Le football, sport universel, s'invite de plus en plus dans la littérature jeunesse française, offrant aux jeunes lecteurs des histoires palpitantes et des personnages attachants. Ces récits explorent des thèmes variés tels que l'amitié, le dépassement de soi, la confiance en soi et l'importance de la famille.

Des Histoires pour Tous les Goûts
Voici une sélection de livres jeunesse qui mettent le football à l'honneur :
- Quand c’est jour de foot, c’est aussi jour de frites pour la famille Souris : Quand c’est jour de foot, c’est aussi jour de frites pour la famille Souris parce qu’ils aiment autant le foot que les frites ! Et aujourd’hui c’est la première fois que Lily joue un match. Son équipe va-t-elle gagner ? L’important est de participer et… qu’il y ait des frites !
- Pop et Crocopatte : Pop et ses amis jouent avec un ballon quand Crocopatte le crocodile s’en empare. Il ne veut pas le leur rendre. Sauf s’ils font un match de foot et qu’ils le gagnent. L’équipe de Crocopatte a l’air très forte. L’enjeu est de taille, mais Pop et ses amis ne vont pas se laisser faire !
- Félipé et le grand match : La grande passion de Félipé, c'est le ballon rond. Le football, si vous préférez. Mais sur le terrain... Félipé n'est pas gégé. Ce qu'il aime, c'est encourager les copains. Seulement voilà, pendant le match de samedi, le petit garçon doit jouer... Le sort de son équipe repose sur lui ! Félipé arrivera-t-il à marquer ?
- Jimmy et le ballon perdu : Aujourd’hui, c’est la demi-finale de la Grande Coupe de football de 1950. Jimmy, l’homme-fusée, envoie le ballon avec tant de force qu’il passe par-dessus les buts, par-dessus la ville et même l’océan… Il arrive dans les bras de Pirmi, le petit Inuit qui n’avait encore jamais vu cet objet tout rond.
- Marcel et la magie du foot : Marcel adore le football, mais il n'est jamais choisi pour faire partie de l'équipe titulaire. Seule la magie peut l'aider. Ou est-ce simplement une question de talent et de confiance ?
- Ficelle et le match revanche : Ficelle est fier de son nouveau ballon. Il veut le montrer à ses copains, mais en chemin il rencontre Gros Jean et sa bande. Gros Jean n'est pas un copain. Il se moque de Ficelle et lui prend la balle. Puis cet affreux crâneur fait une démonstration : dribble, tête, amorti et, pour finir, tir. Le ballon s'envole et Ficelle le croit perdu. « Quand tu l'auras retrouvé, on fera un match », propose Gros Jean. Heureusement, la bande de Ficelle arrive. Ils commencent l'entraînement en vue du match. Mais tout va mal. Pedro le serpent dans les buts, ça ne donne rien et quand Pompon la vachette veut faire une tête, le ballon vient se planter sur ses cornes. Il faut de toute urgence affiner la tactique. Quand le match commence, l'équipe de Gros Jean est sûre d'elle, mais Ficelle a tout calculé et fait jouer chacun selon ses talents et ses possibilités. Parfois, il ne suffit pas d'être le plus fort pour gagner.
- Oscar et Albert : Oscar et Albert ADORENT le foot, c'est leur sport préféré. Mais voilà qu'arrive Barbara, la plus grande footballeuse DU MONDE, et Albert est mis de côté... Et s'il avait un autre rôle à jouer ?
- Mine veut faire du foot ! : Mine veut faire du foot ! « Mais c’est un sport de garçon ! » lui dit Poka.« Oui, et alors ? » Poka inscrit Mine à un club, lui achète des protège-tibias et des chaussures à crampons. Pendant l’entraînement, les garçons ne sont pas tendres avec elle. « Un peu de nerf, Mine », dit l’entraîneur. Mine aimerait bien pleurer mais elle n’y arrive pas.
- Papa arbitre : Ce soir-là, il y avait un match de foot à la télévision, et, comme d'habitude, nous étions assis, Papa, mon frère et moi, dans le canapé pour le regarder. Mais ce n'était pas un soir comme d'habitude car il s'est produit sous nos yeux trois événements extraordinaires. Tout d'abord, l'équipe de Papa s'est mise à bien jouer. Ensuite, l'arbitre a reçu un ballon en pleine figure et ne s'en est pas relevé. Et c'est alors... que Papa a plongé dans le poste pour le remplacer. Mais, hélas, les choses se sont gâtées très vite, car à part son pyjama-short noir, Papa n'avait guère de choses en commun avec un arbitre véritable, et lorsqu'il a injustement sifflé un penalty contre son équipe chérie, nous avons compris, mon petit frère et moi, qu'il nous fallait intervenir de toute urgence...
