Dans une interview au média anglais talkSPORT, Nasser Al-Khelaïfi révèle que son entraîneur Luis Enrique était un peu inquiet une semaine avant la finale de la Ligue des champions face à l’Inter Milan en raison du grand investissement de ses joueurs à l’entraînement.

Rien ne semble pouvoir ébranler Luis Enrique. Et pourtant… L’entraîneur du PSG a manifesté une petite inquiétude auprès de son président Nasser Al-Khelaïfi une semaine avant la finale de la Ligue des champions contre l’Inter Milan. Le dirigeant qatari a révélé cette petite anecdote dans une interview au média anglais talkSPORT, deux jours après le premier sacre de l’histoire du club dans la compétition après avoir survolé la finale (5-0).
"Les joueurs étaient vraiment affamés"
Interrogé sur l’énorme débauche d’énergie d’Ousmane Dembélé lors de cette rencontre, Al-Khelaïfi explique que cet investissement total de l’effectif a donné quelques sueurs froides à son entraîneur. "Ousmane l'a dit en conférence de presse avant le match: 'si je ne cours pas, je sais que je vais être remplacé par l'entraîneur’. Il a dit: ‘je dois tout donner à 100%, même à l'entraînement’."
La réaction (en français !) de Luis Enrique après la qualification du PSG - Ligue des champions
"Une semaine avant la Ligue des champions, j'étais heureux et un peu effrayé pour être honnête", ajoute Al-Khelaïfi. "Le coach était un peu inquiet et j'ai dit: ‘pourquoi?’ Il m'a dit: ‘l'équipe s'entraine à 200% et c'est trop avant la Ligue des champions’. Je lui ai dit: ‘ils sont motivés mais nous devons les calmer’. Et c’était vrai."
"Maintenant, ils connaissent le chemin pour gagner"
Cette implication n’a pas fait déjouer Paris en finale. Au contraire. Les hommes de Luis Enrique ont surclassé l’Inter en confisquant le ballon et en signant la plus large victoire de l’histoire en finale de la Ligue des champions. "Cela signifiait que les joueurs étaient vraiment affamés", ajoute Nasser Al-Khelaïfi. "Maintenant, ils connaissent le chemin pour gagner, et ce n'est pas facile, c'est dur, je sais."
Après avoir attendu ce jour pendant 14 ans depuis son arrivée au club en 2011, Nasser Al-Khelaïfi entend désormais enchaîner d’autres succès. "Nous allons revenir pour concourir encore", prévient-il.

Luis Enrique, l'entraîneur du Paris-Saint-Germain, a savouré la performance de ses hommes, en conférence de presse après la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions (5-0) ce samedi.
La réaction de Luis Enrique après la victoire
« Cette victoire constitue-t-elle un chef-d'oeuvre ? Il y avait tellement de tensions autour du match que je ne sais pas si on peut le définir ainsi. Nous sommes bien entrés dans le match après avoir bien géré tous les entraînements cette semaine. L'équipe a été exceptionnelle. Nous avons mis une énorme pression sur l'Inter dès le coup d'envoi avec une très haute intensité. L'Inter n'avait pas le temps de réfléchir, il n'a pas réussi à se trouver. Nous avons été très réalistes. Le match a été grandiose.
Tout le PSG est ivre de bonheur. Que signifie ce triomphe pour vous personnellement, dix ans après avoir remporté la C1 avec le FC Barcelone ? C'est une grande soirée. Il y a deux ans, j'ai dit que mon objectif était de gagner des trophées importants. Le seul qui manquait au PSG était la C1. Ça montre à quel point nous sommes ambitieux. C'est tellement important de rendre heureux des joueurs qu'on ne connaît pas. Cette équipe reflète les supporters du PSG. Je suis très heureux. Un coach doit contrôler ses émotions, sinon, c'est tout simplement impossible d'aider l'équipe. Nous avons préparé la finale avec lucidité, calme et intelligence. Gagner la C1 pour la première fois, c'est très important pour le club. Profitons de ce triomphe. Ce (samedi) soir, nous avons été merveilleux.
Hommage des supporters à Luis Enrique
« Je suis très ému de ce geste de nos supporters ».
