Le rugby est un sport où l'histoire des confrontations forge la légende des équipes. Le match entre la France et l'Argentine est riche en moments mémorables et en statistiques marquantes. Cet article explore l'histoire de ces rencontres, en mettant en lumière les faits saillants et les chiffres clés.

Un Duel de Longue Date
Il s'agira déjà du 56e match entre la France et l'Argentine, pour un total de 39 victoires tricolores, un nul et quinze défaites. Les deux nations se connaissent très bien et se sont affrontées 51 fois avant la Coupe du Monde 2019. Le premier duel date de 1949, le dernier de novembre 2018.
Sur les 53 confrontations entre les deux nations, la France en a remporté 38, une domination historique qui s'est renforcée au fil des ans. Les Pumas, de leur côté, n’ont plus réussi à terrasser le coq depuis huit ans, une période qui témoigne de la montée en puissance de l'équipe française. Les Argentins pourraient cependant mettre fin à cette série de revers.
À l'heure actuelle, la France mène largement cette confrontation. Les Français se sont imposés à 36 reprises tandis que les Argentins n’ont remporté que 14 rencontres. Cependant, les Pumas affichent un meilleur bilan dans ce face-à-face lors des compétitions officielles. En effet, sur les 51 affrontements, 3 ont eu lieu en Coupe du Monde et l'Argentine s’en sort mieux : deux victoires pour une seule défaite.
Les Premières Rencontres
Sur les trente-six victoires françaises, depuis la première confrontation, le 28 août 1949, à Buenos Aires (victoire de la France 5-0), vingt-neuf ont eu lieu avant les années 2000. A cette époque, l'Argentine, ne fait pas partie des meilleures nations du globe. Mais depuis le début du XXIe siècle, le rapport de force s’est inversé. Les Argentins mènent 10-7 et ils se sont même permis, lors de la Coupe du monde 2007 organisée sur les terres françaises, de battre l’équipe de France à deux reprises en les privant de médaille lors de la petite finale.
Coupe du Monde: Des Moments Clés
Les Français et les Argentins se sont affrontés à trois reprises en Coupe du monde. La première fois, c’était en 1999, lors du Mondial organisée par le Royaume-Uni. La France l’emportera 47-26 grâce aux trois essais de Philippe Bernat-Salles mais les Pichot, Quesada, Ledesma, Corleto et Contepomi commenceront à être pris au sérieux par le reste de la planète rugby.
En 2007, sur les terres françaises, la France veut remporter sa première Coupe du monde. Mais l’Argentine gâche la fête lors du match d’ouverture avec un essai de Corleto (17-12). C’est la première fois depuis 1987 que la France s’incline en phase de poules. Malheureusement ce ne sera pas la seule.
Elle a obtenu les deux victoires lors du Mondial 2007 sur le sol français (match d'ouverture au Stade de France et petite finale au Parc des Princes). Son seul revers remonte à 1999 quand les Bleus s'étaient imposés en quarts de finale de la Coupe du Monde en Irlande. À noter qu'une seule confrontation n'a pas connu de vainqueur. C'était le 2 juillet 1977.
FRANCE ARGENTINE LES MEILLEURS MOMENTS DU MATCH PARTIE 5 3E ESSAI FRANÇAIS
Les Pumas, Bête Noire des Bleus?
Depuis 2002, l'Argentine a battu à six reprises le XV de France en sept rencontres. Le statut de bête noire des Pumas n'est donc pas usurpé. La seule victoire de l'ère Laporte face aux Argentins a été acquise à l'arraché en novembre 2006 (27-26). Les deux plus retentissants revers sont évidemment ceux de la dernière Coupe du monde, en match d'ouverture, et dans la rencontre pour la troisième place.
Alors que la France venait d’enchaîner 14 victoires pour 2 défaites, les Tricolores vont connaitre une série noire d’une dizaine d’années. Ils s’inclinent à 7 reprises sur les 10 confrontations entre 2002 et 2012 dont 2 défaites lors de la Coupe du Monde 2007. Mais les Bleus font face à la meilleure équipe d’Argentine de son histoire.
Les Dernières Confrontations
Depuis la défaite 30-19 le 19 juin 2016, à San Miguel de Tucumán en Argentine, la France n’a plus perdu contre les Argentins. S’en sont suivies une victoire en 2016 (27-0) avec les essais de Bonneval, Lamerat et Goujon face à une pâle équipe de l’Argentine et une autre lors de la tournée d’automne en 2018 (28-13).
