Affaire Jegou-Auradou: Résumé Détaillé d'une Affaire Judiciaire Complexe

L’affaire Jegou-Auradou, impliquant deux rugbymen français accusés de viol en Argentine, a suscité une vive attention médiatique et juridique en France et en Argentine. Cette affaire, complexe et controversée, a vu s'opposer des versions radicalement différentes des faits, mêlant accusations graves et dénégations véhémentes.

Carte de Mendoza, Argentine

Chronologie des Événements

Les faits se seraient déroulés dans la nuit du 6 au 7 juillet à Mendoza, en Argentine, après un match de rugby entre le XV de France et l'Argentine. Oscar Jegou et Hugo Auradou, deux joueurs du XV de France, ont été accusés par une femme de viol aggravé dans un hôtel de Mendoza.

Arrestation et Détention

Accusés de viol, Oscar Jegou et Hugo Auradou, deux rugbymen français, sont actuellement en détention à Mendoza, en Argentine. Les joueurs ont été arrêtés à l'hôtel de la délégation française à Buenos Aires, affirmant que la relation était consentie. Les joueurs ont été arrêtés le 8 juillet à Buenos Aires avant d’être transférés à Mendoza où ils ont été détenus pendant une semaine avant de passer un peu plus de trois semaines en résidence surveillée. Actuellement en garde à vue à Buenos Aires, ils seront être transférés ce jeudi à Mendoza.

La police argentine a diffusé les images de l'arrestation d'Oscar Jegou et Hugo Auradou.

En début de semaine, les avocats de la plaignante dans l'affaire qui concerne Oscar Jegou et Hugo Auradou, ont déposé une demande de récusation contre la juge Eleonora Arenas.

Accusations et Plaintes

Une femme les a accusés de l’avoir agressée sexuellement dans un hôtel de Mendoza. Le jour même, ma cliente a porté plainte aux alentours de 19h50. Immédiatement, elle a été transférée vers un médecin légiste afin de constater les blessures physiques. Elle a passé de nombreux tests, qui se sont terminés vers 1 heure du matin, avant d’être transférée à l’hôpital Luis Lagomaggiore à Mendoza (…) La chose la plus grave qui a été constatée est un hématome au niveau de l’œil, la conséquence d’un coup de poing, dit-elle. Il y a aussi des traces de coups au visage, au menton, sur la poitrine, les fesses, le dos, des traces de morsure, de griffures, des coups au niveau des jambes. Plus de huit prélèvements ont été effectués pour déterminer s’il y a eu un abus sexuel par pénétration. On attend les résultats.

Selon la version de Me Natacha Romano, sa cliente est rentrée à l’hôtel avec Hugo Auradou et se serait rendu compte que l'invitation à boire un verre était un piège. Elle lui aurait alors demandé d'aller aux toilettes. Toujours d’après Me Romano, "il l’attrape immédiatement, la jette sur le lit, commence à la déshabiller et se met à la frapper sauvagement d’un coup de poing, dont l’hématome est visible sur le visage de la victime. "Ensuite, cet individu part prendre un bain, et Hugo continue à se servir d'elle, en lui donnant différents coups. C'est-à-dire qu'elle a des traces de morsures, des griffures, des coups sur les seins, les jambes et les côtes marquées dans le dos. Jusqu'à ce qu'un des deux hommes s'endorme. Elle tente de s’échapper au moins cinq fois. Mais Hugo se réveille et la reprend.

Des messages vocaux, dont la teneur a fuité dans la presse argentine. Le journal Clarin les relate, et leur authenticité a été confirmée au Parisien-Aujourd’hui en France par les avocats de la plaignante. La jeune femme s’adressant son amie entame : "Merci pour le soutien, pour tout. J’ai rencontré un rugbyman français. Super grand le mec. Trop beau, trop beau. Je suis rentrée chez moi à 9 heures du matin. À 9 heures ! Je te dois tout, tu m’as encouragée à ne pas rester ici avec (le prénom de sa fille), chez moi, toujours la même histoire. Quand je sors, j’en profite. Il m’a éclatée. Elle poursuit : "Il m’a pris la joue et m’a laissé des petits bleus sur le visage, sur la mâchoire, sur le c*l, des éraflures dans le dos. Dans le message suivant : "Il m’a explosée le mec. J’ai des marques sur le dos, la mâchoire. J’ai un œil au beurre noir, j’ai des bleus partout sur les seins, des marques sur le c*l. Il m’a explosée. J’ai un œil au beurre noir, meuf. Le mec, super amoureux mais quand il baisait… Une b*** géante. Énorme le brun. Magnifique. Des yeux… J’ai dû prendre un Diclofénac (un anti-inflammatoire) parce qu’il m’a explosée.