Luis Enrique, à propos du tifo parisien.
Que ressentez-vous en voyant ce tifo des supporters parisiens dédié à vous et à votre famille ? Je n'ai pas besoin de gagner la C1 pour penser à ma fille (décédée en 2019 d'un cancer à l'âge de 9 ans). Je la sens proche de nous, elle est là, elle est présente. Il s'agit de rassembler tout ce qu'on a vécu de positif avec elle pour nous souder. Je suis très ému de ce geste de nos supporters.
S’il y en a un qui a travaillé sans compter ses heures depuis 2011 pour décrocher ce titre suprême à Paris, c’est bien Nasser Al-Kelaifi. Et pendant les festivités, le président parisien s’est lâché, ne contenant pas son émotion sur la pelouse. « C’est le meilleur entraîneur du monde, et tous les Espagnols devraient être fiers d’un entraîneur comme lui. C’est le meilleur entraîneur et la meilleure personne », a déclaré un Nasser Al-Kelaifi, euphorique. Une déclaration d’amour rendue par son coach, qui explique que « le président m’a toujours soutenu, quels que soient les résultats, qui ont presque toujours été bons.
Luis Campos, l'architecte de la victoire
Très discret dans les médias, Luis Campos préfère l'ombre à la lumière des projecteurs. Grand artisan de la victoire du PSG en Ligue des champions, en tandem avec Luis Enrique, il a accepté de donner à TF1info un très rare entretien fleuve.
Avant de placer Paris sur le toit de l'Europe, Luis Campos s'est fait une réputation en Ligue 1. À Monaco d'abord (2013-2016) puis à Lille (2017-2020), le conseiller sportif portugais a façonné deux équipes championnes de France. Deux des trois formations qui ont réussi à détrôner le tout-puissant PSG version qatari. Le fruit d'une vie de travail dédiée à sa passion dévorante pour le football.
Dans la première partie de notre entretien, vous parliez de votre venue à l'AS Monaco en 2013 comme "une des décisions les plus importantes" de votre vie. Comment s'est faite votre arrivée du côté de la Principauté ? À l'époque, quelqu'un de très important dans le foot m'a dit : "Luis, c'est une opportunité exceptionnelle pour toi. Il faut que tu écoutes Monaco." Je me souviens d'un dîner à Madrid avec Vadim Vasilyev (le vice-président de l'ASM, ndlr). Tout ce dont on a parlé ce soir-là a fait sens pour moi. C'est ce que je voulais entendre pour continuer ma progression. Même si j'étais au Real Madrid et que j'avais d'autres opportunités, j'ai compris que Monaco pouvait être ma chance.
À Monaco, on m'a permis de monter un projet, sur des bases solides qui existaient déjà. On me laissait du temps, il y avait de la patience et les personnes impliquées avaient l'envie de bien faire. Ce qui m'a été présenté cadrait aussi avec mon projet de vie. Mais, après une saison seulement, le projet initial auquel on avait pensé n'était plus viable. On a dû faire face à beaucoup de contrariétés, comme l'amende de 50 millions d'euros que la LFP a infligée au club et l'entrée en vigueur du fair-play financier. Le projet de trois ou quatre ans que l'on avait imaginé n'a finalement duré qu'un an.
La direction m'a appelé en me disant : "Il faut tout changer !" Et là j'ai pensé : "Voilà ! Ça, c'est mieux pour moi, ça me ressemble plus." Comme on ne pouvait plus mettre de l'argent, il a fallu qu'on se sépare des joueurs importants. On a prêté Radamel Falcao à Manchester United, on a vendu James Rodriguez au Real Madrid. Il y avait tout à reconstruire. C'est là que mon aventure a réellement commencé, que j'ai pris énormément de plaisir à bâtir cette équipe. L'idée, c'était d'élaborer une colonne vertébrale avec des joueurs expérimentés et faire éclore des promesses, des jeunes talents qui étaient encore inconnus.
Je me souviens très bien que tout le monde me disait : "Tu es fou ! Tu prends Leonardo Jardim comme entraîneur. Tu prends des joueurs que personne ne connaît." J'ai fait venir Bernardo Silva, qui jouait dans l'équipe B de Benfica, Thomas Lemar, Fabinho, que j'avais déjà recruté au Real Madrid et Anthony Martial qu'on est allé chercher à Lyon. Le mix a fini par prendre, et ça a permis au projet de grandir.
