Histoire du Rugby Club de Versailles: Un Club Centenaire en Pleine Régénération

Le Rugby Club de Versailles (RCV), créé en 1893, est l'un des plus anciens clubs de rugby de France. Il a traversé les époques en connaissant plusieurs montées et descentes au fil de son histoire. Véritable institution dans les Yvelines, le club a contribué à former de nombreux joueurs passionnés.

Aujourd'hui, le RCV veut retrouver de la stabilité et s'imposer durablement dans le championnat de Fédérale 2. Le club centenaire entame cette saison un des chapitres les plus excitants de son histoire, en accédant pour la première fois à la Fédérale 2.

Un essor remarquable

À la faveur de ses 573 pratiquants actifs - hors dirigeants - Versailles est devenu le club amateur le plus important de France. En augmentant régulièrement ses effectifs depuis trois ans, malgré la récession nationale, le club des Yvelines a dépassé celui d’Illkirch-Graffenstaaden, l’ancien leader du "monde libre", et se place désormais à la quatrième place du classement national, derrière les grosses structures professionnelles du Stade français, du Lou et de Montpellier.

Cette structure centenaire, qui est un phare en Ile-de-France, traverse une période de régénération remarquable. Et il est assez symptomatique dans la biosphère du rugby actuel, dans laquelle les dirigeants sont confrontés au défi permanent d’aller chercher avec les dents les partenaires financiers et les joueurs de demain, que ce soit un chef d’entreprise extérieur au sérail, qui ait amorcé ce mouvement.

La relégation en Honneur et la vitalité un peu en berne avaient provoqué chez certains sympathisants le réflexe de se tourner vers Éric Tournier, le beau-frère de deux joueurs, qui n’avait jamais joué au rugby. En bâtissant sa société de conseil informatique, ce Versaillais d’adoption avait créé un assez vaste réseau de chef d’entreprises et d’amitiés politiques.

"Moi, qui occupait la présidence, et mon fils, qui était à mes côtés à la trésorerie, nous avons accueilli à bras ouverts la proposition d’ouvrir le club à son savoir-faire", relate Olivier Neyreneuf, l’âme de ce club, son plus vieux licenciés, qui se trouvait alors confronté à la difficulté de le nourrir. Avec un budget de 220 000 €, 4 000 € de dettes cumulées et une petite société très limitée de quatre partenaires financiers, l’horizon s’était obscurcit.

Une base solide et un développement constant

Quatre-vingt sept juniors, plus de soixante cadets et cent soixante-trois seniors forment une avant-garde solide devant une école de rugby "maous". Et à considérer la faible proportion de ses féminines - seulement vingt-trois, réparties dans toutes les catégories - sa courbe de croissance tend mécaniquement vers l’expansion.

Le plus remarquable, c’est que Versailles n’est pas situé dans un désert rugbystique. Les clubs voisins du Chesnay (220 licenciés) ou de Vélizy (200 licenciés) ne sont pas souffreteux. Et sans aller chasser sur leur terre, cultivant un peu mieux son sillon dans son propre périmètre, le club a profité de l’énergie associative locale et du rapport éducatif volontaire très forts des parents avec les sport collectifs. La porosité entre le monde des scouts, très développé dans l’ancienne cité royale, et celui des clubs de sport, est à la base de ce dynamisme.

Le prosélytisme a fait le reste. "Nous avons beaucoup développé notre action dans le monde scolaire et nous avons encore beaucoup de marge de progression, explique Éric Tournier. Il y a toujours une réserve à disposition, même si nous ne pourrons pas accueillir tout le monde. Nos installations ne sont pas extensibles. Mais nous allons encore continuer à solidifier notre socle. Nous avons un objectif. Le club vient de remonter en Fédérale 3 et nous sommes repartis sur un projet de trois années. Le centre d’entraînement pour les juniors ou la création d’une section rugby au lycée Jules-Ferry sont déjà bien avancés. Je crois sincèrement que ce club pourrait avoir les moyens de monter en Fédérale 2 avec une équipe constituée à 60 % de Versaillais. En restant nous mêmes, sans avoir à sortir des budgets déments, sans nous mettre en danger, nous pouvons envisager une nouvelle réussite.

Les ambitions du club

« Il y a une nouvelle direction qui est arrivée il y a cinq ans et qui a tout changé, élucidait Tiphen Charrol, le manager versaillais. On a eu de nouveaux objectifs et cela nous a permis de nous projeter ». Résultat, au terme d’une double confrontation à haut suspense en fin d’année dernière contre le RC Vincennes, l’ambitieux Versailles obtenait sa montée en Fédérale 2 et marquait son histoire. Il n’y avait qu’à voir la réaction des supporters au coup de sifflet final du match de la montée, pour remarquer la nouvelle ferveur qui transpire autour du club.

