Histoire et Évolution des Clubs de Rugby en France: Du Rugby Club du Rocher au RCHCC 83

Le rugby en France est riche d'histoires de clubs passionnés, de joueurs dévoués et de compétitions acharnées. Cet article explore l'histoire de plusieurs clubs, mettant en lumière leurs particularités et leurs contributions au paysage rugbystique français. Nous allons plonger dans l'univers du Rugby Club du Rocher, du Rugby Club Hyères-Carqueiranne-La Crau 83 (RCHCC 83), et du Rugby Club Trignacais (RCT), en retraçant leurs parcours, leurs défis et leurs succès.

Schéma d'un terrain de rugby.

Le Pandore Rugby Club: Une Tradition de Convivialité

Dans le cadre des Journées du patrimoine, une quarantaine de membres du Pandore Rugby Club du Sud-Ouest ont visité les rues de la vieille Garde. Chaque année, les anciens gendarmes et rugbymen de l'équipe de la gendarmerie de Midi-Pyrénées (4 fois championne de France), accompagnés de leurs épouses, se retrouvent pour partager ensemble un moment de convivialité et se rappeler de bons souvenirs.

Arrivés vendredi, ils ont visité la rade de Toulon avec le général Paul Rocher. Depuis la place de la République au pied de l'hôtel de ville, ils ont découvert l'inexactitude de la devise de la République Française gardéenne « Liberté - Fraternité - Égalité » puis Roger Muréna les a conduit de l'ancienne Salle Saint-Maur en passant par le chemin de l'eau ou se trouve le vieux puits pour ensuite se rendre à l'Église de la Nativité et suivre les premiers et seconds remparts, visiter les costumes de Provence.

Il a expliqué l'histoire de l'Hôpital du Saint-Esprit, le lavoir public, puis le château de Passy pour ensuite se diriger vers le rocher de la Garde et sa chapelle romane...

Le Rugby Club Hyères-Carqueiranne-La Crau 83 (RCHCC 83): Résilience et Renaissance

Relégué administrativement de la Nationale à la Régionale 3, Hyères-Carqueiranne-La Crau est en train d’acter sa résurrection. Aux abois financièrement, plombé par plusieurs changements de direction, le Rugby Club Hyères-Carqueiranne-La Crau est placé en liquidation financière et s’est retrouvé contraint à passer de la Nationale au plus bas échelon du rugby français.

En un an, le troisième ligne roumain André Gorin est donc passé de la Coupe du monde avec les Chênes et une rencontre de prestige face aux doubles champions du monde springboks à des affrontements face au Rugby Club des Plages ou au Rugby Club du Rocher. "Ce sont deux mondes différents. Les objectifs changent, mais le plaisir reste le même. Le rugby c’est une bande de copains autour d’un ballon.

Lucas Deluy a préféré rester fidèle au RCHCC 83 : "J’avais compris que je n’allais pas percer à un niveau professionnel dans le rugby. J’avais les études à côté, j’ai validé ma troisième année de licence en Staps cette année. En parallèle, je m’étais engagé pour entraîner les jeunes ici. Ils sont une dizaine de l’équipe Reichel Espoirs accession à être restés. Eux aussi ont donc vécu une sacrée différence de niveau, les adversaires ne se nommant plus Béziers, Nice ou Carcassonne.

"Ça nous a faits bizarre au début, surtout à cause des changements de règles avec les plaquages à la ceinture ou l’interdiction de plaquer à deux. Ça nous a beaucoup pénalisés au début", explique l’ouvreur.

En 20 rencontres de championnat territorial, ils ont marqué 920 points (128 essais et quatre petites pénalités) soit une moyenne de 46 unités par rencontre. En cinq matchs dans les France, ils ont marqué 29 essais. "On est beaucoup de jeunes, donc on joue énormément sur la vitesse", lance Lucas Deluy, appuyant sur la jeunesse de son équipe composée en grande partie de joueurs nés en 2004, 2005 ou 2006.

"La différence entre eux et les autres en Régionale 3, c’est que nous, nous pouvons tenir sur trois, quatre temps de jeu avec une perte de la vitesse progressive au fil de l’action. Eux, ils vont en enchaîner cinq ou six avec la même rapidité. Cela rend le replacement adverse impossible. Cette équipe met un rythme différent.