- Le pari d'Enzo : Le quartier de Belsunce, à Marseille. Ses immeubles délabrés, ses scooters, ses poubelles renversées et son City stade tout neuf. Depuis son inauguration, le mini terrain de foot est fréquenté H24 par tous les jeunes du quartier. Seul Enzo, qui habite à côté, refuse d’y mettre les pieds. Ce n’est pas qu’il déteste le foot, au contraire, mais il ne supporte pas ceux qui y jouent, ces footeux au QI d’huître qui passent leur vie à s’insulter. Le jour où Ilyes et Ali parviennent à l’entraîner au City, ça ne loupe pas, Enzo se retrouve au pire poste du monde, celui de gardien. Et là, surprise ! Il s’avère doué, très doué, pour arrêter les buts…
- Solée capitaine ? : Ça fait des mois que les Boucans réclament un capitaine. Ou une, bien sûr. Solée a posé sa candidature, et à son avis, elle a toutes ses chances. D’ailleurs, si le coach, monsieur K, veut la voir aujourd’hui, toute seule, c’est sûrement pour lui annoncer sa nomination. Mais alors… pourquoi chausse-t-il ces lunettes qui lui font des yeux énormes ? Et pourquoi fait-il la grimace ? Son chien Zizou est encore malade, ou quoi ? Une chose est sûre : Mr K n’a pas sa tête des bons jours… Soudain, Solée a du mal à respirer.
- Ali et le coach amoureux : Ali ne pense qu’au foot. Du matin au soir, il pense match, but, marquage… Et le lendemain, il recommence. Plus tard, il sera une star du foot, une sorte de croisement entre Messi et Mbappé. Mais en attendant, il a un problème, et ce problème s’appelle monsieur K. Le coach des Boucans, son équipe de foot à 5. Depuis qu’il est tombé amoureux, on dirait que le foot ne l’intéresse plus. Et au lieu d’entraîner ses joueurs, il leur cuit des beignets et des brioches… Ali a besoin d’entraînement, pas de brioches (même si elles sont délicieuses). Alors il n’a pas le choix : il va devoir secouer monsieur K. Ou le remplacer. Oui, mais comment ?
- Mandela et Nelson : Plus que trois jours avant le match contre les Allemands. En tant que capitaine, Nelson doit encore remettre le terrain en état, trouver des filets pour les buts et réunir tous les joueurs. Parmi eux, il y a Mandela, sa soeur jumelle, imbattable en défense. Leur père les a ainsi baptisés car ils sont nés le 9 mai 1994, le jour où Nelson Mandela est devenu le premier président noir d’Afrique du Sud. Mandela est très différente de Nelson. Elle se mêle toujours de tout et se bagarre à la moindre occasion. Mais dès qu’il est question de football, Nelson peut compter sur elle. C’est au cours d'un de ses nombreux voyages qu'Hermann Schulz a assisté à un match de football mémorable à Bagamoyo, qui lui a inspiré l’histoire de Mandela et Nelson. Depuis cette rencontre, Hermann Schulz a créé un partenariat entre une équipe allemande et les Saadani de Bagamoyo.
- Mandela et Nelson en Allemagne : Le match entre l’équipe de Mandela et Nelson et l’équipe allemande vient à peine de se terminer. Les joueurs des deux camps fêtent ensemble leurs exploits, et l’entraîneur allemand propose déjà d’organiser un match retour. Oui, un match retour. En Allemagne ! Mais… comment faire ? Prévoir un tel voyage, c’est toute une aventure dans le quartier de Bagamoyo, en Tanzanie. Mandela, Nelson et leurs amis ont quelques mois pour réaliser leur rêve : jouer en Allemagne, et voir le stade du mythique Borussia Dortmund.
- Léo comme Messi : Je m’appelle Léo, et ce n’est pas pour rien. Je vais avoir huit ans mais déjà, comme Lionel Messi, ma vie c’est le football. Dribbler, shooter, marquer… Si je pouvais, je passerais tout mon temps avec un ballon, sur les traces de mon idole. Sauf qu’il y a l’école aussi. Pour entrer en CE2 la semaine prochaine, il faut que je m’entraîne au moins deux heures par jour à lire et écrire, sinon je risque de redoubler. Papa dit que je m’en sortirai très bien de toute façon, mais maman est très inquiète. D’autant que, depuis quelques semaines, Michel, mon grand frère, s’enferme dans sa chambre à longueur de journée. Il a l’air ailleurs, comme s’il attendait quelque chose ou quelqu’un. Mais le temps presse, si on veut éviter les prolongations…
- Mohammed-Ali et Aimée : En classe de 3e, Mohammed-Ali est discret et populaire. Pour lui, le collège ça roule. Tranquille. En apparence du moins, car il a une vie secrète. La nuit, il sort de chez lui pour aller taguer. Et surtout, il est amoureux d’Aimée, qui ne pense à rien d’autre qu’au football. Comment faire pour qu’elle le remarque ? Par chance, Mohammed-Ali peut compter sur le soutien de Lina et Margaux. En amour comme au football, il faut un plan de jeu. Il faut avoir du style. Il va inviter Aimée à voir un match au Stade de France.
Le Football: Plus qu'un Simple Sport
Dans le roman Bande de boucans - Le pari d’Enzo d’Anaïs Sautier, Enzo, le narrateur, raconte comment il est passé du mépris pour les « footeux » à une passion féroce pour ce sport. Le roman propose une description de l’enfance dans le quartier populaire de Belzunce à Marseille, certes caricaturale, mais malgré tout teinté d’un certain réalisme sociale. Le point de vue de l’enfant permet à l’autrice de construire un monde très vivant, coloré et un peu foutraque, en utilisant l’outrance de la caricature et l’évocation sensible et très concrète (« je sens son odeur de capri sun et de cigarettes »).
