Le Racing 92, joyau du rugby français, incarne la puissance et l'élégance sur le terrain. Basé à Paris, ce club prestigieux conjugue habilement tradition et modernité. Portant fièrement le bleu et blanc, l'équipe rivalise avec brio au plus haut niveau, visant constamment l'excellence.

Les Débuts et l'Ascension du Racing 92
Le Racing 92, fondé en 1882, est l'un des clubs les plus anciens et prestigieux du rugby français. Avec un palmarès impressionnant, incluant plusieurs titres de championnat, le Racing 92 a été le berceau de légendes du rugby et a constamment évolué pour demeurer parmi les ténors du rugby français et européen.
Première finale du championnat de France de rugby, en mars 1892, entre le Racing Club de France et le Stade Français à Paris (Stade Bagatelle, Bois de Boulogne) devant 2000 spectateurs environ. Arbitre : M. le Baron de Coubertin.
Pour le Racing Club de France : A. de Pallissaux (1 essai), F.Reichel (1 tenu), G. de Candamo (1 transformation). Pour le Stade Français : L.
Une Rivalité Historique: Racing Club vs. Stade Français
Racing Club et Stade français : une histoire de frères rivaux, une histoire de rugby faite de mêlées, d’essais transformés et de démêlés qu’il faut essayer de démêler !
- 1882 : fondation du Racing Club.
- 1883 : fondation du Stade français.
Un an après la création du Racing Club, d’autres lycéens fonde le Stade français ! En 1883, des gamins du quartier latin, élèves au lycée Louis-le-Grand, se réunissent au Protocope, café historique du quartier de l’Odéon : ils y boivent des coups et créent une association sportive.
Ainsi, à l’origine, ces deux clubs proposent plusieurs sports parmi lesquels il y a le rugby football ! Un sport étrange qui se joue avec un ballon à la forme rigolote et que l’on peut attraper avec les mains. Bizarre…
Quand les deux clubs parisiens sont fondés dans les années 1880, le rugby est un sport très marginal. Il y avait bien eut un Paris Football Club quelques années plus tôt mais il a disparu : pour ceux qui veulent pratiquer le rugby, il y a désormais le choix, c'est-à-dire deux clubs où, soyons honnêtes, on pratique surtout la course à pieds.
Pour les deux clubs, 1892 est une grande année : ils participent au premier championnat de France de rugby, plus exactement le premier championnat interclubs pour des associations non scolaires.
Pour ce premier championnat, les deux équipent qui s’affrontent sont celles du Racing Club et celle du Stade français. Impossible de se tromper : le gagnant sera parisien ! Pourtant ce match n’est pas qu’une gentille bagatelle : le public est nombreux au rendez-vous et la presse se fait écho de l’événement. Il faut dire que l’arbitre est le baron Pierre de Coubertin. C’est le Racing qui gagne, quatre points à trois.
L’histoire et la rivalité des deux clubs s’expriment désormais avec un ballon ovale ! Le Racing Club et le Stade français : raconter leur relation d’amitié et de rivalité serait retracer l’histoire du rugby français.
La finale du championnat de 1892, remporté par la Racing, est suivie l’année suivante d’une nouvelle finale entre les deux clubs. Cette fois, c’est le Stade français qui gagne.
Depuis, le Racing Club de France est devenu le Racing Métro puis le Racing 92, toujours aux couleurs bleu ciel et blanc.
LA RÉVOLUTION ROSE - LE FLASHBACK #15 - STADE FRANÇAIS PARIS
Le Stade Yves-du-Manoir: Un Lieu Emblématique
Le Racing évolue au stade Yves-du-Manoir de Colombes, enceinte mythique qui a accueilli les évènements du sport français pendant des décennies, mais qui a malheureusement beaucoup vieilli.