Ce dimanche 11 août au matin, le contenu d’autres messages est révélé par le journal L’Équipe, montrant un ton qui s’aggrave au fil des échanges. "Natacha (l’avocate, NDLR) est en train de déposer la plainte. Et comme je ne peux pas bouger et que je suis pleine de bleus, elle va sûrement m’emmener au ministère public pour qu’ils me prennent des photos de tout le corps. Alors… oui, c’était un abus sexuel. Parce qu’un autre joueur est rentré dans la chambre. Quand j’étais avec lui, un autre est rentré dans la chambre et ils m’ont violée. Mais ne le dis à personne, s’il te plaît. L’amie répond : "Je ne savais pas ça. Ça fait vraiment beaucoup. Qu’un autre soit rentré dans la chambre ! Et toi qui voulais partir. On accepte ou pas la violence dans une relation sexuelle. Mais si tu étais en train de lui dire que tu voulais partir et que le mec te met un coup de poing dans l’œil, t’attrape le cou, te frappe et qu’en plus, maintenant, tu me dis qu’un autre type est rentré dans la chambre sans ton consentement, alors que tu voulais partir… Ça c’est un viol !

L’avocate de la plaignante a dénoncé, en revanche, un viol commis avec une « violence terrible », dans une affaire qui a vu s’opposer deux versions radicalement opposées des faits, hormis une convergence quant à la réalité d’actes sexuels ayant eu lieu dans la chambre, dans un contexte alcoolisé.

Défense des Joueurs

L’avocat des deux rugbymen, Rafael Cuneo Libarona, nie les accusations et affirme que ces relations sexuelles étaient « consenties ». Rafael Cuneo Libarona, avocat d'Hugo Auradou et Oscar Jegou, a affirmé que la rencontre et les relations sexuelles entre une jeune femme et deux rugbymen français, Hugo Auradou et Oscar Jegou, qu'elle accuse de viol avec violence étaient "consenties", soutenant qu'elle n'a pas reçu de coups. "Il s'agit d'une rencontre avec un joueur, puis de relations sexuelles avec deux joueurs", a déclaré à plusieurs médias dont l'AFP Rafael Cuneo Libarona, à son arrivée mercredi dans la ville du centre-ouest de l'Argentine, où sont attendus les deux hommes pour répondre des faits qui se seraient passés dans la nuit de samedi à dimanche.

Auradou et Jego nient "fermement toute forme de violence". Des témoins l'ont vue sortir [de l'hôtel], les caméras l'ont vue sortir, il n'y a pas de trace de coups, apparemment, selon les enregistrements. Elle prétend avoir été battue, les caméras disent qu'elle ne l'a pas été", a affirmé l'avocat. Le deuxième ligne de Pau Hugo Auradou, 20 ans, et le troisième ligne de La Rochelle Oscar Jegou, 21 ans, avaient déjà "confirmé avoir eu dans la nuit une relation sexuelle avec la jeune femme mais (...) fermement nié toute forme de violence", selon un communiqué mardi de la Fédération française de rugby (FFR).

Rafael Cuneo Libarona, qui a défendu les joueurs en Argentine, fut l’un des grands artisans de la libération d’Oscar Jegou et Hugo Auradou.

Affaire Auradou-Jegou : la justice relève des contradictions dans le récit de la plaignante

Rafael Cuneo Libarona, avocat d'Hugo Auradou et Oscar Jegou

Procédure Judiciaire et Décisions

L’avocat d’Oscar Jegou et Hugo Auradou a demandé jeudi 8 août leur libération. La justice doit apporter une réponse lundi. La demande pourrait être acceptée, et les joueurs autorisés à rentrer en France. Ils sont attendus à Mendoza, à 1 100 kilomètres de la capitale Buenos Aires, où ils doivent faire face à la justice. Ces relations sexuelles étaient "consenties", a affirmé ce mercredi 10 juillet à Mendoza l’avocat des deux rugbymen, Me Rafael Cuneo Libarona.

Après cinq mois de procédure, la justice argentine s’est prononcée, mardi 10 décembre, pour un non-lieu dans l’enquête visant Hugo Auradou et Oscar Jegou, deux rugbymen français inculpés de viol aggravé en juillet, en marge d’une tournée du XV de France dans le pays. Un communiqué du pôle judiciaire de Mendoza, où la juge Eleonora Arenas a rendu son délibéré, a précisé que « l’acte enquêté ne constitue pas un délit », donc qu’il n’y avait pas eu de viol.

La plaignante n’arrive pas à se remettre » de la décision du non-lieu, a assuré Me Romano au Monde, évoquant une décision « néfaste, incomplète, infondée ». « Il est regrettable de voir comment ce type de décision est un recul pour les droits des femmes et même pour les droits humains. J’espère que cela n’affectera pas, n’intimidera pas des femmes qui souhaitent porter plainte (…) », a déclaré également l’avocate, qui répète que sa cliente a été « tabassée » et n’a jamais accordé son consentement.

L’avocate de la plaignante a annoncé faire appel, ce qui renverra le dossier vers une autre instance. Mardi après-midi, la juge en charge de l’affaire de Mendoza, Eleanora Arenas, rendra son délibéré quant à la demande de non-lieu concernant Oscar Jegou et Hugo Auradou. Après deux jours d’audience, l’avocat d’Oscar Jegou et Hugo Auradou a annoncé que la décision sur un éventuel non-lieu a été mise en délibéré. Aucune date n’a été annoncée. Contrairement à ce qui avait été annoncé à de multiples reprises, l’affaire dite "Jegou-Auradou" ne devrait pas connaître son premier verdict ce vendredi 18 octobre.