Il y a déjà eu deux rencontres entre les Bleus et les Pumas cette année, pas plus tard qu'au mois de juillet en Argentine, et ce sont les hôtes qui ont d'ailleurs remporté la dernière confrontation en date (13-28 le 6 juillet, puis 33-25 le 13 juillet).
Huit ans sans défaite contre l'Argentine : le XV de France a su s'imposer comme une force dominante. Depuis huit ans, l'équipe de France de rugby n'a pas connu la défaite face à l'Argentine. La dernière rencontre entre les deux équipes en terre argentine remonte à juin 2016, lors d'une tournée marquée par une victoire de chaque côté.
Anecdotes et Faits Divers
- Un seul joueur du XV de France ne compte aucune sélection parmi les 23 et il est titulaire. Il s'agit de Maxime Médard.
- L'Argentine est la seule équipe à avoir battu les Bleus au Vélodrome de Marseille. C'était en 2004 (14-21).
- Ils sont cinq rescapés de la dernière victoire du XV de France sur l'Argentine (27-26), en novembre 2006: Cédric Heymans, Yannick Jauzion, Damien Traille, Lionel Nallet et Dimitri Szarzewski.
- 64 sélections Damien Traille est, avec 64 sélections, le joueur le plus capé du groupe des 23 pour l'Argentine.
- 47 points: C'est le record de points marqués en un match par la France à l'Argentine. C'est arrivé lors de la Coupe latine en 1995 (12-47) et lors du quart de finale de la Coupe du monde 1999 (26-47).
Les Argentins Évoluant en France
Huit Argentins qui débuteront à Marseille samedi, soit plus de la moitié de l'équipe, évoluent dans les championnats français : Horacio Agulla (Brive), Alvaro Galindo (Racing-Metro, Pro D2), Juan Martin Hernandez (Stade français), Nicolas Vergallo (Dax), Patrico Albacete (Stade toulousain), Rimas Alvarez-Kairelis (Perpignan), Mario Lesdesma (Clermont) et Rodrigo Roncero (Stade français).
Les deux demis d'ouverture, Nicolas Sanchez du Stade Français et Benjamin Urdapilleta de Castres, évoluent tous les deux dans le Top 14. Au Stade Français depuis 2018, Sanchez a connu deux autres clubs français dans sa carrière, l’Union Bordeaux-Bègles en 2011 et Toulon en 2014.
Tableau Récapitulatif des Confrontations
| Équipe | Nombre de Matchs | Victoires | Défaites | Nuls |
|---|---|---|---|---|
| France | 56 | 39 | 15 | 1 |
| Argentine | 56 | 15 | 39 | 1 |
Les Bleus ont été exceptionnels face à l'Argentine en s'imposant sur le score de 59 à 7 lors de ce deuxième match des SVNS à Dubaï. C'est la plus large victoire française face à ce même adversaire.
Revoilà Villière : "Après un an au cachot, tu ressors avec les crocs".
Le XV de France va passer l'hiver au chaud. Les Bleus ont refermé cette tournée d'automne en dominant l'Argentine ce vendredi au Stade de France (37-23). Après avoir battu le Japon et les All Black, les hommes de Fabien Galthié ont réalisé le 3/3 après un été mouvementé pour le rugby tricolore. Après avoir sécurisé leur succès en première période, les coéquipiers d'Antoine Dupont ont levé un peu le pied mais finissent largement devant. Thibaud Flament, Gabin Villière et Louis Bielle-Biarrey se sont illustrés chacun avec un essai.
Pour ces Bleus, il y avait le risque d'un relâchement après le succès prestigieux face aux All Black la semaine passée (30-29). Il n'en a rien été, pour le plus grand bonheur de l'enceinte dyonisienne encore en feu. Et l'Argentine, qui restait sur une toute petite défaite en Irlande, n'a pas vraiment été le gâcheur de fête annoncé. Après un bon début de match, les hommes de Felipe Contepomi se sont sabordés avec deux cartons jaunes reçus par Julian Montoya (4e) et Juan Martin Gonzalez (36e).

Il n'en fallait pas plus pour que les Bleus se saisissent de leur supériorité, d'abord par l'intermédiaire de Thibaud Flament (9e) qui venait enfoncer la défense dans un pur style de 2e ligne. Toujours aussi propres en défense, les Tricolores sont restés appliqués tout au long de la rencontre, à l'instar de ces trois test-matches. D'abord challengé par quelques chandelles sud-américaines, Gabin Villière est venu planter son essai qui était loin d'être fait malgré un bon travail de Léo Barré (33e).
