L'histoire et l'actualité du Rugby Club de Flers Pays du Bocage

Fondé en 1969, le Rugby Club de Flers Pays du Bocage a une riche histoire et continue de se développer dans le paysage rugbystique normand. Le club a célébré son cinquantenaire, marquant un demi-siècle de passion et d'engagement envers le rugby.

Les débuts et l'ascension du club

Il y a cinquante ans déjà, une poignée de passionnés de ballon ovale se mettait en tête de créer une nouvelle activité sportive à Flers. En juin 1969, les bases d’un nouveau club étaient jetées, lors d'une réunion en août 1969, chez Jean Despierre. À l’époque, le rugby était encore sport national au sud de la Loire.

Rapidement, le petit club trace son chemin avec les Pradal, Pierre N., Boyer, Desréac et consorts. Guy Plantecoste, premier président de la section rugby, "kiné" au bataillon de Joinville avait "manipulé" les frères Spanghero. Despierre Jean, Fournée Pierre et Pierre Gérard. Pierre, Feret Alain, etc... évolue sous les couleurs orange et noir.

« Les rencontres se déroulaient sur le terrain annexe du Hazé. L’accession en Nationale 3 nous a permis de jouer sur le terrain d’honneur, en alternance avec le club de foot. Des conditions quelque peu difficiles mais la foi aidant, le rugby flérien accède à trois reprises à la Nationale 3. »

D’abord, pour une saison, en 1994 à la suite d’un succès historique contre Amiens. Ensuite, en 1997, pour une belle période de six saisons et enfin en 2004. « Là, que de beaux matchs et d’émotions intenses face à des clubs chevronnés d’île de France ou de Bretagne ! »

Une tradition familiale

Depuis plus de trente ans, chez les Paulin, on pratique le rugby. Et chaque week-end, parents et enfants vivent leur sport favori. Vous demandez Jeff et Laurent au club house du rugby aux Closets et voici que se présentent dans la foulée Mathis et Théo, Virgile et encore Pierrick, tous rugbymen et fiers de l'être ! « Le rugby, c'est obligé dans la famille. On a suivi nos parents, Jeff et Laurent. Tout petits, on a regardé les matchs du tournoi des cinq puis six nations à la télé en famille. Bonjour l'ambiance ! » abondent Pierrick et Mathis qui jouent déjà en seniors.

« Les enfants sont allés au stade en poussette ! Car les mamans sont les premières supportrices ! Pour eux le rugby a commencé à 15-16 ans, « J'ai choisi le rugby pour suivre les copains du lycée qui jouaient déjà, » rappelle Jeff et Laurent d'enchaîner « moi aussi malgré maman qui trouvait que c'était un sport dangereux !

Avec Jeff et Laurent, une page est tournée, aussi ils aiment se remémorer les super moments passés, les déplacements avec la famille au tournoi de Dieppe notamment « où on louait des mobil-homes pour le week-end ». Ou encore l'association « la Manivelle » qui devait récolter des fonds pour un beau voyage... Et ces pages, ce sont Pierrick et Mathis (en seniors), Théo (en juniors) et Virgile (en U14) qui les écriront avec la ferveur qui les anime. Et puis, il y aura, pourquoi pas, des petits enfants pour poursuivre un autre chapître.

Le club aujourd'hui

Avec plus de 270 licenciés, le Rugby-club flérien est le plus fourni des clubs ornais. Une école qui draine encore des dizaines de gamins chaque mercredi et samedi vers le stade des Closets (inauguré en 2004). Ce club vaillant s’ouvre aussi vers d’autres horizons.

Si la dynamique est bonne, les dirigeants veulent rester réalistes. Promus en Promotion d'honneur, les joueurs de Gilles Le Hérissé ont atteint l'objectif fixé : terminer dans les cinq premiers. Ce qui leur a permis de participer aux playoffs. Autre but avoué : jouer à 15 chez les jeunes. C'est fait chez les minimes et juniors. « En cadets, nous étions à 12. Ce sera à travailler la saison prochaine », poursuit le vice-président. Mais les cadets, tout comme les juniors, sont en « autonomie. C'est-à-dire que ce ne sont que des Flériens. Nous n'avons pas besoin de faire des ententes pour aligner des équipes jeunes, qui sont souvent coûteuses et manquent de liens entre les joueurs ».

