Analyse du match de rugby : La Rochelle contre Stade Français

Publié le 26/10/2025 à 7h39, cet article analyse en profondeur le match de rugby entre le Stade Rochelais et le Stade Français, en mettant en évidence les moments clés de la rencontre et les performances des joueurs.

Un match serré à Jean-Bouin

Il s'en est fallu d'un tout petit rien pour que le Stade Rochelais ne réussisse le coup parfait à Jean-Bouin.

À une mêlée près, les joueurs de Ronan O’Gara auraient pu s’imposer face au Stade Français. Certes, probablement contre le cours du jeu, mais avec une envie et une détermination à ne rien lâcher aussi fortes que leur apathie une semaine plus tôt à Montpellier.

C'est un symbole fort du début de saison du Stade Rochelais.

Cette pénalité concédée en mêlée sur le gong ce samedi à Jean-Bouin a transformé une première victoire à l'extérieur en défaite frustrante face au Stade Français (26-24).

Le Stade Rochelais a une nouvelle fois perdu face au Stade Français à Paris. Une douzième défaite en 13 rencontres à Paris, 26 à 24.

Les Rochelais ont eu chaud, ce samedi. Menés 20-27 à la 63e, ils arrachent leur succès grâce au doublé de leur centre Vuetimaiwai au buzzer (34-27). De quoi « me rendre cardiaque » dixit leur coach Baptiste Gatuingt.

Lors d’une rencontre hachée par les fautes de main, les Maritimes ont bien cru faire le coup parfait, une semaine après avoir lourdement chuté à Montpellier (37-13), grâce à un essai à deux minutes du terme, transformé par Hastoy, qui a permis aux siens de passer devant.

Mais une mêlée surpuissante dans l’axe des poteaux a permis aux Soldats roses de s’offrir la pénalité de la gagne.

Dans une rencontre engagée et indécise jusqu'au bout, le Stade Français s'est finalement imposé face au Stade Rochelais (26-24).

Finalement tout s'est joué dans les deux dernières minutes. Sur une filouterie de Nolann Le Garrec, qui a récupéré un ballon pour servir Oscar Jegou, le Stade Rochelais pensait avoir le gain de la partie (23-24). Mais sur une pénalité après la sirène, Carbonel offrait finalement la gagne au Stade Français (26-24).

Les moments clés du match

L’entame était déjà mal embarquée (0-10, 3e). Jurd puis Price, en force, recollaient (10-10, 10e) mais pas longtemps (10-24, 20e).

Comme un signe, une pénalité pas de la meilleure veine tapée en chandelle par Jurd trouvait Vuetimaiwai (17-27, 50e). Lequel, d’une passe après-contact, offrait l’égalisation à Bollengier (27-27, 77e). La délivrance du Fidjien, vous la connaissez.

En première période, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Les deux formations se sont surtout rendues la pareille dans l'épreuve de la mêlée. Les Rochelais ont été pénalisés quatre fois (dont un carton jaune pour Alexandre Kuntelia, (23e) contre trois pour les Parisiens. Et c'est finalement quand ils se sont retrouvés en infériorité numérique que les visiteurs ont débloqué leur compteur sur deux pénalités d'Antoine Hastoy (28e et 32e).

Mais les Stadistes ont vite réagi en inscrivant un essai en force par Giorgi Melikidze (36e) pour basculer en tête à la pause (7-6).

En seconde période, les deux équipes ont poursuivi leur mano à mano avant que le Stade Français ne fasse un mini-break. Un ballon perdu par Thomas Berjon sur la ligne médiane était récupéré par Jeremy Ward qui lançait Dakuwaqa. L'ailier fidjien mettait le turbo et filait derrière la ligne (17-9, 54e).

Mais après deux pénalités d'Hastoy (61e) et de Louis Carbonel (67e), la rencontre était relancée après un essai acrobatique de Davit Niniashvili en coin (69e, 20-17).

Les réactions

« On est un peu frustrés, faute de suffisamment maîtriser la seconde mi-temps. On les remet dans le match. Je n’ai pas compris certaines décisions », déplorait le Parisien Florent Guichard.

« Trois blessés d’entrée nous déstabilisent, on passe à côté en première mi-temps. », a-t-il ajouté.

Le talonneur Pierre Bourgarit l’avait à l’esprit à l’instant de se présenter samedi en conférence de presse d’après-match.