Un des symboles de cette équipe au tempérament offensif est Sacha Poilane. Cette saison au plus bas niveau du rugby français n’a pas empêché l’ailier de 19 ans d’être repéré par Bourg-en-Bresse avec qui il jouera la saison prochaine. "Je suis fier de lui, reprend André Gorin. Sa vision du jeu a fait une énorme différence. C’est un gamin qui travaille beaucoup, qui se remet toujours en question et, malgré le niveau où il évolue, a toujours le même plaisir de jouer.

Les centres de formations, Sandro Gall connaît. "J’ai passé dix ans là-bas, je me suis même entraîné avec les pros. C’est d’ailleurs avec eux que je me suis fait une double fracture de la malléole. Mais en début de saison, je n’aimais plus trop l’ambiance au club. En plus, j’arrivais en troisième année Espoirs et je sentais que je ne serais pas conservé et je voulais partir sur d’autres projets. Au début je voulais arrêter, mais le rugby allait trop me manquer", raconte-t-il.

Depuis, fatalement, il se balade. Sa ligne de stats fait du centre le Dupont ou le Lomu de la R3 : 17 essais en… 12 matchs. "Ce n’est pas si facile qu’on pourrait croire. On tombe sur des équipes aussi solides qu’en Espoirs. La différence avec ce niveau-là se ressent sur la vitesse et le cardio", assure-t-il. Forcément, passer du vestiaire de demi-finaliste de Top 14 à celui de Régionale 3, "ça fait bizarre". Si les joueurs prennent "des clopes avant le match, ils sont plus accessibles.

Sandro Gall s’est retrouvé malgré lui au cœur d’une polémique extra-sportive. "J’apparais en double licence mais j’ai bien fait une mutation de Toulon à Hyères", confie le centre. En plus de ces renforts venus de l’extérieur, le club formateur de Yoann Maestri a aussi changé de nom pour disputer la phase finale, ajoutant un 83 au RCHCC.

"Tout cela nous fait rire, mais ne nous importe pas trop. La France est contre nous, mais c’est accessoire", en sourit Sandro Gall. "On se sent seul contre tous, relance Lucas Deluy. On en joue nous aussi. C’est devenu une source de motivation. Mais c’est aussi un peu d’incompréhension.

Benoît Rémi se veut beau joueur au moment d’évoquer cette situation : "C’est rageant de tomber sur eux car même en jouant du mieux possible, il ne nous était pas possible de les battre. En revanche je m’interroge.

Ce dimanche, à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), le Rugby Club Hyères-Carqueiranne-La Crau 83 défiera Lieuran XV en finale du championnat de France. "Ce titre confirmerait notre saison. Cela m’attristerait de perdre. C’est même interdit ! Je veux passer un bel été avec le bouclier sous les palmiers", annonce Sandro Gall.

"L’objectif, de base, c’était de ne perdre aucun match au niveau régional et d’aller chercher le bouclier, prolonge Lucas Deluy. On avait tous dans un coin de la tête d’aller remporter les France. On savait qu’on avait les capacités, le rugby et le groupe pour cela.

En plus de l’allant offensif, des victoires et de la promotion à l’échelon supérieur, les coéquipiers du capitaine André Gorin ont gagné les cœurs. Il y a plus de spectateurs au stade André-Véran cette saison qu’au temps de la Nationale !

Comme l’explique l’ouvreur, plusieurs joueurs de l’équipe fanion entraînent chez les jeunes. Leurs protégés, accompagnés de leurs parents, se rendent désormais au stade le week-end. "Ce sont les minots qui mettent l’ambiance, c’est du bonheur", en sourit-il. Cette cohésion au niveau du club devrait permettre aux Varois de vite remonter au niveau fédéral.

Tableau des Statistiques du RCHCC 83 en Régionale 3

Compétition Matchs Joués Points Marqués Essais Marqués Moyenne de Points par Match
Championnat Territorial 20 920 128 46
Championnat de France 5 Non spécifié 29 Non spécifié

Le Rugby Club Romanais Péageois: Une Histoire de Famille et de Rugby

Le Rugby Club Romanais Péageois est septuagénaire ! Deux journées exceptionnelles sont organisées ces samedi 29 et dimanche 30 juin au stade Donnadieu pour fêter l’événement, qui verra la participation de quelques anciennes gloires. « Bon sang ne saurait mentir ». L’expression prend tout son sens à l’heure de fêter les 70 ans du Rugby Club Romanais Péageois ce week-end.