Alors pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, les Versaillais se sont donné les moyens d’exister cette saison, dans un niveau qu’ils découvrent encore. « Le but était tout de même de ne pas tout changer, prévenait Charrol. On a gardé nos méthodes de travail et nos structures. Nous n’avons que deux entraînements par semaine et on essaie de travailler dans le confort ». Et force est de constater que cette ligne de conduite porte ses fruits !

Sur le terrain d’Orsay, les Versaillais ont décroché le premier succès de leur histoire en Fédérale 2 (25-28) et se sont rassurés quant à leur niveau et à leur légitimité dans cette division. « On a été surpris en première mi-temps parce qu’on découvrait cette division, concédait le manager du RCV. Mais ce qui me plaît, c’est qu’on a eu du courage, on n’a rien lâché. Rugbystiquement, beaucoup de choses restent à travailler, mais l’état d’esprit a été très bon ».

De quoi envisager le meilleur pour l’avenir du club, même si les responsables ne s’enflamment pas pour autant : un projet de club se construit en plusieurs années. « Le but, c’est de se maintenir, améliorer nos infrastructures », posait Charrol. Si le développement du club est en bonne route, il pourrait être encore plus rapide si la mairie s’investissait pleinement dans le projet, notamment au niveau des aides financières.

Surtout quand on sait que pour certains clubs de Fédérale, les mairies ont plutôt tendance à s’investir massivement afin de permettre à leur club de progresser au mieux. « On n’est aidé que très faiblement par rapport à la taille de la ville », avouait Charrol. Malgré ce petit accroc donc, la direction s’efforce de mettre en place son projet, et de gravir petit à petit les échelons en portant haut les couleurs de Versailles. Et qui sait, peut-être qu’un jour, on retrouvera le RCV à un niveau encore supérieur.

Le RCV est donc promu pour la première fois de son histoire en Division 3 et connaît ainsi une deuxième accession en deux ans. La saison suivante est une vraie réussite. Outre le maintien en D3 avec une belle 10ème place, Versailles atteint les trente-deuxièmes de finale de la Coupe de France et affronte l’Olympique de Marseille, pensionnaire de Division 1, au stade Léon Bollée du Mans.

Après avoir notamment joué contre l’Amiens SC dans le groupe Nord en 1987, le RCV reçoit le Tours FC et la Berrichonne de Châteauroux dans le groupe Centre en 1988. Dans le même temps, le Racing joue un nouveau 32ème de finale, perdu 2-0 face à l’USL Dunkerque.

En Fédérale 2, le RC Versailles veut se relancer après sa défaite à domicile contre Gennevillois. Pour la 2ᵉ journée, les Yvelinois se déplacent sur le terrain de C’Chartres Rugby, avec l’ambition de décrocher une première victoire. Lors de la première journée, le RC Versailles s’est incliné sur sa pelouse face à Gennevillois.

Serge Defrance: Un passionné de l'histoire de Versailles

Serge Defrance est né en 1960 à Versailles et est décédé le 14 juin 2021 à Versailles. Serge Defrance était membre du Parti socialiste jusqu'en 2019, où il siégea au bureau fédéral. Néanmoins, il est nommé la même année vice-président du conseil de quartier Bernard de Jussieu par François de Mazières.

Outre son activité de conseiller municipal, Serge Defrance était le trésorier des Amis du mur des Fédérés de Versailles-Satory, qui organise chaque année une cérémonie en l'honneur des morts de la Commune de Paris tombés à Satory. Qualifié de « grand humaniste » par le militant socialiste Michel Rombaut, Serge Defrance était un collectionneur et chercheur amateur passionné par l'histoire de Versailles.

Il partageait son enthousiasme pour les cartes postales anciennes avec André Damien (1930 2019), ancien maire de Versailles et ancien président d'honneur de l'Académie des sciences morales, des lettres et des arts de Versailles et d'Île-de-France. Serge Defrance contribua à la rédaction d'un ouvrage relatif à Versailles : enfant puis vice-président du quartier de Jussieu Petit-Bois, il raconte ce quartier dans l'Histoire des jardins ouvriers et familiaux de Versailles de Pierre Desnos.

Enfin, Serge Defrance était un « fervent admirateur de Corto Maltese », et plus généralement, de la bande-dessinée et de l'illustration une passion plus personnelle qui laissa toutefois des traces dans le fonds d'archives légué aux Archives communales de Versailles.