Cette bonne santé, Flers veut en profiter. Mais sans folie des grandeurs. « Nous connaissons les possibilités économiques de la région. Nous savons aussi qu'il n'y a pas d'université et donc que les jeunes sont amenés à partir un jour. » Sachant cela, les Flériens ont adapté leur stratégie. Tenter de former le plus grand nombre de jeunes pour qu'un minimum reste. Et adapter les ambitions sportives en fonction.

« C'est pour cela que notre objectif est avant tout d'avoir une équipe au plus haut niveau régional, pas forcément plus haut. Pour y parvenir, de légères retouches seront apportées à l'effectif de l'an prochain. Si une dizaine de juniors vont grimper d'un échelon, des recrues feront aussi leur apparition. Une est déjà actée. Il s'agit du retour d'Arnaud Vivien, pilier passé par Caen. Mais qui a surtout connu la Fédérale 3 avec Flers, son club formateur.

La Fédérale 3 justement, les dirigeants y pensent-ils tout de même ? « Ce n'est pas l'objectif. Si un jour on y retourne, il faut que ce soit avec précaution. Inconsciemment, quand nous y étions, nous avons relâché la concentration sur la formation. Nous ne voulons pas qu'il y ait de creux de génération.

Un esprit de club unique

En septembre, il n'y a plus que trois seniors au club, alors Christian Boyer à la triple casquette d'entraîneur, capitaine, joueur incorpore ces juniors en seniors pour rebâtir une équipe... et ça marche ! Le rugby flérien gravit les échelons de la 2e série à la Fédérale 3 avec Jean-Pierre Desréac puis Claude-Aimé Ezoua comme entraîneurs.

« On a vécu là les dix années glorieuses du club aux côtés d'un certain Sylvère Tian en vivant intensément ce sport merveilleux qui allie finesse et puissance. Un sport de brutes pratiqué par des gentlemen ! « Le rugby n'est pas un choix, c'est dans nos gênes ! On aime toutes ses valeurs : esprit d'équipe, solidarité, respect... et la troisième mi-temps aussi, c'est souvent la plus longue ! « Contact, placages, prises d'intervalles, ça, c'est le rugby. L'heure de la retraite a sonné pour les anciens mais « on a Flers au coeur. Même en travaillant à Caen, j'ai toujours voulu jouer ici, » souligne Laurent.

Quentin Mori : une nouvelle aventure au Chili

Une page se tourne pour Quentin Mori. Entraîneur du Rugby club de Flers pays du bocage, il va quitter les terrains ornais pour une nouvelle aventure : entraîner au Chili. Après quatre saisons passées à Flers (Orne), Quentin Mori va partir entraîner au Chili : le début d’une nouvelle aventure. Une opportunité unique pour le natif d’Avranches. « Mon objectif est de devenir coach à haut niveau dans le rugby », annonce l’intéressé. « Je profite de ces années pour bouger, bouffer du rugby, et me permettre de voir une autre culture de ce sport. »

Entraîneur du Rugby club de Flers pays du bocage depuis 4 ans, Quentin Mori a tenté sa chance et ses compétences ont retenu l’attention d’un club chilien. « Je veux découvrir un autre rugby, il y a tellement de façon d’entraîner. » S’il a déjà exercé rapidement en Angleterre, c’est le premier voyage aussi lointain pour le passionné du ballon ovale. « Je ne suis pas fermé au départ. Depuis Avranches, j’ai déjà bougé un peu. »

C’est le grand saut, avec un plan précis en tête. « Je serai bénévole. Je souhaite me faire repérer pour éventuellement que cette expérience me serve de tremplin », précise Quentin Mori. « La saison est décalée dans l’hémisphère sud, de mars à novembre, alors je vais arriver en plein milieu de celle-ci. Je finis l’exercice et ensuite, je peux postuler pour aller en Nouvelle-Zélande ou aux Fidji : c’est vraiment mon objectif. »

Le rugby au Chili

Sur le sol chilien, l’entraîneur va évoluer en deuxième division. Il compare ce niveau à « de la Fédérale 1 ou 2 en France », troisième et quatrième division française. Dans le sillage de l’Argentine, le Chili continue de se développer. « Cela commence, il y a pas mal d’opportunité dans le pays, qui est 22e au classement mondial.

Cette décision marque la fin d’une histoire de quatre ans au sein du Rugby club Flers pays du bocage. Un peu de nostalgie, surtout avec les jeunes. L’entraîneur flérien va quitter l’Orne le 4 juin prochain. Il espère finir de belle manière la saison, notamment avec les seniors, qui disputent la finale du Challenge de Normandie, ce dimanche 27 avril 2025. Avant le championnat de France, dont les finales sont prévues à la fin du mois de juin.

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