32 : l’ouvreur sud-africain Sacha Feinberg-Mngomezulu conclut la jolie performance de son équipe par un ultime essai en vitesse. Le ballon de la transformation passe entre les perches, la défaite est cuisante pour le XV de France.

Maîtrisée et dominée par des Sud-Africains bien plus puissants, l’équipe de France s’est inclinée ce samedi à Saint-Denis (17-32). Au cœur du marasme de la seconde période, le banc français a souffert de la comparaison avec son homologue springbok.

FRANCE - AFRIQUE DU SUD : COMMENT BATTRE LES SPRINGBOKS ?

Le coaching : un facteur déterminant

La chose la plus impressionnante chez Rassie Erasmus est peut-être son imprévisibilité. Une caractéristique importante pour un tacticien au plus haut niveau, qui oblige ses adversaires à être sans cesse sur leur garde et à entrer inexorablement dans une bataille psychologique dans laquelle le génie sud-africain est maître. C’est peut-être le piège dans lequel est tombé Fabien Galthié samedi. Forcément inquiet du fameux "Bomb Squad", face auquel il avait déjà souffert il y a deux ans lors d’un certain quart de finale de Coupe du monde, l’ancien demi de mêlée avait, pour la revanche, décidé de surprendre son alter ego.

Rassie Erasmus

À la 47e minute de la rencontre et alors que la France venait de se créer une belle occasion avec une percée de Louis Bielle-Biarrey (conclue par un en-avant dans les 22 mètres adverses), le staff des Bleus actait à la surprise générale l’entrée de la majorité de son banc. Exit la première ligne (Erdocio, Marchand, Montagne) et les gros porteurs (Meafou et Guillard), ce sont Gros, Cramont, Aldegheri, Taofifenua et Jegou qui pénétraient sur la pelouse de Saint-Denis.

Erasmus souriait : "Nous sommes très contents de ce qu’ont réalisé les remplaçants." Le constat n’est évidemment pas le même pour Fabien Galthié, qui aura eu le mérite d’avoir fait des choix forts pour ce match, comme celui de ne pas aligner Grégory Alldritt ou celui de donner leur chance à plusieurs joueurs inexpérimentés face aux Boks (Montagne, Erdocio, Cramont…). Mais en plus du coaching, sa composition d’équipe, notamment sur le banc, risque d’être largement débattue lors des prochains jours.

Équipe Points Marqués
France 17
Afrique du Sud 32

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