À Monaco, vous avez mis à l'essai la méthode Luis Campos. Une approche, reposant sur le scouting et le trading, qui vous a valu critiques et incompréhensions. Le titre de champion de France, remporté en 2017, a pourtant validé votre projet et fini par vous donner raison.
Oui, Monaco a beaucoup vendu. Oui, Monaco a fait de grosses plus-values. À cette période, cela m'a valu d'être surnommé "le mec du trading". Comme si mon rôle se résumait à vendre les meilleurs joueurs pour faire de l'argent. En vérité, beaucoup de personnes n'ont pas compris mon idée. Mon projet a soulevé beaucoup d'interrogations : "Qui est Jardim ?", "qui est ce joueur ?", "et celui-là ?", etc. Repartir sur un nouveau projet, ce n'est jamais facile. C'est même souvent très compliqué au début. Mais, lors d'un rendez-vous dans un hôtel à Monaco, j'ai pu exposer ma vision à la direction du club et au prince Albert II. Le soir, en rentrant à pied chez moi, j'ai pris une grande bouffée d'air et je me suis dit : "Bon, c'était dur mais ils m'ont compris." Ils m'ont donné la force dont j'avais besoin à ce moment-là.
Même si j'ai expliqué et réexpliqué mon projet depuis, on n'a toujours pas compris où je voulais en venir. Ma tactique était pourtant très facile : si j'achète Anthony Martial pour 5 millions d'euros, et que je le revends pour 80 millions, j'élargis mon scouting. C'est-à-dire que, si avant je pouvais recruter un joueur pour 5 millions, maintenant je peux en prendre un meilleur pour 15 ou 20 millions d'euros.
Lorsqu'on s'ouvre un autre marché, on limite les erreurs de recrutement. On continue d'acheter des joueurs à 3 ou 4 millions d'euros, mais on peut recruter deux ou trois plus confirmés. C'est ce qui s'est passé à Monaco. On vendait six, sept ou huit joueurs importants pendant l'été, et pourtant la saison suivante l'effectif devenait plus fort. Cette stratégie nous a fait gagner de l'argent, suffisamment pour remettre Falcao sur le projet, l'année du titre de champion et de la demi-finale de Ligue des champions. C'était un projet exceptionnel, bien construit, à la fois très novateur et très critiqué. La critique arrive parce que les gens ne comprennent pas toujours ce qu'on est en train de faire.
Vous avez construit l'effectif de Monaco (2013-2016), sacré champion de France en 2017. Puis à Lille (2017-2020), vous avez été l'architecte du titre remporté en 2021. Poser les fondations d'un projet sans nécessairement profiter du résultat au bout, n'est-ce pas trop ingrat ? Je considère avoir la récompense. Vous avez utilisé le mot architecte. Si vous avez déjà construit une maison, quand elle est prête, l'architecte s'en va. Il ne reste pas vivre dans la maison. Ce sont les personnes qui l'ont faite construire qui doivent profiter.
L'éclosion de Kylian Mbappé
Lors de votre passage sur le Rocher, vous avez vu percer un certain Kylian Mbappé. Vous qui aviez côtoyé les plus grands joueurs, Cristiano Ronaldo notamment, qu'avez-vous ressenti en le voyant pour la première fois ? Je connaissais son nom avant même de l'avoir vu jouer. Il y avait déjà beaucoup de discussions autour de lui. Quand je suis arrivé à Monaco, j'ai demandé à aller le voir au centre d'entraînement de La Turbie. Il était 10h du matin. Le match n'avait commencé que depuis vingt minutes, le score était de 3-0. Trois buts de Kylian. Il n'y avait pas besoin d'être un grand spécialiste pour comprendre à qui on avait affaire. La décision de le garder a été prise en quinze, vingt minutes.