Un essai de pénalité (sur de l'anti jeu de Gonzalez devant Bielle-Biarrey) et les Bleus viraient largement en tête à la pause (30-9). Pas irréprochables (notamment en conquête), ils ont encore pu compter sur certains cadres comme Charles Ollivon, qui avait pris la place de Grégory Alldritt, et l'a plutôt bien fait. Mais aussi à l'image d'un Thomas Ramos encore à 100% au pied et très juste à la main. C'est lui qui a servi la fusée Bielle-Biarrey qui est allé planter son 4e essai en 3 matches (58e), devant un public désormais dans sa poche. Le chouchou Antoine Dupont n'a lui pas illuminé la soirée, à l'instar des deux précédentes rencontres, perdant même deux ballons aux ras des rucks.
Certes indisciplinés, les Argentins ont encore tout donné jusqu'à la 82e minute. Malgré une envie de jouer certaine, les Pumas souvent désorganisés ont finalement été payés par la simplicité avec Thomas Gallo (56e) à la suite d'un ballon porté et Ignacio Ruiz (70e) au terme d'une longue séquence de pilonnage. De quoi rythmer un peu un second acte terne avec des Bleus moins tranchants, probablement cuits, mais toujours aussi sérieux.
Le XV de France s’est imposé d’un souffle (23-21) face à l’Argentine, au cours d’un match en deux actes très distincts. En effet, en première mi-temps, les Bleus ont été brillants avant de sombrer dans le doute et l’approximation dans la seconde. Les Argentins sont réputés pour être pénibles dans les rucks, dans le jeu. Ils ont été fidèles à leu tradition. Mais c’est surtout la fin de match irrespirable qui fut pénible pour les supporters français, suspendus au coup de botte de Boffeli à la 79e minute de jeu. Le scénario catastrophe qui se profilait n’a pas eu lieu.
Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu une telle partition des trois-quarts français en première mi-temps. Hormis Yoann Huget qui ne fut pas concerné sur les essais mais qui provoqua toutefois une pénalité, toute la ligne arrière a livré une partition de haute qualité. Parmi eux, à noter la performance majeure de Damian Penaud, véritable facteur X, (67 m parcourus balle en main et 7 défenseurs battus) impliqué sur les deux essais grâce à sa capacité à dynamiser le jeu et à dynamiter les défenses. Les avants, de leur côté, ont semblé plus en difficulté, même s’ils n’ont pas été dominés. Mais ils ont multiplié les maladresses. Guirado après un début de match timide est entré dans son match en faisant ce qu’il sait faire de mieux : charger tête en avant et en étant à la pointe du combat. Aldritt et Poirot ont, eux, beaucoup plaqué et Ollivon a très bien joué son rôle de joueur de rupture, lien crucial entre avants et trois-quarts, grâce à son aisance technique.
Rentrés au vestiaire avec 17 points d’avance, on pensait les Bleus à l’abri d’un retour. Mais visiblement ce matelas, le même que face au Pays de Galles en février, n’est pas suffisant pour éliminer les doutes de cette équipe. Grâce à une entame parfaite, les Pumas allaient vite derrière la ligne et mettaient la pression sur des Bleus incapables de remettre la main sur le ballon ou de s’adapter. La furia des avants argentins a emporté des Bleus bien pâles dans le combat, souvent en retard au soutien, très pénalisés et pris sur les ballons portés. Le Roux entré à la place d’Iturria a par exemple été transparent, Aldritt s’est émoussé, Picamoles n’est pas parvenu à faire parler sa puissance quand il est entré, Bamba n’a pas pesé. Derrière, tout s’est aussi délité, les maladresses se sont succédé.
Il a joué moins de 20 minutes, mais est un des hommes du match. Camille Lopez est le sauveur des Bleus grâce à son drop à la 70e. L’expérience a parlé. Le demi d’ouverture de Clermont a montré qu’on pouvait compter sur lui-même si le staff lui a préféré Romain Ntamack pour démarrer le match. Son sang-froid et la précision de son pied sauvent les Bleus et permettent d’entrevoir un quart de finale.
Retrouvez les chiffres marquants avant le troisième et dernier test-match des Bleus en cet automne 2024.
