Le Paris Saint-Germain a ouvert les portes de son centre de formation à France Bleu Paris, permettant ainsi une série d'interviews de jeunes talents U19. Parmi eux, découvrez Zayon Chtaï-Telamio, un ailier gauche de 17 ans originaire du XXème arrondissement de Paris.

De Paris FC au PSG : Un Rêve qui Prend Forme
Zayon Chtaï-Telamio a rejoint le Paris Saint-Germain à l’été 2019 en provenance du Paris FC, alors qu'il n'avait que onze ans. Deux ans plus tard, il a signé un contrat aspirant avec le club Rouge et Bleu, un contrat qui arrivera à échéance ce 30 juin 2024. Entretemps, Zayon a brillé sur les terrains au poste d'ailier gauche, mais il a surtout dû composer avec deux ruptures successives des ligaments croisés du même genou.
Une épreuve aussi bien physique que mentale pour ce jeune parisien pure souche, dont la passion du football est née sur les terrains du quartier de la Porte de Montreuil. Pia Clemens l'a rencontré le 21 mai dernier dans la salle de presse du terrain des U19 du PSG, avec fenêtres donnant sur les pelouses du Campus de Poissy.
Identité et Origines
« Ma mère est congolaise et guadeloupéenne, et mon père est tunisien. D'ailleurs, si je devais choisir une sélection, ce serait la France, c'est le mieux ! Sinon la Tunisie... Moi, je suis né dans le 20ᵉ arrondissement, à l'hôpital Tenon, à Paris, et depuis, j'habite là-bas, dans le 20ᵉ. Quand j'étais petit, je jouais au stade Déjerine, au Paris FC [à Porte de Montreuil]. J'ai été au PFC dès mon plus jeune âge. Le stade d'avant était même en face de chez moi. »
La Passion du Football
C'est l'ancien mari de sa mère qui lui a transmis le virus du foot. C'était un fan de foot et dès son plus jeune âge, il lui a appris à jouer et à aimer le foot. Il se rappelle quand il allait s'entraîner avec lui au stade. Il était passionné et il a progressé, il a aimé grâce à lui. Dès le plus jeune âge, il avait un ballon chez lui et tous les jours, dès qu'il avait un petit moment, il jouait dans sa chambre ou il allait au stade. Il ne pensait qu'au foot !
Ses joueurs préférés ? « Moi j'ai toujours aimé Neymar et Messi. Mais surtout Neymar. Il me manque aujourd'hui ! [Rires] Je l'aime trop. »
Un Poste de Prédilection
Zayon aime bien jouer ailier, mais il aime bien aussi être au milieu, au cœur du jeu, que ça soit dans un rôle de relayeur ou de numéro dix. Tout ce qui est poste offensif. Et comme ailier, il préfère évoluer à gauche.
Il explique sa relation avec Senny Mayulu : « Moi malheureusement, je suis blessé depuis l'année dernière. Mais Senny, ça fait longtemps que je joue avec lui, quand il était plus jeune, il jouait un peu plus au milieu, et moi je jouais sur le côté. Donc non, il n'y avait pas de concurrence. Et on a beaucoup joué ensemble. »
L'Arrivée au PSG
Un jour, au Paris FC, il fait un match et il met cinq ou six buts. Contre Sarcelles, il y avait un recruteur du PSG qui s'appelle Pierre Raynaud. Il a appelé sa mère, il en a parlé avec elle et du coup, il est venu ici. Quand il était petit, il n'était pas forcément fan du PSG, il aimait juste le foot mais il n'avait pas forcément d'équipe favorite.
Depuis, il a développé un lien affectif avec le club. « Oui, évidemment. Maintenant que ça fait longtemps que je suis là, forcément, j'ai appris à aimer le club parce qu'il m'apporte beaucoup, à aller souvent au stade... Donc forcément, oui, ça crée une relation. Donc oui, aujourd'hui, j'aime le PSG. J'avais onze ans. Donc ils m'ont fait grandir, vu que toute la semaine, je suis là-bas. Ils m'ont donné les bases, etc. Et footballistiquement, ils m'ont fait progresser, devenir quelqu'un de plus mature dans mon jeu ou dans la vraie vie. »
Le club a à cœur de les faire grandir en tant qu'êtres humains. Ils sont beaucoup derrière eux sur tout ce qui est règles, par exemple les retards, le comportement, le respect.
L'Épreuve de la Blessure
C'était le 22 août 2022. Il s'est fait une rupture du ligament croisé gauche. Donc il a fait toute la réathlétisation à Saint-Germain l'année dernière. Ça a duré à peu près un an, un an et un mois. En août 2023, il est revenu avec le groupe, en U19, pour la nouvelle année. Il a fait deux mois et il s'est re-blessé. Une rupture du ligament croisé à gauche, au même genou. Il s'est fait opérer le 1ᵉʳ décembre dernier, donc ça fait six mois. Et pour l'instant, il est encore en réathlétisation.
Il reste confiant : « Mais je suis sûr que je vais réussir à devenir footballeur. J'en suis convaincu. En vrai, c'est dur, mais je me dis qu'en soit, ce n'est pas une fin. Je n'ai que 17 ans. Il y a des pros qui se sont fait les croisés quatre fois et aujourd'hui, ils sont professionnels. Donc j'ai encore confiance. Je ne baisse pas les bras, c'est comme ça. Ce sont les épreuves de la vie. »
Le club l'encadre dans cette épreuve. La première blessure, ils étaient proches de lui. Ils l'ont toujours accompagné. Ils étaient là avec lui pour les séances, etc. Et la deuxième, d'autant plus. Ils sont encore plus derrière lui, ils l'aident, ils sont compréhensifs, ils l'écoutent quand ça va, quand ça ne va pas et... Si, ils sont derrière lui.
Ses coéquipiers sont toujours avec lui, et même si on ne joue pas sur le terrain ensemble, ça reste ses potes, ses amis. Il vit avec eux au quotidien. Ca, ça ne change pas. Pour certains, il les connaît depuis qu'il a onze ans, et même depuis plus longtemps pour ceux qui étaient dans le même club que lui. Par exemple il est proche de Riyad Messaoudi, Yoram Zague, Senny Mayulu, Ethan Mbappé et Erwan Adonis.
Ses Goûts et Ses Préférences
Son endroit préféré sur Terre ? C'est chez lui, dans le 20ᵉ ! Vraiment, il aime bien son quartier, il y a ses amis, sa famille, ses parents... Il habite là-bas depuis qu'il est petit. C'est là où il se sent le mieux. Là [avec la blessure], ça fait longtemps qu'il n'est pas allé sur le terrain là-bas mais oui, il y connaît beaucoup de gens et il aime bien.
Son plat préféré ? Les gombos. C'est un plat africain que fait sa mère, avec une sauce un peu verte, gluante, bizarre, avec du riz. C'est vraiment bon !
Son meilleur souvenir depuis qu'il est arrivé au Paris Saint-Germain ? C'était dans un tournoi en Amérique en U14, quand ils sont allés en finale. Il se rappelle, Warren avait marqué à la dernière minute pour égaliser. Et oui, c'était son meilleur moment. C'était trop bien. Ils ont tous couru, ils ont glissé, c'était le soir... C'était trop bien.
La musique qu'il écoute avant les matchs ? Il écoute les rappeurs français que beaucoup de jeunes écoutent : SDM, Werenoi, Tiakola... Un peu tout le monde ! Et avant le match, il enlève la musique et il prie pour que Dieu le protège sur le terrain.
Zayon Chtai Telamio (2006) - Ailier - PSG U15
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