L'équipe de France féminine de handball a décroché sa place pour les demi-finales du championnat du monde en s'imposant avec brio face au Danemark (31-26) à Rotterdam, le mercredi 10 décembre.

Une victoire maîtrisée de bout en bout
Les Bleues ont dominé la rencontre de A à Z, menant au score pendant toute la durée du match. Elles ont développé un jeu à la française, avec une défense solide, des montées de balles rapides et un jeu d'attaque précis.
Comme l'a souligné Estelle Nze Minko, l'arrière tricolore enceinte qui suivait le match depuis les tribunes, les Françaises ont fait "un beau début de match où elles ont rapidement pris le large".
Portées par une Sarah Bouktit en grande forme (8 buts sur 8 tirs), les Bleues ont retrouvé des solutions offensives et ont su s'adapter aux choix tactiques de leur entraîneur, Sébastien Gardillou, que ce soit en défense 0-6 ou en 1-5.
Estelle Nze Minko, première supportrice des Bleues
Arrivée juste avant la défaite contre le pays hôte, Estelle Nze Minko, qui voyait "bien la France gagner de deux ou trois buts", a raconté comment elle vivait l'aventure des joueuses tricolores et l'expérience d'être extérieure à un groupe dont elle fait partie depuis octobre 2013.
Elle a confié avoir été "super stressée et concentrée bizarrement aujourd'hui, presque comme si j'allais jouer ce quart de finale".
Pour Estelle Nze Minko, c'est top d'être supportrice et elle est hypercontente de suivre les filles parce que c'est une perspective nouvelle pour elle, et c’est intéressant. C’est la première fois.
Elle a ajouté que c'était sympa d'avoir accès aux reportages faits en interne et aux inside sous cet angle-là, ce qui n'était pas le cas quand elle faisait partie de l'équipe. Désormais, être sur place lui permet d'être plus connectée et de croiser les filles.
Le Danemark, un adversaire redoutable
Les Tricolores ne partaient pas favorites face aux Danoises, qui les avaient déjà éliminées à l'issue des demi-finales du Championnat d'Europe 2024.
La dernière confrontation contre le Danemark remontait à l'Euro 2024... Il fallait faire table rase. Les filles étaient en quarts de finale d'un Mondial donc elles devaient se donner encore plus à fond, c'était une évidence. Peu importe que ce soit le Danemark contre qui on a perdu l'an dernier en demie ou un autre adversaire.
Et puis finalement, cette défaite l'an dernier, je ne dirais pas que c'était un avantage mais ça a permis de mettre en lumière des points de vigilance, même si, comme l'équipe de France, celle du Danemark a bien changé par rapport à celle du dernier Euro.
La gardienne Anna Kristensen, qui nous a beaucoup embêtées l'année dernière, est toujours là, c'est vrai. Mais on se souvient des situations dans lesquelles on a été en échec et on corrige les tirs. Ce soir, elle n'a pas réussi à être performante (6 arrêts sur 30 à 20% de réussite) comme l'an dernier parce que les Françaises ont été très disciplinées, très dans le souci du détail.
Un parcours semé d'embûches
Battue pour la première fois du Mondial de handball par les Pays-Bas ce lundi (26-23), l’équipe de France connaît désormais son adversaire pour les quarts de finale.
Deuxièmes de leur groupe après ce revers, les joueuses de Sébastien Gardillou affronteront le Danemark, ce mercredi 10 décembre à 20 heures.
Tableau des résultats de l'équipe de France lors du Mondial
| Match | Adversaire | Résultat |
|---|---|---|
| Phase de poule | Argentine | Victoire (29-17) |
| Tour principal | Pays-Bas | Défaite (26-23) |
| Quart de finale | Danemark | Victoire (31-26) |
Les choses sont rentrées dans l'ordre quelques minutes plus tard (24-15, 50e) au cours d'un match qui aura eu pour seul intérêt d'ouvrir en grand la porte des quarts de finale.
Après l'officialisation dans la journée du forfait définitif de Grâce Zaadi (nommée capitaine avant le Mondial) et avant le choc contre l'hôte néerlandais pour clôturer cette phase de groupes, lundi (20h30), elles peuvent en tout cas passer la soirée avec le sentiment du devoir en grande partie accompli, sur la forme et le fond.
"Je pense que d'avoir travaillé aujourd'hui contre une équipe très engagée physiquement, ça nous a permis aussi de nous mettre un peu plus dans le rythme que les matchs précédents et j'espère qu'on va continuer à progresser. Je leur demande de progresser match après match et de sortir avec le sourire aux lèvres. Elles sortent avec le sourire aux lèvres et j'ai le sentiment que certaines d'entre elles ont progressé. Donc je suis satisfait", a réagi l'entraîneur des Bleues, Sébastien Gardillou, sur BeIN Sports.
Pour la première fois, elles n'ont connu aucun retard à l'allumage, démarrant tambour battant en attaque et en défense (8-3, 9e). Une arrière-garde qui a bien protégé Camille Depuiset, lancée d'entrée dans le but et qui a même pu marquer son premier but en équipe de France.
Passe laser de Tamara Horacek pour une roucoulette de Sarah Bouktit (6-3, 7e), meilleur buteuse française (5/6) et élue joueuse du match, puis subtile offrande de la même pour Oriane Ondono (12-6, 20e): les Bleues ont récité leur handball dans un match aux allures d'entraînement. Le sélectionneur en a profité pour répartir les temps de jeu et travailler les schémas d'attaque avec deux pivots, et le DJ pour passer "Les Lacs du Connemara" dès la septième minute.
La nette supériorité des Bleues les a probablement conduites à un petit péché de suffisance et à un certain relâchement, notamment en début de seconde période (17-12, 38e), marqué par des pertes de balle en pagaille, des tirs pas assez précis et quelques gourmandises inutiles.
« On a un gros quart de finale et on va se focaliser sur ça », a réagi le pivot des Bleues Pauletta Foppa après la défaite des siennes face aux Pays-Bas. Avant que sa capitaine Tamara Horacek n’aille également dans ce sens : « Il faut se remettre au boulot plus sérieusement pour affronter le Danemark ».
Si elles franchissent cette étape, elles seront opposées à l’Allemagne ou au Brésil dans le dernier carré, alors qu’un succès les aurait placées dans la moitié de tableau de l’épouvantail norvégien. Une éventuelle finale les confronterait à la Norvège, le Monténégro, les Pays-Bas ou la Hongrie.
En cas de succès face aux Pays-Bas ce lundi soir, les Bleues auraient pu accrocher la première place de leur groupe et ainsi se placer dans la partie du tableau final la plus abordable.
Défensivement, les choix de Sébastien Gardillou ont fonctionné, en 0-6 ou en 1-5, et Hatadou Sako a tenu son rang. Prochaine étape vendredi (17h45), contre l'Allemagne en demi-finale.