Le Real Madrid fait face à un défi immense ce mercredi 16 avril 2025 en accueillant Arsenal en match retour de quart de finale de Ligue des champions. Sèchement battus 3-0 la semaine dernière, les hommes de Carlo Ancelotti doivent relever la tête ce soir à Santiago Bernabeu.

Un match pour l'histoire
Et s'ils doivent sortir de cette édition de la C1 à ce stade, au moins faut-il qu'ils aient montré un autre visage que celui affiché à Londres. Les coéquipiers de Kylian Mbappé, peu en vue comme le reste de l'attaque à l'aller, n'auront pas d'autre choix que de se ruer à l'offensive sans trop calculer dès le coup d'envoi.
Car pour espérer un exploit, il va sans doute falloir marquer tôt dans la partie, et ensuite emballer le match. De quoi offrir une soirée de folie en Ligue des champions ? Mais attention, car en face Arsenal a démontré une force collective certaine à l'aller, et les coéquipiers du double buteur sur coup-franc Declan Rice ont les moyens de réduire Bernabeu au silence.
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Quelles chances de qualification pour le Real Madrid ?
Statistiquement, le Real Madrid a seulement 4% de se qualifier après sa lourde défaite à l'Emirates Stadium. Et si les "Merengue" ont souvent offert des retournements de situation improbables au cours des dernières années, c'était souvent au coeur même d'un match.
Au cours de sa longue histoire, le club madrilène est toutefois parvenu à trois reprises à remonter trois buts d'écart en coupe d'Europe, dont une fois en C1. C'était le 5 novembre 1975 face à Derby County, alors champion d'Angleterre en titre. Après une défaite 4 à 1 à l'aller, le Real s'était imposé 5 à 1 à domicile.
Le fait s'est ensuite reproduit deux fois consécutivement, en 1984 et 1985, mais en coupe de l'UEFA : 6-1 contre Anderlecht en huitièmes de finale retour après une défaite 3-0 en Belgique, puis 4-0 face au Borussia Mönchengladbach (toujours en huitièmes de finale) après un revers 5-1 en Allemagne. Le dernier exploit de ce type a donc 40 ans tout juste. Mais il faut dire que depuis, ce sont plus souvent les adversaires du Real qui se trouvent dans cette position peu avantageuse avant le match retour.

Les remontadas du Real Madrid en coupe d'Europe
| Date | Compétition | Adversaire | Score Aller | Score Retour |
|---|---|---|---|---|
| 5 novembre 1975 | C1 | Derby County | 1-4 | 5-1 |
| 1984 | Coupe UEFA | Anderlecht | 3-0 | 6-1 |
| 1985 | Coupe UEFA | Borussia Mönchengladbach | 5-1 | 4-0 |
Compositions d'équipes possibles
Carlo Ancelotti pourrait procéder à plusieurs changements importants pour cette rencontre, particulièrement au coeur du jeu. Aurélien Tchouaméni devrait être titulaire au milieu (retour de suspension), tandis qu'Eduardo Camavinga est suspendu.
Autre changement d'importance, Federico Valverde pourrait remonter d'un cran au milieu de terrain pour y apporter sa formidable activité, tandis que Lucas Vazquez serait titulaire en tant qu'arrière-droit. Dans le couloir gauche, Alaba sera-t-il aligné d'entrée ou le technicien italien fera-t-il appel à Fran Garcia ? Il n'y a que dans les cages (Courtois) et en attaque (Rodrygo, Mbappé, Vinicius) que l'équipe ne bougera pas.
La composition probable du Real Madrid
Courtois - Vazquez, Asencio, Rüdiger, Garcia (ou Alaba) - Valverde, Tchouaméni, Bellingham - Rodrygo, Mbappé, Vinicius.
L'arbitrage
François Letexier sera l'arbitre principal, assisté par Cyril Mugnier et Mehdi Rahmouni. Stéphanie Frappart sera le quatrième arbitre.
Le contexte avant le match
"S'il y a bien une équipe capable de le faire, c'est le Real", martelaient un à un les joueurs madrilènes mardi dernier dans les couloirs de l'Emirates. "Oui, bien sûr qu'on peut le faire", avait glissé Kylian Mbappé. Dans le vestiaire, la semaine dernière, aucun abattement mais la conviction, déjà furieuse, que tout restait possible.
"Si on regarde le match de ce soir, avait poursuivi l'entraîneur merengue Carlo Ancelotti, on peut se dire qu'il n'y a quasiment aucune chance. Mais dans le football il se passe des choses imprévisibles. Personne ne s'attendait à ce que (Declan) Rice marque deux buts sur coup franc, mais il l'a fait. Nous devons y croire, avoir confiance en nous-mêmes, parce que parfois, souvent, il se passe des choses de ce type au Bernabéu", avait-il ajouté.
"Les choses imprévisibles" dont parle Carlo Ancelotti portent un nom au Santiago-Bernabéu : les noche magica, selon l'expression popularisée par Jorge Valdano, l'ancien attaquant du Real. "C'était surprenant parce que le public croyait en l'équipe d'une manière folle et le Bernabéu était l'instrument pour intimider le rival", écrivait Marca il y a quelques années pour expliquer le phénomène. Un instrument de panique qui a terrassé dans les années 1980 Anderlecht, l'Inter et le Borussia Mönchengladbach après de folles remontadas.
"J’ai entendu ça un million de fois depuis la semaine dernière, j’ai vu un million de vidéos, c’est vraiment motivant, a confié un Jude Bellingham habité par la mission. C’est une nuit qui est faite pour le Real Madrid."
La mystique des grands souvenirs du Real a créé un monstre. Mais il ne faut pas, non plus, se bercer d’illusions. Le Real n’a plus remonté un handicap de trois buts en Ligue des champions depuis 50 ans (!) et une victoire 5-1 face à Derby County après une défaite cinglante à l’aller (4-1).
"Demain est une opportunité pour nous de faire quelque chose pour la première fois", a conclu Bellingham. Ce que doit accomplir le Real dépasse donc tout ce qu’il a fait ces dernières années, ces folles remontées ou ces insensées buts dans les arrêts de jeu. Si un club peut y arriver, c’est lui surtout face à un Arsenal à l’ADN nettement moins solide et qui a tendance à plier voire rompre quand l’enjeu est trop grand. Une semaine après la leçon infligée par les Gunners, le Real a réussi à instaurer un environnement qui laisserait croire que rien n’est fait. C’est un premier exploit. Suffisant ?