Son regard souvent désenchanté et très critique sur le monde qui l’entoure donne à la fois beaucoup d’humour et permet de rendre dynamiques les représentations parfois stéréotypées qu’il véhicule (« franchement, quand vous rencontrez un imbécile, il y deux chances sur trois qu’il soit footeux »). Ce point de vue singulier s’incarne dans une langue rythmée, volontairement familière, populaire et très imagée (« on boit comme des chameaux en plein désert. En faisant des gros bruits d’évier quand on déglutit »). Cette focalisation, mais aussi le sujet du roman (le foot), rendent aussi très présente la question du corps et du sensible dans la langue (« Ca fait mal à l’intérieur mais ça se voit aussi à l’extérieur. L’incendie dans mon corps me rend très crispé, niveau démarche »).

Bande de Boucans réussit donc le pari d’un roman social pour enfants sans misérabilisme, ni idéalisation. Cela passe à la fois par son héros ambiguë dont la violence des jugements (« les footeux ont un QI d’huitre malade et ils passent leur vie s’insulter. ») crée des effets de distanciation par rapport à son milieu, mais aussi par la description des inégalités et des rapports de classe violents - fait rare en littérature jeunesse. Les « petits boucans », la nouvelle équipe de foot d’Enzo, vont un jour s’entraîner - sans autorisation - sur le stage Di Giovanni dans un quartier bourgeois de Marseille. Enzo décrit son émerveillement face à la beauté du stade : « c’est pas croyable ce qu’il est beau. On se croirait dans une autre ville. » Rapidement, les enfants se font arrêter par le responsable du stade. Enzo essaye alors de lui faire croire qu’il vient de l’immeuble au-dessus : « Je lève la tête vers les balcons et je fais coucou dans le vide. Bande de boucans n’est peut-être pas un roman réaliste - et on sent probablement qu’il a été écrit par un regard étranger qui se retrouve d’ailleurs dans la position du narrateur lui-même par rapport à son quartier.
Au regard du livre précédant, Le plus beau match de Madani semble beaucoup plus sage. Ici, point d’ironie ou de caricature : , Le plus beau match de Madani est avant tout un hymne délicat au football et à l’amour d’un fils pour sa mère. L’album de Fran Pintadera et Raquel Catalina, traduit de l’espanol et édité aux éditions de L’éléphant en mai 2023, raconte l’histoire d’un petit garçon, Madani, reconnu par tous et toutes comme le meilleur joueur de foot de son quartier. Non seulement il impressionne « le monde entier » par sa virtuosité, mais marque aussi les esprits car il joue pieds nus. Un jour, Madani se met à faire des économies ; ses coéquipier·es imaginent qu’il va enfin s’acheter des chaussures. Mais non, Madani a économisé pour acheter une nouvelle machine à coudre à sa mère comme ça elle « pourra venir [le] voir jouer tous les samedis ».
Le dessin de Raquel Catalina, encore plus que le texte, rend hommage aux « prouesses » footballistiques du personnage. Madani est beau avec ses grands yeux et ses cheveux noirs ; avec son corps souple qui semble danser autour du ballon. Rares sont les parties de foot qui auront été représentées avec une esthétique aussi délicate. Les couleurs ne sont pas criardes et au contraire l’estompe du crayon de couleur donne une grande douceur au dessin. Avant, le meilleur joueur était celui qui tapait le plus fort dans le ballon. Toutefois, si le livre sur présente comme un livre sur un match de foot, il est aussi un livre sur l’amour entre une mère et son fils.
Représentée toujours souriante avec sa grande chevelure brune et frisée, elle travaille comme couturière à domicile. Lors du fameux match, on la voit acclamer son fils : on perçoit tout à la fois l’amour et la fierté dans son regard. A ce titre, Le plus beau match de Madani a le grand mérite de mettre en scène un enfant racisé - probablement arabe et kabyle - dans une relation d’amour, sans conflit de fidélité ou nécessité de rupture. A l’image de Tout est si brillant Tarek Lakhrissi et Jehane Yazami, l’album répond aux réflexions antiracistes sur la maternité et l’amour mené par des groupes de femmes comme le Front de mère mais aussi au manque de représentation d’enfants non-blancs dans la littérature jeunesse.

« Chaque enfant est un monde. Chaque enfant perdu·e ou oublié·e est un monde perdu » concluait la chercheuse Sarah Ghelam à la fin de son essai Où sont les enfants non-blancs dans la littérature de jeunesse.
Tableau récapitulatif des livres mentionnés
| Titre | Auteur | Thèmes |
|---|---|---|
| Bande de boucans - Le pari d’Enzo | Anaïs Sautier | Football, amitié, réalisme social |
| Le plus beau match de Madani | Fran Pintadera et Raquel Catalina | Football, amour maternel, diversité |