La défaite encourageante, c’est bien mais une victoire l’aurait aidé à dénoncer certains comportements. "Je pense que cela va quand même faire taire beaucoup de gens qui nous expliquent ce que l’on doit faire sur les réseaux sociaux, a-t-il dit, sourire aux coins des lèvres. Je ne critique pas tous nos supporters, il y en a beaucoup qui sont derrière nous, mais quand je lis certaines choses et cela pique notre ego, et cela fait mal au cœur."

« Les supporters et le buzz parleront de la dernière mêlée, mais ce n'est pas précis. C'est une accumulation, on est punis par la faiblesse montrée pendant 80 minutes », a résumé le manager irlandais.

« On va prendre le temps d'analyser ce qui n'a pas été, comme la mêlée notamment, on ne peut pas se cacher », a reconnu le talonneur Pierre Bourgarit.

Réaction de Perry Freshwater, l'entraîneur des avants du Stade Français : "On ne peut pas gagner contre tout le monde en envoyant du jeu à la maison, on le sent. Là çà passe, c'est mieux de parler après une victoire serrée qu'une défaite. Notre défense proche de la ligne était bonne tout de même aujourd'hui. Mais il y a des choses que l'on ne maîtrise pas encore. Il y a du travail. Mais on a du caractère, il y a des choses qui se mettent en place."

Au sortir de cette rencontre disputée dans la capitale, Ronan O'Gara affiche un état d'esprit bien différent de celui de la semaine précédente, après la défaite à Montpellier (37-13).

Le manager du Stade Rochelais a reconnu les imperfections de son équipe tout en soulignant les aspects encourageants : "Il y a des choses sur lesquelles travailler, c'est certain. Des bonnes choses, même des très bonnes choses, mais on a besoin de travailler, on a besoin de semaines, d'être meilleurs que la semaine passée. Mais j'aime ça. Je suis fier d'être Rochelais ce soir."

Le natif de San Diego n'a pas cherché à masquer la réalité, employant même des mots très durs pour qualifier cette défaite. Il a pointé du doigt le secteur qui a fait défaut à son équipe : "C'est une catastrophe, mais je peux dormir ce soir, contrairement à la semaine dernière. On est punis par une faiblesse (la mêlée)."

Malgré le résultat négatif, le manager de La Rochelle a tenu à valoriser l'état d'esprit affiché par ses joueurs lors de ce déplacement. Il a insisté sur l'exigence du championnat tout en reconnaissant les qualités montrées : "Un match à l'extérieur en Top 14 est impitoyable. On aura des regrets, mais aujourd'hui, on a eu du caractère, sinon tu ne peux pas exister. On a été imprécis, mais ça va venir."

En conclusion, Ronan O'Gara a établi une différence nette entre cette sortie parisienne et la prestation de la semaine passée et a conclu sur une note d'espoir : "On réalise une performance acceptable, mais pas la semaine dernière, ce qui n'était pas acceptable.

La Rochelle. Top 14. Avec des cadres au repos, l'heure est à la confirmation face au Stade Français

Les faiblesses de La Rochelle

Ce, en partie d’une touche famélique, notamment coup sur coup dans les 22 mètres adverses (71e) avant une pénalité jouée à la main et égarée à une quinzaine de mètres (74e).

Pris dans les barbelés roses, les locaux s’en remettaient en vain au pied de Jurd, aveu d’impuissance sur les 40 mètres (32e). Ce retard s’accentuait après les agrumes (10-27, 42e).

Et cette faiblesse, elle s'est, en grande partie, vue devant. Un mal récurrent depuis la reprise du Top 14.

Face aux Parisiens, les Rochelais ont concédé six pénalités en mêlée fermée.

Avec 3,2 fautes commises dans ce seul secteur en moyenne à chaque match, le pack maritime est le plus sanctionné du Championnat.

Alors que le club à la caravelle avait bâti ses conquêtes récentes sur la toute-puissance de son huit de devant, il peine aujourd'hui à gagner les batailles primordiales pour lancer son jeu.

Pendant ce temps-là, le pack n'a pas été renforcé. Et un fossé générationnel s'est creusé entre les anciens (9 avants ont 30 ans ou plus) et les plus jeunes (9 ont 23 ans ou moins). Et quand les premiers sont absents, comme Uini Atonio, Joel Sclavi ou Will Skelton, les seconds se retrouvent parfois livrés à eux-mêmes.

« On a pas mal d'éléments jeunes en première ligne, a insisté Bourgarit. La moyenne d'âge de nos piliers droits n'est pas très élevée. »

Cette saison, Aleksandre Kuntelia (23 ans), Karl Sorin (22) et Gael Galvan (20) se sont succédé avec le numéro 3 dans le dos. Côté gauche, Louis Penverne (22) et Alexandre Kaddouri (21) ont épaulé l'international Reda Wardi, en grande difficulté à Paris.