Ce mardi, la juge Eleonora Arenas a décidé d’un non-lieu concernant Oscar Jegou et Hugo Auradou, mis en examen par la justice argentine depuis début juillet pour viol aggravé. En Argentine, la femme qui avait accusé les deux rugbymen français Oscar Jegou et Hugo Auradou de viol aggravé avait fait appel du non-lieu décidé par la justice en décembre 2024. On a appris ce mardi que dans l’affaire de Mendoza, le recours de la plaignante avait aujourd’hui été rejeté par la chambre d’appel de Mendoza.

Réactions et Conséquences

« La réhabilitation judiciaire est acquise, s’est félicité l’avocat parisien des joueurs, Me Antoine Vey, les deux joueurs ont été victimes de fausses accusations. »

« La justice argentine, qui a enquêté, qui l’a fait sur la base d’éléments objectifs, qui sont des vidéos, des témoignages, des expertises, a pu dire clairement que les faits dont ils ont été accusés n’ont pas existé », a ajouté Me Vey auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

« L’acte [sexuel] était consenti, aucun crime n’a été commis, et il ne fait aucun doute qu’ils sont innocents. »

« Si leurs performances sportives le permettent, ils seront potentiellement sélectionnables pour rejouer en équipe de France », a affirmé, dès le jugement connu, la Fédération française de rugby (FFR) dans un communiqué. Elle a dit accueillir la décision judiciaire « avec soulagement et satisfaction ».

« Les peines prononcées sont lourdes, remarque Me Gros. « Mais cela donne un signal très fort aux hommes de ce pays, au monde du rugby, aux femmes aussi.

Selon une étude Odoxa réalisée pour Winamax et RTL, 65% des Français estiment qu'il faut tourner la page sur l'affaire Jegou-Auradou.

Bénéficiant désormais d’un non-lieu dans leur affaire pour accusation de viol aggravé, Oscar Jegou et Hugo Auradou sont de nouveau déclarés à disposition du XV de France.

Quatorze mois après l'affaire qui a lourdement secoué le rugby, le flanker du XV de France Oscar Jegou a évoqué pour la première fois publiquement l'affaire de Mendoza.

Rapport d'Experts

Un rapport d’experts, révélé par un média argentin, estime que le récit de la femme qui accuse de viol les rugbymen français Oscar Jegou et Hugo Auradou est "incohérent, peu fiable" et "teinté d’influences extérieures". La plaignante ne souffrirait pas de stress post-traumatique, selon eux.

Le média argentin Diario Uno a révélé les conclusions du rapport d’experts qui ont auditionné Soledad, victime présumée qui accuse les rugbymen français Oscar Jegou et Hugo Auradou de l’avoir violée dans leur hôtel de Mendoza le 7 juillet dernier. Dans le cadre de l’enquête, un comité composé d'experts officiels de l'équipe de lutte contre les abus sexuels du ministère public (MPF), du psychologue de la défense, Carlos Guillermo Messina, et de Leandro Silvestre de l'équipe professionnelle interdisciplinaire du MPF ont mené deux entretiens psychologiques de la plaignante.

Selon leurs conclusions rédigées dans un document de huit pages, le récit de cette dernière est "incohérent et intenable" avec des détails "invraisemblables et peu fiables". Ils indiquent que sa version "ne répond pas aux critères de crédibilité ou de validité". Ils concluent aussi que la femme "ne présente pas de manifestations cliniques de trouble de stress post-traumatique provoqué par l'événement qu'elle rapporte".

Les experts notent "une manipulation qui vise à renforcer le rôle de chacun des participants aux événements, en assumant une place passive face à l'avancée des agresseurs qui étaient, dans sa version, responsables de l'asservissement, de la violence et des abus", poursuit le rapport. "Le gain dans cette affaire est d'être dissociée de toute responsabilité qui l'implique dans ce qui s'est passé, en exaltant l'image d'une femme humiliée, maltraitée et asservie, et en niant sa participation aux actes à caractère sexuel qu'elle entend dénoncer. Ce qui précède n'est pas soumis à des conditions d'interprétation, mais simplement à l'intention d'accommoder son récit et de cacher des informations dans le but de se placer dans la position de victime d'une agression sexuelle."

Le rapport insiste sur un autre point: celui d’un récit évolutif et "manipulé" par des "influences extérieures" en citant l’amie avec laquelle elle s’était entretenue au moment de quitter l’hôtel, mais aussi sa mère qui a constaté des marques sur son corps. "L'histoire n'est ni libre ni spontanée, elle est teintée d'influences extérieures évidentes, principalement de la part de son amie."

Date Événement
6-7 juillet Faits présumés à Mendoza
8 juillet Arrestation des joueurs
10 décembre Non-lieu prononcé

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