L’Angleterre attendait ça depuis si longtemps. Six ans après sa dernière victoire lors de la demi-finale du Mondial 2019 au Japon et treize ans après son dernier succès à Twickenham, le XV de la Rose est de nouveau maître sur ses terres face à la Nouvelle-Zélande. Et ce au terme d’un match intense.
Avant leur duel tant attendu en demi-finale de la Coupe du monde 2019, Anglais et Néo-Zélandais se sont déjà affrontés dans la compétition reine du rugby. À trois reprises, les soldats de la Rose ont croisé le fer avec les légendaires All Blacks. Et à chaque fois, les hommes en noir en sont sortis vainqueurs.
Ce samedi, il y avait de la tension dans l’air à Londres pour le premier match des Autumn Nations Series 2024. Sur la mythique pelouse de l’Allianz Stadium, nouveau nom commercial donné au Temple du Rugby qu’est le stade de Twickenham, les Anglais ouvraient effectivement leur tournée d’automne par un affrontement XXL face aux Néo-Zélandais.
Pourtant, l’arène anglaise est presque leur maison avec 18 succès océaniens pour 5 victoires anglaises et 2 matchs nuls dans son histoire. Sortant d’un Rugby Championship (très) mitigé, les All Blacks ne s’avançaient pas en terre conquise.
Bienvenue sur ce live pour suivre le test-match entre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande. La Nouvelle-Zélande affronte l’Angleterre ce samedi 15 novembre pour son 3e match de sa tournée d’automne face aux quatre nations britanniques. Deux équipes en reconstruction depuis la Coupe du monde 2023 qui ont des choses à prouver pour éviter que les doutes ne s’installent trop longtemps.
Le Haka a toujours la même allure : impressionnant, parfois terrifiant, toujours solennel. Mais ce sont les 80 minutes suivantes qui semblent avoir changé. Les Néo-Zélandais ne feraient plus peur.
Pourtant, quand on pose la question à Abdelatif Benazzi, ancien joueur du XV de France, la réplique fuse : « Les Blacks sont toujours les Blacks, oui, oui et 1000 fois oui ! », répond-il avant de développer : « C’est vrai qu’ils sont dans un moment de réflexion sur leur stratégie pour revenir plus forts.
« En termes de popularité, les Blacks restent légendaires. À chacun de leurs matches les stades sont pleins, même quand ils jouent à Chicago (face à l’Irlande) », rappelle Nicolas Dendri, journaliste cofondateur du podcast Korero Rugby (Conversation en Maori), qui parle du rugby de l’hémisphère sud. Mais sportivement les Néo-Zélandais sont loin de la génération double championne du monde.
La raison ? Les records d’invincibilité qui tombent petit à petit : victoire des Irlandais lors de leur tournée en Nouvelle-Zélande en 2022, victoire des Argentins à Christchurch la même année, deux Rugby Championship perdus de suite… « Ils étaient en avance sur tout le monde », se souvient Abdelatif Benazzi, qui a affronté 7 fois les Blacks pour 4 victoires.
Si le constat est sans appel : les Blacks ne sont pas aussi forts qu’avant. Il faut désormais comprendre la cause. Il y en a trois pour Nicolas Dendri. Le premier, et le plus évident : un creux de génération « depuis le départ de joueurs comme Ma’a Nonu, Kieran Read, Aaron Smith ou encore Sam Withlock ».
Un souci qui risque de se prolonger quelques années, puisque peu de jeunes réussissent à intégrer le 15 titulaire néo-zélandais. Cette génération cache d’autres problèmes plus profonds en Nouvelle-Zélande. Enfin, le Covid a également transformé le Super rugby (championnat entre les franchises australiennes, néo-zélandaises et auparavant sud-africaines).
« Selon plusieurs observateurs, ce changement a contribué à baisser le niveau du Super rugby. Après le diagnostic, quel traitement docteur ? La Fédération néo-zélandaise cherche à intégrer plus rapidement les jeunes joueurs dans le circuit professionnel.
Ces contrats jeunes permettent aux franchises néo-zélandaises de signer 12 jeunes joueurs en plus de l’effectif de 34 joueurs. Ces jeunes néo-zélandais s’entraînent avec l’équipe professionnelle et ne peuvent disputer un match qu’en cas de blessures dans l’équipe.