Il a fallu adapter le projet collectif du club à son projet individuel. Je l'ai compris avec le temps et je l'ai toujours appliqué depuis. Il faut concilier le projet collectif du club, le projet collectif de jeu mais aussi le projet individuel des joueurs. Il faut travailler à chaque fois pour les imbriquer l'un dans l'autre. Quand je discute avec un joueur pour venir à Paris, je parle avec lui de l'importance d'adapter son projet individuel à notre projet collectif. Ils doivent être communs.
Adapter le projet Mbappé, un gamin de 14-15 ans, à un projet collectif reste l'une de mes meilleures expériences. Dans une autre vie, j'ai été professeur des écoles. J'ai appris qu'un élève commence à s'ennuyer lorsqu'il comprend ce qu'on attend de lui. Pour qu'il reste concentré, il faut lui donner des exercices plus compliqués à résoudre. C'est ce qu'il s'est passé en U17 avec Kylian. Dans cette catégorie d'âge, c'était déjà trop facile pour lui. Pour continuer à le faire grandir, il fallait le mettre en difficulté. Kylian est un bon exemple de l'importance d'adapter un projet individuel au projet collectif. Au final, l'objectif visé c'est de rendre l'équipe plus forte.
La relation entre l'entraîneur et la direction sportive
En France, il arrive souvent que ça clashe entre l'entraîneur et la direction sportive. Comment vous y prenez-vous pour que le tandem avec votre coach fonctionne ? J'ai toujours eu le sens du collectif. Peut-être parce qu'à la maison, avec mes frères, on devait se partager la nourriture à la table. Lorsqu'on met en place un projet, le club doit se mobiliser derrière son entraîneur, l'aider à faire comprendre ses préceptes, à imposer sa méthodologie d'entraînement. Je suis là pour des choses à la fois très simples mais aussi très complexes. C'est ma fonction d'assister au mieux le coach pour qu'il puisse créer et développer son système de jeu.
Quand vous étiez à Monaco, il y a eu une période délicate pour Leonardo Jardim, où les résultats n'étaient pas ceux espérés. Vous étiez descendu sur le banc pour vous asseoir à côté de lui. Comme si vous ne faisiez qu'un ? C'était un moment compliqué pour le projet. Des personnes essayaient de voir si on pouvait casser la relation entre le coach et la direction sportive. Je me rappelle la discussion avec Jardim. Il m'a dit : "Viens avec moi sur le banc." Je n'en avais pas spécialement envie, mais je l'ai fait. Je suis retourné sur le terrain pour le bien du projet. Ce n'était pas pour donner des consignes à l'entraîneur, de lui dire de jouer comme ci ou comme ça. C'était pour que tout le monde comprenne qu'on était ensemble. Qu'on formait un vrai collectif. On a envoyé un message aux joueurs, aux supporters et à la presse. À vrai dire, j'avais oublié que j'étais retourné sur le terrain. J'y suis allé à un moment où le club en avait besoin. On s'est dit que ça allait donner de la force au projet et, je suis content, on avait raison.
Le PSG est votre troisième expérience dans le championnat de Ligue 1, après vos passages à Monaco et Lille. Considérez-vous la France comme votre deuxième maison ? J'aime beaucoup le football français, mais je me vois comme un homme du monde. J'ai d'ailleurs quelque chose à vous montrer, cela va vous faire comprendre beaucoup de choses sur ce qu'est mon travail. (Il sort son téléphone portable) Il y a quelques années, quand j'étais entre le Real Madrid et Monaco et que je cherchais des joueurs, j'ai remporté le prix de la personne qui a le plus voyagé dans le monde. (Il lit) "Félicitations, vous avez volé 390.400 kilomètres cette année, soit l'équivalent de 22 jours passés dans les airs, de 10 tours du monde ou d'un aller simple vers la Lune."
La philosophie de Luis Campos
Depuis vous êtes revenu...Je reviens toujours. (Il rigole) Vous savez, ma vie n'est pas faite que de succès. J'ai eu mes échecs aussi. Quand je réussis, je garde les pieds sur terre. Mais chaque fois que je perds, je deviens plus fort parce que je suis résilient. J'aimerais que les personnes qui ne me connaissent pas comprennent que je suis un homme du travail. Je travaille tous les jours pour devenir meilleur. Meilleur comme homme, meilleur comme professionnel. Ma vie, ce n'est pas de la chance, c'est du travail. Parfois, j'ai seulement un jour pour aller voir mes filles et ma femme. Je suis fatigué rien qu'à l'idée de passer treize heures dans un avion pour y aller, et autant pour revenir, des fois dans la même journée. Mais je le fais par amour, par amour des miens et du football.