- Si les Bleus venaient à perdre vendredi soir, l'année 2024 serait la pire pour Fabien Galthié en termes de ratio de victoires, puisqu'il stagnerait à seulement 60% sur les onze sorties du XV de France. En revanche, en cas de succès, les 70% de victoires resteraient au-dessus des 63% de 2021, mais toujours derrière les 78% de 2020, les 79% de 2023 et les 100% de 2022.
- Les Argentins ont battu à la fois la Nouvelle-Zélande (30-38), l'Afrique du Sud (29-28) et l'Australie (67-27) lors du dernier Rugby Championship. C'est une première depuis leur intégration au tournoi de l'hémisphère Sud en 2012.
C'est un match qui sentait le piège à plein nez. Affronter l'Argentine six jours après avoir terrassé la Nouvelle-Zélande au bout d'une partie d'une folle intensité (30-29), avec un jour de récupération en moins, n'avait franchement rien d'une sinécure. Mais cette équipe de France a suffisamment d'expérience et de maturité, aujourd'hui, pour écarter les quelques écueils qui se présentent sur sa route. Ce vendredi soir, dans un Stade de France à peine moins rempli que la semaine passée, elle a quasiment déjoué tous les pièges que les Pumas lui avaient tendus. Bombardée de chandelles, elle a globalement réussi à gagner la bataille des airs. Chahutée au sol, elle est quand même parvenue à sortir ses ballons grâce à l'abattage de ses avants, particulièrement inspirés dans la froidure automnale à l'image d'un Charles Ollivon des grands soirs.
La rencontre n'avait pourtant pas très bien commencé avec la blessure d'entrée du pilier gauche Jean-Baptiste Gros, victime d'un déblayage dangereux du talonneur argentin Julian Montoya (sanctionné d'un carton jaune), et remplacé aussitôt par Reda Wardi (4e). Ou avec cette pénalité retournée à l'encontre de Paul Boudehent, trop nerveux après une mêlée pourtant gagnée par son équipe (7e). Mais l'une des grandes forces des Bleus, en ce mois de novembre, est d'arriver à convertir la plupart de ses temps forts par des essais.
Face aux Pumas, ils ont marqué sur leur première occasion : un « 50:22 » trouvé par Gaël Fickou, une touche rapidement jouée, un bel enchaînement des avants, une passe d'Antoine Dupont et Thibaud Flament aplatissait sous les poteaux (9e). Même chose avec le deuxième essai inscrit par l'ailier Gabin Villière, venu apporter du surnombre au coeur du jeu pour concrétiser un magnifique travail de sape des avants (33e), et avec l'essai de pénalité inscrit trois minutes plus tard sur une passe lumineuse au pied de Thomas Ramos pour Louis Bielle-Biarrey, avortée de manière irrégulière par le troisième-ligne argentin Juan Martin Gonzalez, lequel fut sanctionné d'un carton jaune sur le coup (36e).
Autant dire que les Bleus n'ont pas tremblé longtemps. À l'image de l'excellent Thomas Ramos, capable de claquer une pénalité de 50 m juste après avoir tapé un renvoi directement en touche (23e), ils n'ont jamais perdu le fil d'un match qui était déjà plié à la mi-temps (30-9). Les Pumas ont bien tenté de réagir après la pause, inscrivant notamment deux essais en force par leur pilier gauche Thomas Gallo (56e) et leur talonneur remplaçant Ignacio Ruiz (70e), mais c'était sans compter sur le traditionnel exploit personnel de l'ailier Louis « bip-bip » Bielle-Biarrey, capable de faire jaillir la lumière d'une issue qui semblait pourtant bouchée au départ.
Sollicité en bout de ligne, sur son aile gauche, le Bordelais a magistralement gagné son duel face à son vis-à-vis en tapant au pied pour lui-même avant de régler tout le monde au sprint. Si vous cherchez le meilleur joueur français de cette tournée d'automne, « LBB » a une bonne tête de lauréat, au même titre que Ramos, encore auteur d'un 100 % au pied face aux perches (6/6, 15 points), ce qui le classe désormais au troisième rang des meilleurs buteurs de l'histoire des Bleus (379 points).
Large vainqueur des Pumas (37-23), le quinze de France termine donc sa tournée d'automne invaincu, avec trois victoires en trois matches, ce qui est de très bon augure avant un prochain Tournoi des Six Nations où elle devra notamment se déplacer en Angleterre (le 8 février) et en Irlande (le 8 mars).