Stade Yves-du-Manoir de Colombes
Cœur battant des passions sportives françaises pendant un demi-siècle, Colombes n'est pas qu'une simple nostalgie. C'est un témoin vivant de l'histoire du sport en France et de la France elle-même, traversant tout le XXe siècle.
Les Débuts Sportifs à Colombes
Colombes, petite ville de banlieue, connaît ses premières émotions sportives en 1883 avec l'installation du premier hippodrome. Dirigées par la Société des Courses de Colombes, ces manifestations attirent un public dont la présence est mal perçue par les habitants, qui souhaitent un contrôle plus strict de cette « très mauvaise catégorie de personnes ».
La Transformation en Stade
En 1907, le journal Le Matin rachète le terrain de l'hippodrome et le transforme en stade. Le terrain est entretenu et clôturé, les anciennes tribunes du champ de courses sont conservées, arborant l'emblème du journal. L'inauguration, le 24 mars, est grandiose.
Pour Le Matin, cette nouvelle enceinte est « un champ consacré à l’amélioration de la race humaine ». Avec ses 10 000 places, le Stade du Matin est alors l'une des plus importantes enceintes françaises.
Les rugbymen y disputent la finale du Championnat de France 1908 (victoire du Stade Français sur le Stade Bordelais 16-3 devant 10 000 spectateurs). Le XV de France y fait ses débuts le 1er janvier face à l’Angleterre (défaite 0-1), avant d’y signer sa première victoire face à une équipe britannique le 2 janvier 1911 contre l’Écosse (16-15).
L'Ère Olympique
Le 21 juin 1921, Paris est choisie comme hôte des Jeux Olympiques de 1924. Franz Reichel, secrétaire général du comité exécutif des Jeux, dresse une liste des installations à aménager, avec comme pièce maîtresse un stade de 100 000 places pour l'athlétisme, le football et le rugby.
Après des hésitations concernant le Parc des Princes, la ville de Paris propose finalement le Stade de Pershing, jugé inacceptable par le COF.
Les travaux sont confiés à Louis Faure-Dujarric, capitaine de l’équipe de rugby du Racing et architecte. La construction, achevée en 1924, utilise des matériaux modernes (béton armé et armatures métalliques) pour réduire les coûts tout en assurant une excellente visibilité et la sécurité.
Colombes offre désormais 20 000 places assises en tribunes couvertes et 44 000 places debout. Une gare provisoire et une avenue reliant le stade sont aménagées, bordées de marchands vendant nourriture et souvenirs aux couleurs olympiques.
Un village olympique est intégré au site pour loger et nourrir les athlètes.
De la cérémonie d’ouverture le 5 juillet à la cérémonie de clôture le 27 juillet, le stade voit défiler de nombreux champions, dont le Finlandais Paavo Nurmi, qui remporte 5 médailles d’or, et le Britannique Éric Liddell, vainqueur du 400m après avoir refusé de courir le 100m un dimanche. La finale du tournoi de Rugby est également marquante par sa violence.

Inauguration du stade olympique Yves-du-Manoir
Le Stade Yves-du-Manoir
Peu après les Jeux, en 1928, l’enceinte est baptisée du nom d’Yves du Manoir, jeune lieutenant de l’armée de l’air et joueur de rugby décédé prématurément. Plus grand et plus moderne que les autres stades français, Colombes s'impose pour l'athlétisme, le football et le rugby.
Mais alors que les souvenirs des Jeux Olympiques ne se sont pas encore dissipés, qu’une nouvelle grande manifestation sportive se profile à l’horizon: la Coupe du Monde 1938. Colombes est désigné comme l’enceinte principale du Tournoi.
Durant les 15 jours de compétition, le Stade Yves-du-Manoir accueille trois rencontres: le 8ème de finale entre la France et le Belgique (3-1), le quart de finale entre la France et l’Italie (1-3), et finalement la finale entre l’Italie et la Hongrie (4-2).
L'Après-Guerre et le Déclin
A la Libération, le stade reprend son rôle sportif. C’est l’époque bénite des frères Boniface, des Domenech, Lucien Mias et autres Pierre Albaladejo. Durant 30 ans, les matchs du Tournoi et les finales de la Coupe de France de football seront l’occasion du rendez-vous de tous les amateurs du sport français à Colombes.
Mais après tant d’années de gloire, le stade Yves-du-Manoir allait bientôt devoir céder devant la modernité, exprimée par le projet du nouveau Parc des Princes, inauguré en 1972.
En 1972, Colombes tente de se donner un second souffle en organisant une réunion de boxe entre Jean Claude Bouttier et le Champion du Monde Monzon. L’expérience n’aura pas de suite, ce match de boxe est le dernier grand événement international disputé à Colombes. L’enceinte et ensuite rendue au Racing.
Désormais dépassé par le Stade de France, Yves-du-Manoir a accueilli 83 fois l’équipe de France entre 1908 et 1975.
Théâtre des finales olympique de 1924 et mondiale de 1938, le stade Yves-du-Manoir aura été la maison des Bleus pendant une trentaine d’années entre 1930 et 1960.
Le Retour aux Sources et les Jeux de 2024
Au milieu des années 80, la section football quittera Colombes pour le Parc des Princes pour y tenter l’expérience du Matra-Racing.
Le Racing 92, qui s’est longtemps appelé le Racing Club de France, va quitter l’enceinte dans lequel elle dispute ses rencontres depuis maintenant huit ans, la Défense Arena. Il va tout simplement revenir dans le stade où il jouait avant de déménager à Nanterre : le Stade Yves-du-Manoir, à Colombes.
Si le stade Yves-du-Manoir à Colombes, aujourd’hui à l’abandon, va être modernisé pour accueillir en 2024 les épreuves de hockey sur gazon des Jeux olympiques, c’est en quelque sorte un juste retour des choses : la discipline a fait son apparition lors des JO de 1908 à Londres, un an après la construction du stade de Colombes, et ce dernier a accueilli la finale du football aux JO de 1924, après son agrandissement en 1923.
Le stade va subir dans cette perspective des grands travaux en 2022-2023 qui vont grandement le transformer. Le terrain olympique va être transformé en un stade de 15 000 places, qui verra donc défiler les équipes de hockey qualifiées pour Paris 2024, mais qui est ensuite destiné à offrir une enceinte moderne pour le Racing-football.