Ne vous arrive-t-il pas d'éprouver de la lassitude ? Le football est une passion qui me donne beaucoup d'énergie et à laquelle j'en laisse tout autant. Quand je vous dis que je suis un homme du monde, c'est parce que je ne sais jamais où je vais être le lendemain, ni parfois le jour même. J'ai de la chance d'avoir une famille qui comprend cette passion. Ma femme l'a compris quand j'ai écourté notre lune de miel trois jours après notre mariage. Mes filles savent aussi que lorsque je pars, c'est pour assouvir ma passion. J'en ai besoin pour être en équilibre avec moi-même. À 61 ans, mon ego ne se remplit pas de mes victoires. Mais de tout le plaisir que j'ai pu ressentir ces 42 dernières années grâce au football et de la magnifique famille que j'ai fondée avec ma femme.
On vous sent un peu nostalgique...Vous savez, je suis une personne qui ne regarde pas le passé. Un jour, j'ai lu un livre O Poder do Agora (Le Pouvoir du moment présent, en français). Son auteur expliquait très bien que le passé, c'est le passé, on ne peut pas le retoucher. Ça ne sert à rien de ressasser. Au contraire, il faut profiter du présent pour continuer à bâtir l'avenir. C'est pour cela que j'oublie beaucoup de choses du passé qui n'étaient pas importantes pour moi.
Après le match nul très moyen de son équipe contre Monaco (2-2), c'est un Luis Enrique loin d'être ravi qui a répondu aux questions du diffuseur. Mais l'entraîneur parisien a mis en avant la capacité de son équipe à souffrir, et même beaucoup.
Le PSG est qualifié. Est-ce que vous avez passé une bonne soirée ce soir ? « C'est une question piège ? « Ouverte ? Ok. Non, je n'aime pas quand il y a de la souffrance de ce niveau. Je n'aime pas ça, mais c'est le football. On a eu un calendrier incroyable dans la Champions League et on a continué dans le barrage avec Monaco, qui est une vraie équipe. C'est une belle équipe. Il y a de la souffrance dans la Champions League, il faut l'accepter. Je pense que la première mi-temps on a été très imprécis, mais au contraire, la deuxième mi-temps, on a contrôlé tout le match, on a marqué les deux buts, ça a été le résultat parfait. Mais sur la dernière action, on a souffert d'encore un but et ça a changé. Ça a été dangereux. Mais on est contents. Nous savons que pour continuer la Champions, pour gagner la Champions, il faut avoir de la souffrance. Et nous sommes experts en ça.
On se posait la question avant le match. Est-ce que Paris peut retrouver ce niveau de la saison dernière ? Tout le monde pense encore à ça ? « Cette question, tu la dois poser à nos adversaires. Tu vas voir ce qu'ils te répondent. « Non, que c'est très, très, très difficile de jouer contre nous. Pose leur la question !
Le Classique : OM vs PSG
Dimanche soir, l’Olympique de Marseille reçoit le Paris Saint-Germain pour le premier Classique de la saison. Les Parisiens, récents vainqueurs de la Ligue des champions et impressionnants depuis près d’un an, abordent la rencontre avec le statut de grands favoris. Interrogé sur l’écart qui semble se creuser entre les deux équipes, l’entraîneur espagnol a répondu avec retenue : "Je ne sais pas si l’écart s’est vraiment creusé. Un seul match de football, surtout à l’extérieur, reste toujours particulier. Sur une rencontre, beaucoup de circonstances peuvent peser. Nous restons calmes, concentrés, et nous venons pour jouer notre match, en essayant d’être meilleurs qu’eux.
