La confrontation entre la France et l'Italie sur le terrain de football est bien plus qu'un simple match; c'est une saga riche en émotions, en moments de gloire et en déceptions amères. Depuis des décennies, ces deux nations européennes se sont affrontées dans des rencontres mémorables, gravant des souvenirs indélébiles dans l'histoire du sport.
En affrontant l’Italie à Milan, les Bleus avaient une double mission : faire oublier la performance indigeste proposée face à Israël et prendre leur revanche sur la Squadra Azzurra, qui était venue s’imposer à Paris. Au terme d’une prestation aboutie et d’un petit festival d’Adrien Rabiot - auteur d’un doublé - et de Lucas Digne, les Bleus ont coché toutes les cases, et plus encore. En s’imposant 3 à 1, ils subtilisent, en effet, la première place du groupe 2 à leurs adversaires du soir, et se facilitent la tâche en vue des quarts de finale, qu’ils disputeront contre un deuxième de groupe en mars. Les Bleus concluent surtout en beauté une année en dents de scie, marquée par la retraite internationale d’Antoine Griezmann et le flou autour de leur capitaine, Kylian Mbappé.
Pour la première fois depuis 1991 et un match contre l’Albanie (5-0), l’équipe de France a inscrit trois buts sur phase arrêtée dans un match officiel. Trente-trois ans après, les Bleus ont retrouvé la solution dans ce secteur !

Les Moments Clés de la Rivalité
Depuis 1982, les France-Italie se multiplient au plus haut niveau : un huitième, un quart et une finale mondiale et l’invraisemblable dénouement de Rotterdam. Avec la victoire de 1982, où Platini réalise un match éblouissant, le rapport de force bascule. Désormais, et pour le quart de siècle à venir, ce seront les Italiens qui redouteront d’affronter les Bleus. En tout cas, Michel Platini (déjà très inspiré en février 1978 à Naples) réalise un très grand match qui le fait changer de statut : de meilleur joueur français, il devient du jour au lendemain un des meilleurs joueurs du monde.
La rencontre suivante, le 17 juin 1986, sera bien plus importante. Elle oppose au stade olympique de Mexico le tout nouveau champion d’Europe au champion du monde en titre. De fait, jamais les hommes d’Enzo Bearzot ne semblent en mesure de l’emporter. Il suffit d’un quart d’heure à l’équipe de France pour prendre l’avantage par Michel Platini qui pique une balle en profondeur de Rocheteau par dessus Galli. C’est son quarantième et avant-dernier but en sélection, son troisième contre l’Italie. Et en début de deuxième mi-temps, un contre fulgurant de Tigana relayé par Rocheteau est conclu en force par Stopyra.
En février 1994 à Naples, Aimé Jacquet inaugure son mandat de sélectionneur par une victoire inattendue contre le futur finaliste de la coupe du monde (1-0), ce qui rétrospectivement laisse bien des regrets. C’est Youri Djorkaeff qui marque juste avant la pause et qui signe la première victoire des Bleus en Italie depuis 82 ans. En juin 1997, lors du Tournoi de France, les Italiens veulent leur revanche mais ils n’obtiendront qu’un nul (2-2) dans les arrêts de jeu sur un pénalty de Del Piero après que Zidane et Djorkaeff aient donné deux fois l’avantage aux Bleus.
Quand ils se retrouvent au Stade de France le 3 juillet 1998 en quart de finale de la coupe du monde, Français et Italiens repensent forcément à Mexico. Les Bleus qui jouent en blanc dominent et se créent les occasions les plus nettes, mais ils se heurtent à un très bon Pagliuca. En prolongations, alors que la règle du but en or peut interrompre le match à tout instant, Roberto Baggio entre dans la surface et pique une balle au second poteau, hors de portée de Barthez. Il s’en faut de quelques centimètres. Les Bleus s’imposent aux tirs au but grâce au sang-froid de ses jeunes attaquants Henry et Trezeguet et, il faut bien le dire, à un maximum de réussite, la transversale de Barthez renvoyant la tentative de Di Biagio.