Comme ce dernier, les Français du pack rochelais - Grégory Alldritt, Oscar Jegou, Pierre Bourgarit - n'affichent pas leur meilleur visage et seul Paul Boudehent, qui n'évolue pas à son poste puisque le staff l'utilise en deuxième ligne, semble à son niveau.

L'alignement rochelais conserve 76 % de ses lancers, ce qui n'en fait que la 9e meilleure touche du Top 14. En revanche, les Maritimes volent 29 % des lancers adverses, soit le 2e meilleur bilan du Championnat.

« La moyenne d'âge de nos piliers droits n'est pas très élevée » Pierre Bourgarit, talonneur rochelais

Les 9 avants rochelais de 30 ans ou plus Tolu Latu (32), Quentin Lespiaucq (30), Uini Atonio (35), Joel Sclavi (31), Reda Wardi (30), Ultan Dillane (31), Kane Douglas (36), Will Skelton (33), Levani Botia (36).

Les 9 avants rochelais de 23 ans ou moins Nika Sutidze (22), Gael Galvan (20), Alexandre Kaddouri (21), Aleksandre Kuntelia (23), Christian Luaki (21), Louis Penverne (22), Karl Sorin (22), Lucas Andjisseramatchi (19), Oscar Jegou (22).

Les 6 avants rochelais entre 23 et 30 ans Pierre Bourgarit (28), Thomas Lavault (26), Grégory Alldritt (28), Paul Boudehent (25), Judicaël Cancoriet (29), Matthias Haddad (24).

26,9 L'âge moyen du pack rochelais. Il s'agit seulement du 11e pack le plus vieux du Top 14, loin du trio de tête : Montauban (28,9), Castres (28,3) et Montpellier (28,3). Le pack le plus jeune est celui du Stade Toulousain (26,2).

76 % L'alignement rochelais conserve 76 % de ses lancers, ce qui n'en fait que la 9e meilleure touche du Top 14. En revanche, les Maritimes volent 29 % des lancers adverses, soit le 2e meilleur bilan du Championnat.

Statistique La Rochelle Stade Français
Essais 4 3
Transformations 4 3
Pénalités 2 2

Les effectifs

Le XV de La Rochelle : 15. Dulin ; 14. Nowell, 13. Thomas, 12. Favre, 11. Leyds ; 10. West, 9. Kerr-Barlow ; 8. Haddad, 7. Jegou, 6. Dillane ; 5. Skelton, 4. Douglas ; 3. Kuntelia, 2. Latu, 1. Kaddouri.

Remplaçants : 16. Lespiaucq, 17. Paiva, 18. Lavault, 19. Richer, 20. Berjon, 21. Hastoy, 22. Danty, 23. Sclavi.

Le staff de La Rochelle ne peut toujours pas compter sur le centre Seuteni et l'ailier Rhule, blessés. Par ailleurs, le 3ème ligne Cancoriet est suspendu tandis que le pilier Atonio est contraint de déclarer forfait. Enfin, Alldritt, Boudehent, Wardi et Colombe sont à Marcoussis. En revanche, Danty et Hastoy ont été relâchés et prennent place sur le banc. Repositionné au cente, Teddy Thomas (4 essais en 4 matchs) revient au premier plan cette saison. Cela permet à Nowell et Leyds (4 essais en 7 matchs) d'occuper les ailes. A noter la titularisation du 3ème ligne Jegou.

Le XV du Stade Français : 15. Jonas ; 14. Marchant, 13. Ward, 12. Delbouis, 11. Ezeala ; 10. Carbonel, 9. Weber ; 8. Tanga, 7. Briatte, 6. Halaifonua ; 5. Van der Mescht, 4. Gabrillagues ; 3. Gomez Kodela, 2. Peyresblanques, 1. M. Alo-Emile.

Remplaçants : 16. Meïté, 17. Castets, 18. Pesenti, 19. Macalou, 20. Motassi, 21. Henry, 22. Etien, 23. Ndiaye.

De retour sur les terrains le week-end dernier, le pilier Melikidze s'est malheureusement reblessé. Le Stade Français est également privé des autres piliers Paul Alo-Emile et Abramishvili ainsi que du 3ème ligne Hirigoyen, sur le flanc. L'arrière Barré est, quant à lui, à Marcoussis. L'ailier Etien est en revanche à nouveau disponible. Pour compenser l'absence de Barré, l'ancien Biarrot Jonas est titularisé à l'arrière.

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