Le Fonds d'archives Serge Defrance

La sous-série 21Z est le résultat du traitement archivistique d'un don manuel aux Archives communales de Versailles par Armelle Defrance du fonds d'archives constitué par Serge Defrance. Le volume du fonds fut évalué à environ 13 mètres linéaires au premier récolement de novembre 2022. Par l'importance et la diversité de son contenu, la sous-série 21Z couvre une période allant de 1676 à 2020 et comprend des documents en français, allemand, anglais, italien, espagnol ainsi qu'en espéranto.

La sous-série 21Z reflète avant tout l'activité de collectionneur et de chercheur amateur de Serge Defrance. Elle est donc composée majoritairement de cartes postales anciennes et modernes sur Versailles et ses alentours qui forment la part majeure de ce fonds. On y trouve également une grande variété de typologies documentaires et d'objets, que nous pouvons diviser en quatre ensemble : documents figurés, documents écrits ou dactylographiés, objets et les éléments de bibliothèque. Par ailleurs, et dans une moindre mesure, le fonds est aussi le témoignage de ses activités professionnelles et politiques.

Au-delà de refléter l'investissement de Serge Defrance dans ses activités, ce fonds offre un panorama presque complet de la Ville de Versailles et de son histoire. Il résulte du travail passionné d'un collectionneur et d'un chercheur amateur.

Serge Defrance n'avait pas pour vocation de simplement posséder ces documents et ces objets. Ce fonds est le produit inachevée d'une organisation méthodique préétablie par Serge Defrance, où chaque élément était rangé (ou s'apprêtait à l'être) dans une catégorie définie. Chacune de ces catégories retrace un aspect spécifique de Versailles, que ce soit l'histoire politique de la ville, ses activités industrielles et commerciales, son patrimoine ou sa topographie.

De plus, le fonds 21Z complète considérablement les fonds iconographiques des Archives de Versailles grâce à l'immense collection de cartes postales. Le sujet de chaque pièce de ce fonds ayant été déjà identifié par Serge Defrance, cet ensemble représente une mine de sources complémentaires pour toute recherche sur Versailles.

Récolement et classement du fonds

Le fonds Defrance, à son arrivée aux Archives communales de Versailles le 21 octobre 2022, représentait 32 cartons, cadres, registres et plans, soit un volume estimé à 13 mètres linéaires.

Le deuxième récolement fut réalisé en avril-mai 2024 sur un tableur. Il reprend le contenu des cartons et articles du fonds par ordre de la numérotation préétablie durant le précédent récolement. Il a permis de compléter les tris débutés durant le premier récolement, à savoir les documents à remettre à la famille Defrance et les doublons d'ouvrages à éliminer.

Enfin, un travail d'indexation des thèmes préétablis par Serge Defrance dans sa collection de cartes postales a été réalisé. Ainsi, le deuxième récolement entraîna la génération de plusieurs index repris en annexe de cet instrument de recherches, ainsi que l'établissement d'une première version du plan de classement.

Plan de classement du fonds

Le plan de classement se divise en trois grands ensembles distincts:

  1. Documents personnels de Serge Defrance
    • Activité professionnelle
    • Activité politique et associative
    • Activité de collectionneur
  2. Collections de Serge Defrance
    • Collection sur l'Histoire de Versailles et ses environs
      • Documents de petit format, dont les cartes postales, classés par l'ordre alphabétique préétabli par Serge Defrance.
      • Documents de grand format classés par un ordre thématique reconstitué à partir des notes de recherches de Serge Defrance.
    • Collections relatives au nom Defrance et à la bande-dessinée, l'illustration ainsi que l'animation
  3. Ouvrages de bibliothèque

La collection sur l'Histoire de Versailles et ses environs rassemble la majorité des documents du fonds. Le classement de la collection sur Versailles suit deux ordres : celui alphabétique préétabli par Serge Defrance, et celui thématique s'inspirant du précédent ordre.

Les documents de grand format sont classés par un ordre thématique reconstitué à partir des notes de recherches de Serge Defrance. Le plan de classement pour les documents de grands formats suit la logique suivante:

  • Affaires politiques et administratives territoriales
  • État civil
  • Commerces et industries
  • Affaires militaires
  • Police

Le classement découlant du récolement représente un inventaire détaillé de l'ensemble des pièces du fonds, qui mena en parallèle à la réalisation d'un index des thèmes couverts par ce-dit fonds.

En conclusion, le Rugby Club de Versailles, fort de son histoire et de son développement récent, est un acteur majeur du rugby amateur en France, avec des ambitions claires pour l'avenir.

Rugby : L'origine de ce sport et de ses règles 🏉

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