Le club marseillais, battu en Ligue des champions par le Real Madrid plus tôt dans la semaine, espère utiliser ce rendez-vous pour relancer sa dynamique. Historiquement, les Classiques ont souvent réservé des surprises, quelle que soit la dynamique des deux formations. Le Vélodrome, avec son atmosphère unique, demeure un atout que les Marseillais cherchent à exploiter pour renverser la tendance. Mais depuis l’arrivée du Qatar à la tête du PSG en 2011, l’OM a connu un rapport de force largement défavorable, enchaînant les défaites et ne parvenant que rarement à contester la domination parisienne. De son côté, Paris aborde ce rendez-vous avec l’objectif de prolonger cette supériorité, même si Luis Enrique se refuse à tout excès de confiance.
La popularité de Luis Enrique auprès des supporters
Les mêmes scènes se répètent, dans le parc de Saint-Germain-en-Laye, à la sortie du Campus PSG ou les soirs de match. Vendredi encore, à Auxerre, alors qu’il s’apprêtait à remonter dans le bus, Luis Enrique a pu mesurer sa cote de popularité auprès des fans clamant son nom au stade de l’Abbé-Deschamps.
Pas insensible à ses marques d’affection, l’Espagnol a retardé son départ et a naturellement enchaîné les selfies auprès des jeunes et des moins jeunes séduits par l’homme ayant changé la destinée du PSG. « Je trouve qu’une relation de proximité s’est installée entre les supporters et lui, remarque Anthony, habitué du Parc. Il a toujours un mot pour les fans, il n’hésite pas à nous saluer après certains matchs. Il ne triche pas. C’est à l’image du coach qu’il est, en fait. »
Un coach emblématique, innovant, révolutionnaire et qui laissera une trace indélébile dans l’histoire du PSG après lui avoir apporté sa première Ligue des champions. Plus de deux ans et demi après son arrivée, le meilleur entraîneur du club parisien réunit, forcément, pratiquement tous les suffrages dans la capitale, même dans une période où son équipe patine davantage. À ce rythme, Luis Enrique pourrait presque régler le débat autour de l’identité du successeur d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris.
L’Asturien reconnaît, en privé, prendre du plaisir à accepter les sollicitations extérieures. Aucun calcul de sa part, juste de la spontanéité et une envie de transmettre sa passion aux fans auxquels il rend régulièrement hommage, là encore avec franchise. Une façon, pour lui, de les impliquer dans son projet, puisqu’il considère ces supporters comme des acteurs prépondérants du club.
L'impact de Luis Enrique sur le PSG
« Il a prédit tout ce qui allait se passer », rappelle Charly, abonné à Auteuil. « Il avait dit que le PSG jouerait mieux sans Mbappé, que l’équipe progresserait et qu’elle remporterait tous les trophées… Il est resté fidèle à sa ligne de conduite et ses choix ont été payants. Il a changé l’ADN du PSG. Il a guéri le club de beaucoup de ses blessures. C’est fou tout ce qu’il a apporté en si peu de temps. »
L’entraîneur charismatique est finalement devenu la figure tutélaire d’un club qui avait trop souvent mis les individualités au-dessus du collectif, l’homme ayant défini un cadre dans une maison souvent désordonnée.
« La star du PSG, c’est lui, résume Jérémy, installé à Boulogne au Parc. Il incarne le club à tous les étages : il est porte-parole, entraîneur, manager et directeur sportif, puisqu’il valide toutes les recrues. C’est du jamais-vu à Paris, mais peut-on vraiment trouver quelque chose à redire ? Le jeu est moins spectaculaire, mais difficile de lui en vouloir dans cette saison si particulière. »
Les critiques peuvent parfois concerner sa frilosité sur le mercato, ses expérimentations un peu trop poussées ou son entêtement. Ses défenseurs opposeront son authenticité ou sa passion débordante au bord du terrain. « On le sent investi d’une mission, apprécie Anthony. Il n’y a rien de plus beau pour un fan que de voir un coach se donner à 1000 % et qui cherche à aller toujours plus haut. Il est obnubilé par la gagne. C’est le coach dont on a toujours rêvé, c’est le coach d’une vie ! »
De là à le voir terminer sa carrière au PSG, où il est sous contrat jusqu’en 2027 ? « La date de péremption, c’est lui qui la décidera, estime Charly. Bien sûr, il faut le prolonger. Mais je ne lui vois pas un destin à la Wenger ou à la Simeone. Quand il en aura marre, il dictera le tempo.
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