ANALYSE COMPLÈTE DU MATCH ANGLETERRE - ALL BLACKS | Matchs internationaux d'automne 2025
Les Moments Clés du Match
Après un Kapa O Pango auquel le public de l’enceinte londonienne a répondu en chantant « Swing Low, Sweet Chariot », la rencontre a vu le XV d’Angleterre essayer de mettre la main sur le ballon face à des All Blacks qui ont misé sur le jeu au pied pour mettre sous pression la défense adverse. Une rencontre qui a définitivement été lancée au quart d’heure de jeu.
Après un 50-22 trouvé par Beauden Barrett, la défense anglaise s’est mise à la faute. Sur la première mêlée, un décalage a pu se construire. Après avoir gagné du terrain ballon en main, Leicester Fainga’anuku a fait parler la puissance. L’ancien joueur de Toulon a pu récupérer le ballon dans un ruck avant de percer le rideau défensif anglais pour aplatir le premier essai de la rencontre.
Un ascendant que les Néo-Zélandais n’ont mis que quatre minutes à confirmer. Trouvé en position d’ailier après une accélération de Will Jordan, Codie Taylor s’est joué des défenseurs anglais sur un crochet pour inscrire le deuxième essai des siens, transformé par Beauden Barrett. Dans la foulée, Freddie Steward a cédé sa place à Marcus Smith sur saignement.
L’Angleterre a relevé la tête à un quart d’heure de la pause. Les All Blacks ont démarré fort En sortie de mêlée, Ollie Lawrence a été décalé par George Ford. Le centre a alors mis à terre Leroy Carter avant d’effacer Beauden Barrett pour aplatir sur la ligne l’essai de la révolte. Si les All Blacks ont alors poussé pour creuser l’écart avant la pause, ils sont tombés sur une défense anglaise appliquée.
Après avoir autant résisté, le XV de la Rose a pu s’offrir des possibilités offensives. Opportuniste, George Ford a passé deux drops en deux minutes pour ramener l’Angleterre à un seul point au moment de retrouver les vestiaires de Twickenham. La reprise du jeu a vu les All Blacks être bien pâles.
Pour une faute cynique, Codie Taylor a écopé d’un carton jaune. En supériorité numérique, les Anglais ont immédiatement haussé le ton et Sam Underhill a validé cet état d’esprit. A l’issue d’une séquence de jeu au près, le troisième-ligne a trouvé un espace dans la défense néo-zélandaise pour permettre au XV de la Rose de prendre l’avantage au score pour la première fois.
Peu avant le retour à quinze contre quinze, l’Angleterre a cru corser l’addition grâce à George Ford après une touche. Toutefois, une position de hors-jeu décelée par la vidéo a convaincu l’arbitre d’annuler cet essai. Ce n’était que partie remise pour les joueurs de Steve Borthwick.

En effet, cinq minutes plus tard et après un 50-22 trouvé par George Ford, Fraser Dingwall a fait chavirer Twickenham. Sur une initiative en première main après la touche, Ollie Lawrence a lancé son premier centre. Ce dernier a fait parler sa pointe de vitesse pour aller à dame et donner treize points d’avance aux siens à 25 minutes de la fin du match.
Scott Robertson a alors décidé d’ouvrir son banc. Sauf que le banc anglais a fait de même avec sa « pom squad ». Un match qui aurait pu tourner à l’entame du dernier quart d’heure quand Ben Earl a écopé d’un carton jaune après avoir écroulé un ballon porté.
Sur l’action suivante, les All Blacks ont saisi l’opportunité de se rapprocher. Décalé par Damian McKenzie, Will Jordan est allé aplatir son 45eme essai au niveau international avec son buteur qui a alors ramené la Nouvelle-Zélande à six longueurs. Des All Blacks qui ont alors poussé mais qui se sont montrés trop maladroits pour exploiter plus encore cette supériorité numérique.
Le sort de la rencontre a finalement été scellé à cinq minutes de la sirène. Après une nouvelle faute néo-zélandaise en touche, George Ford a réglé la mire pour passer une pénalité mettant le XV de la Rose à l’abri d’un essai transformé.