L’histoire des Bleu et Blanc restera à jamais marquée par les relations familiales, autant que par les résultats sportifs, au sein d’un club qui a toujours su marier... la pratique du rugby, et son développement: rugby à XV; rugby à VII, et toutes autres forme de rugby appliquant les règles fixées par l'international Rugby Board (IRB); la pratique des activités physiques et sportives; l'association a également pour but de diriger un club de rugby et, pour se faire, tout mettre en œuvre pour promouvoir, animer et développer conjointement le rugby au plus haut niveau possible, et le rugby pour tous (loisir, scolaire, féminin, sport adapté, ...); enfin, l'association se donne le droit d'organiser tous types de manifestations: voyages, soirées événementielles, lotos, ventes au déballage, etc..

Un arbitre lors d'un match de rugby.

Le Rugby Club Trignacais (RCT): Une Institution en Loire-Atlantique

Plus vieux club de Loire-Atlantique, le Rugby-club trignacais fête cette saison ses 112 ans. Véritable institution, les « Gnacais » sont connus de tous les amoureux du ballon ovale de la région. Parfois jalousé, le club briéron ne laisse personne indifférent.

Trignac. Ses presque 8 500 habitants, ses forges et son club de rugby. « Les Gnacais, amorce Erwan Rocher, président du comité départemental de rugby depuis 2020. Tous les clubs du coin parlent des Gnacais. Le RCT est une institution dans le monde de l’ovalie. Sous son appellation actuelle, le RCT est le club le plus ancien de Loire-Atlantique.

Né en 1912, il a même été créé deux ans avant la commune. À la fin du XIXe siècle, à l’époque des forges, Trignac se transforme en quelques années. Le petit village rural devient bourg et cité ouvrière. Des travailleurs pour beaucoup originaires de la Brière. Dans l’usine, les conditions de travail sont déplorables. Des adolescents, déjà athlétiques, éprouvent le besoin de s’évader à travers un sport viril et rugueux.

Le club se structure peu à peu. Son premier président, François Morère, resté neuf ans à la tête du club, y est pour beaucoup. « C’était un ancien international français, relate Freddy Legoff, dirigeant et au club depuis 1967 et responsable de la Maison du patrimoine de Trignac. Il est venu apporter son expérience rugbystique et logistique. Il a structuré le club.

La première équipe du RCT, en 1912. Tous - ou presque - sont des ouvriers qui travaillent dans les forges de Trignac. Le club accède rapidement au deuxième plus haut niveau français. Et affronte des équipes comme La Rochelle ou le Stade nantais université-club.

Les années passent et le RCT s’impose comme l’une des locomotives du rugby dans le département. « C’est un club parfois jalousé, qui agace », concède le président du comité départemental. « Ce sont des rivalités qui remontent au début du club », explique Laurent Legoff, pour qui le club avance aujourd’hui « sans se soucier des autres ».

« Là où l’on est envié, c’est que l’on arrive à déplacer des montagnes avec nos moyens », poursuit Freddy, son frère. Laurent embraye : « Nous avons des petits moyens financiers mais de très gros moyens humains. Après une saison pleine l’an dernier, le RCT s’est ouvert les portes de la Fédérale 2, qu’il avait quittée il y a tout juste dix ans.

Pour y parvenir, les joueurs pourront compter sur leur seizième homme. Au stade Lesvières, dans lequel le RCT évolue depuis sa naissance, la barre des 800 supporters est régulièrement franchie. « De vrais supporters, qui poussent leurs joueurs », se ravit Laurent Legoff. Les jours de derby, la jauge grimpe jusqu’à 3 500 personnes.

Au moment d’évoquer le voisin, le président plante le décor : « Dans le rugby, le Nazairien est nazairien, et le Trignacais est trignacais. Beaucoup d’équipes redoutaient - et redoutent encore - les déplacements à Trignac. À domicile, la défaite est interdite : « Quand on va jouer à Trignac, on sait que ça va être rugueux, qu’il va falloir aller au combat », rembobine Erwan Rocher.

Tous se souviennent de ce grand couloir sous la tribune et des douches, autrefois communes aux deux équipes. « C’était un stade spécifique, poursuit-il, en fin connaisseur. En tribunes, les anciens sont là. Aujourd’hui, le RCT a toujours cette réputation de club dur. Et le spectre des bagarres du passé rôde toujours. « Ça nous suit. On traîne ça comme un boulet », souffle Freddy Legoff.

Si les déplacements au stade Lesvières sont aujourd’hui moins redoutés, « l’âme reste », estime l’actuel président.

Les Origines INCROYABLES du Rugby 🏉 (ft. @eronote) - HALC #08

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