Nous sommes le 2 juillet 2000 à Rotterdam, il ne reste que quelques secondes dans le temps additionnel de la finale de l’Euro et les Bleus sont toujours menés 1-0. Montella récupère un ballon dans le camp français, cherche Totti d’une balle piquée, mais le Romain est hors-jeu. Barthez tire le coup-franc, sa trajectoire tendue arrive sur Trezeguet qui dévie de la tête sur Wiltord lequel amorti le ballon le laisse rebondir deux fois et ajuste un tir croisé du gauche qui propulse les Bleus en prolongations. La suite, on la connait, avec un rush de Pires côté gauche d’une défense italienne tétanisée de fatigue, un centre en retrait sur Trezeguet qui claque une reprise du gauche imparable. Comment faire mieux ? Plus grand ? Plus émouvant ? Plus dramatique ?
Berlin, le 9 juillet 2006. Septième minute de jeu, Malouda est balancé dans la surface par Materazzi. Pénalty. Zidane va le tirer, bien sûr, mais comme Buffon, gardien de la Juventus, le connaît par cœur, le Français tente un geste insensé. Une panenka plein axe, un poil trop haute car elle tape sous la transversale, tombe juste derrière la ligne de but, remonte sous la barre et ressort des cages italiennes. Les Bleus vont alors prendre le dessus en gagnant la bataille du milieu, où le duo Makelele-Vieira est souverain. Mais Henry n’est pas assez soutenu en pointe de l’attaque, Ribéry et Malouda jouant un peu trop bas dans les couloirs. Et surtout, Vieira sort après dix minutes en seconde période, victime de contractures aux cuisses. Dès lors le ressort est cassé (Alou Diarra jouant plus bas et plus prudemment), et les Italiens, épuisés, visent clairement les prolongations.
Celles-ci vont voir le match basculer en quatre temps : à la 99e, une frappe de Ribéry termine de très peu à l’extérieur du poteau de Buffon qui était battu. A la 103e, sur un centre parfait de Sagnol, Zidane décoche une tête croisée parfaite que Buffon sort d’une claquette magistrale. Il était dit quelque part que l’équipe de France ne gagnerait pas ce match. Pour une fois, les Italiens ne manquent aucun tir au but, alors que celui de Trezeguet, qui cherchait la lucarne, est renvoyé par la transversale devant la ligne de but. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Le sort, favorable aux Français depuis 24 ans, tourne ce soir-là.
Cet équilibre parfait casse après le Mondial allemand. En septembre 2006, malgré l’arrêt de Barthez et Zidane, les Bleus donnent des regrets à leurs supporters en battant facilement les nouveaux champions du monde à Saint-Denis (3-1) avec notamment un doublé improbable de Sidney Govou. Cette victoire de prestige, qualificative pour l’Euro 2008, marque pourtant le début de la fin de la grande équipe de France. Mais le 17 juin 2008 à Zurich au premier tour de l’Euro, le vent a tourné. Alors que les deux équipes ont lourdement chuté contre les Pays-Bas, les Bleus réalisent un début de match catastrophique : Ribéry se blesse après dix minutes, et un quart d’heure plus tard, Eric Abidal crochète Luca Toni dans la surface. Pénalty et carton rouge. Réduits à dix et menés au score, les coéquipiers d’Henry n’ont plus rien à espérer. Le score final (0-2) est même flatteur.
Des Matchs Amicaux et Préparatoires
Le 14 novembre 2012 à Parme, les Bleus retrouvent les vice-champions d’Europe et continuent sur la lancée de leur match nul à Madrid. L’ouverture du score par El-Shaarawy est immédiatement suivie par une égalisation de Mathieu Valbuena après un slalom dans la défense et un superbe tir en lucarne. Une percée de Ménez pour Gomis donne l’avantage aux Français (2-1) qui le garderont jusqu’au bout.
C’est là que les Bleus s’imposent plutôt facilement contre une Squadra moyennement concernée le 1er septembre 2016, quelques semaines après l’Euro et dix ans après leur dernière victoire post-phase finale. En attaque, Anthony Martial se réveille enfin et ouvre le score, Giroud redonne l’avantage après l’égalisation de Pellè sur une erreur de placement de Varane et Kurzawa conclut en fin de match (3-1).
Pour le deuxième des trois matchs de préparation à la Coupe du monde 2018, l’équipe de France croise à Nice la grande absente de l’édition russe, l’Italie. Didier Deschamps aligne une équipe assez proche de celle qui jouera l’essentiel des matchs de la phase finale à venir : seuls manquent au coup d’envoi Raphaël Varane, Blaise Matuidi et Olivier Giroud, remplacés par Adil Rami, Corentin Tolisso et Ousmane Dembélé. Ces deux derniers seront d’ailleurs titulaires lors du premier match contre l’Australie, sans grand succès. A Nice, les Bleus prennent très vite le dessus avec deux buts d’Umtiti (après un tir de Mbappé repoussé par Sirigu) et de Griezmann (sur pénalty) dans la première demi-heure. Mais les Italiens reviennent sur un coup franc de Balotelli repoussé par Lloris dans les pieds de Bonnucci, avant que Dembélé, qui avait touché la barre, ne scelle le résultat d’un intérieur du droit parfaitement exécuté (3-1).