Un succès amplifié dans la foulée par Tom Roebuck, qui a profité d’une transmission ratée par les All Blacks et l’opportunisme d’Henry Pollock qui a prolongé le ballon deux fois au pied pour servir son ailier. Ce dernier a alors aplati en coin l’essai qui offre un large succès à l’Angleterre devant son public (33-19).
Statistiques et Faits Marquants
9/10 : Sur les dix derniers affrontements entre l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande, les All Blacks se sont imposés à neuf reprises.
L'écart final de 14 points est le plus important en faveur des Anglais derrière les 17 unités de la victoire 38-21 de 2012, le dernier succès anglais à domicile contre la Nouvelle-Zélande. Depuis, le XV de la Rose n'avait gagné qu'en 2019, en demi-finale du Mondial au Japon.
Les Anglais ont ensuite largement dominé pendant quarante minutes, infligeant un 25-0 aux All Blacks avec trois essais d'Ollie Lawrence (25e), Sam Underhill (43e) et Fraser Dingwall (55e).
Cette victoire de quatorze points des Anglais est la deuxième plus large de leur histoire face aux All Blacks. Ces derniers sont restés dans le match quasiment jusqu'au bout, mais leur revers répond à une forme de logique.
| Équipe | Nombre de Victoires | Dernière Victoire |
|---|---|---|
| Nouvelle-Zélande | Majorité | Avant 2019 |
| Angleterre | Minorité | 2019 (Coupe du Monde), 2024 (Autumn Nations Series) |
Réactions et Analyses
"Le plus réjouissant, c'est qu'à 0-12, nous avons tenu bon (...) Je n'ai pas pensé à l'année dernière, je voulais juste faire mon travail du mieux possible. Je croirai toujours en moi", a déclaré l'homme du match à la BBC.
Supérieurs physiquement sur l'ensemble du match, les Anglais ont gagné l'essentiel des collisions et ont largement dominé en mêlée (deux pénalités obtenues), alors que les Néo-Zélandais ont eux connu un déchet au pied inhabituel de leur métronome Beauden Barrett.
"L'Angleterre a su saisir ses chances, contrairement à nous. Ils ont mis la pression. Lui et ses hommes se rendront au pays de Galles la semaine prochaine, tandis que l'Angleterre recevra l'Argentine.
En pleine confiance, le XV de la Rose, qui accueillait dans son antre de Twickenham la Nouvelle-Zélande, ce samedi 15 novembre, a dominé, très nettement, les All Blacks (33-19) pour la première fois depuis la Coupe du monde 2019. 10 sur 10. Voici la note de l’Angleterre sur ses dix derniers matches. Signe d’une équipe retrouvée et en pleine confiance. Dominatrice, l’équipe de Steve Borthwick a fait la différence après le repos.
Les Héros du Match
George Ford, héros malheureux du dernier match entre ces deux équipes sur cette même pelouse en 2024 (défaite 22-24) en raison de son manque de précision face aux perches, a cette fois été un des grands artisans de la victoire des siens. L'ouvreur de 32 ans et 104 sélections a mis fin au suspense avec une pénalité à cinq minutes de la fin (28-19) avant un dernier essai en coin de Tom Roebuck (77e).
Pour ses retrouvailles avec les All Blacks, le joueur de Sale qui a encore été préféré à Fin Smith n'a pas craqué, malgré une entame délicate, avec quelques coups de pied mal dosés. Mais c'est lui, ce grand meneur, ce cerveau exceptionnel qui a remis son équipe sur les rails alors qu'elle était menée 12-0, avec deux drops, à la 38e (8-12) et 40e (11-12).
En seconde période, malgré un essai refusé (50e), il a encore été très efficace, ne ratant rien, et voyant tout comme cet espace dans le dos de la défense néo-zélandaise pour un 50-22 exceptionnel, exploité à merveille par les Anglais et Fraser Dingwall (25-12, 55e) pour l'essai du break. Ford a conclu son festival en passant une pénalité capitale (28-19, 75e).
Il ne fut évidemment pas le seul Anglais à crever l'écran lors de ce succès de prestige mais il revient de loin, et mérite cette attention particulière. Il y a eu donc Ford, mais aussi Ben Earl, Sam Underhill, auteur d'un essai (18-12, 43e), Ollie Lawrence et Fraser Dingwall, les deux centres qui ont ouvert des brèches pendant 80 minutes.
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