Le rugby fauteuil est une discipline impressionnante par les contacts, et est un sport paralympique depuis les Jeux Paralympiques de Sydney. Inventé au Canada à destination des personnes tétraplégiques, ce sport de contact est mixte. Il est entré dans le programme officiel à partir des Jeux paralympiques de Sydney en 2000.
Pas de pelouse, mais un terrain de basket ; pas de ballon ovale, mais une gonfle empruntée au volley ; pas de poteaux pour transformer ou passer des pénalités et, surtout, le droit de faire des passes en avant... Quel rapport avec le jeu pratiqué par Antoine Dupont et ses partenaires ?
Le rugby fauteuil est un joyeux melting-pot, avec des règles adaptées aux tétraplégiques qui ont créé ce sport. Pour le reste, il faut oublier les règles du rugby traditionnel.
Afin de faciliter la préemption du ballon, un ballon de volley est utilisé. Seuls les contacts entre fauteuils sont autorisés.
Ce sport se joue sur un terrain de basket. Les dimensions du terrain sont de 28m × 15m (identique au terrain de basket). Les rencontres se jouent à quatre contre quatre, avec huit remplaçants pendant quatre quart-temps de huit minutes.
Un match se déroule en 4 quarts temps de 8 minutes. Une mi-temps de 5 minutes a lieu après le 2ème quarts temps. De plus, Le temps effectif d’un match est donc de 4*8 = 32 minutes.
Les équipes sont mixtes et constituées de 12 joueurs (joueuses) maximums. Les équipes ont aussi droit à des temps morts, 4 pour les joueurs, de trente secondes, et deux pour chaque entraîneur, de soixante secondes.
L’équipe ayant marqué le plus d’essais remporte le match. Les joueurs ou joueuses doivent, comme au rugby, franchir la ligne adverse pour marquer des essais, avec au moins deux roues de leurs fauteuils. Cette ligne est ici située derrière une zone restrictive appelée zone de key, qui mesure 8 m de long pour 1,75 m de profondeur. Les attaquants doivent marquer un essai en 40 secondes, qui vaut un point. Passé ce délai, le ballon est remis à l’équipe adverse.
Le joueur en possession du ballon doit dribbler au moins une fois ou réaliser une passe toutes les 10 secondes. Chaque joueur a par ailleurs dix secondes pour dribbler ou passer le ballon.
Enfin, chacun peut, comme au football américain, faire des passes vers l'avant et effectuer des blocages défensifs ou offensifs sans ballon à l'aide de son fauteuil. Mais sans toucher l'adversaire avec les mains, ni le percuter par l'arrière, sous peine de se retrouver une minute « en prison », comme au hockey. La zone de pénalité est aussi appelée la prison.
Pour marquer, il existe principalement deux stratégies. Premièrement, l'attaquant peut, à l'image du footballeur américain, porter la balle et se frayer un chemin jusqu’à l’en-but adverse avec l’aide de ses coéquipiers qui bloquent, percutent et empêchent les défenseurs adverses de contrecarrer l’attaquant. A l'image du basket, la deuxième option consiste à multiplier les passes et déplacements (vers l'avant comme vers l'arrière) afin de se créer des espaces dans la défense adverse.
« C'est un mélange entre le basket, le hockey, un peu le handball sur certains principes de jeu avec la zone restrictive, détaille Ybert. Le basket pour le côté timing : le joueur a le droit à dix secondes pour faire la remise, dix de possession de balle avant de faire une passe et l'équipe a douze secondes pour passer le milieu du terrain et quarante pour aller marquer. »
L'arbitre qui décide d'accorder ou non l'équipement. Il autorise alors une personne de l'équipe à assister le joueur. Celle-ci dispose de 1 minute maximum pour résoudre le problème.
Ces interrogations ne sont pas étonnantes. « C'est vrai qu'il y a un esprit de combat, de mise en échec, comme au rugby, qu'on ne retrouve dans aucun autre para-sport en fauteuil, appuie William Ybert, team manager de l'équipe de France. Et les crevaisons, ou les phases de jeu avec des fauteuils qui se retournent, sont fréquentes.

Les athlètes sont classifiés en fonction de leur handicap de 0.5 - 1.0 - 1.5 - 2.0 -2.5 -3.0 -3.5. Le joueur est classé par catégories de points selon ses capacités fonctionnelles au niveau du tronc et ses aptitudes au maniement du fauteuil et du ballon. Pour mieux comprendre, plus l'handicap est lourd, moins le joueur a de points.
« Et puis au rugby il y a des grands, des gros, des petits, des maigres, là c'est pareil, reprend Ybert, avec le système de points, on prend en compte les handicaps de chacun et on a besoin de tout le monde. »
Une équipe ne doit pas aligner plus de 8 points avec ses quatre joueurs sur le terrain. Les joueurs sont en effet classés selon leur handicap, de 0,5 point à 3,5 points, les « petits points », en charge de la défense, étant ceux qui sont le plus lourdement handicapés.
Chaque équipe est composée de joueurs de niveaux de handicap différents. A chaque joueur est associée une côte, entre 0,5 et 3,5 points. Plus grande est la capacité de déplacement et de maniement du ballon de l'athlète, plus son nombre de points est important.
Pour ce qui est des rencontres, 2 équipes de 4 joueurs s’affrontent pendant 4 périodes de 8 minutes. L’équipe ayant marqué le plus d’essais remporte le match.
Le rugby fauteuil est un sport paralympique mixte. Les joueurs et les joueuses intègrent la même équipe. En France, ce sport est affilié à la Fédération Française Handisport.
Afin d’équilibrer les forces physiques une joueuse à un abattement de 0.5 point sur le terrain. Par exemple : une joueuse classifiée 1.0 point sera 0.5 sur le terrain.
Une équipe sur le terrain se compose de 4 joueurs. L’addition des classifications de ces 4 joueurs ne doit pas dépasser 8.0 points ou 8.5 points si une joueuse compose l’équipe.
Les fauteuils sont spécifiques à la discipline. Ils sont réalisés à la mesure de l’athlète. Les fauteuils sont spécialement conçus pour recevoir des contacts en garantissant la sécurité de l’athlète.
Un fauteuil de rugby se compose de 6 roues. 2 roulettes anti bascule à l’arrière du fauteuil empêchant ainsi l’athlète de tomber en arrière. Les 2 roues permettant la propulsion du fauteuil sont protégées par une flasque. Celle-ci va absorber les chocs et protéger les rayons de la roue. C’est également une zone d’usure des fauteuils. Il n’est pas rare de voir des flasques enfoncées. La sécurité de l’athlète est également assurée par les sangles au niveau du bassin et des pieds qui se trouvent sur le fauteuil. L’athlète peut également sangler ses jambes.

Discipline spectaculaire des Jeux paralympiques 2024, le rugby fauteuil est entré dans le programme officiel à partir des Jeux paralympiques de Sydney en 2000. Son petit surnom donne le ton : le "murder ball", littéralement "ballon meurtre".
« C'est vrai qu'au départ ça peut paraître complexe, admet Sophia Azzi, arbitre internationale, surtout pour nous, les arbitres, quand on débute, car on part de zéro. Et il faut oublier les règles du rugby traditionnel. Mais c'est un sport spectaculaire à regarder. »
Et les Bleus espèrent avoir le même soutien populaire qu'il y a moins de deux ans, à la halle Carpentier, lorsqu'ils avaient décroché leur premier titre de champions d'Europe face à la Grande-Bretagne. « On en aura besoin », conclut Nankin. Peu importe le flacon pourvu qu'il y ait l'ivresse...