Pour son deuxième match amical face à l'Italie, la France s'est inclinée dans le temps additionnel après avoir ouvert le score en première période.

France-Italie : Le Match du 17 novembre
En affrontant l’Italie à Milan, les Bleus avaient une double mission : faire oublier la performance indigeste proposée face à Israël et prendre leur revanche sur la Squadra Azzurra, qui était venue s’imposer à Paris. Au terme d’une prestation aboutie et d’un petit festival d’Adrien Rabiot - auteur d’un doublé - et de Lucas Digne, les Bleus ont coché toutes les cases, et plus encore. En s’imposant 3 à 1, ils subtilisent, en effet, la première place du groupe 2 à leurs adversaires du soir, et se facilitent la tâche en vue des quarts de finale, qu’ils disputeront contre un deuxième de groupe en mars. Les Bleus concluent surtout en beauté une année en dents de scie, marquée par la retraite internationale d’Antoine Griezmann et le flou autour de leur capitaine, Kylian Mbappé.
Le Cador: Adrien Rabiot
Le milieu de terrain des Bleus a retrouvé des couleurs depuis son transfert surprise à Marseille cet été. Rabiot a inscrit deux buts de la tête, le premier pour refroidir San Siro en tout début de match, le deuxième pour porter le score à 3-1 et mettre les siens à l’abri. Dans le jeu, on l’a vu, avec beaucoup de volume, dicter parfois le tempo du match avec le ballon, ou faire des efforts défensifs précieux.
Le fil du match
- 1-0, 2e : Adrien Rabiot s’élève plus haut que tout le monde pour envoyer son coup de tête dans le but sur un corner de Lucas Digne.
- 2-0, 33e : les Bleus obtiennent un bon coup franc qui semble destiné à un droitier, mais Lucas Digne s’élance et envoie une magnifique frappe par son pied gauche, qui entre dans la cage avec le concours du gardien Guglielmo Vicario et de son dos.
- 2-1, 35e : Jules Koundé manque de concentration, se fait subtiliser le ballon dans son camp et Federico Dimarco parvient à trouver Andrea Cambiaso, qui vient réduire la marque d’une reprise de volée.
- 3-1, 65e : Lucas Digne, encore lui, est à la baguette sur un coup franc excentré. Il envoie le ballon sur la tête d’Adrien Rabiot, qui parvient à cadrer sa frappe alors qu’il était sur le reculoir. Digne-Rabiot, un duo gagnant.
La phrase
Mike Maignan, au micro de TF1 : « On voulait notre revanche, on a perdu au mois de septembre chez nous [face aux Italiens]. Quand on joue en équipe comme ça, quand on fait les efforts les uns pour les autres, on peut faire de grandes choses, et c’est digne de l’équipe de France. »
Le chiffre
23: Un match plus satisfaisant dans le jeu pour les Bleus, mais surtout terriblement réussi sur le plan des coups de pied arrêtés. Pour la première fois depuis 1991 et un match contre l’Albanie (5-0), l’équipe de France a inscrit trois buts sur phase arrêtée dans un match officiel. Trente-trois ans après, les Bleus ont retrouvé la solution dans ce secteur !
Le tournant du match
Les Bleus n’ont pas flanché A la 35e minute, Federico Dimarco réduit la marque après un joli mouvement sur le côté gauche, et donne le coup d’envoi d’un gros temps fort italien, durant lequel les locaux vont pousser pour tenter de combler leur retard avant la mi-temps. Pas forcément en grande confiance ces derniers mois, les Bleus auraient pu dégoupiller, mais se sont arc-boutés pour protéger leur avantage, avant de le faire gonfler dans le second acte.
Nutrisport
B Après le match très pauvre de jeudi contre Israël, il en fallait peu pour que cet Italie-France paraisse savoureux. Finalement, les Bleus ont fait beaucoup mieux avec une prestation solide, trois buts inscrits, dont un assez spectaculaire, et une victoire contre un adversaire de prestige dans un classique européen pour finir l’année. Un repas de fête avant l’heure.
